Strépy-Bracquegnies (en wallon Sterpi-Bracgnere) est une section de la ville belge de La Louvière située en Wallonie dans la province de Hainaut. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
La localité est notamment connue pour l'ascenseur de Strépy-Thieu auquel elle a donné son nom.
Toponymie Strépy est attesté sous la forme latinisée Stirpei en 1127, de Stirpeio en 1157, Estrepiacum en 1159, Stirpi en 1188.
Il s'agit du radical latin stirp(u)s « souche », suivi du suffixe (-i)-acum d'origine gauloise, marquant la localisation ou la propriété. Stirps a pu être utilisé comme nom de personne, d'où le sens global de « propriété de Stirpus » ou encore comme nom commun, d'où le sens global de « terrain, endroit (plein de) des souches ».
En Belgique et dans le nord de la france, le suffixe -(i)acum a donné la termainaison -ei au Moyen Âge, pour évoluer finalement en -y. le passage de Sterpi à Strepi résulte de la métathèse du [r], fréquemment observée en langue d’oïl.
Bracquegnies remonte à un type *BRAKKINIACAS, le premier élément est un nom de personne d'origine germanique Brakko, associé au néo-suffixe *-INIACAS, issu de -IACAS, ou plus simplement du nom de personne Brakkinus + *-IACAS, basé sur un dérivé du même nom germanique Brakko, *-IACAS est une forme à l'accusatif pluriel du suffixe -acum, caractéristique de la Belgique, de la Picardie et du nord de la Normandie. Il a très généralement donné la finale -ies. On retrouve le même anthroponyme Brakko dans les Brecquigny et Bracquemont du nord de la France.
La localité a tout d’abord été appelée Strépy et que ce n’est qu’à la fin du que la dénomination Bracquegnies est venue s’adjoindre à ce premier nom.
Géographie
Quartiers Strépy, L'Avaleresse, Coron Sainte-Anne, Pont Cassé, Mongaveau, La Mécanique, Coron d'En Haut, Plat Marais, Val Saint-Pierre, Le Kéniau, Clos Corbeau et Bracquegnies.
Cités et résidences Cité de la Renaissance, cité Partagés,cité du Grand Midi, cité Mal d'Accord, cité des Pavillons, cité du Limbourg, résidence de la Clé des Champs et résidence du Haut-Lieu.
Évolution démographique
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.
Histoire Origines thumb|left|Le lieu natal de saint Vincent. Strépy-Bracquegnies est un village dont l’origine remonte au paléolithique. La découverte d'artefacts en silex en surface atteste d'occupations remontant au Néolithique. Par contre, l'existence de mines de silex néolithiques n'y est absolument pas prouvée. En effet, le squelette de mineur accidenté néolithique qui aurait été découvert dans la carrière Roland en 1905 est en fait un faux. La datation de celui-ci (OxA-3195 : 1500+/-70 soit 415-655 de notre ère) montre que ce squelette est mérovingienDE HEINZELIN J., ORBAN R., ROELS D. & HURT V., 1993 Ossements humains dits néolithiques de la région de Mons (Belgique), une évaluation. Bulletin de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, Sciences de la Terre, 63 : 311-336]. Une villa romaine du a également été mise à jour ainsi que sa nécropole. Mais la plus intéressante découverte est sûrement celle d’un cimetière mérovingien de 120 tombes. Ces nombreuses découvertes attestent la présence continue de peuplades sur le sol de Strépy. Dans une ferme fortifiée ayant occupé le site de la villa romaine précitée, Strépy voit naître Vincent Madelgaire. Celui-ci va fonder la famille la plus connue du Hainaut en épousant Waudru. En effet, après avoir élevé leurs enfants, ils vont se tourner vers une vie religieuse, fonder respectivement les villes de Soignies et de Mons, être canonisés et devenir les Saints protecteurs de ces deux villes.
