La Roche-Bernard est une commune française, chef-lieu du canton de La Roche-Bernard, située dans le département du Morbihan et la région Bretagne. Elle fait partie des douze communes de l'intercommunalité Arc Sud Bretagne et de l'arrondissement de Vannes.

Faisant partie de l’association Petites Cités de caractère, la commune est surtout connue pour son port de plaisance sur les berges de la Vilaine ainsi que son vieux quartier.

Géographie Situation

La Roche-Bernard est une commune qui se situe à au nord-ouest de Saint-Nazaire, à au sud-est de Vannes et à au nord-ouest de Nantes. L'axe Vannes-Nantes (N 165) passe par le pont du Morbihan aux abords de la commune. L'océan Atlantique se trouve lui à une vingtaine de kilomètres.

La commune de La Roche-Bernard est bordée au sud par la presqu'île guérandaise, à l'ouest par la presqu'île de Rhuys et au nord par le pays de Questembert.

Enfin, La Roche-Bernard se situe à la limite entre les régions Bretagne et Pays de la Loire mais elle appartient au département du Morbihan quoique située sur la rive gauche de la Vilaine.

Communes limitrophes La superficie de la commune ne dépassant pas les , La Roche-Bernard est l'un des plus petits chefs-lieux de canton de France. Elle est aussi connue pour être le point d'entrée routier du sud de la Bretagne par le pont de La Roche-Bernard et le pont du Morbihan. Son territoire est entouré par des communes d'une superficie bien plus importante : Nivillac, Férel, Marzan et Herbignac.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Rodoir..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de la Roche-BernardLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : la retenue d'Arzal, d'une superficie totale de ( sur la commune)..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Arzal à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , La Roche-Bernard est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (76,4 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (76,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (76,4 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (15 %), forêts (8,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Attesté sous sa forme latine Rocha Bernardi en 1026., Rupes Bernardi en 1252.

Son nom en gallo est La Roche. Son nom en breton est . ou Ar Roc'h-Bernard.

Histoire Antiquité L'occupation du site est attestée, dès l'âge du bronze par la découverte d'un dépôt d’épées dites en « langues de carpe »P.-R. Giot, J. Briard, L. Pape, Protohistoire de la Bretagne, Rennes, 1995, .. Le territoire de la Roche-Bernard était situé à la frontière occidentale de la cité des Namnètes, face à celle des Vénètes, sur la rive droite de la VilainelLouis Pape, La Bretagne romaine, Rennes, 1995, ..

Moyen Âge La fondation de la ville Bernard est mentionné pour la première fois dans une charte datée du et qui se trouve dans le Cartulaire de Redon. Un dénommé Simon, fils de Bernard, fonda avec l'abbé Hélogon, l'abbaye de Saint-Gildas-des-Bois en 1026. En 1089, on retrouve ensuite le nom d'un certain Bernard de La Roche au nombre des témoins présents lors d'un jugement rendu par le duc Alain Fergent au profit des moines de Redon.

Le développement de la baronnie Un château, siège d'une seigneurie puissante, y est édifié dans le premier tiers du A. Chédeville, N.-Y. Tonnerre, La Bretagne féodale, Rennes, 1987, .. Sur , le territoire de la baronnie s'étendait jusqu'à la mer, était clairement délimité par la Vilaine et les forêts le séparaient des marais du Brivet. Les barons de La Roche-Bernard fréquentent, parfois assidument, la cour des comtes de Nantes puis ducs de Bretagne qui sont soucieux de s'assurer la fidélité de seigneurs qui contrôlent un passage stratégique sur la Vilaine. Sans doute inquiet pour le repos des âmes de son père Bernard et de son frère Rivallon, l'un et l'autre assassinésibid., ., Simon de la Roche-Bernard dote largement les religieux : il effectue en 1031 une dotation à Saint-Sauveur de Redon et semble, dès cette époque, avoir fondé l'abbaye de Saint-Gildas-des-Bois où mourut vers 1100 un de ses successeurs, Bernard II, qui s'y était retiréibid., ;.

