Le Mois Molière est un festival de théâtre et de musique qui se déroule tous les ans du au , dans les rues, parcs, théâtres et sites historiques de la ville de Versailles. Il accueille plus de festivaliers.
François de Mazières, adjoint au maire de Versailles, Étienne Pinte, chargé de la culture, crée en 1996 ce festival. Il en assure, depuis lors, chaque année la programmation.
Ce festival vise à promouvoir le renouveau du théâtre populaire, en privilégiant dans sa programmation les jeunes compagnies et en proposant la plupart de ses spectacles en accès libre. « La volonté d'aller dans les quartiers, la gratuité, le côté festif et la volonté de diffusion des grands textes : cela fait partie du code génétique du festival », explique en 2009 François de Mazières, maire de Versailles Dépêche de l'agence France-Presse, « Versailles inaugure la édition du "Mois Molière" » sur le site officiel de l'hebdomadaire Le Point, .
En 2018, le programme du Mois Molière comporte plus de 350 spectacles établis sur 60 sites partout dans la ville. Parallèlement à la programmation artistique officielle, les ensembles théâtraux et musicaux versaillais y présentent leurs dernières créations. Tous les genres de la scène y sont présents : théâtre, cirque, musique et danse, avec des mises en scène contemporaines ou classiques. Les spectacles sont accessibles pour tous les âges, afin de faire connaitre la culture théâtrale aux plus jeunes. Le Mois Molière est désormais considéré comme l'antichambre d'Avignon, l'intermédiaire obligatoire.
Historique Le choix du nom
Le nom de Mois Molière est une référence au lien qui unit le grand dramaturge à la ville de Versailles ; en effet, c'est dans le cadre du château, où Louis XIV séjournait avec sa cour, que Molière a créé un grand nombre de ses pièces. Son œuvre, qui associe le théâtre, la musique et la danse, constitue aujourd'hui la part la plus populaire du répertoire théâtral français, et rejoint par là les objectifs affichés du festival. Le nom Mois Molière désigne donc le théâtre dans son ensemble ; loin de se cantonner à des pièces de Molière, la diversité du festival offre un panel de choix entre des auteurs classiques ou des créations récentes, aux mises en scènes contemporaines ou plus fidèles à l'époque de création d'une pièce.
Les débuts Le Mois Molière est lancé le , sous la houlette de Francis Perrin, alors directeur du Théâtre Montansier, qui sillonne les rues versaillaises sur sa charrette, avec sa troupe. Il monte La Jalousie du barbouillé, puis, l'année suivante, Le Médecin volant et Les Fâcheux. En 1999, il passe le flambeau à Jean-Daniel Laval, qui prend la direction du théâtre .
De nouveaux lieux de représentation sont ouverts : la Cour de la Grande Écurie, qui devient l'espace central du festival, la Galerie des Moulages de la Petite Écurie, où se produisent Romane Bohringer et Isabelle Carré en 2003 (Hugo à deux voix, mise en scène Nicole Aubry), la colonnade du Grand Trianon, où Philippe Caubère donne en 2003 En hommage à El Nimeno II. Puis vient le Potager du Roi, investi par Stéphanie Tesson et ses Fantaisies potagères (2003), qui seront suivies par les Fantaisies microcosmiques (2004) et les Fantaisies bucoliques (2005), une trilogie écrite pour le lieu. En 2005, les Bosquets du Château de Versailles accueillent à leur tour des représentations, dont La Princesse d'Élide de Comédiens et Compagnie (mise en scène Jean-Hervé Appéré) et Le Bourgeois gentilhomme par le Poème Harmonique (mise en scène Vincent Dumestre). L'espace Richaud, dernier équipement culturel de la ville, devient également le décor de pièces comme Britannicus (2016) de Jean Racine ou encore Cinna (2017) de Pierre Corneille, toutes deux mises en scène par Jean-Luc Jeener. Les espaces de la rue comme la place d'Armes, ou encore la place du marché Notre-Dame deviennent également des scènes éphémères.
