Le genre Amanita regroupe des BasidiomycètesDont le thalle (mycélium) est septé et donne par reproduction sexuée 4 exospores par baside, chacune venant à l'extrêmité d'un stérigmate. Une fois libérées, elles présentent une cicatrice caractéristique (apicule). Il s'agit des "champignons" au sens courant du terme. Basides non cloisonnées de type homobaside. Basidiospores ne produisant jamais de spores secondaires. de la famille des AmanitacéesFamille aujourd'hui élevée au rang d'ordre. Les caractères sont donc les mêmes que ceux de l'ordre et les rangs inférieurs sont également peu significatifs. .
Les champignons de cette famille étaient traditionnellement classés dans l'ordre des AmanitalesOrdre assez original. Texture fibreuse mais chair profonde parfois un peu grenue. Sporée blanche. Lames libres. Voile général présent. Voile partiel présent ou réduit.Trames des lames bilatérale.
Ecto-mycorhyzique, sauf exceptions., classification confirmée par l'analyse phylogénétique dans le clade Plutéoïde, une des six nouvelles divisions des AgaricalesRégis Courtecuisse et Bernard Duhem (illustrations), Paris, Delachaux et Niestlé, « Les Guides du Naturaliste », 2013, .
Avec près de 600 espèces sur la planète, parmi lesquelles les plus toxiques côtoient les comestibles les plus réputés, le genre amanite est le plus important à savoir reconnaître parmi les champignons. En France et en Belgique, on a recensé une soixantaine d'espèces d'amanites, dont sixAmanita dunensis *Amanita phalloides,(+ var. alba, et var. larroquei) Amanita porrinensis Amanita verna *Amanita porrinensis *Amanita virosa sont mortelles et trois sont responsables de 95 % des accidents mortels par ingestion volontaire de champignonsQuatre-vingt-dix pour cent des intoxications mortelles par les champignons sont dus à des espèces contenant des amatoxines..
L’intoxication phalloïdienne est provoquée par des octapeptides bicycliques appelés amatoxinesOn en dénombre neuf : l’α-amanitine, la β-amanitine, la γ-amanitine, la ε-amanitine, l’amanine, l’amanine amide, l’amanulline, l’acide amanullique et la pro-amanulline
Barceloux D.G., 2008. Medical Toxicology of natural substances. Foods, Fungi, Medicinal Herbs, Plants and Venomous Animals. John Wiley & Sons, USA, 1157 p (α, β et γ-amanitines) présents chez 35 espèces réparties dans 3 genres : Amanita, Galerina et LepiotaEnjalbert F., Rapior S., Nouguier-Soulé J., Guillon S., Amouroux N., Cabot C., 2002. Treatment of amatoxin poisoning: 20-year retrospective analysis. J. Toxicol. Clin. Toxicol. 40, 715-757.. Plusieurs de ces toxines ont été isolées dans certaines amanites : la plus puissante est l'alpha-amanitine, qui résiste à la cuisson et la phalloïdine qui est thermolabile et perd sa toxicité au-dessus de de cuisson..
vignette|Golmotte rougissante fraîchement éclose, poudrée des restes du voile général, et le voile partiel venant à peine de se détacher de la marge du chapeau.
Naissance d'une amanite La jeune amanite ressemble à un œuf partiellement enfoncé dans le sol. Une membrane blanchâtre (le voile général) l'enveloppe entièrement. A l'abri de cette membrane, le primordium est déjà formé d'une base renflée (le bulbe) occupant les deux tiers du volume. La partie supérieure est occupée par le chapeau, tandis que le futur pied se forme entre les deux pôles, l'espace intermédiaire est occupé par les lames, protégées par le voile partiel, attaché au sommet du pied d'une part, et à la marge du chapeau d'autre partPour une présentation des Amanites aux débutants cf. Bulletin de la Fédération Mycologique du Dauphiné-Savoie 151: 41-43;.
Une fois éclos, le sporophore des amanites déchire le voile général par sa poussée verticale, due à l'allongement du pied. La "coquille" se brise à la partie supérieure du chapeau et ne subsiste à la base autour du bulbe que par la volve. C'est ensuite au tour du chapeau de s'épanouir en s'étalant. Le voile partiel se détache du bord du chapeau, puis se décolle du bord externe des lamelles. Il ne subsiste que par un anneau retombant, juponnant, attaché en haut du stipe.
