, né à Niigata le et mort à Kiryū , est un romancier et essayiste japonais. Il est associé au groupe Buraiha.

Biographie Douzième d'une famille de treize enfants, il est né le , de son vrai nom Heigo Sakaguchi (, Sakaguchi Heigo). Son père est un homme politique et poète, président du journal . Très tôt il fait l'apprentissage de la solitude et de l'insoumission, ce qu'il nommera plus tard « l'épaisseur existentielle ». Il étudie la philosophie de l'Inde et publie en 1931 Kaze hakase (Docteur vent), un conte où apparaît déjà son sens du burlesque et du cynisme. Il entame alors l'écriture d'une œuvre marquée par la déchéance et la provocation, contre les valeurs établies et la morale conformiste. En 1942 paraît Seishun-ron (De la jeunesse), et surtout en 1946 Daraku-ron (La Chute), essai sur sa vision de la guerre qui le rend célèbre et dans lequel il écrit : « Le Japon a perdu, l'éthique des guerriers est morte mais, de cette matrice de vérité qu'est la déchéance, sont enfin nés des êtres humains ».

La même année, il poursuit son éloge de la déchéance dans la célèbre nouvelle (L'Idiote), où dès la première phrase il range côte à côte porcs, chiens, poules, canards et êtres humains. Ses personnages sont des antihéros, marginaux et souvent désespérés, qui tentent de survivre en préservant l'individualité de leur destin, incarnant le sentiment d'une irrémédiable solitude de l'être. De nombreux autres récits, souvent proches de l'autobiographie, notamment Ishi no omoi (Souvenirs d'une pierre) en 1946, témoignent de son expérience de la guerre et de sa critique virulente des préjugés et du Japon bien-pensant de l'après-guerre. En 1948 il reçoit le prix des auteurs japonais de romans policiers pour Furenzoku satsujin jiken (Meurtres sans série). Parallèlement à son mépris de toute morale et de toute institution, sa vision de la société japonaise devient de plus en plus critique, notamment dans Ango shin-Nippon chiri (Nouvelle géographie du Japon d'Ango, 1951), mais ensuite, épuisé par une mélancolie délirante, l'alcool et l'abus de barbituriques, il ne produit presque plus rien et meurt à Kiryū, préfecture de Gunma, le , dans une misère dans laquelle il avait librement accepté de vivre.

Liste des œuvres traduites en français 1946 : La Chute, dans Cent ans de pensée au Japon (Tome 1), Éditions Philippe Picquier, 1996. 1946 : , suivi de , deux nouvelles traduites par Edwige de Chavanes, Le Calligraphe-Picquier, 1986 ; Picquier poche, 1999. 1946 : dans Les Ailes La Grenade Les Cheveux blancs et douze autres récits (1945-1960), nouvelle traduite par Edwige de Chavanes, Éditions Philippe Picquier, 1986 (réédition 1991) ; Anthologie de nouvelles japonaises (Tome II - 1945-1955) - Les Ailes La Grenade Les Cheveux blancs, Picquier poche, 1998 ; version inédite dans Le Désir - Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines Tome 2, nouvelle traduite par Jean-Jacques Tschudin, Éditions du Rocher, 2007. 1947 : , dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines (Tome II), nouvelle traduite par Edwige de Chavanes, Gallimard, 1989. 1948 : roman traduit par Estelle Figon, Les Belles Lettres, 2016.

Adaptations de ses œuvres au cinéma 1958 : de Shirō Toyoda 1975 : de Masahiro Shinoda 1977 : de Chūsei Sone 1998 : de Shōhei Imamura 1999 : de Makoto Tezuka

Notes et références

Voir aussi Article connexe Tozai Mystery Best 100 (Les 100 meilleurs romans policiers de l'Orient et l'Occident)

Liens externes

Catégorie:Écrivain japonais du XXe siècle Catégorie:Auteur japonais de roman policier Catégorie:Lauréat du prix des auteurs japonais de romans policiers Catégorie:Étudiant de l'université Tōyō Catégorie:Naissance à Niigata Catégorie:Naissance en octobre 1906 Catégorie:Décès en février 1955 Catégorie:Décès à 48 ans Catégorie:Décès dans la préfecture de Gunma