Petros Sampras, dit Pete Sampras, né le à Washington, est un joueur de tennis américain.

Professionnel de 1988 à 2002, il a remporté en simple sur le circuit ATP, dont 21 titres majeurs, incluant 14 tournois du Grand Chelem, 5 Masters, et 2 Coupes du Grand Chelem.

Ayant achevé six saisons au premier rang mondial entre 1993 et 1998, ce chiffre constitue un record dans l'ère Open jusqu'à ce qu'il soit dépassé par le Serbe Novak Djokovic en 2021 (8). Il a occupé la place de numéro un pendant un total de ce qui le situe en troisième position derrière Novak Djokovic et Roger Federer. Il s'est particulièrement illustré à Wimbledon, où il a remporté tout comme William Renshaw et Novak Djokovic sept titres, ce qui a constitué un record jusqu'en 2017 et la huitième victoire de Roger Federer. En 1992 et 1995, il remporte la Coupe Davis avec l'équipe des États-Unis, puis égale le record de cinq victoires aux Masters d'Ivan Lendl en 1999, record battu par la suite par Federer (6) et Djokovic (7). Il clôt sa carrière par une ultime victoire à l’US Open 2002, obtenue face à son meilleur rival Andre Agassi.

Sampras pratiquait un tennis offensif basé sur le service-volée ; sa retraite coïncide avec la quasi-disparition de ce style de jeu. Malgré ses difficultés sur terre battue (il n’a ainsi jamais atteint la finale de Roland-Garros), l'ensemble de son palmarès et ses divers records le placent parmi les joueurs les plus accomplis de l'histoire du tennis. Il est membre de l'International Tennis Hall of Fame depuis 2007.

Carrière

Année 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002Rang 97 81 5 6 3 1 1 1 1 1 1 3 3 10 13

Jeunesse

thumb|upright|Sculpture représentant Rod Laver (Melbourne). Pete Sámpras (Σάμπρας en grec, prononcé Sabras) est le troisième fils de Soterios Sam Sampras né aux États-Unis d'un père grec Costas Gus Sampras et d'une mère juive polonaise Sarah A. Steinberg. Il naît à Washington, D.C., mais ses parents déménagent à Palos Verdes, en Californie, alors qu’il n'a que sept ans. C’est la même année qu’il commence à jouer au tennis. Sa sœur , née en 1969, est également initiée au tennis. Elle devient également joueuse puis entraîneuse de tennis.

Il brille de tous ses feux rapidement sur le circuit junior américain, où il côtoie une génération exceptionnelle, avec des talents comme Andre Agassi, Jim Courier, ou encore Michael Chang. Il est entraîné durant son enfance par le pédiatre et passionné de tennis Peter Fisher. Celui-ci décide de changer profondément son jeu, afin d’en faire le « nouveau Rod Laver », joueur que Sampras admire. Alors que le futur champion jouait du fond du court avec un revers à deux mains, Fischer l’oriente vers le service-volée, et lui fait adopter un revers à une main. Ce choix du revers à une main entraîne initialement une baisse de résultats pour Sampras mais devient un atout quelques années plus tard.

Débuts

1988-1990

thumb|left|upright|John McEnroe (2007). Sampras commence sa carrière professionnelle en 1988. Il obtient son premier titre du Grand Chelem deux ans plus tard, à l’US Open 1990, en dominant Andre Agassi en finale. C'est le plus jeune joueur ayant jamais gagné ce tournoi Srinivasan, 2007, Bio-Sporting Legends, ..

C'est en 1988, à l’âge de seize ans, que Sampras commence sa carrière professionnelle. Il participe à son premier tournoi à Philadelphie, où il est battu d’entrée par Sammy Giammalva Jr. Son premier match en Grand Chelem est quant à lui perdu à l’US Open contre Jaime Yzaga. Néanmoins, de bons résultats à Indian Wells et au tournoi de Détroit, entre autres, lui permettent de finir l’année dans le top 100, à la mondiale, une performance rare pour un joueur si jeune.