Les 15 ans
En 2010, Le Mois Molière fête ses quinze ans d'existence et rend hommage à la comédie en lui consacrant sa semaine d'ouverture. Chaque soir, un grand spectacle comique de style différent est présenté à la Grande ou à la Petite Écurie (opérette, comédie musicale, pièce classique, humoristes…).
Les trois semaines suivantes sont consacrées à la découverte et à l'innovation artistique. De grands noms du théâtre, tels Denis Podalydès et Nicolas Vaude, viennent célébrer cette édition anniversaire, et de nombreuses compagnies présentent leurs nouvelles créations. Parmi elles, Comédiens et Compagnie avec une version baroque de La Nuit des Rois de Shakespeare, Star théâtre avec son thriller inédit Richard III (ou presque) de Thimoty Daly , ID productions avec sa comédie musicale Je t'aime, tu es parfait : change!, la première adaptation française de Joe di Pietro et Jimmy Roberts, qui avaient créé I Love You, You're Perfect, Now Change! sur Broadway en 1997 et le Théâtre en Fut de Montréal avec Le Jumeau de Molière. Côté international, la danseuse-étoile du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, Ouliana Lopatkina, se produit dans un duo inédit rendant hommage aux grandes danseuses russes. Carlo Boso, directeur de l'AIDAS est quant à lui l'invité d'honneur du théâtre de rue, puisqu'il présente ses nouvelles créations de Commedia dell'arte dans tous les parcs et jardins de la ville.
Pour cette édition, Le Mois Molière présente 250 manifestations sur 40 sites . Plus de 75 000 festivaliers assistent aux représentations , remplissant la quasi-totalité des jauges du festival.
Les 20 ans En 2016, le Mois Molière fête ses 20 ans. L'édition de 2016 est marquée par de nombreux temps forts: nombreuses créations théâtrales, "charrette de Molière", États généraux du théâtre populaire et lectures-événements.
Au total, plus de 350 représentations (théâtre, cirque, musique, danse) dans toute la ville, pour les festivaliers qui s'y rendent.
Axes artistiques Depuis 2016, le Mois Molière accueille en moyenne par plus de 100 000 spectateurs chaque année. Confronté à un public trop massif pour ses jauges de représentations, il poursuit l'ouverture de nouveaux lieux de spectacles dans la ville. La demande, en lien avec le nombre de visiteurs, est toujours croissante. Artistiquement, le festival maintient ses axes historiques tout en renforçant la diversification de sa programmation, au travers de pièces qui restent essentiellement comiques.
Molière vignette|Andromaque d'Anne Delbée à la Grande Écurie - Mois Molière 2018 Le festival privilégie Molière dans sa dimension de génie universel et met en avant la multiplicité d'interprétations auxquelles ses pièces peuvent donner lieu. Chaque année sont présentées de grandes mises en scènes classiques, comme le Tartuffe de Colette Roumanoff ou Andromaque d'Anne Delbée en 2018, ou encore des créations plus contemporaines, comme Amok de Stephan Zweig par Caroline Darnay en 2017 et de libres adaptations, comme Le dernier jour d'une condamnée, réadaptation de Victor Hugo par le metteur en scène Cédric Coppola en 2018.
En 2009, Jean-Luc Jeener conçoit le premier Cycle Molière dans la Galerie des moulages de la Petite Écurie : huit pièces sont extraites de son intégrale Molière montée en 2008 au Théâtre du Nord-Ouest.
La commedia dell'arte vignette|Le dernier jour d'un condamné par M.Popovici à l'Espace Richaud - Mois Molière 2017 En 2002, le Mois Molière accueille Carlo Boso et sa mise en scène de Scaramouche. La commedia dell'arte devient alors la marque de fabrique du festival, qui y voit une excellente représentante des valeurs qu'il porte depuis sa création . Depuis cette date, ce metteur en scène est présent chaque année pour proposer des adaptations de grands classiques. En 2018, Carlo Boso et l'Académie Internationale des Arts du Spectacle ont mis en scène le triptyque des Atrides : Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides.
