thumb|Couronne héraldique française de vicomte.
Le titre de vicomte — du latin vicecomes, littéralement vice-comte — est une ancienne fonction personnelle d'officier qui portait sur un territoire appelé vicomté et qui est devenue un titre de noblesse héréditaire. Ce titre se place dans la hiérarchie nobiliaire tel quel : prince > duc > marquis > comte > vicomte > baron > chevalier.
Histoire Un vicomte était : soit un officier de judicature du duc ou du comte, pour le gouvernement d'une villeLes vicomtés établies dans les villes où il y a des bailliages et des sénéchaussées royales leur ont été réunies par un édit du mois d'avril 1749 ou d'une province (chefs-lieux d'un pagus) secondaire, ou pour l'administration de la justiceEn Normandie, on appelait jusqu'à la fin de l'Ancien Régime vicomtes les juges royaux (anciennement ducaux) qui jugeaient en première instance les causes entre roturiers. ; soit le seigneur d'une terre titrée « vicomté ». Dans ce dernier cas, le "vice comes" était l’un des premiers officiers seigneuriaux remplaçant le comte quand celui-ci était absent. Mais, au , le vicomte tenta dans bien des cas d’usurper les pouvoirs du comte. Pour l’éviter, le comte enleva au vicomte l’administration générale, et lui donna en fief une partie du comté : à ce moment, le vicomte cessa d’être un officier pour devenir seigneur à son tour.
L'autorité du comte fut contestée par ses vassaux, au pour les comtes de Toulouse, et les vicomtes devinrent de hauts barons au (Melun, Bourges, Thouars). Dans les pays flamands, le titre sert de traduction à celui de burggraaf.
Bassin parisien
Dans le Nord du royaume, la fonction commence par être redevable de la situation des grands aristocrates. Quand un de ceux-ci, bien en cour, se voit autoriser à cumuler plusieurs comtés, l'effectivité de leur fonction n'est plus garantie aux populations. Ils nomment alors un vicomte pour les représenter. Ces vicomtes leur sont fréquemment parents. À titre d'exemple, les Robertiens ayant été admis à dominer l'Ouest du royaume, ils se dotent de vicomtes dans leurs comtés à Tours, Angers, Orléans ou Paris. Il n'y a qu'un vicomte par comté. A Joigny et à Tonnerre, l'existence de vicomtes est annonciatrice de ce que le titulaire du comté dispose de droits comtaux ailleurs.
Au , certains de ces grands aristocrates sont admis à représenter auprès du roi un ensemble de territoires sous le titre de « duc » : Hugues le Grand devient ainsi duc des Francs et Richard le Justicier, duc de Bourgogne. Par contrecoup, leurs vicomtes sont promus au rang de comte.
Le principe de la nomination d'un vicomte en cas d'empêchement du titulaire du comté subsiste. Ainsi, les conquêtes de Robert le Pieux se traduisent par la nomination de vicomtes dans les comtés conquis où des titulaires comtaux ne seront jamais nommés, c'est le cas par exemple pour Avallon. Certains comtes accumulant des droits comtaux, même soumis à des ducs, ils nomment un vicomte, par exemple le comte de Blois à Troyes ou le comte de Vendôme à Melun.
Dans le deuxième tiers du , sous le règne de Philippe , dans le domaine royal, les instructions émanant du roi cessent d'être adressées nommément aux vicomtes, alors qu'elles le restent aux prévôts. Cela signifie que le vicomte n'est plus considéré comme un agent royal et qu'il est dès lors totalement féodalisé. La patrimonialisation permet à des femmes de prendre le titre de « vicomtesses ».
Au début du , un nouveau type de vicomtes est institué, en rupture avec les usages précédents. Des vicomtes apparaissent au sein des comtés, même déjà pourvus d'un vicomte, en des lieux ayant un fort rapport avec le commerce. Dans le cas de Provins, cet acte résulte de la volonté de tirer finance par le comte de Blois. À Saint-Florentin, il en serait de même. Dans le cas de Ligny-le-Châtel et de Clamecy, le comte d'Auxerre tire profit d'un axe routier important et pouvant intéresser un « investisseur » qui n'est autre que le premier aristocrate de la contrée. Il n'y a plus dès lors corrélation entre les deux cadres territoriaux.
