La Fédération des Amis de la Terre - France est une association de protection de l’Homme et de l'environnement, représentant en France le mouvement international des Amis de la Terre (Friends of the Earth International ou FoEI).

Présentation Les Amis de la Terre France est une fédération à but non lucratif créée en 1970 et ayant participé à l’essor de l’écologie politique... Elle milite pour une transition vers ce que l’organisation appelle des « sociétés soutenables », c’est-à-dire un système où « chaque être humain puisse satisfaire ses besoins fondamentaux sans compromettre les besoins des générations futures ». Pour cela, les Amis de la Terre œuvrent en faveur d’un changement radical de système.

Historique Les débuts des Amis de la Terre C'est dans le bouillonnement des idées écologistes qui agite alors les États-Unis depuis la publication de Printemps silencieux de Rachel Carson, que David Brower, en 1969, quitte la présidence du Sierra Club américain pour fonder une association qui sache remonter aux causes des atteintes à l’environnement pour les combattre : Les Amis de la Terre.

En France, les Amis de la Terre déposent leurs statuts à la préfecture de Paris le . Les principaux fondateurs sont Edwin Matthews, un avocat américain résidant à Paris, et Alain Hervé, un poète, navigateur et reporter dont l’idée initiale est de faire des Amis de la Terre un grand mouvement de connaissance de la nature. Le comité de parrainage est composé de Jean Dorst (naturaliste, ancien directeur du muséum d’histoire naturelle), Pierre Fournier (romancier sous le nom de Pierre Gascar), l’ethnologue Claude Lévi-Strauss, le biologiste Konrad Lorenz, l’ethnologue Théodore Monod et le biologiste Jean Rostand.

Les Amis de la Terre et les partis politiques dans les Les Amis de la Terre sont parmi les initiateurs des candidatures écologistes aux élections politiques, notamment la présidentielle de 1974 avec René Dumont, devenu ensuite président d’honneur de l’association. Des militants qui ont fait carrière depuis comme Brice Lalonde (ex-ministre de l'Environnement), Pierre Radanne (ex-directeur de l’ADEME) ou Dominique Voynet (ex-ministre de l’Aménagement du territoire et de l’environnement) en font alors partie.

En 1983, les Amis de la Terre décident de se recentrer sur leurs activités associatives et d’agir indépendamment de tout parti politique. Une grande partie des militants quitte l’association pour participer à la création des Verts, comme Yves Cochet (groupe de Rennes), ou, plus tard, à celle de Génération Écologie, comme Brice Lalonde (groupe de Paris) qui entre au gouvernement en 1988 en tant que ministre délégué à l'Environnement.

Plusieurs équipes, notamment celles de Pierre Samuel et de Guy Aznar, se succèdent depuis pour maintenir et développer l’action nationale des Amis de la Terre.

Nucléaire Le mouvement antinucléaire est le combat le plus ancien de l'association. En effet, lors de la première réunion internationale des différents groupes à Rambouillet, un moratoire est demandé sur le fonctionnement des centrales nucléaires. Brice Lalonde, à l'époque membre des Amis de la Terre se rend en bateau jusqu'à l'atoll de Moruroa en 1973 aux côtés d'autres militants pour empêcher les essais nucléaires de la France sur cette île.

Les Amis de la Terre, Greenpeace, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA), participent à la plupart des manifestations contre le projet de centrale nucléaire Superphénix en Isère dans les années 1970. Dès 1976, cette lutte dépasse le cadre national et devient le symbole du mouvement antinucléaire européen. En 1977, les Amis de la Terre participent au rassemblement anti-nucléaire de Creys-Malville qui réunit entre et .

Années 1990 Dans les années 1990, les Amis de la Terre s’impliquent dans des discussions internationales et prennent part notamment au sommet de la Terre de Rio.

Les groupes locaux se développent et obtiennent une plus grande autonomie à la suite d'actions aux assemblées générales, tout en gardant la volonté de s’unir sur le plan national et global.

En 1998, l’association lance une campagne pour l’interdiction du bois tropical illégal et pour une gestion durable des forêts.

Années 2000 et 2010 Tout au long de la décennie, les Amis de la Terre se mobilisent contre des projets industriels tels que le projet pétrolier Kashagan au Kazakhstan. ou le projet de centrale nucléaire de Béléné en Bulgarie..

En 2007, les Amis de la Terre publient un rapport dénonçant les financements des banques et des acteurs privés aux énergies fossiles.

De 2008 à 2015, les Prix Pinocchio sont décernés par l'association pour dénoncer l'écoblanchiment auquel se livreraient certaines multinationalesLe prix est à nouveau décerné en 2020 à l'initiative la Confédération paysanne (. Le prix est relancé en 2020 par la Confédération paysanne pour une édition consacrée à l'agriculture. Il est décerné à la multinationale Yara.

En 2012 les Amis de la Terre mènent une campagne intitulée « Faisons tomber les masques du Crad 40 » pour que la loi rende les maisons-mères des entreprises juridiquement responsables des activités de leurs filiales à l'étranger. Cette campagne a l’objectif de faire signer une pétition et d’interpeller les députés français pour qu’ils renforcent l’encadrement juridique des entreprises multinationales, Article de presse, 20minutes. Octobre-2012.Les Amis de la Terre en campagne pour une responsabilité des multinationales envers leurs filiales...

Méthodes d'action Pour construire ses campagnes, les Amis de la Terre effectuent un travail de recherche et de collaboration avec des personnes spécialisés dans plusieurs domaines (économistes, scientifiques, bureaux d’études, avocats, journalistes, etc).