La saison suivante est décevante pour Sampras, dont les résultats stagnent. Il parvient toutefois à remporter son premier (et un de ses deux seuls) titre en double à Rome, associé à Jim Courier. Il réalise également un coup d’éclat à l’US Open, en battant lors du deuxième tour le tenant du titre Mats Wilander ; mais cet exploit est à relativiser, dans la mesure où Wilander vivait alors une période difficile. Son parcours dans ce tournoi s’arrête en huitième de finale face à Jay Berger. C’est cette année-là qu’il se sépare de son entraineur Peter Fischer. Il achève la saison en tant que au classement ATP.

Au début de 1990, Sampras remporte son premier titre ATP sur la moquette de Philadelphie face à Andrés Gómez. Après avoir sauté la saison sur terre battue, il en gagne un second à Manchester, malgré sa répugnance à jouer sur gazon ; cette désaffection se traduit ensuite par un échec au premier tour de Wimbledon.

Un bon parcours au Masters du CanadaLes tournois généralement appelés Masters Series, créés en 1990, ont souvent changé de noms durant la carrière de Sampras. Par commodité, on leur donnera toujours cette dénomination ici. (où il est battu en demi-finale par Michael Chang, une des bêtes noires de ses débuts), et une mondiale atteinte ne suffisent pas à faire de Sampras un des favoris de l’US Open. Il réussit pourtant à battre Ivan Lendl en quart de finale (mettant du même coup fin à la série de huit finales consécutives du Tchécoslovaque à Flushing Meadow), puis à se défaire de John McEnroe. En finale, il vient facilement à bout d’Andre Agassi 6-4 6-3 6-2 pour remporter son premier titre du grand chelem. C’est le début d’une rivalité qui perdurera pendant toute sa carrière. À seulement dix-neuf ans, l’Américain devient le plus jeune joueur ayant jamais gagné ce tournoi.

La fin de saison de Sampras est assez moyenne. Pour sa première participation aux Masters, il ne passe pas les poules, insuccès qui ne se reproduira plus par la suite. Il remporte néanmoins la Coupe du Grand Chelem, une exhibition richement dotée organisée par l’ITFIl gagne à cette occasion le plus important Prize Money jamais perçu jusque-là : . En comparaison, celui qu'il a reçu en remportant l'US Open était de .. Quand l’année s’achève, il est devenu le mondial.

1991-1992

thumb|upright|Stefan Edberg (2009). Lors des deux saisons suivantes, Sampras a quelque peu du mal à assumer son statut parmi les favoris. Il remporte néanmoins la Master Cup 1991, ainsi que la Coupe Davis 1992 avec les États-Unis. La même année, il parvient en demi-finale de Wimbledon, où il est défait par Goran Ivanišević, et en finale de l'US Open. Il s'incline alors face à Stefan Edberg 3-6, 6-4, 7-6, 6-2. Il déclarera plus tard que ce revers lui a enseigné la haine de la défaite.

Forfait pour l’Open d’Australie, Sampras ne parvient pas à défendre ses titres au début de 1991 : il est battu à Philadelphie par Ivan Lendl, et à Manchester par Goran Ivanišević, à chaque fois en finale. À Wimbledon, il échoue prématurément comme l’année précédente. La tournée américaine est toutefois meilleure, avec des victoires à Los Angeles, à Indianapolis, et une finale à Cincinnati.

Ces bons résultats ne l’empêchent pas de perdre dès les quarts de finale de l’US Open face à Jim Courier. Après la défaite, l’Américain affirme être soulagé de ne plus avoir à supporter la pression du tenant du titre. Cette déclaration lui vaut les critiques de Courier et de Jimmy Connors. En fait, Sampras avouera plus tard ne pas avoir été assez mature à cette époque-là pour assumer son nouveau statut.

Un tournoi gagné à Lyon et une finale à Paris lui permettent d’assurer sa participation à la Masters Cup ; il la remporte en prenant sa revanche sur Jim Courier. L’année se termine toutefois sur une note négative : il provoque en grande partie la défaite de son pays en finale de la Coupe Davis en perdant ses deux simples face aux français Henri Leconte et Guy Forget. Il est à l’issue de la saison.

