alt=|vignette|Proportion de suédophones par municipalité en 2017 Le suédois en Finlande a le statut de langue nationale (avec le finnois) et est parlé comme langue maternelle par 5,6 % de la population en Finlande continentale. Il est également la langue maternelle de 87,6 % des habitants d’Åland, dont le monolinguisme suédois est garanti par des traités internationaux et les lois finlandaises.

Les Finlandais suédophones (ou suécophones) sont des habitants de la Finlande qui parlent le suédois comme langue maternelle. Les Finlandais, nés en Finlande et enregistrés comme suédophones étaient à la fin de 2007. En tout, les Finlandais enregistrés comme suédophones étaient (soit 5,6 % de la population) en 2016.. En plus, environ suédophones habitent en Suède.

Les Finlandais suédophones (finlandssvenskar) appellent tous les Finlandais finländare (Finlandais) et les Finlandais finnophones finnar (Finnois)..

Le statut du suédois comme langue nationale en Finlande est garanti par la constitution et indirectement par des traités internationaux (voir Åland). Le parti politique représentant les locuteurs suédois, le Parti populaire suédois de Finlande (SFP), a été associé à la plupart des gouvernements depuis l’indépendance de la Finlande, ce qui a contribué à renforcer la position du suédois comme langue nationale (46,6 % de la population savait parler le suédois en 2008).

Dans la terminologie gouvernementale, « » est le terme utilisé pour désigner le suédois en tant que matière d’apprentissage pour les élèves de langue maternelle finnoise (de même, le finnois est « l’autre langue nationale » pour les élèves de langue maternelle suédoise). thumb|Drapeau des suédophones de Finlande.

Histoire Période de la domination suédoise

Une partie de la population de Suède a immigré dans le territoire de la Finlande actuelle au plus tard vers la fin du ou le début du Carl Fredrik Meinander: Om svenskarnes inflyttningar till Finland, Historisk Tidskrift för Finland 3/1983. Meinanderin mukaan suomenruotsalainen väestö on peräisin Birger Jaarlin 1200-luvun puolimaissa Suomeen tekemän valloitusretken jälkeiseltä ajalta.. Au Moyen Âge, la population suédoise s’est étendue aux archipels d’Åland et de Turku et dans les contrées littorales d’Ostrobotnie, d’Uusimaa, de Satakunta et de Carélie du Sud. Au , l’immigration devient de plus en plus organisée et avant la fin du siècle une grande partie des contrées littorales de Finlande est déjà peuplée par les SuédoisKari Tarkiainen, 2008. Sveriges Österland. ”en svenska kolonisationen hade en uppenbar masskaraktär och var styrd uppifrån, främst av kronan, vilket framgår av att hemmanen var kronohemman. Folk kom inte längre i allmogefarkoster utan skeppades över på större fraktfartyg, och tydligen från alla håll inom Sveariket - Åtminstone från Uppland, Småland, Gästrikland och Hälsingland.”… ”Efter kolonisationen fick kusten nästan helsvensk bosättning”. Les immigrés venaient principalement des parties orientales de la Suède.

Dès le Moyen Âge, le suédois était la langue dominante de la société finlandaise : elle était utilisée pour rédiger les lois et la plupart des documents administratifs concernant le territoire de la Finlande actuelle, alors des départements orientaux du royaume de Suède. Le suédois était aussi la langue dominante dans les domaines de l’éducation et de la littérature. Pendant la période de la domination suédoise, quelques locuteurs d’autres langues en Finlande ont commencé à parler le suédois ; par exemple des membres du clergé ou de la noblesse allemands ou des paysans ou commerçants finlandais habitant dans les villes ou à proximité de la campagne suédophone. Souvent cela se passait parce que l’on considérait qu’en parlant le suédois on pouvait améliorer la position sociale. Sous la domination suédoise, la plupart des suédophones en Finlande étaient toutefois des paysans dans les contrées littorales et à Åland, ce qui ne différait pas de la majorité de la population finlandaise en ce qui concerne la situation sociale.

Dans les contrées littorales où habitent beaucoup de pêcheurs et de paysans suédophones (d’où provient l’expression rantaruotsalainen - un nom méprisant pour les suédophones habitant le littoral finlandais), la frontière linguistique s’est déplacée à plusieurs reprises au cours des siècles. Dans les régions entièrement finnophones, on trouve des noms de lieux d’origine suédoise (par ex. Noormarkku, en suédois Norrmark). De la même manière, dans les régions suédophones, il y a bien des noms de lieux d’origine finnoise, comme Malax (finnois : Maalahti), Terjärv (finnois : Teerijärvi) et Oravais (finnois : Oravainen).

