Antoine Marie Pâris d'Illins, né le à Paris et mort le à Ocaña en Espagne, est un général français de la Révolution et de l'Empire.
Biographie
Du soldat au général de brigade
Né le à Paris, Antoine Marie Pâris d'Illins est le fils d'Antoine Pâris d'Illins (1712-1777) et de Marie-Catherine Darnezin (morte en 1778). Son grand-père paternel est Claude Pâris la Montagne (1670-1744), l'un des quatre frères Pâris, financiers sous le règne de Louis XV. Il choisit la carrière militaire et, le , entre en service comme volontaire au régiment des Grenadiers de France. Il passe lieutenant en deuxième le et sous-aide-major le , exerçant même des fonctions équivalentes à celles de capitaine à partir du . Trois jours plus tard, il est affecté au régiment provincial de Mantes avec rang d'aide-major, avant de passer capitaine au régiment de Nassau hussards le puis au régiment Colonel-Général dragons le . Lieutenant-colonel le , il est fait chevalier de Saint-Louis le . Après la mort en 1781 de son cousin Armand Louis Joseph Pâris de Montmartel, dit le marquis de Brunoy, il hérite par ailleurs de la propriété du château de Villers-sur-Mer, en Normandie. Il sert ensuite à l'état-major royal, en poste à Metz, à compter du .
Bibliophile averti, il se décide néanmoins, en , à se séparer de la plus grande partie de sa bibliothèque, héritée pour une part de ses oncles et parents, dont Jean-Baptiste Pâris de Meyzieu ; la vente se déroule à Londres, sous l'expertise de James Edwards (1756-1816). Cette décision s'explique, d'après Milton McC. Gatch, par la nécessité dans le contexte agité de la Révolution française. Poursuivant malgré tout sa carrière dans l'armée, il est d'abord promu adjudant-général le , puis, après un passage au sein de la division militaire, est nommé colonel du de hussards le , succédant à César Pierre Pestalozzi. Élevé au grade de maréchal de camp à l'armée du Centre le suivant, il abandonne toutefois son poste le pour émigrer en même temps que le général Lafayette. Il est finalement autorisé à rentrer en France à l'époque du Consulat et est admis à la retraite avec le grade de colonel le .
Sous l'Empire
Le , il est affecté à Bruges comme simple volontaire auprès de l'état-major du maréchal Davout, dont il suit le pendant la campagne d'Allemagne de 1805. Chevalier de la Légion d'honneur le , il est réintégré dans son grade de général de brigade le . Le de la même année, il prend le commandement du dépôt de cavalerie de Pontivy, avant d'être affecté au camp de Boulogne le . Le , il est nommé inspecteur à l'organisation de la cavalerie dans la Légion portugaise.
Alors qu'il n'a exercé aucun commandement opérationnel depuis seize ans, il est désigné, le , pour prendre la tête de la brigade de cavalerie légère du corps du maréchal Mortier, composée du hussards et du chasseurs à cheval. Il est alors, à 62 ans, le plus vieux général de cavalerie de l'armée française en service dans la péninsule Ibérique. Il quitte néanmoins ce commandement le pour celui de la forteresse royale du Retiro à Madrid. Le , il remplace le général Maupetit en tant que chef de la brigade de cavalerie légère du de l'armée d'Espagne, commandé par le général Sébastiani. Il a sous ses ordres trois régiments, les et chasseurs à cheval ainsi que les lanciers polonais de la Vistule.
La veille de la bataille d'Ocaña, le , il mène la charge de ses escadrons dans le plus important combat de cavalerie de toute la guerre. Après avoir enfoncé la première ligne espagnole, la brigade Paris d'Illins se heurte à la contre-attaque adverse mais est promptement dégagée par l'intervention des dragons du général Milhaud. Les cavaliers français l'emportent en définitive sur leurs homologues espagnols, dont les pertes s'élèvent à plusieurs centaines d'hommes tandis que celles des vainqueurs sont minimes. Parmi ces dernières figurent le général Paris d'Illins, tué selon toute vraisemblance par un lancier espagnol. Son commandement est relevé par le colonel Jacques-Gervais Subervie puis par le général André Thomas Perreimond.
Commentant sa mort, le général Louis de Bouillé écrit : .. Une source espagnole de 1897 indique qu'il ..
Il est qualifié par l'historien britannique Charles Oman de à la tête de la cavalerie légère du corps. Son sabre à l'orientale, richement décoré, est déposé au musée d'artillerie de Madrid par le général espagnol en 1853.. Il collectionnait avec assiduité les coquillages, si bien que le zoologiste Henri-Marie Ducrotay de Blainville écrit à son propos : .
Famille
Antoine Marie Paris d'Illins épouse, le , Cunégonde Brillon de Jouy (1764-1831), la fille de la musicienne et salonnière Anne Louise Brillon de Jouy.. Leur union ayant été annulée en 1793 , le couple se remarie en 1801.
Ils ont ensemble une fille, née le 26 novembre 1784 et deux fils : Adolphe Pâris d'Illins (1788-1806), mort sans postérité sur le champ de bataille en Pologne, et Raoul Pâris d'Illins (1802-1874). Ce dernier, maire de Villers-sur-Mer de 1826 à 1864 puis de 1872 à sa mort, épouse en 1825 Anne-Sophie Béatrix (1809-1888), fille de Félix de Roissy ; de son mariage naissent quatre enfants, dont trois filles atteignent l'âge adulte.
Notes et références
Bibliographie
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Liens externes
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