vignette|Sur le tarmac se côtoient des avions modernes et les maquettes des fusées Ariane 1 et Ariane 5. Le musée de l'Air et de l'Espace (MAE) du Bourget est le plus important musée aéronautique de France. Fondé en 1919, il est le plus ancien et l'un des plus grands musées d'aviation du monde. Ses espaces ouverts au public, situés dans la partie sud-est de l'emprise de l'aéroport du Bourget, sur le territoire des communes de Dugny et Le Bourget, au nord-est de Paris, occupent l'aérogare de style Art déco du Bourget, construite par Georges Labro pour l'Exposition universelle de 1937, à proximité du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA).
Une partie des collections, qui compte plus de , est présentée dans plusieurs halls, dont le plus important est la « Grande galerie », tandis que les avions les moins fragiles sont exposés à l'air libre. Les réserves du musée sont essentiellement conservées au sud-ouest de l'aéroport, sur la commune de Dugny. En 2027, dans le cadre du Grand Paris Express, le musée devrait être desservi par la station Le Bourget - Aéroport de la ligne 17 du métro de Paris.
L'accès du musée est payant., sauf le premier dimanche du mois..
Histoire Fondé en 1919 d'après la proposition d'Albert Caquot, la collection commence à prendre forme dans un hangar du terrain d'Issy-les-Moulineaux. Le musée est inauguré en 1921, à Chalais-Meudon, puis le , boulevard Victor, dans le de Paris. Durant la Seconde Guerre mondiale et l'Occupation, les Allemands le font fermer. Toutes les pièces exposées boulevard Victor sont déplacées à Chalais-Meudon après la guerre. À partir de 1973, le musée déménage progressivement de Chalais-Meudon à l'aéroport du Bourget, sous l'impulsion de son nouveau directeur, le général de brigade aérienne Pierre Lissarrague. En 1974, la création du nouvel aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle libère de la place au Bourget et le regroupement des collections dispersées, dans une partie des halls de l'aéroport, est étudié. Le premier hall, le hall B, est inauguré en 1975, peu avant le Salon du Bourget.
Rénovation Lors de son déménagement au Bourget en 1975, le musée occupait une partie de l'esplanade ainsi qu'un hangar, au sud de l'aérogare. En 1977, la disparition du trafic commercial entraîne la reconversion rapide de l’aéroport dans l’aviation d'affaires, et libère de l'espace pour l'extension du MAE qui ouvre, en moyenne, un nouveau hall tous les deux ans jusqu'en 1983.
C'est en 1987 que l'aérogare, en partie désaffectée depuis 1977, devient « La Grande Galerie », qui présente la plus belle collection d’avions originaux des débuts de l’aviation et de la « Grande Guerre ». Le « Hall Concorde », conçu par Jean-Luc Chancerel, est construit en 1994.
L'esplanade est réhabilitée en 1999, et le « Hall de l'Espace », ainsi que le Planétarium sont entièrement rénovés en 2000. En 2008, la Galerie des maquette s'est ouverte ; elle présente de nombreuses maquettes anciennes, autrefois conservées dans les réserves. La salle des 8 colonnes et sa verrière, au centre de la Grande Galerie, ont fait l'objet d'une restauration importante à partir de Travaux de 2012 - Présentation de la restauration du bâtiment, sur museeairespace.fr, consulté le 20 avril 2013.La salle des huit colonnes, nouvel accueil prestigieux du musée, sur museeairespace.fr.. Ce chantier s'est poursuivi en 2013 malgré la tenue du Salon international de l'aéronautique et de l'espace de Paris-Le BourgetLe Bourget en chantier, article du 17 avril 2013, sur avionslegendaires.net. Consulté le 20 avril 2013.. L'aérogare a été restaurée dans son état d'origine et a rouvert le pour célébrer le centenaire du musée.