Au cours du Moyen Âge, le village fut tout d’abord un fief lige de Belœil et donc possession du Comte de Namur au point de vue féodal mais en fait il dépendait de la souveraineté du Comté de Hainaut. Acheté (début – fin ) par une famille qui plus tard en prit le nom, Strépy passa en fief aux familles Condé, Boulenghien (vers 1362), de Ligne (fin ), Ruffaut, de le Croix, du Chastel pour finalement échoir aux Rodoan qui conservèrent ses terres jusqu’à la fin de l’ancien régime. En plus de la seigneurie principale, il existait quatre autres seigneuries : la seigneurie de Sotteville (réunie à Strépy en 1635) et trois seigneuries foncières détenues par des abbayes d’Aywière en Brabant, d’Hautmont (France) et enfin de Saint-Feuillien au Rœulx. Après 1789, Strépy va se développer et englober le hameau de Braquegnies. C’est alors que cette commune va entrer dans une ère de grande prospérité grâce à l’exploitation des richesses de son sous-sol.
Époque moderne Lors de la fusion des communes de 1977, Strépy est regroupé avec Boussoit, Haine-Saint-Paul, Haine-Saint-Pierre, Houdeng-Aimeries, Houdeng-Gœgnies, La Louvière, Maurage, Saint-Vaast, Trivières, Besonrieux pour former la ville de La Louvière.
Le , un accident a eu lieu lors du ramassage des Gilles pour le carnaval local. Celui-ci fit 7 morts et 38 blessés.
Liste des bourgmestres de 1830 à 1977 vignette|L'ancienne maison communale.
Maximilien Delporte, de 1867 à 1868. Florian Coppée, de 1868 à 1894. Victor Monoyer, de 1895 à 1909. Léon Coppée, de 1910 à 1921. Vital Limbourg, de 1921 à 1930. Emile Duret, de 1930 à 1958. Florentine Lambert-Joos, de 1959 à 1964. Léon Hurez, de 1965 à 1976 (PSB).
Patrimoine et culture
Patrimoine architectural vignette|L’église Saint-Martin (1769).L'église Saint-Martin. L’édifice primitif a connu, au fil des siècles, une succession de transformations qui lui confèrent aujourd’hui un caractère composite, marqué par la juxtaposition de styles et de périodes différentes. Bien que l’église ait fait l’objet d’importants travaux de rénovation au , certains éléments plus anciens subsistent, notamment la base de la tour, qui atteste d’un premier sanctuaire établi au . Les interventions réalisées à l’époque moderne ont modifié l’orientation du bâtiment, convertissant l’ancienne tour en façade principale et en entrée. Cette tour avait déjà été surélevée en 1613 par l’ajout d’un étage en brique. L’ensemble de la structure actuelle est d’ailleurs largement reconstruit en brique et repose sur un soubassement en moellons de grès, probablement réemployés après la disparition du sanctuaire antérieur. Le plan architectural se compose d’une nef à trois travées flanquée de collatéraux, prolongée par un chœur d’une seule travée, l’ensemble étant couvert par un toit en bâtière continu. Le mobilier intérieur conserve plusieurs pièces remarquables, dont quatre châsses du ; l’une d’elles, dédiée à sainte Ursule, provient de l’ancienne abbaye Saint‑Feuillien. vignette|L'église Saint-Joseph.vignette|L'ascenseur .L’église Saint‑Joseph de Bracquegnies est un édifice néogothique construit dans la seconde moitié du . Le projet, conçu par l’architecte Joseph Hubert, reçoit l’aval de la Commission des Monuments en juillet 1863. Le sanctuaire est ouvert au culte en décembre 1864, mais l’achèvement complet notamment celui de la tour se poursuit jusqu’en 1869, comme l’indiquent le millésime inscrit au portail et la cloche fondue cette année‑là par A-L-G Van Aerschot. L’édifice se distingue par une tour centrale carrée surmontée de quatre gâbles et d’une flèche octogonale, aujourd’hui en restauration pour des raisons de stabilité. La nef comprend cinq travées flanquées de collatéraux, chacun terminé par une abside semi‑circulaire. Le chœur, composé de trois travées, se clôt par une abside à pans coupés. Le mobilier intérieur adopte également le vocabulaire néogothique. L’orgue, attribué à Pierre Schyuen et fils, semble antérieur à 1884, tandis que son buffet n’est installé qu’en 1904‑1905, après approbation officielle de la Commission des Monuments. La cure, construite en 1753 et remaniée à plusieurs