Châteauneuf-Val-Saint-Donat (Chastèunòu de la Vau de Sant Donat, en occitan) est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Elle est située au pied de la montagne de Lure, dans une vallée parallèle à la vallée de la Durance, à proximité du parc naturel régional du Luberon. Le territoire est montagneux, bien que situé sous . Il présente un fort ensoleillement et un patrimoine bâti typique de cette partie de la Provence, avec des jas et des bories (gîtes, cabanes en pierre sèche) ; mais également de nombreuses ruines, dont l'ancien village. Malgré un fort exode rural, la commune a gardé des activités locales (agriculture notamment élevage d'agneau, culture d'oliviers), et a connu une importante croissance démographique durant la deuxième moitié du , dépassant les .

Le nom de ses habitants est Chabannais..

Géographie thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Châteauneuf-Val-Saint-Donat et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Les communes limitrophes de Châteauneuf-Val-Saint-Donat sont Aubignosc, Château-Arnoux-Saint-Auban, Montfort, Mallefougasse-Augès et Valbelle.

Topographie thumb|La montagne de Lure, frontière linguistique entre le provençal et le vivaro-alpin Le territoire de la commune occupe sur les contreforts orientaux de la montagne de Lure. Le village des Chabannes, chef-lieu de la commune, est situé à d’altitude, dans une vallée parallèle à celle de la Durance.

L'altitude varie sur le territoire communal de , en limite sud-est (ravin de Chabrières), à . L'ouest du territoire correspond à l'est de la chaine de la montagne de Lure. Son sommet est à , entre Cruis et Noyers-sur-Jabron ; elle correspondait autrefois à une frontière linguistique entre deux variétés de la langue occitane). Le pas de Jean-Richaud ( m), en limite nord-ouest, est une crête de la chaine de la montagne de Lure[Carte IGN].

Géologie

thumb|Massif des Alpes et localisation des Baronnies et des Préalpes de Digne. Le territoire se situe en limite est des Baronnies, sur des formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin), entre plusieurs formations géologiques majeures des AlpesLes chaînons de Digne, Carte très schématique, montrant les rapports entre les chaînons des Baronnies orientales (moitié nord) et ceux de Digne (moitié sud), avec l'avant-pays de la nappe de Digne (partie occidentale), par Maurice Gidon, professeur de géologie à l'Université de Grenoble. : les Baronnies ; la nappe de Digne à l'estCarte géologique de la France au 1:1 000 000, au niveau du lobe de ValavoireLa Nappe de Digne et les structures connexes,par Maurice Gidon, professeur de géologie à l'Université de Grenoble. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écailles) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe ; la faille de la Durance au sud-ouest, dans la vallée ; le Plateau de Valensole au sud-est : bassin molassique du Miocène et du Pliocène composé de roches sédimentaires détritiques (dépôts liés à l'érosion des montagnes apparues à l'Oligocène).

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Château-Arnoux-Saint-Auban à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Environnement

La commune compte de bois et forêts, soit 21 % de sa superficie.

Occupation des sols L'habitat se trouve dans la vallée, sous la forme d'un hameau, Chabannes, et de plusieurs bâtis ou groupes de bâtis nommés jas : les Jas, le jas des bides, le jas de l'Amagnon, le jas de Péguier, le jas de Martel. Des jas sont également présents à l'ouest au-dessus de , dans les pentes de la montagne : jas des Provens, de Vial, de Mathieu, de Glacière. On retrouve également le terme de borie ou borys (exploitation rurale ou cabane en pierre sèche), entre 600 et : bory haute, basse, vieille, d'Emile, de Barbarin, de Mathieu. Certains jas et bories sont en ruines.

Transports Les routes départementales et desservent la commune. L'autoroute A 51 Val de Durance passe au-delà de la limite est, dans la vallée de la Durance.

Les gares SNCF les plus proches sont celles de Château-Arnoux-Saint-Auban à et Sisteron à ; toutes les deux sont sur la ligne de Lyon à Marseille via Grenoble.

Distance des grandes villes françaises

L'orientation et la localisation de Châteauneuf-Val-Saint-Donat par rapport à quelques grandes villes françaises sont données dans le tableau suivant. Distance à vol d'oiseau : Ville Marseille Nice Montpellier Lyon Toulouse Strasbourg Bordeaux Paris Nantes Rennes LilleDistance Orientation100 km (S)114 km (S-E)175 km (S-O)205 km (N)366 km (O)518 km (N-E)526 km (O)599 km (N)682 km (N-O)738 km (N-0)760 km (N)

Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Volonne auquel appartient Aiglun est en zone 1b (risque faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune d’Aiglun est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation ; mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort.

La commune est également exposée aux risques technologiques : risque industriel lié à la proximité des usines Arkema de Saint-Auban ; risque lié au transports de matières dangereuses par canalisation. Il s’agit de la canalisation Transalpes qui sert à acheminer de l’éthylène et qui traverse la commune.

Il n’existe pas de plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) pour la commune, ni de Dicrim., mais la commune est incluse dans le Plan particulier d'intervention de l’usine Arkema.

La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle, en 1994 et en 2009 pour des inondations et des coulées de boue.

Urbanisme Typologie Au , Châteauneuf-Val-Saint-Donat est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sisteron, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (85,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (86,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (50,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (24,7 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (10,3 %), terres arables (9,4 %), zones agricoles hétérogènes (2,9 %), zones urbanisées (2,6 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Selon Ernest Nègre, la localité de Châteauneuf apparaît pour la première fois dans les textes en 1143 § 26638, p 1464.

Son extension Val-Saint-Donat fait référence à saint Donat qui avait installé son ermitage dans le vallon du Mardaric au .

Le nom des habitants de Châteauneuf-Val-Saint-Donat est ChabannaisMairie de Châteauneuf-Val-Saint-Donat, Page de la Gazette Chabanaise, consultée le 26 juin 2012. Le sobriquet traditionnel est Estubassats, ce qui signifie « les Enfumés » en occitanJean-Yves Royer, « Les sobriquets villageois », in , p. 227.

Histoire

Dans l’Antiquité, le territoire de la commune faisait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), qui peuplent la montagne de Lure, en étant fédérés aux Voconces. Après la Conquête, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ce peuple est détaché des Voconces et forme une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron). .

Le territoire de l’actuelle commune était traversé par la voie domitienne..

Alors que le sud-est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire..

Le , les accords de Meyrargues sont signés entre Guillaume de Sabran et Raymond Bérenger IV de Provence, au sujet du comté de Forcalquier qu'ils se disputaient. Le nord du comté, de Forcalquier incluse jusqu'au Buëch alla au comte de Provence, moins quelques enclaves comme Châteauneuf qui resta à Guillaume de SabranMariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l'université d'Aix-Marseille I, 2011, 486..

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1237, sous le nom de Castrum novum vallis sancti Donati, qui devient ensuite Châteauneuf-le-Charbonnier. Le vieux village est abandonné après la fin du Moyen Âge et l’habitat se disperse.