Le musée est un établissement public administratif (EPA) dépendant du ministère des Armées, placé sous la tutelle de la direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives (DMPA). Depuis le , il est doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière.
vignette|Les trois répliques des Fouga CM-170 Magister à l'entrée du musée (1985-2019). En 2011, les trois Fouga CM-170 Magister de la Patrouille de France trônant à l'entrée du musée ont été déposés pour des raisons de conservation, à la suite de l'usure extrême de leurs cellules. Ils n'ont pas été remis en place et sont un temps remplacés par des répliques en polyuréthane et en résinesMusée de l'Air et de l'Espace - Présentation - Les 3 Fouga Magister, sur museeairespace.fr, consulté le 25 juillet 2013., hissées en mai 2013Les Fouga du musée de l’Air et de l’Espace sont revenus !, article du 8 juillet 2013, sur avions-de-combat.com, consulté le 25 juillet 2013.. En raison de vents violents survenus le , l'une des copies s'est décrochée et est tombée au solLe Bourget : un avion du musée au sol après les vents violents.. La nouvelle Réserve Grands Formats de Dugny de et d'un coût de 2,2 millions d'euros, destinée au stockage des grands aéronefs, a été livrée début 2024.
La fréquentation du musée a atteint en 2019.. Grâce à la création d'un accès direct par la ligne 17 du métro fin 2026, le musée ambitionne de passer à annuelles, avec l'ouverture en dans l'ancienne tour de contrôle d'un espace consacré à la navigation et au contrôle aérien dit projet NAVACA, la construction d'un planétarium doté d'un dôme de quatorze mètres de haut contre huit auparavant, puis l'ouverture en 2027 d'un nouveau hall d'un coût de 8,1 millions d'euros, consacré à l’aviation civile, commerciale, légère et sportive après 1945, dénommé projet Astreos..
Collections
Le musée conserve plus de objets relatifs à la conquête de l'air et de l'espace (avions, moteurs, instruments, objets d'art et techniques)Rapport d'activités 2023, pp. 5 et 23, site museeairespace.fr. et possède un centre de recherche et de documentation de plus de documents.
Médiathèque
La médiathèqueMédiathèque du musée site museeairespace.fr., réaménagée et portée à le , comporte une salle audiovisuelle aménagée dans la carlingue d'un Airbus A380, une ludothèque et une bibliothèque de livres et 103 revues qui sont en libre accès sur ; ainsi qu'une salle de recherche dont le catalogue n'est qu'en partie numériséCatalogue de la médiathèque, site museeairespace.fr. et qui compte : photographies, dont plaques de verre ; ouvrages depuis le ; dessins, gravures et affiches ; titres de périodiques depuis le ; notices techniques ; plans d'appareils ; documents audiovisuels numérisés, comprenant des films remontant à 1908. 120 fonds d'archives ;
Sur les plus de 400 aéronefs de la collection, 120 sont exposés au public dans 11 halls et sur la piste.
Avant 1900 : les pionniers Le musée présente dans la Grande Galerie de nombreuses maquettes et gravures à commencer par le vol d'Icare. Il expose également une importante collection de moteurs, de nacelles et d'autres éléments d'engins plus légers que l'air (montgolfières, ballons et dirigeables), ainsi que de nombreux objets courants illustrant le thème des aérostats (vaisselle, sculptures) : Médaillon des frères Montgolfier par Jean-Antoine Houdon (1783) Reproductions d'aquarelles sur papier de Nicolas-Jacques Conté sur la fabrication des aérostats militaires au château de Meudon fin du .
Le musée expose également plusieurs originaux et reconstitutions des premiers engins volants des et : la maquette au 1/6, de la montgolfière du vol habité de Jean-François Pilâtre de Rozier depuis la Folie Titon à Paris, le . la réplique de la Barque ailée de Jean-Marie Le Bris brevetée en 1857 ; le planeur Massia-Biot (), le plus vieux « plus lourd que l'air » original, 1879 ; la nacelle du dirigeable La France, le premier à réaliser un circuit fermé, 1884 ; un planeur d'Octave Chanute, seul original subsistant, 1896 ; la nacelle du dirigeable de Santos Dumont, vainqueur du prix Deutsch de La Meurthe, 1901 ; une réplique de 1920 d'un planeur d'Otto Lilienthal de 1895.