Une pancarte des péages de Sens datant des années 1195 détaille les perceptions pesant sur le commerce transitant par la ville ou sur l'Yonne. Elle donne la part revenant au roi et celle allant au vicomte. Ce dernier prélève généralement le tiers ou plus rarement la moitié du péage. Mais à l'époque, le vicomte n'est plus que le premier des aristocrates du Sénonais. Le port du titre est mis en péril par le droit successoral et il disparaît en de nombreux lieux. Ainsi l'institution vicomtale doit être étudiée principauté par principauté.
France méridionale En Languedoc, soit entre Garonne et Rhône à peu près, les vicomtes (Narbonne, Nîmes, Albi) s'affranchirent de l'autorité comtale au .
En Gascogne, le duché de Vasconie (ou de Gascogne, au sud de la Garonne, entre océan et Pyrénées) est rattaché au duché d'Aquitaine (future Guyenne, au nord de la Garonne) au , tandis que les vicomtes (de Marsan, de Soule, et notamment de Béarn) ou les comtes (d'Armagnac, de Comminges, principalement) eurent un temps de plus grande autonomie. Des unions par mariage eurent lieu, dont les vicomtés de Béarn et d'Oloron.
Fief vicomtier, vicomte roturier Il ne faut pas confondre une vicomté avec un simple fief vicomtier, nom donné en Flandre, en Artois, en Ponthieu et dans quelques autres régions voisines à un fief roturier ou bourgeois (feudum burgense sive ignobile) mais qui, alors que normalement un fief roturier n'avait pas de justice seigneuriale, pouvait nommer un vicomte (simple officier de justice roturier jadis appelé bailli) pour rendre la justice. On peut ainsi croiser dans les registres paroissiaux de ces régions des individus roturiers qualifiés de « Vicomte », suivi de parfois « et Prévost Vicomtal de [ville] ». La plupart des fiefs non nobles de Flandre étaient vicomtiers.
Période contemporaine En France, le titre de « vicomte » est, depuis la Restauration, une distinction héréditaire à laquelle n'est attaché aucun pouvoir ou prérogative. Dans la hiérarchie des titres de noblesse (hiérarchie créée sous l'Empire), elle se place entre le baron et le comte.
Selon les usages anciens, on pouvait uniquement dire « Comte » et « Comtesse », partant du principe que vicomte, étymologiquement, veut dire « vice-comte » et qu'on nomme toujours les gens par le titre de celui qu'ils remplacent. Tout comme on dira « Madame la Présidente » ou « Monsieur le Président » à la vice-présidente ou au vice-président d'un conseil d'administrationPatricia de Prelle, Marlène de Wouters, Robert A. Remy, Le guide de l'étiquette & du savoir-vivre, éditions Racine, 2001.
Hiérarchie des titres nobiliaires Hiérarchie des titres de noblesseChevalier (Empire)BaronVicomteComteMarquisDucPrince (Empire)
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie .
Toponymes Beaumont-le-Vicomte Fontenay-le-Vicomte Fresnay-le-Vicomte, ancien nom de Fresnay-sur-Sarthe Meigné-le-Vicomte Les Essarts-le-Vicomte Pommerit-le-Vicomte Saint-Sauveur-le-Vicomte Vaux-le-Vicomte
Articles connexes Liste des vicomtes français subsistants Tableau chronologique des grades et emplois militaires des armées françaises Vicomté Liste historique des vicomtés de France Le Vicomte de Bragelonne Titre de civilité Femmes de la noblesse
Liens externes
Catégorie:Titre de noblesse * Catégorie:Structure du pouvoir (droit romano-germain)