est un groupe international de mode, basé en Allemagne.
Il a été fondé en 1924 par Hugo Ferdinand Boss. Dans les années 1930, il bénéficie de nombreuses commandes de costumes militaires de la part du régime nazi. Le fondateur tombe en disgrâce après la guerre, puis est partiellement réhabilité, mais il meurt peu après et la firme est transmise à sa famille : d’abord son gendre puis deux petits-fils à la fin des années 1960. Elle se développe surtout à partir des années 1970 et 1980 grâce à des actions commerciales et publicitaires judicieuses.
Présentation Le groupe est racheté en 2007 par le fonds d'investissement britannique Permira, spécialisé dans le prêt-à-porter, puis revendu en 2015.
Hugo Boss est une marque de mode masculine principalement. Notamment, elle vend en 2012 un costume sur six dans le monde ; elle est commercialisée dans plus d'une centaine de pays avec plusieurs centaines de boutiques gérées en propre et un millier de franchisés.
Histoire Hugo Ferdinand Boss thumb|Publicité de 1933 pour des uniformes nazis. thumb|Publicité (probablement mensongère) de 1934 affirmant que la société fournit des uniformes nazis depuis 1924. thumb|Extrait de registre de résidence concernant un travailleur forcé polonais assigné à la société. En , le tailleur Hugo Boss établit un petit atelier de confection au 2 Kronenstrasse à Metzingen, petite ville au sud de Stuttgart dans l'État du Wurtemberg., en Allemagne. Le régime de la république de Weimar est alors marqué par une grave crise économique et une inflation galopante consécutives à la défaite de la Première Guerre mondiale. L'atelier, qui compte en 1925, produit des coupe-vent, du linge, des chemises d'homme, puis bientôt des vêtements de travail, des vêtements de sport et des imperméables. La crise de 1929 fait tomber les effectifs à , l'atelier ne fabriquant plus que des tenues de chasse, des costumes régionaux, des vestes de cuir, des manteaux de caoutchouc ou des bleus de travail. Hugo F. Boss maintient son activité grâce à un accord conclu avec ses créanciers, comportant la location de six machines à coudre, et grâce au soutien de certains de ses ouvriers qui acceptent de travailler avec des salaires réduits.
Hugo Boss et le régime nazi Dès 1931, Hugo Ferdinand Boss adhère au Parti national-socialiste des travailleurs allemands auquel il fait quelques libéralités, ce qui le fait reconnaître comme « membre bienfaiteur de la SS ».. De 1931 à 1945 (fin de la Seconde Guerre mondiale), Hugo F. Boss contribue à la production des uniformes militaires du Troisième Reich, tout d'abord pour la première milice d'Hitler, les chemises brunes (la SA), puis pour la SS, les Jeunesses hitlériennes et la Wehrmacht.
Une publicité des années 1930 qui affirmait que l'entreprise était fournisseur d'uniformes militaires depuis 1924 a été contestée par Elisabeth Timm, historienne allemande mandatée pour des recherches sur l'entreprise, qui estimait que cela n'était probable qu'à partir de 1928-1929 et certain uniquement à compter de 1934, quand il devient fournisseur officiel. Les recherches faites en 2000 par Roman Köster, autre historien recruté pour étudier l'histoire de l'entreprise, confirment qu'Hugo Boss était bien fournisseur de vêtements militaires dès 1924 à l’époque de la république de Weimar. Ses ventes augmentent, entre 1932 et 1941, passant de à plus de , ses profits évoluant sur la même période de à .
Pour faire face à la demande durant les dernières années de la guerre, Hugo Boss emploie trente à quarante prisonniers de guerre et recrute environ cent cinquante travailleurs forcés, polonais et français pour la plupart.
Selon l'historien allemand Henning Kober, les dirigeants de la société étaient des , et Hugo Boss lui-même avait dans son appartement en 1945, une photographie en compagnie de Hitler prise dans la résidence bavaroise de ce dernier.. L'entreprise de Hugo F. Boss compte en 1944. Après la guerre, Hugo Ferdinand Boss est déclaré , est sanctionné par une () et est privé de ses droits civiques. À sa mort en 1948, la société passe aux mains de son gendre Eugen Holy.
