Le Suevic est un paquebot britannique mis en service en 1901. Il est construit par les chantiers Harland and Wolff de Belfast, pour la . C'est le cinquième et dernier navire de la classe Jubilee, mise en place à la fin du spécialement pour assurer la ligne Liverpool—Le Cap—Sydney.
Sa carrière est sans histoire jusqu'en 1907. Le , le navire s'échoue au sud des côtes de l'Angleterre, mais le sauvetage est rapide et tous les passagers et membres de l'équipage sont évacués au cours de la plus grande opération jamais menée par la . Sa structure semblant en grande partie récupérable, le navire est délibérément brisé en deux et une nouvelle proue est ajoutée. Il reprend par la suite son service et connaît une interruption durant la Première Guerre mondiale, étant réquisitionné comme transport.
Le Suevic sert en Norvège en tant que baleinier sous le nom de Skytteren à partir de 1928. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est forcé de se saborder en 1942 pour éviter sa capture par les Nazis.
Histoire Conception et construction Quand la inaugure son service entre Liverpool et Sydney en 1899, elle assigne trois navires à cette route : l’Afric, le Medic et le Persic. Tous trois sont des navires à une cheminée qui jaugent et sont conçus pour transporter de troisième classe. Ces navires étant lancés la dernière année du , ils appartiennent à la , en accord avec l'engouement populaire pour le nouveau siècle. Cette route se montrant très populaire pour les immigrants en direction de l'Australie, la White Star décide rapidement de commander deux nouveaux navires pour cette classe, ces deux étant légèrement plus grands que les trois premiers. Le premier d'entre eux, le Runic (deuxième du nom), est lancé le . Le deuxième, le plus imposant de la classe, est le Suevic, jaugeant tjb. Le Runic et le Suevic présentent quelques petites modifications dans leur conception, les plus visibles étant l'allongement du pont de poupe et le déplacement de la passerelle plus près de la proue. Ces navires peuvent transporter et comportent sept cales dont certaines sont réfrigérées Suevic The Great Ocean Liners (consulté le 13 août 2009)..
Au service de la White Star Line Le Suevic est lancé le dans les chantiers navals Harland and Wolff de Belfast et effectue son voyage inaugural à destination de Sydney le . Peu après, ses sister-ships et lui sont employés comme transport de troupes dans le cadre de la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud. En , il effectue son unique voyage entre Liverpool et New York. La guerre des Boers terminée, la White Star peut enfin instaurer un service mensuel régulier à destination de l'Australie Suevic, Great Ships. Consulté le 13 août 2009.
Naufrage Erreur de navigation
Les six premières années de service du Suevic ne connaissent pas d'événement particulier, mais le malheur frappe par la suite le navire. Le , il quitte Melbourne avec des arrêts prévus au Cap, à Tenerife, à Plymouth, à Londres et à Liverpool, sous le commandement de Thomas Jones Suevic, Titanic-Titanic.com. Consulté le 13 août 2009. Le , il est en route pour Liverpool avec Le nombre de passagers varie selon les sources. Les listes de la BBC parlent de 456 personnes, dont 70 bébés. Les 382 cités par les autres sources, ajoutés au nombre de bébés, donnent un total de 452. Il semble donc que la différence soit due au fait que les enfants en bas âge ne sont pas listés sur le manifeste du navire comme des passagers payants., d'équipage, et des cales presque pleines, contenant notamment des milliers de carcasses de moutons pour .
Vers midi, le navire se trouve à de la côte sud-ouest de l'Angleterre. Cette partie de la côte présente de nombreux dangers pour la navigation, à cause de ses eaux peu profondes, de ses rochers pointus, et du brouillard dense qui y tombe souvent, ce qui fait que la zone est généralement évitée. Cependant, dans l'après-midi, le navire pénètre une dense nappe de brouillard. Vers , les officiers du navire sont incapables de déterminer la position du navire grâce aux étoiles, et ils tentent donc d'utiliser le phare du cap Lizard (souvent appelé « le Lizard »), qu'ils découvrent bientôt. Grâce à la lumière, ils calculent qu'il n'est pas à moins de , et qu'ils sont donc en sécurité. En dépit du brouillard, l'équipage pousse ainsi le navire à pleine vitesse sans sonder le fond de la mer pour s'assurer qu'il n'approche pas du rivage.
Vingt minutes après avoir aperçu le phare, le navire heurte violemment et à pleine vitesse les rochers de Maenheere Reef Biggest RNLI rescue is remembered, BBC News. Consulté le 13 août 2009, à un quart de mille du Lizard. Le Suevic est alors plus près du rivage que ne le pensait l'équipage.
Sauvetage Jones fait tout d'abord plusieurs tentatives pour dégager le navire des rochers, en mettant les machines en arrière toute, mais en vain. En dépit de sa situation, le navire ne semble pas devoir couler. Le capitaine fait donc tirer des fusées de détresse, et des sauveteurs locaux arrivent, permettant à tous les passagers et membres d'équipage d'atteindre le rivage en sécurité.
L'opération de sauvetage est menée par la Royal National Lifeboat Institution (RNLI) et devient la plus grande opération menée par cette institution en cent quatre-vingt-trois ans d'histoire SS « Suevic »: The greatest sea rescue, The Independant. Consulté le 22 octobre 2009. Les canots de la RNLI, menés par des volontaires locaux du Lizard, de Cadgwith, Coverack et Porthleven, qui sauvent tous les passagers, dont soixante-dix bébés, de même que l'équipage. L'opération dure seize heures. Pour récompenser les efforts fructueux des sauveteurs, trois médailles d'argent de la RNLI sont remises à des volontaires, et deux à des membres d'équipage du Suevic pour leurs actes. En , une cérémonie célèbre le centième anniversaire du sauvetage.