L'amanite présente des lames libres, de couleur blanche, quelquefois jaune. La sporée est blanche.
Le stipe (pied) est plus ou moins bulbeux souvent chaussé d'une volve plus ou moins visible, membraneuse ou floconneuse. thumb|Schéma d'une agaricale. Un anneau, généralement en forme de collerette ou en « jupe », est présent chez les spécimens jeunes, mais parfois de façon fugace.
Les amanites sans anneau ont la marge de l'hyménophore striée ou pectinée. Elles ont longtemps été regroupées dans le sous-genre Amanitopsis. Elles sont maintenant réparties dans les sections Vaginae (pied frêle sans bulbe) et Ceasarea (pied marginé).thumb| Amanita caesarea, présente une marge pectinée et un chapeau lisse.
La volve est un reste du voile général, sorte de « coquille » à l'intérieur de laquelle se forme le sporophore. Au départ, en phase hypogée, les amanites se présentent comme des œufs blancs, le sporophore se développant un peu comme un poussin dans sa coquille. Puis le voile général se déchire, mais reste présent, parfois très effrité, sous forme de volve à la base du pied du champignon. Des débris du voile général subsistent également sur la cuticule de plusieurs espèces, sous forme de plaques ou de verrues.
Comestibilité Ce genre comprend également de nombreux champignons comestibles, mais les mycologues déconseillent aux amateurs de champignons de les consommer, le risque de confusion pouvant engendrer des conséquences tragiques. Néanmoins, dans certaines cultures, des espèces locales sont comestibles et à l'origine de marchés saisonniers. Comme exemple de ce type d'amanites, on peut citer Amanita zambiana et d'autres espèces charnues dans le centre de l'Afrique, Amanita basii, des espèces similaires au Mexique, Amanita caesarea en Méditerranée, et Amanita chepangiana, amanite blanche du Sud-Est asiatique. D'autres espèces sont utilisées pour les sauces colorantes, comme lAmanita jacksonii aux éclats rouge vif, que l'on récolte de l'Est du Canada à l'Est du Mexique et que l'on peut trouver sur les marchés.
Pour beaucoup d'espèces, on ignore si elles sont comestibles, en particulier dans des pays traditionnellement mycophobes comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, où de nombreux champignons sont mal connus.
Taxinomie du genre Amanita Le nom grec Amanites pourrait être dérivé de Amanos, une montagne de la Cilicie orientale entre la Phénicie et la Syrie, où auraient foisonné ces champignonsD'après ; .. Le physicien romain Galien utilisait le mot pour désigner les agarics champêtres par opposition au bolet Houghton W., Notices of fungi in Greek and Latin authors in Annals and Magazine of Natural History ser. 5 vol. 5, 1885, - 49.
Le genre Amanita a tout d'abord été publié avec son sens actuel par Christian Hendrik Persoon en 1797Persoon Ch, Tent. disp. meth. fung. : 65, 1797. En vertu du Code international de nomenclature botanique, le concept des amanites de Persoon, avec Amanita muscaria (L.) Pers. défini comme l'espèce type, a été officiellement conservé contre les anciennes Amanita Dill. ex Boehm. (1760) considérées comme un synonyme de Agaricus L. Mc Neill J. (eds) International Code of Botanical Nomenclature (Vienna, 2005), Appendix IIIA Nomina generica conservanda et rejicienda, B. Fungi, 2006..
Phylogramme du genre Amanita Le genre Amanita inclut deux sous-genres et sept sections confirmés par la morphologie et la phylogénétique moléculaire. Les espèces types de ces sous-genres et sections sont précisées ci-dessous Bas C., « Morphology and subdivision of Amanita and a monograph of its section Lepidella », Persoonia, 5, 1969, ..
