La littérature autrichienne désigne la production d'auteurs nés dans l'empire d'Autriche, dans l'Autriche-Hongrie, dans l'éphémère République d'Autriche allemande ou dans l'actuelle République d'Autriche. Comme l'extension géographique, culturelle, ethnique et linguistique du pays a été bouleversée, que la nature de sa relation politique et culturelle à l'Allemagne a fait l'objet de nombreux et douloureux débats et qu'en raison des vicissitudes politiques, beaucoup d'auteurs ont émigré hors des frontières du pays, une définition purement géographique reste problématique.

L'article traite principalement de littérature germanophone, évoquant d'autres pistes annexes. vignette|droite|350px|Franz Gaul : Le Parnasse autrichien (1862). vignette|droite|350px|Walther von der Vogelweide (Codex Manesse, vers 1300).

Jusqu'en 1700 Des origines jusqu'au début du bas Moyen Âge (env. 750-1170) Au Moyen Âge, la poésie était véhiculée presque exclusivement de façon orale. Très peu de fragments de cette époque nous sont parvenus. Les textes préservés sont principalement à caractère religieux, puisque la copie de textes se faisait généralement dans les monastères. Pourtant, il y avait déjà à cette époque une littérature séculaire, comme des écrits historiques ou pseudo-historiques (chansons héroïques, louanges des héros du passé, etc.) ou des textes folkloriques (chansons à danser, lamentations, etc.). Un exemple de chanson héroïque en langue germanique est le .

À l'époque carolingienne apparaissent les premiers textes en langue « allemande ». Il s'agissait principalement de traductions de textes latins, principalement sur des sujets religieux chrétiens catholiques.

Les textes les plus anciens connus sont les (Bénédictions canines viennoises - fin du ou début du ), la (La Genèse de Millstatt - env. 1200). La plupart des auteurs sont inconnus, sauf quelques exceptions : Ava de Göttweig (née vers 1060, morte le ), poétesse ecclésiastique. Der von Kürenberg (mi-) de la région de Linz Dietmar von Aist (1115c-1171c), troubadour du Heinrich von Melk (seconde moitié du ), auteur d'œuvres satiriques au dans la région de Melk.

Bas Moyen Âge et Moyen Âge tardif (1170–1500) vignette|upright|Portrait d'Ulrich von Liechtenstein (Codex Manesse). Dans les années 1150, la littérature de langue allemande connut un épanouissement. Chaque cour de la noblesse féodale soutenait une pratique littéraire selon le modèle roman de l'époque. La poésie se développa vers la chanson de geste et la poésie de chanson, dont les principaux représentants sont Heinrich von Morungen, Reinmar de Haguenau et Walther von der Vogelweide. La chevalerie prit à cette époque une place importante dans la structure de la société, et en conséquence de nouveaux thèmes prirent place dans la littérature.

Au Moyen Âge tardif, les cités prirent de l'importance et influencèrent également la littérature, particulièrement après l'invention de l'imprimerie, qui permit de réduire considérablement les coûts de production des livres. À la fin de cette époque a été rédigé par Johannes von Tepl, résidant en Bohême.

Des auteurs Reinmar de Haguenau l'Ancien († avant 1210 à Vienne), le plus important représentant de la chanson de geste avant Walther von der Vogelweide. Neidhart von Reuental (première moitié du ), poète lyrique établi à la cour du duc de Babenberg, . Le Burggraf von Lienz (). (début ). (début ). (?-1233c) Ulrich von Liechtenstein (1200c-), chevalier, poète. poète actif entre 1225 et 1250. Jans der Enikel (1240c-1302c), Viennois, auteur d'une Histoire du monde en . Wernher der Gartenaere (seconde moitié du ), auteur d'une critique sociale Meier Helmbrecht (vers 1250-1280). Oswald von Wolkenstein (1376/1377 -† ), chevalier, politique, poète lyrique.

Début des temps modernes (1450-1600) Au Tyrol, Éléonore Stuart, épouse du Sigismond d'Autriche, traduit le roman français Ponthus et la belle Sidoine de facture humaniste.

Nicolas de Cues entreprend plusieurs voyages en Allemagne entre 1450 et 1452 pour tenter de réformer l'Église allemande.