reprises, cette cure abrite une statue de la statue de Notre-Dame de Marpent de style gothique datant de la fin du ou du début du . Elle se situait à l'origine dans une petite chapelle qui est située à la rue de Trivières. La chapelle Saint-Vincent, elle est située dans la rue de Trivières datant de 1793 et selon une légende, Vincent de Soignies serait né à Strépy. La chapelle du Sacré-Cœur de Jésus de l'Avaleresse, elle est située rue Saint-Alphonse, cette chapelle est de style néo-gothique. La chapelle Saint-Macaire, situe dans la rue du même nom. Une petite chapelle dite Bertrand du nom de la famille qui l'a fait ériger en remerciement de la guérison d'une fille de la famille. Une petite chapelle dédiée au Sacré-Cœur érigée vers 1876 qui est située rue du Plat Marais. La chapelle Notre-Dame des Pauvres, érigée au bas du terril Saint-Alphonse à l'initiative d'Albert Jennart, directeur-gérant des charbonnages de Bracquegnies et de sa fille Jeanne. Cette chapelle n'existe plus. L'ancienne maison communale. La première se situait rue Sous le Bois au pied de la rue Boraine, la deuxième datant de la seconde moitié du . L’ascenseur de Bracquegnies s’inscrit dans l’ensemble des ouvrages du canal du Centre, dont la construction débute en 1877 afin d’établir une liaison navigable entre la Sambre et l’Escaut à travers le bassin du Centre. Pour franchir le dénivelé d’environ 96 mètres séparant La Louvière de Mons, le tracé combine, dans la vallée de la Haine, cinq écluses et, dans la vallée du Thiriau, quatre ascenseurs hydrauliques. Le premier de ces ascenseurs est inauguré le par le roi Léopold II, lors d’une cérémonie marquée par des protestations du Parti Socialiste Républicain Belge, dissident du Parti Ouvrier Belge. Les ascenseurs et sont ensuite construits à Bracquegnies. La vue évoquée correspond à l’aval de l’ascenseur n°3, dont seules les structures maçonnées étaient alors achevées. Les bâtiments d’habitation et les locaux du personnel encadraient la salle des machines commune aux deux ascenseurs, témoignant de l’organisation fonctionnelle du site. En 1917, l’ensemble du canal est mis en service par l’autorité allemande durant l’occupation. Depuis 1998, le canal historique du Centre, incluant les ascenseurs hydrauliques, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, en raison de son importance technique et de son caractère exceptionnel dans l’histoire de la navigation intérieure. L'ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu, inauguré en 2002.
Culture Le carnaval de Strépy‑Bracquegnies est une tradition folklorique instaurée en 1912, dans le contexte d’un essor des fêtes populaires lié à la croissance industrielle de la région du Centre. Les sociétés de fantaisie locales, actives dans les kermesses et cortèges voisins, jouent un rôle déterminant dans la création de l’événement, probablement encouragé par le bourgmestre Léon Coppée. La première édition, alors nommée cavalcade, réunit vingt sociétés, dont les Boute‑en‑Train, composés d’une cinquantaine de gilles et de clowns accompagnés de musiciens. Parmi les groupes marquants figure aussi la société des Binchous du Borain, dont le nom provient d’un estaminet local. Interrompu durant la Première Guerre mondiale, le carnaval reprend en 1922 et connaît une édition double en 1927, avec un cortège commercial estival. La crise économique des années 1930 entraîne une suspension entre 1934 et 1938, suivie d’une nouvelle interruption pendant la Seconde Guerre mondiale. Les festivités reprennent en 1947 et évoluent ensuite vers une participation essentiellement locale : dès 1974, seules quelques sociétés de majorettes extérieures sont encore invitées, tandis que les gilles se structurent en groupes distincts tels que les Boute‑en‑Train, les Indépendants et les Arlequins. Le carnaval se déroule une semaine avant le Laetare et s’étend sur trois jours, avec un rondeau, des cortèges diurnes et nocturnes, des sorties libres, plusieurs feux d’artifice et le traditionnel brûlage des bosses, pratiqué par les gilles et les Arlequins. Un bal d’enfants ouvre les festivités la veille du carnaval.