Après la création de La Princesse folle par Anthony Magnier en 2003, des jeunes troupes (Viva la Commedia, Comédiens et Compagnie, l'Académie internationale des Arts du Spectacle…) prennent l'habitude de présenter chaque année à Versailles leurs nouvelles créations avant de partir au Festival d'Avignon. Le Mois Molière privilégie alors ce genre théâtral au travers de réinterprétations modernes de grands classiques, ou de créations originales. Il présente notamment La Flûte enchantée, par Comédiens et Compagnie, Le Songe d'une nuit d'été, par Viva la Commedia, Commedia cathodique, de François Zéméaris, La Mégère à peu près apprivoisée, par Los Figaros, ou encore Un cœur pour Samira, de Christophe Alévêque. Devenu le plus important événement de commedia dell'arte en France , le Mois Molière lance en 2009 les premiers États généraux de la commedia dell'arte Laurence Liban, « Le Mois Molière redonne souffle à la commedia d'all'arte », L'Express, 28 mai 2009, une rencontre internationale pour s'interroger sur l'actualité et la diversité de ce genre théâtral. Elle permet en outre de rendre plus visible son lien avec Molière Stéphane Haïk, « Théâtre - Un mois Molière à Versailles », France-Soir, 16 juin 2009.
Les maîtres de la commedia dell'arte Carlo Boso, Alberto Nason, Luca Franceschi, Mario Gonzalez, Antonio Fava, Stefano Perocco di Meduna et Siro Ferrone répondent à l'appel et animent des stages professionnels et amateurs, des tables-rondes, et des conférences, conjointement à des universitaires européens (Stefan Hulfeld, Maria dell Valle, Irène Mamczarz, Richard Andrews notamment). Stefano Perocco di Meduna, facteur de masques, installe son atelier éphémère près du Château de Versailles et une exposition de masques de commedia dell'arte est présentée au public par Alberto Nason.
Christophe Barbier, directeur de L'Express, anime le débat « La commedia en création » communiqué de presse de la ville de Versailles, « Mois Molière 2009 : Versailles, théâtre à ciel ouvert de la commedia dell’arte... » sur le site officiel de la ville de Versailles, 18 mai 2009.
Vingt-six pièces de commedia sont présentées, parmi lesquelles de grands classiques recréés pour le festival, comme La Trilogie de la villégiature, par l'Académie internationale des arts du spectacle ou George Dandin, par Casa Orfea, et des créations originales, comme le surréaliste Prova Aperta de Luca Franceschi, entre autres.
Diversification et internationalisation
Le Mois Molière élargit au fil des ans sa notion de théâtre populaire, en présentant de nouvelles formes qui s'éloignent des représentations classiques.
Cette évolution, amorcée avec les spectacles déambulatoires au Potager du Roi dès 2003, est particulièrement visible depuis 2009 avec la création de la comédie musicale Bonnie and Clyde, le polar musical, produite par Lard'Enfer et présentée ensuite à Avignon puis sur Paris. Déjà-Vu, spectacle de la compagnie colombienne La Gata Cirko, laisse présager quant à lui de l'ouverture du festival aux arts du nouveau cirque Matthieu Suc, « Le règne du Mois Molière », Le Parisien, 4 juin 2009.
En 2010, le Mois Molière célèbre l'année France-Russie en invitant la danseuse étoile du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, Ouliana Lopatkina, à se produire au Théâtre Montansier. Elle y présente un duo créé pour l'occasion, rendant hommage aux grandes ballerines russes Anna Pavlova, Maya Plisetskaya et Galina Ulanova . Cette même année, le Conservatoire d'art dramatique de Montréal clôture le festival avec une création-hommage réalisée à sa demande et mettant en scène le frère imaginaire de Jean-Baptiste Poquelin, immigré au Québec.
Depuis 2017, le festival s'est doté d'une catégorie Théâtre d'Idées, se composant de débats et de conférences autour d'un thème donné. Les intervenants se sont vu réfléchir sur le thème Littérature et Résistance en 2017 et ils s'interrogeront pour l'édition 2018 sur Tolérance et Liberté.