Johannes Fuchsmagen (1450c-1510). (aussi Fuxmagen), originaire de Hall en Tyrol, crée en 1508 l'association culturelle de Hall (, humaniste) qui existe encore aujourd'hui.., avec son ami (1450-1510), membre de l', ordre de chevalerie (1040).

Entre 1700 et 1890 Époque baroque Littérature baroque Josef Anton Stranitzky (1676-1726), Hans Wurst (Jean Saucisse) Gottfried Prehauser (1699-1769) (1763-1816) Bernardon (1717-1784) Johann Beer (1655-1700), romancier picaresque

LAufklärung (1720-1785)

En Autriche, les lumières vinrent principalement de France, d'Italie, de Suisse, d'Angleterre et d'Allemagne. À la fin du , la littérature de voyage était très en vogue. Celle-ci décrivait des contrées et us nouveaux pour l'époque et indirectement critiquait les sociétés européennes. À côté de cette littérature, les romans d'apprentissage étaient également à la mode. Gerard van Swieten (1700-1772) (1741-1790)

Le romantisme allemand (1799–1835) Le romantisme est pour l'Autriche plutôt une mode qui ne fut pas suivie. Les romantiques allemands qui se risquèrent en Autriche (Ludwig Tieck, Auguste Schlegel, Friedrich Schlegel ou Clemens Brentano) furent accueillis par les écrivains autrichiens avec méfiance. Parallèlement au romantisme allemand se développèrent en Autriche d'une part la culture , et d'autre part celle du classicisme autrichien, dont le plus grand représentant est Franz Grillparzer.

Le Biedermeier (1815–1848) L'époque s'étire de 1815 (Congrès de Vienne) à 1848 (début de la révolution). Le terme a été inventé sous forme de farce par Adolf Kußmaul (1822-1902) et Ludwig Eichrodt (1827-1892) après avoir lu les poèmes de (1766-1846) qu'ils jugeaient simples et naïfs. Pourtant le terme s'est réellement établi au .

Le terme se réfère tout d'abord à un art de l'habitat et à un art bourgeois, et ensuite de façon plus étendue à la littérature de cette époque. Cette littérature fut bien souvent considérée comme casanière et conservatrice. La vie culturelle et la vie de société se déroulaient de façon privée. Les thèmes qui ne présentaient pas de problème, tels que les romans historiques ou les apologies de la patrie, étaient publiés ; les sujets politiques plus polémiques n'étaient diffusés que dans des cercles restreints.

La censure stricte de l'empire habsbourgeois visait les œuvres de Nikolaus Lenau, Franz Grillparzer ou Johann Nestroy. En tout il y avait plus de sur la liste des ouvrages interdits. Chaque livre importé, chaque article et chaque nouvelle édition devait être contrôlé et approuvé par la censure.

Les poètes les plus connus de cette époque sont : Nikolaus Lenau (1802-1850), Anastasius Grün. Parmi les auteurs de prose : Adalbert Stifter (1805-1868). Les auteurs dramatiques qui appartiennent à l'époque sont : Franz Grillparzer (1791-1872), Johann Nestroy (1801-1862) et Ferdinand Raimund (1790-1836).

La littérature révolutionnaire de 1848 La révolution de 1848 éclate dans l'empire austro-hongrois comme dans bon nombre d'autres pays. Le mécontentement aussi bien au cœur de l'empire que dans les régions périphéries est grand. Les œuvres d'Alfred Meissner ("") ou de Karl Isidor Beck ("") reflètent la colère et le désarroi de la population.

Le , l'empereur promet de supprimer la censure et de faire rédiger une nouvelle constitution. Le , abdique à la faveur de François-Joseph Ier.

La suppression de la censure a pour effet de voir la sortie de nouveaux journaux (souvent éphémères) et la production de nombreux écrits politiques (Johann Nestroy, Anastasius Grün ou Franz Grillparzer).

Le réalisme poétique (1848–1890) Les auteurs du réalisme poétique ou réalisme bourgeois évitent les sujets politiques et se tournent vers des sujets plus locaux avec leurs paysages et leurs habitants. Au centre de tous les romans, des pièces de théâtre ou des poèmes se trouve l'individu, principalement des artisans, des négociants ou des paysans. Les principaux auteurs de cette époque sont : Marie von Ebner-Eschenbach (1830-1916), Ludwig Anzengruber (1839-1889) et Peter Rosegger (1843-1918).

