L'élection présidentielle française de 2012, dixième élection présidentielle de la Cinquième République neuvième au suffrage universel direct, est un scrutin visant à élire le président de la République française pour un mandat de cinq ans. Elle se tient les et ; dans certains territoires d'outre-mer, en raison du décalage horaire, elle se déroule les et .

Le premier tour voit s'affronter dix candidats. François Hollande, candidat du Parti socialiste et du PRG, et Nicolas Sarkozy, président sortant et candidat de l'UMP, se qualifient pour le second tour, avec respectivement 28,6 % et 27,2 % des suffrages exprimés. Parmi les candidats éliminés, Marine Le Pen (17,9 %), Jean-Luc Mélenchon (11,1 %) et François Bayrou (9,1 %) obtiennent des scores significatifs.

À l'issue du second tour, deux semaines plus tard, François Hollande est élu président de la République avec de voix et 51,6 % des suffrages exprimés, contre et 48,4 % à son adversaire. Il s’agit de la deuxième élection la plus serrée de la Cinquième République, derrière celle de 1974 et de la deuxième élection présidentielle de l'histoire de France où le président sortant candidat à sa réélection est battu, après celle de 1981.

Plusieurs évènements inédits dans l'histoire des élections présidentielles de la République se réalisent alors : le président sortant ne parvient pas à se hisser en tête du premier tour (excepté le cas particulier d'Alain Poher, président de la République par intérim après le départ de De Gaulle, devancé en juin 1969 par Georges Pompidou) ; un candidat accède à la magistrature suprême sans avoir exercé de responsabilités ministérielles ; un des grands partis de gouvernement organise une primaire, ouverte aux sympathisants et non pas seulement aux militants, pour désigner son candidat (François Hollande ayant été désigné, au second tour de cette « primaire citoyenne », par plus d'un million et demi de votants).

L'investiture du nouveau président de la République a lieu le . Le mois suivant, les élections législatives donnent une majorité au PS.

Contexte vignette|gauche|Nicolas Sarkozy et le président des États-Unis, Barack Obama, dans le bureau ovale, le .

L'élection présidentielle intervient après dix-sept années de présidence de droite et dix années de majorité UMP.

Le président sortant, Nicolas Sarkozy, exerce ses fonctions depuis 2007. Les élections intermédiaires ont été difficiles pour la droite. Pendant son mandat, le président de la République a dû faire face aux conséquences de la « Grande Récession » et de la crise de la dette dans la zone euro. Il est critiqué par l'opposition pour son style de présidence et sa gestion de la crise sur le plan intérieur, bien que sa politique internationale fasse plus consensus mais aussi pour des soupçons de financements illégaux de sa campagne en 2007 par Liliane Bettencourt ou la Libye. Alors que sa cote de popularité, tombée à un niveau très bas, remonte à partir de la fin de l'année 2011 et qu'aucune autre candidature ne se dégage à droite, sa volonté de briguer un second mandat ne fait guère de doute.

Le Parti socialiste, après avoir traversé une phase difficile au moment du congrès de Reims, a profité de l'impopularité du président Sarkozy. La candidature du directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, appuyée par sa stature internationale et des sondages très favorables, paraissait acquise. Mais après les accusations d'agression sexuelle portées contre lui, c'est finalement François Hollande qui est désigné candidat face à la première secrétaire du PS, Martine Aubry, à l'issue d'une primaire « ouverte ». François Hollande fait dès lors figure de grand favori de l'élection, les sondages de second tour le créditant de plus de 60 % des voix face à Nicolas Sarkozy.

À l'extrême droite, Marine Le Pen semble en position de force en raison des scores réalisés par le Front national aux élections régionales et cantonales, et des intentions de vote en sa faveur, qui atteignent un niveau inédit pour une candidature d'extrême droite. La gauche radicale apparaît quant à elle divisée, puisque plusieurs candidats s'en revendiquant sont en lice ; seul Jean-Luc Mélenchon semble se détacher. Du côté du MoDem, François Bayrou, qui se présente à nouveau après son bon score de 2007, semble promis à un score inférieur à celui réalisé cinq ans plus tôt. Les autres candidats sont qualifiés de , bien que pendant un temps, Eva Joly, désignée candidate écologiste face au médiatique Nicolas Hulot, a pu espérer réaliser un score significatif.

Modalités

thumb|left|Logo de l'élection présidentielle française de 2012. Le président de la République française est élu pour un mandat de cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux toursL'article 6 de la constitution dispose à l'alinéa premier que « le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. »L'article 7 de la constitution dispose à l'alinéa premier que « le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n'est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, le quatorzième jour suivant, à un second tour. ». Conformément à la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 qui limite l'exercice de la présidence à deux mandats consécutifs, Nicolas Sarkozy, président de la République française depuis 2007, est éligible pour concourir à un second quinquennat. Les candidats qui veulent se présenter à cette élection doivent satisfaire aux conditions de l'élection présidentielle française.

Le Conseil constitutionnel est, selon l'article 58 de la Constitution, garant de la régularité de l'élection, de l'examen des réclamations et de la proclamation des résultats. Un cas d'empêchement d'un candidat ou du président, ou bien de vacance du pouvoir, peut selon la Constitution conduire à retarder ou bien avancer l'échéance électoraleL'article 7 de la constitution précise ces cas d'élection anticipée ou retardée : Une vacance du pouvoir déclarée définitive (alinéa 5) provoque une élection ; Le décès ou l'empêchement d'un candidat déclaré, dans la dernière semaine de dépôt des candidatures (alinéa 6) peut motiver un report de l'élection par le Conseil constitutionnel ; Le décès ou l'empêchement d'un candidat, avant le premier tour (alinéa 7) fait reporter l'élection ; Le décès ou l'empêchement d'un candidat en ballotage au second tour, ou celui d'un candidat qui aurait pu être au second tour mais s'est désisté (alinéa 8) entraîne le redémarrage de toutes les opérations électorales..