L'entreprise finance, dans les années 2000, les travaux de Roman Köster, historien de l'économie de l'université de l'armée fédérale de Munich qui étudie le passé de l'entreprise de 1924 à 1945. Cette étude fait l'objet d'un ouvrage publié fin 2011 : Hugo Boss 1924-1945, l'histoire d'une usine d'habillement pendant la république de Weimar et le Reich. Ces travaux montrent que l'entreprise a été sauvée de la faillite en 1931 par un premier gros contrat du Parti nazi, qu'Hugo Boss avait adhéré à ce parti non par opportunisme, mais par conviction, mais qu'il n'était pas, comme la rumeur le prétendait aux États-Unis, le couturier préféré d'Hitler. L'étude indique que l'entreprise employa cent quarante travailleurs forcés et quarante prisonniers de guerre français. Elle conclut que ces mais note que pendant cette période de la fin de la guerre, quatre travailleurs forcés sont morts de mort naturelle et qu'une travailleuse polonaise s'est suicidée. La société Hugo Boss a publié sur son site web auprès de ses travailleurs et prisonniers de guerre.
Les démêlés avec l'Association des survivants de la Shoah En 1997, le nom de la société réapparaît dans une liste de comptes suisses dormants, ce qui déclenche la publication de plusieurs articles de presse sur l'implication nazie de Hugo Boss.... En 1999, plusieurs plaintes sont introduites aux États-Unis devant des tribunaux de l'État du New Jersey par l'association des survivants de la Shoah et de leur famille pour se faire indemniser du travail forcé chez Boss pendant la guerre... La société ne fait aucun commentaire sur ces plaintes, mais réitère une déclaration antérieure selon laquelle elle ne . Elle charge de faire des nouvelles recherches l'historienne allemande Elisabeth Timm qui se plaindra à la presse de ne pas avoir pu accéder à toutes les archives privées de l'entreprise avant 1945 et que celle-ci n'ait pas voulu publier le résultat de ses recherches..
Après la révélation du passé nazi du couturier par le Washington Post en 1997, le groupe a commandé à une historienne américaine une étude sur les activités de la firme pendant la guerre et jusqu'à la fin des années 1990.. En , une transaction intervient dans le contexte d'un recours collectif devant des tribunaux américains, entre le Gouvernement allemand et un groupe d'avocats américains de l'association des survivants de la Shoah et de leurs familles pour établir un fonds d'une valeur de cinq milliards de dollars, financé à parts égales par le Gouvernement allemand et par des entreprises industrielles allemandes, afin d'indemniser les travailleurs forcés du régime nazi.. Hugo Boss accepte de participer à ce fonds., pour un montant estimé par Henning Korber à ., Hartmut Bomhoff estimant que la société a ..
Les frères Holy : 1967-1992
L'entreprise ne connaît qu'un développement modéré jusqu'à la fondation du groupe Hugo Boss en 1970 par ses petits-fils Uwe (né en 1940) et Jochen Holy (né en 1942) qui développent le prêt-à-porter masculin. Alors que Jochen reste au contact des dernières tendances, Uwe développe la stratégie marketing de Hugo Boss. À l'époque où Hugo Boss entre sur ce marché, les fabricants allemands de vêtements pour hommes pratiquent des prix de plus en plus bas pour augmenter leurs parts dans un marché qui se réduit. Tous ont modernisé leurs usines et augmenté leur capacité de production pour satisfaire la demande en plein boom économique national. Mais la courte récession de 1966 marque la fin du miracle économique allemand.
Avec les frères Holy, Hugo Boss commence à fabriquer des costumes pour hommes bruns, bleus, verts ou noirs. Les tissus résistants et de bonne qualité sont fabriqués à Metzingen par la société Gaenslen & Voelter. Les prix plus élevés que la moyenne, la coupe plus jeune que le costume de l'establishment allemand de l'époque rendent la marque plus populaire.
