Vachères est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom de ses habitants est Vacherois.
Géographie Localisation Vachères se situe dans le sud-ouest du département des Alpes de Haute Provence, non loin du Vaucluse.
Le village de Vachères est un Village perché. Il est situé à 5km de Sainte Croix à Lauze, 6km du village d'Oppedette, d'Aubenas-les-AlpesLieux et itinéraires, 10km du village de Reillanne, de Saint-Michel-l'Observatoire, de Forcalquier et 25km de la ville de Manosque.
Les communes limitrophes de Vachères sont Banon, Revest-des-Brousses, Aubenas-les-Alpes, Reillanne, Sainte-Croix-à-Lauze, Simiane-la-Rotonde et Oppedette.
vignette|La montagne de Lure, au fond, vue depuis les toits typiquement provençaux de Vachères.
Géologie et reliefs C'est un village perché à d’altitude, dans le parc naturel régional du Luberon, entre le Luberon et la montagne de Lure. Depuis son point culminant à la vue s'étend sur sept départements, englobant les sites du pic Saint-Loup à l'ouest et de la Sainte-Baume au sud.
Environnement La commune compte de bois et forêts.
Voies de communications et transports Voies routières L'accès à Vachères se fait par la route départementale , entre Banon et Reillanne.
Il existe un accès entre les villages de Sainte Croix à Lauze et Vachères avec la RD114, ainsi qu'une route communale entre Vachères et Oppedette.
Transports en commun Transport en Provence-Alpes-Côte d'Azur Commune desservie par le Réseau des lignes régulières de transport des Alpes-de-Haute-ProvenceRéseau des lignes régulières de transport des Alpes-de-Haute-Provence.
Lieux-dits et hameaux En dehors du village, la commune compte un hameau : Pichovet.
Risques majeurs Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Banon auquel appartient Vachères est en zone 1a (sismicité très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques, et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Vachères est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation ; mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort.
La commune de Vachères n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture. Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.
La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle en 1994, pour des inondations, des coulées de boue et des glissements de terrain. Bien que considérée comme peu sismique, le tremblement de terre du (épicentre à Bussana Vecchia) a été très fortement ressenti dans la commune, avec une intensité macro-sismique ressentie de VII sur l’échelle MSK (larges lézardes dans les murs, chutes de cheminées).
Hydrographie Cours d'eau sur la commune ou à son avalL'eau dans la commune : La commune est traversée par plusieurs ruisseaux, affluents du Largue. ravins de pierrefeu, d'aiguebelle, de la combe fresque, ruisseau d'aiguebelle.
Vachères dispose d'une station d'épuration d'une capacité de 350 équivalent-habitantsDescription de la station.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dauphin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Vachères est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (50,7 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (48,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (39,7 %), zones agricoles hétérogènes (27,3 %), terres arables (16,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (9,6 %), prairies (6,8 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 1274 (de Vaqueriis), est le pluriel du nord-occitan vachièro, pour vacherie, § 24 846, p 1334. Ce qui a donné Vachièras en vivaro-alpin et en provençal de norme classique et Vachièro selon la norme mistralienne.
Du latin vaccaria, du mot latin vacca (« vache ») avec le suffixe –aria.
Histoire Préhistoire Le territoire de la commune a été fréquenté pendant différentes périodes de la Préhistoire : deux sites chasséens (Chausson, Grand roi) et dix sites chalcolithiques (plateau des Moulins, Grange des Bois, Richard, la Plaine, Soulouri, le Collet d’Auberasse, les grands Adrets, Pichoyet, Sylvabelle, Mont-Saint-Laurent) ont été répertoriésPatrice Druelle, « Oppedette des origines au Moyen Âge (Chroniques de Haute-Provence) », Bulletin de la Société scientifique littéraire des Alpes-de-Haute-Provence no 304, 1987, p. 56-57. Le site du plateau des Moulins est encore occupé au Néolithique, à l’Âge du bronze, et à l’Âge du fer. Le site du plateau de Quinson ou de Saint-Antoine est occupé durant la Protohistoire, le Haut-Empire romain et au Moyen ÂgeGéraldine Bérard, Carte archéologique des Alpes-de-Haute-Provence, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 1997, p. 484.
Cette abondance de sites, notamment néolithiques, qui se confirme dans les communes voisines d’Oppedette et Simiane-la-Rotonde, est expliquée par la nature du sol : grès et sables cénomaniens, grès verts du clansayésien-albien, qui sont aisément cultivables avec des outils rustiques ou une araire qui ne travaille le sol qu’en surface. Ces sols acides favorisent en outre la pousse de plantes facilement inflammables (cystes, bruyère), donc favorisant une culture sur brulisPatrice Druelle, , p 57-58.
Antiquité vignette|alt=Statue de soldat gaulois, sans casque, avec cape sur l'épaule et appuyé sur un bouclier. Tout le bas est brisé.|Le guerrier gaulois de Vachères au Musée Calvet d'Avignon. Le territoire de Vachères fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la conquête, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron).
Tout autour de Vachères, de nombreux vestiges gallo-romains ont été retrouvés, attestant de la présence de plusieurs habitats. Au nord du village, les statues d'un cavalier et d'un personnage debout, probablement liées à un monument funéraire, ont été découvertes dans les années 1920Guy Barruol, « La statue du guerrier de Vachères (Alpes-de-Haute-Provence) », Revue archéologique de Narbonnaise, Tome 29, 1996. 4.. Un dolium et des dalles épigraphiques sont découverts à la Conseillère.
C'est de l'époque gallo-romaine que date une célèbre statue de guerrier trouvée en 1865 sur un terrain du jas de Bellevue, à un kilomètre à l'ouest du village : le guerrier de VachèresBarruol, La statue..., 1., mais connue localement bien avantBarruol, La statue..., 2, note 4.. D'une hauteur initiale d'environ , elle ne mesure plus actuellement que . La pierre utilisée est un calcaire d'origine locale, et les études ont permis de déterminer le mode de taille (en délit) et la taille du ciseau utilisé (22 mm de large, sauf pour les détails de la cotte de mailles, pour lesquels le gravelet a été utilisé). Le guerrier représenté est vêtu d'une tunique à manches longues et étroites (la manicata) et protégé par une cotte de mailles à épaulières (la lorica). On distingue aussi le ceinturon de cuir (cingulum) orné de clous en quinconce, et supportant le glaive (gladius). Les épaules du guerrier sont couvertes par un manteau, romain (paludamentum) ou gaulois des Alpes (sagum)Barruol, La statue..., 8., et il est appuyé sur son bouclier ovale (le scutum)Barruol, La statue..., 5.. Il tenait une arme d'hast dans la main droite, qui a disparu. Tous ces éléments en font un soldat des légions romainesGuy Barruol, « Le Pays de Forcalquier à l'époque romaine », in Alpes de lumière, Musée de Salagon, Archéologie au pays de Forcalquier : radioscopie d'un terroir rural, Mane (Salagon, 04300) : les Alpes de lumière, 1990, catalogue d'exposition, Mane, été 1990 ; collection « Les Alpes de lumière » 103, , 59.. Il porte également un torque autour du cou, ce qui indique ses origines gauloises. On a donc affaire à un guerrier gallo-romain, dans sa tenue d'apparat, engagé comme auxiliaire, typique de l'époque augustéenne (fin du ou début du )Barruol, Le Pays..., 60.Barruol, La statue..., 9.. En 1892, elle est achetée par le musée Calvet d'Avignon au paysan qui l'exposait dans la cour de sa ferme et actuellement exposée au musée lapidaire d'Avignon.
Moyen Âge Alors que le sud-est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire.