vignette|Vignoble en Champagne. Longtemps, la viticulture fut une spécialité de quelques pays — dont la Grèce, l'Italie, la France, l'Allemagne, l'Espagne et le Portugal — mais aujourd'hui, une cinquantaine de pays peuvent disputer à l'Europe le privilège de planter des vignes et de récolter du vin. La tradition biblique selon laquelle la divinité aurait accordé à Noé échoué sur le mont Ararat le privilège de planter la vigne recouvre une réalité historique puisque les premières vignes cultivées pendant l'Antiquité l'ont été dans le Croissant fertile. Toutefois, les recherches scientifiques ont prouvé que les premières vinifications se sont faites dans l'actuelle Géorgie il y a près de ans..

Parmi les nouveaux pays de viticulture, six d'entre eux produisent aujourd'hui un quart de la production mondiale (1,6 % au début des années 1980) et continuent à grignoter des parts de marché. La Chine, avec plus de 11 millions d'hectolitres produits en 2005, est septième.

En 2008, la production devrait atteindre 275 millions d'hectolitres (269 millions en 2003), dont 30 millions ne trouveront pas d'acheteurs.

Zones vitivinicoles mondiales Afrique Afrique du Sud vignette|Vignoble de Stellenbosch. La viticulture en Afrique du Sud s'est développée à partir du . Elle a pris son ampleur grâce à l'arrivée de 200 huguenots français. , la qualité des vins est très inégale et les rendements varient de 20 à 350 hl/ha. Ce fut Jan van Riebeeck, premier gouverneur d’Afrique du Sud qui ordonna la plantation de vignes provenant de Hollande. Puis Simon Van der Stel créa le domaine de Constancia qui donna naissance à un vin blanc liquoreux réputé dans les cours européennes de la fin du et durant tout le cours du . Enfin l’arrivée de deux cents huguenots en 1688 issus notamment du Luberon et de Charente chassés de France après la révocation de l’Édit de Nantes et qui s'installèrent dans la vallée de Franschhoek donna une impulsion décisive à la viticulture du Cap.

Algérie vignette|gauche|Bacchus jeune, musée archéologique de Cherchell vignette|Mosaïque romaine de la série des travaux des champs exposée au musée archéologique de Cherchell La vigne sauvage (lambrusque) a prospéré dans les collines du littoral où elle poussait en hautain le long des arbres. Elle produisait des petits grains qui furent consommés frais ou séchés par les Berbères. Cette vitis vinifera silvestris se maria aux plants de vitis vinifera sativa importés par les Carthaginois au cap Bon et dans leurs comptoirs côtiers. Ces nouvelles variétés furent à la base d'un encépagement indigène qui a perduré dans les raisins de table, dit kabyles. La colonisation romaine fit de la future Algérie, le grenier à blé de l'Empire. Mais la culture de la vigne ne fut pas absente des cités comme Césarée de Maurétanie (Cherchell), Hippone (Annaba) ou Cuicul (Djemila). Nombre de mosaïques l'attestent..

Au , l'invasion arabe mis à mal la viticulture de cuve qui céda officiellement la place à celle des raisins de table. Mais dans certaines tribus berbères où l'Islam eut du mal à s'implanter, des vignobles continuèrent à fournir des vendanges à la vinification. Paul Birebent explique : . De leur côté, les juifs continuaient à vinifier le vin casher. Les Espagnols, s'installant en Oranie, y relancèrent la culture de la vigne. De plus, une clientèle existait sur place pour ces vins locaux. Elle allait des janissaires turcs aux esclaves chrétiens, des Espagnols des presidios aux membres des consulats, des négociants européens aux équipages des navires marchands.

À l'époque de la colonisation française, le vignoble algérien a atteint pour une production annuelle de vin allant jusqu'à 18 millions d'hectolitres. Depuis l'indépendance du pays en 1962, la plus grande partie de ce vignoble a été arrachée.

Cap-Vert vignette|gauche|Cave moderne dans la Chã das Caldeiras vignette|Vignes et volcan dans la Chã das Caldeiras La viticulture au Cap-Vert est l'une des plus proches de l’équateur. Elle se cantonne sur l’île de Fogo, dans la caldeira de Chã das Caldeiras, au pied du Pico do Fogo. Les vins rouges sont corsés et riches en couleurs. Le vin rouge a une couleur foncée avec des nuances de violet. Les arômes dégagent des notes de petits fruits noirs comme le cassis ou la mûre. Cette sensation est enrichie avec des nuances de poivre et de noix de muscade. Le vin blanc, élaboré à partir de raisins muscat locaux, possède une robe limpide aux reflets dorés. De goût frais, il dégage des arômes d'agrumes comme le pamplemousse. Le vin rosé possède une robe couleur rose élégante et possède des arômes de petits fruits rouges comme les groseilles et les fraises. Le vin de paille, dit passito, est élaboré avec la même variété de raisin muscat que le blanc. Il possède une robe ambre foncé et dégage des arômes des figues, de fruits secs, de raisins secs, de pruneaux et de dattes.

Égypte vignette|gauche|Vendanges dans l’Égypte ancienne ( av. J.-C.) vignette|Vin égyptien La viticulture en Égypte, si elle n'est pas la plus ancienne du monde, est celle sur laquelle nous possédons le plus de renseignements. Sous les pharaons, les fouilles menées dans les tombeaux de la période prédynastique jusqu'à l'Égypte gréco-romaine, ont donné des renseignements précieux sur la vigne et son type de conduite en hautain, l'implantation des vignobles dans le delta du Nil jusque dans les oasis, la façon de vinifier (foulage et pressurage), etc. Si les domaines viticoles furent longtemps le monopole des souverains et des temples, les fouilles archéologiques ont mis en évidence sa démocratisation au fil des siècles, des membres de la cour royale devenus propriétaires à la concession faite par les prêtres aux particuliers de vignobles moyennant une redevance. Les textes des premiers historiens de l'Antiquité nous renseignent aussi sur le rôle du vin dans la société. Il passa petit à petit de l'offrande réservée aux dieux à une boisson royale puis devint celles des nantis ainsi que celle des catégories sociales privilégiées comme l'armée ou des corporations d'ouvriers qui en recevaient en prime. Il était aussi omniprésent dans certaines fêtes en particulier celles d'Osiris, dieu du vin, et donna lieu à des beuveries dont les fresques et les bas-reliefs gardent la mémoire. Devenue chrétienne, l'Égypte continua à cultiver la vigne et à boire son vin. Son islamisation, si elle permit de conserver son vignoble pour le raisin de table (muscat d'Alexandrie), n'autorisa la consommation de vin qu'aux seuls Coptes et Juifs. Une importante parenthèse eut lieu sous les Abbassides qui donnèrent licence à leurs sujets musulmans de boire du vin. La période moderne et la venue des premiers touristes européens a été marquée par une tentative de modernisation du secteur viti-vinicole. Sous l'impulsion d'un homme d'affaires grec, dès 1882, un nouveau vignoble fut créé de toutes pièces, ses vins connurent leur apogée ente 1930 et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce vignoble nationalisé, en 1966, par Nasser, fut privatisé en 1999, mais ses vins ne correspondaient plus au goût européenAlain Huetz de Lemps, Boissons et civilisation en Afrique, 1999.. Dès le début du , des nouveaux producteurs s'installèrent et mirent sur le marché des vins de qualité grâce à l'introduction de cépages qualitatifs adaptés au climat. La parenthèse du gouvernement des frères musulmans ne porta pas ombrage à cette production, car en dépit des proclamations de principe sur l'interdiction du vin, une première tentative fut abolie pour ne pas faire fuir les touristes fournisseurs de devises.

Libye

Maroc vignette|gauche|Soubassement d'un pressoir à vin à Volubilis vignette|Dégustation à Fès La viticulture au Maroc et la plantation des premiers vignobles remonte aux Phéniciens et à la colonisation romaine. Sous l'Antiquité, le grand centre de production viti-vinicole était concentré autour de Volubilis. Depuis l'indépendance, la viticulture a beaucoup réduit son emprise pour des raisons aussi bien culturelles que religieuses ; hectares étaient cultivés en l'an 2000source : Dominé.. Le laboratoire officiel d’analyses et de recherches chimiques pour le vin est localisée à Casablanca. Aujourd'hui, le Maroc fait partie des États membres de l'organisation internationale de la vigne et du vin. En 2008, le pays a produit 35 millions de bouteilles..

Namibie vignette|Vignoble de la Ferme Ludwig (début ) La viticulture en Namibie débuta avec la colonisation allemande en 1884. Les premières vignes sont plantées par des prêtres catholiques allemands dans le faubourg de Klein Windhoek situé à l'est de la capitale, Windhoek. Les prêtres produisaient un vin blanc ainsi qu'un schnaps, lequel était connu sous le nom approprié de « Katholischer ».

Dans les années 1990, année de l'indépendance du pays, plusieurs hectares de vignes furent replantés près d'Omaruru, de Maltahoehe et d'Otavi.

Tanzanie

Tunisie vignette|Mosaïque du Triomphe de Bacchus au Musée de Sousse. La viticulture en Tunisie a une longue tradition qui a débuté dans l'Antiquité comme dans beaucoup d'autres pays du bassin méditerranéen, grâce aux Phéniciens et, dans ce cas spécifique, grâce aux Carthaginois. L'agronome Magon, qui vit dans la Carthage phénicienne, note dans son traité d'agronomie viticole, des pratiques qui sont toujours en vigueur de nos jours. La colonisation romaine fut à l'origine de la création de nombreuses villæ rustica consacrées uniquement à la culture de la vigne. Avec l'arrivée d'un pouvoir musulman dès le et l'indépendance de la Tunisie en 1956, la viticulture n'a jamais disparu et cette branche de l'agriculture a une importance réelle dans l'économie de la Tunisie.

Europe Albanie vignette|gauche|Vendanges à Gjirokastra vignette| Bouteille de Sheshi i Zi L'Albanie, tout comme les îles Ioniennes de la Grèce et le sud de la Dalmatie dans l'actuelle Bosnie-Herzégovine, semble avoir été le dernier refuge européen de la vigne après l'ère glaciaire. C'est ce qu'a pu déterminer le professeur Henri Enjalbert lors de ses travaux et ses recherchesWelcome to wines Albania..

Les premières références d'une viticulture en Illyrie datent du Sous la colonisation romaine, les auteurs latins citent l'Illyrie comme pays d'origine d'une vigne à haut rendement introduite en Italie.

Mais la production de vin, sous l'influence de l'Islam, ne perdura pas au-delà du . Pendant le demi-siècle de régime soviétique, le vignoble reprit sa progression pour atteindre . Sur cette superficie, étaient consacrées aux cépages de cuve. , les principaux cépages locaux sont le Shesh i bardhe, pour les vins blancs, et le Shesh i zi, pour les vins rouges. Ils représentent 35 % de l'encépagement et tirent leur nom du village de Shesh, qui se situe à de Tirana. Avec de faibles rendements, le premier dégage au nez des arômes floraux et le second produit des rouges de garde.

Arménie vignette|Mosaïque arménienne La viticulture en Arménie est l'une des plus anciennes du monde. Elle fait partie avec celle de la Géorgie voisine de cette Transcaucasie, un des lieux d'origine de la vigne où la vigne sauvage (Vitis vinifera subsp. sylvestris) muta en vigne cultivable (vitis vinifera subsp. sativa) et où eurent lieu les premiers foulages du raisin pour obtenir du vin. Se basant sur les plus récentes découvertes archéologiques, des auteurs comme Alexis Lichine situent en Arménie la « patrie du raisin », tandis que Hugh Johnson ne manque pas de souligner que ce lieu d'origine de la vigne cultivée est en même temps celui où le mont Ararat sert de frontière septentrionale entre la Turquie et l'Arménie occidentale. Lieu où la légende biblique fait planter la vigne par la patriarche Noé à la fin du Déluge.