Débuts de l'aviation La plus grande collection mondiale d'appareils des débuts de l'aviation, jusqu'en 1920, est exposée dans la Grande galerie, avec : l'aéroplane de Trajan Vuia, 1906 ; le Voisin-Farman de 1907 () qui réalisa le premier circuit fermé d'un kilomètre (réplique construite par les ateliers Voisin en 1919), supposant la faculté de virer ; la Demoiselle d'Alberto Santos-Dumont ( avec le moteur), vers 1908 ; le Levavasseur Antoinette, 1908 ; l'Astra-Wright type BB "Baby", 1910 ; le REP type D, 1910 ; l'hydravion d'Henri Fabre qui décolla en 1910 de l'étang de Berre ; la réplique du Coandă de 1910, le premier avion à réaction (exposé dans le Hall Concorde) ; le Deperdussin B, 1911 ; le Farman HF.20, 1912 ; le Morane-Saulnier type « H », un des premiers appareils fiables qui permit à Roland Garros de traverser la mer Méditerranée, 1913 ; un Blériot XI de 1914 du type de celui qui traversa la Manche le ; le Deperdussin « monocoque », un des premiers à dépasser les , vers 1914 ; le Nieuport IIN, modèle de 1920.
Première Guerre mondiale Le musée présente dans l’aérogare du Bourget une grande exposition permanente interactive sur la guerre aérienne de 1914-1918. Au début du conflit, les avions sont essentiellement utilisés pour la reconnaissance. Très vite, les pilotes engagent le combat avec les appareils ennemis. La première victoire aérienne est remportée par Joseph Frantz et Louis Quenault, le , sur un biplan Voisin III. Le commencement de la bataille de Verdun (1916) marque les débuts de la chasse aérienne. C'est le temps des as comme René Fonck et Georges Guynemer dont l'un des appareils est exposé : un SPAD S.VII.
De nombreux appareils, témoins de l'essor engendré par la Première Guerre mondiale, sont présentés : Farman MF.7, 1913 ; REP type K, 1913 ; Caudron G.3 , 1914 ; Caudron G.4, 1915 ; Nieuport XI, 1915 ; Voisin L.A.S, 1915 ; SPAD VII du capitaine Georges Guynemer, dit le "Vieux Charles", 1916 ; Breguet XIV A2, 1917 ; De Havilland DH.9, 1917 ; fuselage d'usine et moteur de chasseur Spad XIII, 1918 ; Junkers J 9, 1918 ; Fokker D.VII, 1918 ; nacelle du Zeppelin LZ 113, 1918. Le musée recrée aussi l'atmosphère d'une base aérienne avec ses baraquements Adrian abritant le bureau du chef d'escadrille et le bar.
Ses collections témoignent également du rôle des femmes dans la Grande Guerre avec, notamment, les faïences patriotiques de Madeleine Zillhardt.
Entre-deux-guerres De l'entre-deux-guerres les progrès sont à l'initiative des États-Unis malgré les : Bernard 191 (Oiseau Canari) qui a réalisé la première traversée française de l’Atlantique avec trois hommes d'équipage (Jean Assollant, René Lefèvre et Armand Lotti) et un passager clandestin (Arthur Schreiber), du Maine vers l'Espagne, les 13 et ; Breguet 19 Point d'interrogation de Costes et Bellonte qui réalisa Paris-New York le ; Caudron C.60. et Caudron Simoun ; Potez 53 vainqueur de la coupe Deutsch de la Meurthe à en 1933 ; Pou-du-ciel petit monomoteur destiné à l'aviation populaire (1934). Morane-Saulnier MS.317.
Le musée dispose de l'unique relique de l'Oiseau blanc, l'avion à bord duquel disparurent Charles Nungesser et François Coli en 1927 lors de leur tentative de rallier Paris et New York par les airs. Il s'agit du train d'atterrissage largué quelques minutes après leur décollage du Bourget le (en réserves sous caisse). Il fut dévoilé au public dans le cadre d'une exposition sur les liaisons aériennes vers l'Outre-mer qui s'est déroulée du au .
Aviation militaire durant la Seconde Guerre mondiale Plusieurs appareils allemands (Focke-Wulf Fw 190), américains (P-47, P-51 Mustang), britanniques (Spitfire), soviétiques (Yak-3) de la Seconde Guerre mondiale voisinent avec les témoins français, dont le Dewoitine D.520. Le musée possède également dans ses collections un bombardier CASA 2.111 présenté sous la cocarde de l'Ejército del aire, la force aérienne espagnole. Ce n'est pas le seul bimoteur présent puisqu'un Douglas C-47 Skytrain y est aussi exposé, quant à lui, sous les couleurs des États-Unis.