Le réalisme tardif (1870–1880/90) Le réalisme tardif se forme en Autriche à la fin du anticipant sur le naturalisme.

Les principaux auteurs de ce mouvement sont : Marie von Ebner-Eschenbach (1830–1916), Ferdinand von Saar (1833–1906), Ludwig Anzengruber (1839–1889), Peter Rosegger (1843–1918).

Entre 1890 et 1945 Die Wiener Moderne Les années fin de siècle furent marquées en Autriche par une agitation intellectuelle particulière. Le naturalisme allemand trouva, sans grands débats, sa place dans le paysage littéraire autrichien. Les poètes d'âge plus mûr, Eschenbach, Rosegger ou Anzengruber, avaient déjà anticipé une sorte de naturalisme dans leurs œuvres qui se continua chez les jeunes auteurs.

À Vienne, l'époque moderne littéraire peut être fixée dans l'année 1890, avec le début de l'activité d'Hermann Bahr qui ne s'installa de façon définitive à Vienne qu'à partir de l'année 1891. Après des séjours à Saint-Pétersbourg, Paris et Berlin, il était très au courant des nouvelles tendances littéraires et propagea le naturalisme à l'aide du magazine avec les éditeurs Eduard Michael Kafka et Julius Kulka, naturalisme déjà marqué par l'influence de Barrès. Une date importante est la visite d'Ibsen à Vienne en et la représentation de sa pièce de théâtre "" (Les Prétendants à la couronne).

Grâce à ses nombreux contacts, Bahr eut une grande influence sur la littérature autrichienne de cette époque. Le groupe de jeunes littérateurs qui se forma autour de lui, appelé "" (La jeune Vienne) publia dans les revues (1890), (1891) et (1894). Les principaux représentants sont Richard Beer-Hofmann, Hugo von Hofmannsthal, et Felix Salten, ainsi que Peter Altenberg et Karl Kraus. Le groupe Jung-Wien prit fin avec la fermeture en 1897 du Café Griensteidl, lieu où ils avaient l'habitude de se rencontrer. Dans les années qui suivirent, Arthur Schnitzler se distingua comme auteur dramatique et comme conteur. Ses œuvres reflètent l'état d'âme de la bourgeoisie viennoise : 1895, 1896, 1911, 1900 et Professor Bernhardi 1912. Hofmannsthal développa la poésie lyrique et composa des pièces de théâtre : 1892, Elektra 1903, 1922.

La poésie lyrique dominait dans la Vienne du début du siècle avec des représentants tels que Rainer Maria Rilke, Berthold Viertel et Felix Dörmann. Le roman était moins en faveur. Les principaux romanciers de cette époque sont Alfred Kubin et Gustav Meyrink. Suivant la tradition de Ludwig Speidel et Hugo Wittmann, le feuilleton atteignit son apogée au début du siècle. Les principaux représentants sont Theodor Herzl, Felix Salten, Ludwig Hevesi et Alfred Polgar.

Expressionnisme vignette|droite|200px|Georg Trakl.

Le début de l'expressionnisme à Vienne peut être daté de la publication du livre d'Oskar Kokoschka dédié à Gustav Klimt en 1908 par la maison d'édition des . Certains auteurs expressionnistes publient tout d'abord leurs œuvres sous la direction de Karl Kraus, comme Franz Werfel ou Albert Ehrenstein, qui devient célèbre grâce à sa nouvelle (1911). Kraus soutient également Herwarth Walden à Berlin avec la fondation de la revue expressionniste (La Tempête) qui publie aussi des auteurs autrichiens appartenant à ce mouvement. En 1910, Ludwig von Ficker crée la revue à Innsbruck qui soutient des poètes expressionnistes tels que Georg Trakl (1887-1914). Du théâtre expressionniste, les principaux représentants demeurent (1895-1959) (, 1920) et Franz Theodor Csokor (1885-1969) (, 1922).

Première Guerre mondiale La plupart des écrivains autrichiens accueillent favorablement la Première Guerre mondiale. Rares sont ceux qui la critiquent dès ses débuts, comme Karl Kraus ou Arthur Schnitzler. Stefan Zweig se déclare rapidement pacifiste.