Turriers est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom des habitants de Turriers est Turrierons..
Turriers est une commune de l'Unesco Geoparc de Haute-Provence.
Géographie thumb|left|alt= Vue du relief aux environs de Turriers|Turriers et le relief environnant. Le village est situé à d'altitude, sur une butte (les Baumelles) surplombant le vide sur deux côtés, p. 339, au centre d'un vaste bassin de prairies bordées par des sommets boisés d'altitude modeste ( au plus haut).
Les communes limitrophes de Turriers sont Bellaffaire, Saint-Martin-lès-Seyne, Bayons, Faucon-du-Caire et Gigors.
Géologie
Le territoire se situe dans la partie nord des Préalpes de Digne et de la nappe de DigneCarte géologique de la France au 1/, entre les lobes nord-ouest, majeur et de ValavoireMaurice Gidon, La Nappe de Digne et les structures connexes. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écailles) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe.
Lors de la glaciation de Riss, la commune est entièrement recouverte par le glacier de la Durance. Lors de la glaciation de Würm, le glacier est moins épais, et s’arrête aux Tourniquets, alors qu’une langue glaciaire les rissienne les franchissait. Les deux glaciers successifs ont façonné le col des Sagnes, au sud du village. À l’ouest, ils ont franchi le col de Sarraut et pénétré dans la vallée du Grand VallonMaurice Jorda, Cécile Miramont, « Les Hautes Terres : une lecture géomorphologique du paysage et de ses évolutions », in Nicole Michel d’Annoville, Marc de Leeuw (directeurs) (photogr. Gérald Lucas, dessin. Michel Crespin), Les Hautes Terres de Provence : itinérances médiévales, Le Caire : Association Les hautes terres de Provence ; Saint-Michel-l'Observatoire : C'est-à-dire, 2008, 223 p. . 33.</ref>. L’altitude du glacier würmien, au Forest Loin, descendait à environ, ce qui correspond à une épaisseur de glace de , et supérieure à à TurriersJorda, Miramont, , 34.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Environnement
La commune compte de bois et forêts, soit 29 % de sa superficie.
Risques majeurs
Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Turriers est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques, et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Turriers est également exposée à deux autres risques naturels : feux de forêt, mouvements de terrain.
La commune de Turriers n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture ; aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dossier d'information communal sur les risques majeurs (Dicrim) n’existe pas non plus.
Urbanisme Typologie Au , Turriers est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (68,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (67,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (34,9 %), forêts (26,3 %), zones agricoles hétérogènes (16,9 %), prairies (13,1 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (7 %), zones urbanisées (1,8 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 1050 (in castro Turrias), est construit sur la racine préceltique *TuR, rocher, qui a donné turra, désignant l’escarpement sur lequel le château a été bâti. Selon Rostaing, ce toponyme est probablement antérieur aux gaulois.
Turriers se nomme Turriés en occitan vivaro-alpin et en provençal.
Histoire
Moyen Âge
La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1050 (Turrias). Le fief appartient d’abord aux Vintimille (-), puis aux d’Hugues du à la Révolution. Les deux églises Sainte-Marie et Saint-Geniès relevaient de l’abbaye Saint-Victor de Marseille qui nommaient les prieurs desservants et percevaient les revenus attachés à ces églises. La communauté relevait de la baillie de Sisteron.
Lors de la crise ouverte par la mort de la reine Jeanne I, Raymond de Montauban, seigneur de Turriers, soutient Charles de Duras contre Louis I d'Anjou. Le ralliement de Sisteron à la cause angevine, en novembre, entraîne son changement d’engagement, et il prête hommage le Geneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, 422..
En 1477, l’archevêque d’Embrun accepte que les habitants construisent une chapelle dans le village, l’église paroissiale étant sur le promontoire du Mouriers assez éloigné du village.