En 1992, après avoir une seconde fois sauté le Grand Chelem Australien à cause d’une blessure à la main, Sampras remporte en février le tournoi de Philadelphie. Sa saison sur terre battue est assez réussie, avec un quart de finale à Roland Garros (défaite contre Agassi), et un titre à Kitzbühel. En juillet, il accomplit pour la première fois une bonne performance à Wimbledon en parvenant en demi-finale, après avoir éliminé le tenant du titre Michael Stich. Il est alors défait par Goran Ivanišević.

Le mois suivant, après une brève participation aux jeux olympiques de Barcelone, il gagne le premier Masters Series de sa carrière à Cincinnati face à Ivan Lendl. Il fait dès lors partie des favoris pour remporter l’US Open. À l'issue d'un parcours difficile, il bat assez aisément en demi-finale le numéro un mondial Jim Courier. Lors de la finale face à Stefan Edberg, Sampras gagne le premier set, perd le second, puis le troisième après un tie-break serré ; il laisse alors filer la quatrième manche. Cet échec sera déterminant dans son esprit ; il le conduit à détester la défaite, et à désirer ne plus jamais connaître la sensation d’avoir abandonné un match important.

Pendant la tournée en salle, il conserve son titre à Lyon, puis échoue en demi-finale de la Masters Cup contre Jim Courier. Il participe ensuite à la victoire des États-Unis contre la Suisse en finale de la Coupe Davis en gagnant son double associé à McEnroe. Fin 1992, il est , derrière Edberg et Courier.

Domination du tennis mondial

Entre 1993 et 1998 inclus, Sampras finit à chaque fois l’année à la première place mondiale. Jusqu’en 2000, il remporte sept tournois de Wimbledon, quatre US Open et deux Open d'Australie, soit treize tournois du Grand Chelem, dépassant ainsi le record de titres en Grand Chelem de Roy Emerson.

1993

thumb|left|Jim Courier (2007). L’année 1993 est marquée par la lutte qui oppose Sampras au précédent numéro un ATP Jim Courier pour la première place au classement. Sampras parvient à s’assurer cette position dès avril. Il la conforte en battant Courier en finale de Wimbledon puis en remportant à nouveau l’US Open face à Cédric Pioline. Cette saison le consacre en définitive comme le joueur dominant du circuit masculin.

En janvier, Sampras est à nouveau battu par Stefan Edberg en demi-finale de l’Open d’Australie. Néanmoins, à l’inverse des années précédentes, il réalise globalement une première partie de saison très réussie, avec des victoires à Sydney, Hong Kong, Tokyo et surtout à Miami. Ces bons résultats lui permettent de devenir numéro un mondial en avril à la place de Courier. Beaucoup alors, dont ce dernier, estiment que Sampras ne détient pas légitimement ce rang, faute d'avoir gagné l'un des quatre derniers tournois du Grand Chelem.

En mai, il confirme ses progrès sur terre battue en atteignant les demi-finales du tournoi de Rome et les quarts de finale de Roland-Garros (éliminé par le futur vainqueur Sergi Bruguera). À Wimbledon un mois plus tard, après un match difficile en quart de finale contre Agassi, il dispose facilement au tour suivant du triple champion Boris Becker. En finale, il vient à bout de Jim Courier, inattendu à ce niveau sur herbe, à l'issue d'une rencontre accrochée (7-6, 7-6, 3-6, 6-3). Ce succès met fin à une période de trois ans sans titre en Grand Chelem, et signe le début d’un long règne sur le gazon londonien. Désormais, la légitimité du classement de Sampras n’est plus remise en cause.

L’Américain obtient ensuite des résultats moyens jusqu’à l’US Open. Là, il profite d’un tableau éclairci par les éliminations prématurées de ses principaux rivaux pour remporter sans peine son troisième tournoi du Grand Chelem, en battant Cédric Pioline 6-4, 6-4, 6-3 en finale.

En fin de saison, il enchaîne des victoires à Lyon et à Anvers. Ce dernier titre lui permet d’être assuré de finir l’année au rang de numéro un mondial. Il perd toutefois la finale de la Masters Cup contre Michael Stich : cette défaite met ainsi fin à une série de huit finales consécutives remportées.

1994

thumb|Goran Ivanisevic (2004).