Valbelle est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom de ses habitants est Valbellois.
Géographie
vignette|gauche|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Valbelle et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende). Le village chef-lieu, Les Richaud, est situé à d’altitude.
Géologie vignette|gauche|Versant ouest de la colline Saint-Honorat, complètement érodé. Les roches dominantes à Valbelle sont les calcaires urgoniens à l’ubac, avec peu de marnes et d’argiles.
Relief vignette|300px|Situation de Valbelle au Nord-Est de la Montagne de Lure vignette|La Montagne de Sumiou. Le point le plus bas de la commune se trouve dans la vallée du Jabron, à d’altitude, avec une étroite plaine autour de d’altitude. La commune se trouve en rive droite du torrent.
La vallée de Valbelle est séparée de celle du Jabron par deux collines culminant à pour celle de l’ouest, et à pour la montagne de Saint-Michel, à l’est, qui est reliée à la crête de Chapage, terminaison nord-est de la montagne de Lure. La commune occupe un cirque naturel fermé à l’est et au sud par la montagne de Lure, dont la crête monte de environ au nord, à d’altitude. Cette longue crête ne compte qu’un sommet notable, le Cairn 2000, à , dans la commune de Cruis mais proche de la limite avec Valbelle et visible depuis la vallée de Valbelle. La montagne de Sumiou coupe ce cirque en deux, selon un axe est-ouest et à d’altitude maximale. Son versant nord comporte plusieurs secteurs abrupts, notamment la barre des Rochers du Pas des Portes, à l’ouest, le Pas de Sumiou et le site de la chapelle Saint-Pons à l’est.
La montagne de Lure est franchie, sur le territoire de Valbelle, par trois cols principaux, d’ouest en est : le Pas de la Graille, emprunté par la et l’ancien chemin de Frère Jean, à d’altitude ; le Pas de la Croix, à , emprunté par un chemin pédestre ; le Pas de Jean Richaud, à , est emprunté par le sentier de grande randonnée GR 6.
La montagne de Sumiou est franchie par le Pas de Sumiou, à .
Hydrographie vignette|gauche|La Biaïsse.
La vallée entre la montagne de Sumiou et la montagne de Lure est drainée par le Ravin du Grand Vallon, qui devient le Riou Sec en franchissant la montagne de Sumiou, puis la Biaïsse. Celle-ci draine toute la vallée de Valbelle.
Elle reçoit le Ressouvau (en rive droite), puis le ravin de Bonnet et le Riou Brun (rive gauche). Une partie de son cours est déviée pour alimenter un canal d’irrigation (rive gauche).
Environnement vignette|gauche|Arbre enracinés directement dans une faille du rocher, sur le versant nord de la montagne de Sumiou (site de la chapelle Saint-Pons). vignette|Parcelle replantée. La commune compte de bois et forêts, soit 51 % de sa superficie. La plus importante est la forêt domaniale du Jabron.
Les efforts de reboisement entrepris à partir de 1896 sont poursuivis aujourd’hui (voir ci-contre).
Transports
La commune est desservie par la route départementale , qui part au nord de la départementale , ancienne route nationale 546. Elle franchit le Pas de la Graille depuis 1949 et rejoint au sud la station de Lure. Elle devient ensuite la .
Risques majeurs
Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Noyers-sur-Jabron auquel appartient Valbelle est en zone 1a (sismicité très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques, et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Valbelle est également exposée à quatre autres risques naturels : avalanche ; feu de forêt ; inondation (dans la vallée du Jabron) ; mouvement de terrain.
La commune de Valbelle n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture et aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune ; le Dicrim n’existe pas non plus.
Hameaux
Les trois hameaux des Escoffiers, des Richaud et des Tourniaires se rejoignent actuellement pour former un village.
Toponymie
Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 1204 (de Vallebella), vient de l’occitan, désignant une belle, ou grande vallée. L’ancien nom du village apparaît en 1419 dans les textes (Turris Beoncii). Pour le changement de nom, voir la section Histoire.
De nombreux toponymes de Valbelle font référence au relief montagneux : on a ainsi le Bois de la Coste ; Serre Chardan (le serre étant une crête). En occitan de Lure, le casset est un petit éboulis : sur l’ubac de Lure, un ravin prend son nom du Petit Casset qui le domine. Le Frache du Pin est une zone calcaire constellée de trous, l’érosion ayant causé des effondrements. La source du Gravas fait référence à une zone recouverte par les graviers arrachés à la montagne par les eaux pluviales, phénomène d’érosion facilité par la déforestation intense.
L’eau a également façonné le paysage : le lieu-dit l’Iscle est aujourd’hui en bordure du Jabron. Il désigne à l’origine une île instable formée dans le cours des rivières au lit tressé et au régime torrentiel. Le ravin de Font de Laba tire son nom d’une source (font), on a aussi la source Reihe.
La Rouyère sur le flanc sud de la montagne de Sumiou fait référence aux chênes blancs qui y poussent, le Bois de la Fayée sur l’adret de Lure à la hêtraie naturelle.
L’élevage ovin a occasionné de nombreux toponymes : le Jas (la bergerie) tout simplement, mais aussi le Jas de Richaud, le Jas des Bailles. La bergerie la Graille est la bergerie de la corneille (voir aussi le col nommé le Pas de la Graille, au-dessus de cette bergerie). Les clos (Clos de Moune, le Clos des Vaches) sont des champs épierrés, et dont les pierres ont servi à la construction d’une clôture en pierre sèche. Le Moulin Bas, la Tuilière (terme provençal pour tuilerie, qui atteste une création antérieure à 1700) sont d’autres traces de l’activité de transformation humaine, comme le ravin des Charbonniers rappelle l’activité des charbonniers, nombreux au et au début du .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sisteron à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Valbelle est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sisteron, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (89 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (89,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (61,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (25,7 %), zones agricoles hétérogènes (11 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (2,2 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Économie
Agriculture vignette|gauche|À Valbelle, l’agriculture se concentre sur le fond de vallée et le bas des versants. Les ruptures de pente sont abandonnées à la forêt, ainsi que les pentes les plus fortes.
vignette|Champ de lavande.
Activités tertiaires
Histoire
Préhistoire et Antiquité vignette|Voûte du four de potier gallo-romain. Les grottes des Peyrourets ont été fréquentées au NéolithiqueGuy Barruol, « Préhistoire », in Barruol, Réparaz, Royer, , 175.. Des découvertes archéologiques attestent de la fréquentation de Valbelle à l’âge du bronze.
Dans l’Antiquité, le territoire de la commune fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), qui peuplent la montagne de Lure, en étant fédérés aux Voconces. Après la Conquête (en 125-), ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ce peuple est détaché des Voconces et forme une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron). À l’époque gallo-romaine, un atelier de potiers était actif sur la commune.
Moyen Âge
Alors que le Sud-Est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire.
La communauté, citée en 1274 et en 1419, s’appelait la Tour de Bevons. Elle relevait de la baillie de Sisteron. Les détenteurs du fief sont les Mévouillon (-), puis les d’Oraison aux .
La communauté médiévale de Quinson (signalée en 1274), était établie sur la crête de Chapage, au nord-est du cirque de Valbelle. Elle comptait 11 feux au dénombrement de 1315, mais est fortement dépeuplée par la crise du (Peste noire et guerre de Cent Ans). Inhabitée en 1371, elle est annexée par celle de la Tour de Bevons au .
Deux autres fiefs se trouvaient sur l’actuel territoire de la commune de Valbelle : la Cheylanne, et le fief de Saint-Pons (cité en 1207).