Révolution française
Au début de la Révolution française, la nouvelle de la prise de la Bastille est accueillie favorablement, mais provoque un phénomène de peur collective d’une réaction aristocratique. Localement, la Grande Peur, venant de Tallard et appartenant au courant de la « peur du Mâconnais », atteint Turriers le soir du . Les consuls de la communauté villageoise sont prévenus par ceux de Gap qu’une troupe de 5 à brigands se dirige vers la Haute-Provence après avoir pillé le Dauphiné. Aussitôt, les consuls de Turriers transmettent la nouvelle aux consuls de Seyne, faisant ainsi se propager la Grande Peur.
Dès le , l’affolement retombe, les faits-divers à l’origine des rumeurs étant éclaircis. Mais un changement important a eu lieu : les communautés se sont armées, organisées pour se défendre et défendre leurs voisins. Un sentiment de solidarité est né à l’intérieur des communautés et entre communautés voisines, et les consuls décident de maintenir les gardes nationales. Aussitôt la peur retombée, les autorités recommandent toutefois de désarmer les ouvriers et les paysans sans terre, pour ne conserver que les propriétaires dans les gardes nationales.
La commune de Turriers crée une société patriotique après la fin de 1792. En 1793, le château est mis aux enchères pour démolition.
Époque contemporaine
Comme de nombreuses communes du département, Turriers se dote d’écoles bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle compte déjà une école dispensant une instruction primaire aux garçons. Aucune instruction n’est donnée aux filles : la loi Falloux (1851) n’impose l’ouverture d’une école de filles qu’aux communes de plus de 800 habitants. Ce n’est qu’avec la première loi Duruy (1867), qui abaisse ce seuil à 500 habitants, que la commune ouvre une école de filles. La deuxième loi Duruy (1877) lui permet, grâce aux subventions de l’État, de reconstruire l’école du village.
Jusqu’au milieu du , la vigne était cultivée dans la commune, uniquement pour l’autoconsommation. La viticulture était un « défi à la nature », le raisin étant souvent vendangé avant complète maturité. Cette culture a depuis été abandonnée, probablement en raison de la très mauvaise qualité du vin obtenuPaul Minvielle, « La viticulture dans les Alpes du Sud entre nature et culture », Méditerranée, 107 | 2006, mis en ligne le décembre 2008, consulté le 12 juillet 2013.. A la fin du une tuilerie et briqueterie est créée au lieu-dit de Gière par Joseph FRANGI et son fils Fernand FRANGI, entrepreneurs à Selonnet. En 1909 et 1910, ils ont construit au hameau de Mouriés le bâtiment de la gendarmerie, dont ils étaient propriétaires et qu'ils louaient à l'Etat, sur le modèle de celle de la Place d'armes à Seyne, qui leur appartenait aussi (L. et M. Most: "La vie au pays de Turriers dans la première moitié du siècle, 1993, p 68). Ils ont également construit la route des tourniquets d'Astoin entre 1897 et 1908.
Politique et administration
Élections municipales et communautaires Élections de 2008
De par sa taille, la commune dispose d'un conseil municipal de onze membres (article L2121-2 du Code général des collectivités territoriales.). Lors du scrutin de 2008, il n’y eut qu’un seul tour et Élie Aguillon a été réélu conseiller municipal avec le septième total de 159 voix, soit 72,60 % des suffrages exprimés. La participation a été de 84,88 %. Il a ensuite été nommé maire par le conseil municipal..
Élections de 2014 En 2014, c'est le conseiller sortant Jean-Yves Sigaud qui est élu maire dès le premier tour.
Élections de 2026 Depuis la loi du 21 mai 2025, le conseil municipal de Turriers, commune de moins de , est élu au scrutin de liste proportionnel à deux tours avec prime majoritaire, comme l'ensemble des autres communes. sièges sont à pourvoir au conseil municipal.
Une seule liste, menée par Jean-Yves Sigaud, maire sortant., est déposée lors du premier tour qui a lieu le . Les conseillers municipaux sont ainsi élus dès le premier tour. Le taux de participation est de 72,12 %. Jean-Yves Sigaud est élu maire le lors de la première séance de conseil municipal.La liste officielle des maires du département des Alpes-de-Hautes-Provence en fonctions au 9 mai 2026, issue du répertoire national des élus (RNE), peut être consultée sur Commons.. Liste des maires