Ce travail de fond peut être alimenté par les liens qu’elle entretient avec des communautés affectées par des projets qu’elle considère comme néfastes pour l’environnement ou les droits humains (en 2017 par exemple, l’association soutien des communautés amérindiennes au Texas qui s’opposent au terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié Rio Grande Vallée LNG ou Texas LNG).

L’association initie des interpellations d'acteurs privés ou des pouvoirs publics dans le cadre des sujets qu’elle traite. Ces interpellations se matérialisent par des campagnes de sensibilisation et de mobilisation des citoyens, relayées au sein de son réseau via les groupes locaux.

Les Amis de la Terre effectuent un travail de plaidoyer qui vise à faire évoluer les législations en vigueur en faveur de la préservation de l’environnement et des droits humains. En 2020 et 2021 par exemple, dans le cadre de la proposition de loi Climat et Résilience, les Amis de la Terre défendent des propositions pour limiter l’expansion des entrepôts du e-commerce dans le cadre d’un moratoire et demandent une redevance sur les engrais azotés.

L’association mène également des actions de désobéissance civile non violentes, notamment avec des organisations comme ANV-COP21. En 2019 par exemple, 2000 activistes des Amis de la Terre, Greenpeace et ANV-COP21 bloquent quatre bâtiments dans le quartier de la Défense à Paris, afin de dénoncer ce qu’ils appellent « la République des pollueurs ».

Les Amis de la Terre se sont lancés dans une stratégie juridique dans les en portant certains cas en justice, notamment sur la question de la responsabilité de l’État en matière de pollution de l’air, ou en 2019 sur le devoir de vigilance des multinationales et le cas de l’activité pétrolière de Total en Ouganda. Plus largement, les recours en justice font partie des leviers d’action utilisés par la Fédération et ses groupes locaux pour interpeller et faire évoluer la jurisprudence en matière de droit de l’environnement et des droits humains.

Campagnes d'action

Finance publique et énergies fossiles Les Amis de la Terre mènent des campagnes pour mettre fin au soutien de la France et des institutions financières publiques aux énergies fossiles. Ils s’attaquent à plusieurs organisations financières comme la Banque mondiale, la Banque publique d’investissement ou la Banque centrale européenne.

L'association présente comme une victoire l'arrêt du financement du projet Mopani, lorsque la Banque Européenne d'Investissement annonce qu'elle ne financera plus les projets de l'entreprise Glencore AG tant que les résultats d'une enquête interne n'infirmeront pas les graves accusations portées contre la multinationale suisseZambie: à qui profite le cuivre, France 5, mai-2011..

Pour les Amis de la Terre, les subventions et les financements publics doivent servir à la transition écologique.

Selon l'association, la France contribue au développement du secteur des hydrocarbures à travers des financements à l’export, des fonds souverains et des entreprises dont elle est actionnaire. C’est le cas par exemple d’Arctic LNG 2, dans l’Arctique Russe, où le gouvernement français pourrait octroyer une garantie de d’euros de garanties export au méga-projet gazier des entreprises TotalEnergies et Novatek. Un rapport des Amis de la Terre épingle aussi la responsabilité de la France pour son soutien au secteur gazier dans la région de Cabo Delgado au Mozambique.

Financement des énergies fossiles par les banques privées Les Amis de la Terre dénoncent l’impact des financements des banques et des assurances sur le climat, l’environnement et les droits humains. En 2021, l’association publie un rapport dénonçant les banques françaises Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole et le groupe Banque Populaire Caisse d’épargne, qui auraient financé le secteur de l’industrie des énergies fossiles à hauteur de de dollars depuis 2020.

À ce sujet, les Amis de la Terre ont mené deux campagnes de leur lutte contre « la finance fossile » à partir de 2010 :

En , les Amis de la Terre s’attaquent au projet de mine de charbon Alpha Coal en Australie, financé en partie par Société Générale. La banque se retire finalement du projet après plusieurs interpellations et des mobilisations citoyennes.

En 2017, les Amis de la Terre décident de mener un combat contre le financement des banques françaises aux sables bitumineux et au gaz de schiste en Amérique du Nord, notamment au Texas où BNP Paribas et Société Générale sont impliquées dans le développement d’un projet de terminal d’exportation de gaz de schiste nommé Rio Grande LNG. En , BNP Paribas annoncera finalement mettre fin à ses financements aux secteurs du gaz naturel liquéfié outre-Atlantique. Les Amis de la Terre organisent à plusieurs reprises des mobilisations contre Société Générale avec l’association ANV-COP21, notamment le , dernier jour de la COP24 en Pologne, où les militants se rassemblent devant le siège social de la banque à Paris mettant en scène une « opération de nettoyage des énergies sales » pour dénoncer les liens entre la banque et le projet Rio Grande LNG. En 2019, les Amis de la Terre publient un rapport nommé « Société Générale: plein gaz sur les fossiles », détaillant les implications de la banque française dans les projets nord-américains.

En , l'ONG publie en collaboration avec Oxfam France un rapport indiquant que les principales banques françaises, à savoir BNP Paribas, le Crédit agricole, la Société générale et la BPCE, ont une empreinte carbone très importante : ..

En 2020, une ex-salariée des Amis de la Terre, Lucie Pinson, crée sa propre association, Reclaim Finance, et se voit aussitôt récompensée du Prix Goldman pour l’environnement.

Régulation des multinationales Les Amis de la Terre dénoncent à travers leurs campagnes les dégâts environnementaux, climatiques et humains que peuvent causer les activités des multinationales françaises. L’association milite pour la régulation des multinationales, c’est-à-dire l’établissement de normes contraignantes.

Loi sur le devoir de vigilance Les Amis de la Terre ont d’une loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d'ordre en ..