Pendant la guerre de Succession de Bretagne (1341-1365), qui oppose Jean de Montfort à Jeanne de Penthièvre, épouse de Charles de Blois, les barons de La Roche-Bernard prennent le parti du roi de France. Leur château est alors entièrement détruit par les partisans de Jean de Montfort. Ils quittent la ville et se réfugient à Missillac au château de la Bretesche.

Époque moderne En 1421, Louis d'Avaugour (1390-1445) est seigneur d'Orbs sous la vicomté de Falaise et seigneur du Parc. Il fait partie de l'armée qui secourut le roi Charles VII et fut gouverneur de La Roche-Bernard. Il est marié à Catherine de Rouvray en 1422, fille unique et héritière de Martin du Rouvray, seigneur de Lauresse, et de Marguerite de Taillecoul héritière de Courtalain et du Bois-Ruffin.

En 1547, François de Coligny, marquis d'Andelot et mari de Claude de Rieux, devient baron de La Roche-Bernard. En introduisant le culte protestant en 1558, il en fait l'un des premiers centres établis de Bretagne. À son instar, nobles et bourgeois se convertissent. Cité réformée au sein d'une province catholique, elle est occupée en 1590 par des troupes espagnoles commandées par le duc de Mercœur.

En 1595, le duc de Mercœur fait bâtir auprès de la Roche-Bernard un fortM. Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne dédié à la nation bretonne, Tome second, Nantes, 1779, ., pour empêcher la navigation sur le fleuve Vilaine, et pour se faire une place forte dans ce pays où il n'y avait aucune forteresse.

De 1629 à 1634, sous l'ordre du cardinal de Richelieu, La Roche-Bernard abrite un important chantier de construction navale duquel sortira la Couronne, premier vaisseau de ligne à trois ponts de la marine royale. D'autres vaisseaux, notamment consacrés à la traite négrière contribuent à la prospérité du port.

En 1665, les baronnies de La Roche-Bernard et de Pontchâteau sont unies au marquisat de Coislin, érigé en duché-pairie de Coislin en faveur d'Armand du Cambout qui interdit le culte protestant à La Roche.

En 1666, La Roche-Bernard est érigée en communauté de ville par Louis XIV, privilège fort recherché à l'époque, ce qui permet à la ville de députer aux États de Bretagne.

Époque contemporaine La période révolutionnaire

1788 : avant la Révolution française, La Roche-Bernard relève de l'évêché de Nantes et de la baronnie appartenant au seigneur Louis-Bruno de Boisgelin alors notamment président des États de Bretagne. Les barons de La Roche-Bernard ne demeurent pas dans la ville mais au château de la Bretesche à Missillac et ce depuis le . 1789 : en 1789, de grandes tractations au sein des députés bretons attribua ce bout du pays nantais au département du Morbihan. 1790 : la ville fut nommée chef-lieu de district en 1790. Elle le restera jusqu'en 1795. 1791 : des troubles éclatent dans la soirée du . Ce soir là, plusieurs patriotes sont exaltés par l'annonce de la Constitution sanctionnée par le roi. Pour veiller à la sécurité du Vieux Quartier sombre et mal éclairé, la municipalité de la ville envoie un corps de garde de huit hommes faire des rondes. Lorsque les patriotes rencontrent les gardes, le ton monte puis des combats éclatent, les gardes ripostent à l'attaque et repoussent leurs agresseurs. L'ordre fut ensuite donné de sonner le tocsin de la ville pour appeler la garde de la ville aux armes mais les assaillants envahissent l'église et tuent l'un des sonneurs, un dénommé Pierre Morice. Les troubles continuent une bonne partie du reste de la nuit jusqu'à ce que la Garde Nationale réussisse à maîtriser définitivement les assaillants.