Les costumes pour hommes allemands étaient traditionnellement coupés dans des tissus lourds et raides. À la fin des années 1960, Hugo Boss lance de nouvelles collections de costumes dans des tissus italiens de grande qualité et légers, avec des couleurs et des coupes plus à la mode.
Dans les années 1970, Hugo Boss commence à pratiquer des prix plus élevés pour ses nouvelles lignes les plus attractives. Le designer Werner Baldessarini, principal créateur des codes modernes de la marque, est recruté. À la même époque, la société est l'une des premières société de confection à délocaliser sa production à l'étranger, un mouvement qui concernera plus tard quasiment toute la production textile allemande. Les frères Holy conquièrent de nouveaux marchés étrangers et augmentent les bénéfices de l'entreprise. À partir de 1972, ils développent la notoriété de leur société en utilisant le sponsoring sportif dans la Formule 1, le golf et le tennis. En 1976, l'entreprise développe son activité aux États-Unis. D'abord inconnue du grand public, elle est popularisée en employant des acteurs célèbres comme Sylvester Stallone, le tennisman Björn Borg, des acteurs de Miami Vice ou le chanteur Michael Jackson qui portait un costume en lin blanc Hugo Boss sur la couverture de l'album Thriller.
En 1980, Hugo Boss atteint les 100 millions DM de chiffre d'affaires. En 1985, les frères Holy introduisent en Bourse leur société. En 1986, Hugo Boss vaut davantage que tous les fabricants allemands de prêt-à-porter réunis. En 1987, la société rapporte 500 millions DM par an, atteignant presque 1 milliard DM à la fin de la décennie.
À l'apogée de son succès, en 1989, les frères Holy vendent 67 % de leurs actions au groupe japonais Leyton House, mais ils demeurent très impliqués dans le management de la société. Le propriétaire de Leyton House, Akira Akagi, se retrouve rapidement impliqué dans des enquêtes anti-fraudes et revend en 1991 sa participation dans Hugo Boss à la société italienne Marzotto SpA (aujourd'hui Valentino Fashion Group). En 1993, les frères Holy se retirent du management de Hugo Boss, et revendent la majorité de leurs actions dans la société trois ans plus tard. Ils restent propriétaires de deux magasins à Munich et à Stuttgart, spécialisés dans les vêtements de créateur pour hommes, et faisant partie de Hugo Boss Group.
L'époque Littmann : 1993-1997
En 1993, l'action Hugo Boss s'échange à moins de la moitié de sa valeur par rapport à l'époque de la vente partielle à Leyton House. L'industrie de la mode est alors aux prises avec la récession entamée en 1992. Les consommateurs diminuent leurs dépenses d'habillement, les ventes baissent notamment dans le secteur de la mode masculine. De plus, l'augmentation des coûts de personnel et la dévaluation de plus de 20 % de la lire italienne avantagent nettement les designers italiens.
Par ailleurs, les consommateurs changent leurs priorités au début des années 1990. L'époque des golden boys, de la consommation ostentatoire qui a marqué les années 1980 cède la place à une « nouvelle modestie » qui privilégie les valeurs-refuges du travail en équipe et de la famille.
En 1993, Marzotto SpA fait un pas dans cette nouvelle direction en engageant Peter Littmann au poste de PDG de Hugo Boss. D'origine tchèque, cet Allemand de 46 ans, titulaire d'un doctorat en business administration de l'université de Cologne a une expérience de la vente internationale des textiles, dans le domaine des tapis.
Littmann définit une approche marketing plus élaborée en lançant deux nouvelles lignes de vêtements à côté de la ligne Boss, le tout au sein de la marque Hugo Boss. La première de ces nouvelles lignes sera Hugo qui vise les jeunes actifs. Le costume Hugo est vendu 10 % moins cher que le costume Boss dont le prix est alors compris entre 500 et . La seconde nouvelle ligne est appelée Baldessarini, du nom du directeur artistique de Hugo Boss pendant de nombreuses années.