Récupération
La partie avant du navire est sévèrement endommagée, mais pas irrémédiablement, et le reste du navire, dont les chaudières et les machines, n'est pas endommagé du tout. On pense alors que, si le navire peut être allégé, la marée pourra le dégager des rochers, et qu'il pourra naviguer jusqu'à un port. Suivant cette idée, trois jours plus tard, le , la cargaison du navire est déchargée dans d'autres navires. Il semble tout d'abord que la manœuvre va réussir, mais une semaine plus tard, après plusieurs tentatives menées par d'autres navires pour dégager le Suevic des rochers, le temps se détériore, et les vagues le poussent plus loin sur les rochers, d'où il ne peut pas être dégagé.
Avec la proue endommagée et irrémédiablement échouée, et le risque de voir le temps empirer, susceptible de démolir complètement le navire, les dirigeants de la White Star décident de recourir à une méthode inhabituelle : sauver la majeure partie du navire qui n'est ni échouée, ni endommagée, en la séparant de la proue. Le Suevic, comme les autres navires de la White Star, a été construit avec des compartiments étanches par mesure de précaution. Des ingénieurs en profitent pour placer des charges de dynamite pour briser la proue au niveau de la cloison juste à l'arrière de la passerelle, le . La manœuvre est fructueuse, et la partie arrière du navire flotte, libre. Les compartiments étanches restent indemnes, et le Suevic peut naviguer par ses propres moyens, en marche arrière, guidé par des remorqueurs, jusqu'à Southampton. La proue endommagée est laissée sur les rochers pour être démolie Remembering The « Suevic », BBC Cornwalls (consulté le 13 août 2009)..
La reconstruction du « plus grand navire au monde »
La White Star commande ensuite aux chantiers Harland and Wolff de Belfast une nouvelle proue de , qui est lancée en Half a ship launched, The New York Times. Consulté le 24 décembre 2009. On dit souvent, à cette époque, que le Suevic est le plus long navire du monde, avec sa proue à Belfast et sa poupe à Southampton. La nouvelle proue est ensuite remorquée jusqu'aux chantiers J.I. Thorneycroft & Co. de Southampton, où elle arrive le . À la mi-novembre, elle est en place et est raccordée au reste du navire. La proue est parfaitement à la bonne taille, preuve du savoir-faire des ingénieurs d'Harland & Wolff. Ces travaux sont menés par l'architecte naval Thomas Andrews, qui acquiert ainsi une certaine réputation. L'année suivante, il est chargé de la conception des navires de classe Olympic à laquelle appartient le célèbre Titanic , Belfast-Titanic. Consulté le 23 décembre 2009. Dix mois plus tard, après la plus grande tentative de reconstruction d'un navire au monde, le , le Suevic est achevé et reprend du service.
En guerre Lorsque la Première Guerre mondiale débute, de nombreux navires britanniques sont réquisitionnés. Leur capacité à transporter de la viande dans leurs cales réfrigérées fait que les navires de classe Jubilee restent en service commercial pour pouvoir rapporter des provisions et soutenir l'effort de guerre. Cependant, ils transportent parfois des troupes sur leur route habituelle. Le Suevic effectue ainsi une traversée en , transportant des troupes britanniques à Mudros pour la bataille des Dardanelles Suevic, The John Edwards Collection of Ocean Liner Artifacts and Ephemera (consulté le 22 octobre 2009).. À partir de cette date, et jusqu'à 1919, le Suevic opère dans le cadre du British Navy's Liner Requisition Scheme et non pour la White Star, mais reste sur la route de l'Australie.
SS Skytteren
Après la guerre, la White Star fait subir une refonte au Suevic, y rajoutant des installations pour de deuxième classe, puis l'envoie sur la route de l'Australie. En , il effectue son cinquantième voyage sur cette route. En 1928, le Suevic, de par son âge, est vendu à l’Yngvar Hvistendahl's Finnhval A/S pour . Il est renommé Skytteren et envoyé aux chantiers Germaniawerft de Kiel pour être converti en baleinier.
Quand l'Allemagne nazie envahit la Norvège en 1940, au début de la Seconde Guerre mondiale, le Skytteren est abrité dans le port neutre de Göteborg, en Suède, avec d'autres navires norvégiens, en avril. Le gouvernement norvégien en exil en revendique la propriété, contestée par le gouvernement Nasjonal Samling qui occupe le pays. Cependant, un tribunal répond aux revendications du gouvernement exilé.
Le , quinze navires norvégiens stationnés à Göteborg tentent de gagner les eaux alliées, où ils pourront rejoindre un groupe de navires de guerre britanniques pour les protéger. Cependant, la Suède ne permet pas aux navires norvégiens d'utiliser ses eaux neutres à cette fin, et des navires suédois conduisent les évadés à des navires de guerre allemands en attente. Sur quinze navires, deux atteignent les îles britanniques, six sont coulés par les Allemands, deux capturés, trois retournent à Göteborg, et deux, dont le Skytteren, se sabordent dans les eaux de Maseskär, en Suède. Leurs équipages deviennent prisonniers de guerre. L'épave du Suevic/Skytteren est toujours dans ces eaux, la proue tournée vers l'ouest.
Notes et références
Annexes
Articles connexes White Star Line Thomas Andrews
Liens externes
Suevic sur The Great Ocean Liners S.S. « Suevic » - A Passenger's Diary.
Catégorie:Bateau lancé en 1900 Catégorie:Bateau de la White Star Line Catégorie:Nom de bateau Catégorie:Transatlantique Catégorie:Bateau norvégien Catégorie:Catastrophe maritime en 1907 Catégorie:Catastrophe maritime en 1942 Catégorie:Baleinier Catégorie:Navire construit à Belfast Catégorie:Navire coulé en 1942