thumb|Restes de l'aqueduc de Lutèce mis au jour lors des travaux d'aménagement de la ZAC Alésia-Montsouris, exposés dans le jardin Marie-Thérèse-Auffray, rue de l'Empereur-Valentinien dans le de Paris. L’aqueduc de Lutèce est un ancien aqueduc qui alimentait Paris, alors appelée Lutèce, à l'époque gallo-romaine.
Histoire
Il fut vraisemblablement construit dans la deuxième moitié du Danielle Chadych, Dominique Leborge, Atlas de Paris, évolution d'un paysage urbain, Parigramme, 1999, Il cessa de fonctionner au moment des invasions barbares, vers le , faute d'entretien. Les habitants ayant déserté la rive gauche pour se concentrer à l'abri dans l'île de la Cité, il avait perdu une grande partie de son intérêt.
S'il ne fut jamais complètement oublié — à cause des ruines d'Arcueil et des découvertes périodiques à l'occasion de travaux dans Paris —, ce n'est qu'à partir de la deuxième moitié du et des importantes recherches d'Eugène Belgrand que l'on s'attacha à en retrouver le tracé.
Une des découvertes récentes les plus marquantes a eu lieu à Paris en 1996, lorsque le réaménagement du secteur où se trouvaient les anciens ateliers du chemin de fer de Sceaux, entre la rue d'Alésia et l'avenue Reille, conduisit à la mise au jour d'une section importante de l'aqueduc de Lutèce. Une partie en a été conservée dans le jardin Marie-Thérèse-Auffray, et certaines des rues créées à cette occasion perpétuent la mémoire de ses constructeurs (rue de l’Empereur-Julien, rue de l’Empereur-Valentinien).
Caractéristiques
Les eaux captées provenaient des sources et du drainage des eaux de toute la plaine située entre Wissous, Rungis, Chilly-Mazarin et Morangis, à l'extrémité nord de l'actuel département de l'Essonne. Les aqueducs secondaires venant de ces villagesCelui de Rungis fut en partie réutilisé au pour l'alimentation de l'aqueduc Médicis. Celui de Chilly-Morangis, reconstruit à contre-pente sur la partie au sud de l'ancien bassin collecteur de l'aqueduc de Lutèce, sert depuis 1630 à alimenter les douves du château de Chilly-Mazarin à partir d'une dérivation du carré des eaux de Rungis se déversaient dans un bassin collecteur de appelé carré des eaux de Wissous, situé au nord-est de cette communePlus précisément entre la ligne du RER C et la limite de Rungis. Découvert par Eugène Belgrand en 1875, fouillé par la commission du Vieux Paris en 1903, il est aujourd'hui recouvert par plusieurs mètres de gravats. De là partait l'aqueduc principal, qui lui-même collectait diverses sources le long de son parcours. Le carré des eaux, l'aqueduc et le ru de Rungis qui s'écoulait parallèlement à proximité, légèrement en contrebas, ont été enfouis vers 1960 sous plusieurs mètres de gravats provenant de la construction de l'autoroute A 6 et de l'aéroport d'Orly.
Son parcours d'une longueur de 16 kilomètres, éloigné à son point de départ au carré des eaux de Wissous d' de l'aqueduc Médicis du au carré des eaux de Rungis, se rapprochait de celui-ci à partir de Fresnes à une altitude légèrement inférieure dans les actuelles communes L'Haÿ-les-Roses et de Cachan. Les tracés des deux aqueducs coïncidaient au niveau de l'aqueduc d'Arcueil, celui de l'aqueduc gallo-romain étant moins haut. En aval de cette traversée de la vallée de la Bièvre, leurs tracés restaient parallèles à Arcueil et Gentilly, celui de l'aqueduc gallo-romain étant plus bas à l'est. L'aqueduc arrivait à Paris au niveau du parc Montsouris, gagnait ensuite la montagne Sainte-Geneviève par la rue Saint-Jacques et desservait la ville antique, thermes, fontaines et palais.
D'une manière générale, l'eau coulait dans une rigole de béton romain de dimensions variables ( de hauteur sur de largeur, à Cachan et rue Saint-Jacques) enterrée à faible profondeur ( environ), creusée d'une cunette de de côté étanchéifiée par du ciment rose et recouverte de dallesPhilippe Laporte, L'Aqueduc Médicis. Ses souterrains entre Paris et le Palais du Luxembourg. Visite historique et contemporaine., éditions OCRA, 1998, , . Sa pente moyenne était de . On estime que son débit était de /jPhilippe Laporte, op. cit., .
Le pont-aqueduc d'Arcueil vignette|L'aqueduc Médicis et l'aqueduc Belgrand.
À Arcueil et Cachan, il passait du coteau est au coteau ouest de la vallée de la Bièvre à l'aide d'un pont-aqueduc. Il n'en reste aujourd'hui qu'une arche écroulée et quelques piles encastrées dans un mur, dans la propriété appelée depuis le Moyen Âge le Fief des Arcs. Les arches du pont sont bien sûr à l'origine de ce nom, comme de celui du village lui-même. Le château des Arcs construit à partir de 1548, enserre les vestiges du pont-aqueduc. Le pont était long de environ, haut de et ne comportait qu'un étage, dimensions relativement modestes dans le catalogue des réalisations romaines de ce typePhilippe Laporte, op. cit., .
Le site a plus tard été repris pour le passage de plusieurs autres aqueducs, notamment l'aqueduc Médicis dont l'ensemble du parcours est très proche de celui de l'aqueduc antique.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Thermes de Cluny Technologie de la Rome antique Aqueducs d'Arcueil et de Cachan Château des Arcs Jardin Marie-Thérèse-Auffray
Lien externe
Paris, ville antique
Bibliographie
André Desguine, Au sujet de l’aqueduc romain de Lutèce dit d’Arcueil-Cachan, Picard, Paris, 1948, 43 p. André Desguine, L’Aqueduc romain de Lutèce dans la commune de Cachan, Picard, Paris, 1951. 8 p.
Catégorie:Val-de-Marne Catégorie:Hydrologie à Paris Lutèce