La proportion des suédophones dans la population de Finlande a pendant les siècles passés été beaucoup plus élevée qu’actuellement. Leur proportion relative commence à diminuer lorsque l’intérieur finnophone du pays connaît une forte croissance démographique et lorsque les villes du littoral en grandissant accueillent de plus en plus des habitants finnophones.

Période de la domination russe et la Finlande indépendante

Le suédois a encore renforcé sa position au début de la période de la domination russe, au début du . Il n’est pourtant plus nécessaire d’apprendre le suédois pour améliorer sa position sociale après le milieu du siècle lorsqu’une population éduquée finnophone a émergé. À la fin du siècle, le finnois est devenu la langue officielle et la langue principale de l’administration. Grâce au mouvement fennomane et au mouvement finnois du début du , plusieurs familles d’origine suédophone ou qui étaient antérieurement devenues suédophones ont (re)commencé à parler le finnois ”Under Swedish rule, many ethnic Finns changed their language and started speaking Swedish, but most of them reverted to Finnish in the late 1800s”, ”Sous le régime suédois, de nombreux Finnois changèrent de langue pour parler le suédois, mais revinrent pour la plupart au finnois à la fin du ”..

Conception de la suédophonie en Finlande

Vers la fin du , les Finlandais suédophones commencent à vraiment souligner leur propre identité, différente de celle des finnophones. C’était une réaction contre la fondation de la littérature finlandaise basée sur la langue finnoise (mouvement Fennomane). Cette contre-réaction est appelée le mouvement Svécomane, ou la suédophilie. Les Svécomanes voulaient accentuer le fait que les suédophones en Finlande forment une nationalité suédoise à l’intérieur de la FinlandeL. A. Puntila: Ruotsalaisuus Suomessa, aatesuunnan synty. Otava, 1944.. Souvent on utilisait le terme östsvenskar, « les suédois orientaux ». Au cours du , la suédophonie en Finlande a été comprise comme un phénomène distinct de la suédophonie en Suède. Les suédophones de la Finlande ont commencé à utiliser la dénomination finlandsvenskar (les Finlandais suédophones) en 1912Henrik Meinander, Ruotsalaisuus läpäisee koko yhteiskuntamme, Helsingin Sanomat, 10.7.2010 s. A2.

Aspect législatif

La loi de relations entre les langues date du milieu du . Elle régit les rapports linguistiques du citoyen avec l’État, les collectivités locales et les administrations. Elle est modifiée régulièrement, pour la dernière fois en juin 2003. L’article 5 régit le bilinguisme des communes : Une commune unilingue devient bilingue si le nombre de locuteurs de la seconde langue dépasse ou le pourcentage dépasse 8 % de la population totale. Une commune bilingue devient unilingue si le nombre locuteurs de la seconde langue descend sous les et le pourcentage descend sous les 6 % de la population totale.

Ces règles permettent de déterminer la langue d’affichage de la signalisation routière bilingue.

En 2006, la Finlande compte 431 municipalités : 368 unilingues finnois ; 21 bilingues à majorité finnoise ; 23 bilingues à majorité suédophone ; 19 unilingues suédois, dont 16 sur le territoire autonome d’Åland et 3 en Ostrobotnie.

71 % des Finlandais parlent l’anglais en seconde langue (surtout les plus jeunes) et 16 % sont bilingues finnois/suédois. parlent allemand, ou ont des notions d’allemand et parlent le russe. Le groupe des Lapons a entre .

Sociologie

Identité des Finlandais suédophones

Il y a beaucoup de discussions sur la position et le rôle de la minorité suédophone en Finlande. De manière variable, les Finlandais suédophones ont été définis comme un groupe ethnique”Finland has a Swedish-speaking minority that meets the four major criteria of ethnicity, i.e. self-identification of ethnicity, language, social structure and ancestry” (Allardt and Starck, 1981; Bhopal, 1997) ou comme une minorité linguistique ”Den finlandssvenska kulturens djupa integration i det finländska samhället återspeglas också av det faktum att finlandssvenskarna som folkgrupp i hög grad identifierar sig som en språklig minoritet och inte som en folkgrupp med särskilda karakteristika, som till exempel samer och romer.”. Les organisations politiques les plus importantes représentant des Finlandais suédophones, comme Folktinget et SFP, soutiennent un avis qui considère les « Suédois de Finlande » («suomenruotsalaiset » expression utilisée par les Finlandais finnophones) comme des Finlandais qui parlent suédois... Une part des Finlandais suédophones possède une identité qui correspond à cet avis..