Candidats

Dépôt des signatures Les candidats déclarés à l'élection présidentielle ont jusqu'au pour déposer leurs cinq cents parrainages d'élus auprès du Conseil constitutionnel.. En effet, selon la loi du .,

Les habilités à parrainer un candidat reçoivent directement un formulaire de présentation qu'ils peuvent renvoyer au Conseil constitutionnel sans le communiquer au candidat choisi.. Généralement, les candidats collectent les formulaires auprès des élus et les envoient eux-mêmes au Conseil constitutionnel.

Le , Nathalie Arthaud annonce avoir déposé d'élus au Conseil constitutionnel.. Le lendemain, Jacques Cheminade annonce à son tour le dépôt de .. Le , Philippe Poutou revendique « entre 520 et officiels ». (il en déposera finalement 572 au Conseil le 16.) et Marine Le Pen affirme, lors d'un meeting à Hénin-Beaumont, qu'elle a réussi à rassembler un nombre suffisant de parrainages pour se porter candidate.. Le , Nicolas Dupont-Aignan revendique le dépôt de au Conseil constitutionnel.. Le , Eva Joly déclare avoir déposé . et Jean-Luc Mélenchon annonce avoir recueilli près de , qu'il a déposés au Conseil constitutionnel..

Cette règle des 500 parrainages est régulièrement critiquée par les candidats ayant du mal à les obtenir. Cette fois-ci, Marine Le Pen a longtemps affirmé ne pas savoir si elle serait en mesure de se présenter, tandis que l'écologiste Corinne Lepage, entre autres, n'a pas pu concourir, faute d'un nombre de signatures suffisant..

Candidatures validées Le , le Conseil constitutionnel présente la liste des dix candidats ayant obtenu les requises.. Cette liste est publiée au Journal officiel du lendemain, dans un ordre tiré au sort et devant être respecté tout au long de la campagne officielle, publié au JORF du .. Le suivant, le Journal officiel publie pour chaque candidat une liste de noms de tirés au sort..

Candidat (nom et âgePar convention, l'âge des candidats est calculé à la date de publication officielle par le Conseil constitutionnel le 19 mars 2012.) et partiou mouvement politique Fonction(s) politique(s) Campagne, slogan(s) etconsigne de vote Détails Eva Joly() Europe Écologie Les Verts (EÉLV)Candidate d'Europe Écologie Les Verts, également soutenue par : Mouvement écologiste indépendant, Régions et peuples solidaires. 80px|Eva JolyDéputée européenne(depuis 2009) 80px|Logo d'Eva Joly(Campagne)L'écologie, le vrai changementÉlimination au (vote François Hollande)Elle annonce sa candidature en août 2010. Elle remporte la primaire écologiste le 12 juillet 2011. Marine Le Pen() Front national (FN)Candidate du Front national, également soutenue par : le Rassemblement pour l'indépendance de la France, Souveraineté, indépendance et libertés. 116x116px|Marine Le PenPrésidente du Front national(depuis 2011)Députée européenne(depuis 2004) alt=Logo reconstitué de la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2012.|centré|159x159px|Logo reconstitué de la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2012. Cette reconstitution a été faite à partir de cette photo : https://bit.ly/39F1auv(Campagne • Positions)Oui, la FranceÉlimination au (vote blanc)Elle est investie par le Front national le 16 mai 2011. Nicolas Sarkozy() Union pour un mouvement populaire (UMP)..Candidat de l'Union pour un mouvement populaire, également soutenu par : Chasse, pêche, nature et traditions, Nouveau Centre, Parti chrétien-démocrate, Parti radical, La Gauche moderne, Les Progressistes, Le Chêne, Convention démocrate. 80px|Nicolas SarkozyPrésident de la République(2007-2012) 100px|Logo de Nicolas Sarkozy(Campagne • Positions)La France forteÉlimination au Il officialise sa candidature à un second mandat le 15 février 2012. Jean-Luc Mélenchon() Front de gauche (FG)Composé des partis suivants : Parti communiste français, Parti de gauche, Gauche unitaire, République et socialisme, Convergences et alternative, Parti communiste des ouvriers de France, Fédération pour une alternative sociale et écologique.Candidat du Front de gauche, également soutenu par : Les Alternatifs, Organisation de Femmes Égalité, Mouvement politique d'éducation populaire, Rassemblement des cercles communistes, Europe-Liberté, Alternative démocratie socialisme. 80px|Jean-Luc MélenchonDéputé européen(depuis 2009)Président, puis coprésidentdu Parti de gauche(2009-2014) alt=Logo reconstitué de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2012.|centré|200x200px|Logo reconstitué de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2012. Cette reconstitution a été faite à partir de cette photo : https://bit.ly/2NbMDiD(Campagne • Positions)Prenez le pouvoirÉlimination au (vote François Hollande)Il annonce sa candidature le 21 janvier 2011. Philippe Poutou() Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) 80px|Philippe PoutouMilitant du Nouveau Parti anticapitaliste(depuis 2009) 160px|Logo de Philippe Poutou(Campagne)Aux capitalistes de payer leurs crises !Élimination au (vote François Hollande)Il est investi par le NPA le 25 juin 2011. Nathalie Arthaud() Lutte ouvrière (LO) 80px|Nathalie ArthaudPorte-parole de Lutte ouvrière(depuis 2008) 140px|Logo de Nathalie Arthaud(Campagne)Une candidate communisteÉlimination au (aucune consigne de vote)Elle est désignée candidate de Lutte ouvrière le 5 décembre 2010. Jacques Cheminade()