Classification linnéenne du genre Amanita
Ce genre englobe un peu plus de 550 espèces et variétés, la liste suivante est donc loin d'être exhaustive. Cette liste suit la classification des sous-genres et sections des grandes lignes du genre Amanita de Corner et Bas (1962 Corner EJH and Bas C. The genus Amanita in Singapore and Malaya. Persoonia 2:241–304, 1962), de Bas (1969 Bas C.Morphology and subdivision of Amanita and a monograph of its section Lepidella. Persoonia 5: 285-579, 1969), comme utilisée par Tulloss en 2007. L'utilisation des noms communs suit Tulloss (2007), Holden (2003), Arora (1986 David Arora Mushrooms demystified ( ed). Berkeley, CA: Ten Speed Press, 1986) et Yang (2004 Yang ZL, Weiss M & Oberwinkler F. (2004) New species of Amanita from the Himalaya east coast and adjacent regions) et Lincoff (1981 Lincoff GH.The Audubon Society field guide to North america mushrooms. New York: Alfred A. Knopf, 1981).
Sous-genre Amanita
Section Amanita sensu stricto Toutes les espèces ont un bulbe à la base du stipe Espèce-type du genre 15px Amanita muscaria – Amanite tue-mouche (Cosmopolite) Liste des espèces de la section Amanita Amanita albocreata – Amérique du Nord Amanita altipes – Chine du Sud-Ouest Amanita armeniaca – Amanite des bohémiens; Australie 15px Amanita eliae – Europe 15px Amanita farinosa – Côte est de l'Amérique du Nord et Amérique centrale Amanita frostiana – Frost's amanita; Côte est de l'Amérique du Nord 15px Amanita gemmata – Amanite jonquillegemmed mushroom, jewelled amanita; Europe Amanita nehuta – Maori dust Amanita; Nouvelle-Zélande 15px Amanita pantherina – Amanite panthère; Hémisphere-Nord Amanita parvipantherina; Chine du Sud-Ouest (Province de Yunnan) 15px Amanita regalis – Europe, Alaska Amanita rubrovolvata – red volva amanita; Chine, Japon, Indonésie Amanita strobiliformis – Amanite verruqueuse; Europe Amanita virgineoides - Amanite virginoïde; Japon 15px Amanita xanthocephala – Grisette vermillon; Australie
Section Vaginae thumb|250px|Amanite livide. Sous-bois de chênes. Var, France.
La plupart de ces espèces ont un stipe sans bulbe. La volve est friable, épaisse et membraneuse. Espèce-type de la section Amanita vaginata – Grisette ; Europe, Amérique du Nord Liste des espèces de la section Vaginae Amanita argentea (=Amanita mairei) – Europe Amanita battarrae (=Amanita umbrinolutea) – Amanite argile ombréeumber-zoned ringless amanita Europe 15px Amanita ceciliae (=Amanita inaurata) –Cecilia's ringless amanita, snakeskin Grisette, peau de serpent; Europe Amanita crocea – Grisette orangesaffron ringless amanita, Europe Amanita fulva – Grisette fauvetawny grisette, orange-brown ringless amanita, Europe Amanita liquii – Chine du Sud-Ouest Amanita lividopallescens – Europe Amanita nivalis – Grisette des montagnessnow ringless amanita, (Arctique/Alpine) Amanita orientifulva – Chine du Sud-Ouest Amanita pachycolea – Grisette de l'OuestStuntz' great ringless amanita, western grisette, Côte ouest de l'Amérique du Nord Amanita pekeoides – Amanite des MaorisMaori's sack ringless Amanita Nouvelle-Zélande Amanita simulans – Europe, peupliers, saules, hélianthèmes, sol calcaire. Amanita submembranacea – Europe 15px Amanita velosa – Amanite du printempsspringtime amanita, bittersweet orange ringless amanita, Côte ouest de l'Amérique du Nord
Section Ceasareae Le bulbe à la base du stipe est inexistant et fort proche de la section Vaginaevide Corner and Bas (1962) un voile membraneux partiel. Espèce type de la section 15px Amanita caesarea – Amanite des Caesars, CaesarRoyal Amanite Italie, Espagne, France (sud) Liste des espèces de la section Caesareae Amanita chepangiana – (Asie du Sud-Est) 15px Amanita hemibapha (complexe d'espèceshalf-dyed slender Caesar) – (Pantropicale) 15px Amanita jacksonii – Caesar d'AmériqueJackson's slender caesar, Côte est de l'Amérique du Nord. Synonyme : A. basii. Amanita lanei (=Amanita calyptrata) – Coccora, Coccoli Côte ouest de l'Amérique du Nord Amanita spreta – Caesar à chapeauhated amanita, Côte est de l'Amérique du Nord 15px Amanita zambiana – Caesar de ZambieZambian slender caesar Zambie