Asnières-lès-Bourges ou plus simplement Asnières est un ancien hameau devenu un faubourg de Bourges situé à 5,2 kilomètres au nord du centre-ville (par la route départementale 58). À dominante résidentielle, Asnières-lès-Bourges compte également quelques entreprises le long de l'avenue de la Prospective. Son aspect « village », dû aux maisons anciennes qui en forment le cœur, est apprécié par ses habitants qui en revendiquent le charme (c'est un quartier cependant relativement isolé..).

Histoire Paul Bouquin, ancien professeur au lycée Alain-Fournier de Bourges, a consacré une thèse à l'histoire de l'agglomération. En voici le titre : Histoire d'Asnières. La vie d'une communauté villageoise de la Septaine de Bourges depuis ses origines jusqu'à la fin du XVIII siècle, Université de Dijon, 1982 (consultable notamment à la Bibliothèque municipale de la place des Quatre-Piliers à Bourges).

Haut Moyen Âge L'existence d'une implantation humaine sur le territoire actuel d'Asnières semble attestée dès le de l'ère chrétienne. L'étymologie du nom provient du latin asinus, l'âne. Comme de nombreuses villes portant le même nom ou des dérivés, il indique que cette ville élevait des ânes, fort utilisés pour les travaux des champs ou le bât à l'époque féodale. Dans le cas d'Asnières-lès-Bourges, il est vraisemblable qu'ils aient servi pour la construction de la cathédrale Saint-Étienne.

Les répercussions de la Réforme L'histoire d'Asnières est en réalité marquée au premier chef par les luttes religieuses nées du schisme protestant du . Jean Calvin, étudiant en droit et en théologie à l'université de Bourges, aurait ainsi évangélisé la population d'Asnières en 1530 : dès cette époque, le bourg fut donc divisé entre catholiques et protestants.

Les massacres de la Saint-Barthélemy de 1572, s'ils ont frappé durement les protestants de Bourges, semblent en revanche ne pas s'être étendus aux habitants d'Asnières, les catholiques berruyers en ayant été apparemment dissuadés par leurs coreligionnaires d'Asnières. Cependant, nombre de protestants du bourg fuirent vers les territoires germaniques afin d'éviter tout futur développement de cette haine religieuse. À ce titre, la révocation de l'édit de Nantes poussera les protestants demeurés à Asnières à vivre leur foi à l'insu des catholiques, amadoués par des conversions de pure forme.

L'époque moderne Alors que seuls les catholiques avaient été autorisés à présenter leurs doléances lors des États généraux organisés par Louis XVI, l'universalisme de la période révolutionnaire vaudra à Asnières en 1793 une autonomie communale qui ne durera cependant que deux ans. Si les rivalités entre communautés religieuses persistèrent, il n'a été tenu registre d'aucun conflit majeur depuis la fin du . Du reste, une église sera bâtie en 1847, contrepoint catholique au temple protestant édifié au début du . Le temple est cédé en 1977 à une loge de francs-maçons baptisée « Jacques-Cœur », la paroisse protestante se réunit au temple protestant de Bourges, construit en 1831.

Principalement agricole, la population d'Asnières du se consacre à l'élevage ovin, à la culture du chanvre et à celle de la vigne. Ces trois secteurs de production périclitant progressivement au cours du , les habitants d'Asnières se tournèrent alors vers les grandes exploitations agricoles du département ou vers l'industrie naissante.

Asnières et le protestantisme : le destin de François Coillard Né le à Asnières-lès-Bourges, François Coillard fut formé à l'institut protestant de Glay où il décida de consacrer sa vie à l'évangélisation de populations d'Afrique australe. Trente ans durant, sa femme Christina MacIntosh et lui œuvreront comme missionnaires au Lesotho et au Zambèze (au niveau des actuels Zimbabwe et Zambie), dans les pas des colons. François Coillard mourut en 1904, et donna son nom en 1950 à une rue du centre d'Asnières.

Population Selon le recensement national de 1999, Asnières compte 3 741 habitants. Le taux d'emploi y est de 38,2 %, ce qui est dû notamment à la présence massive de retraités dans le quartier.

Il est de coutume d'appeler les habitants d'Asnières les Asnetons, probablement en référence à l'asneton, petit âne.

Organisation politique et administrative Au conseil municipal de Bourges, la fraction de commune d'Asnières bénéficie d'un maire adjoint dédié (maire-adjoint spécial d'Asnières), et son annexe de la mairie, qui dispose de son propre état civil, est habilitée à célébrer des mariages. Depuis le , le maire-adjoint spécial d'Asnières est Philippe Martin.

29 mai 2012 : Marie-Odile Svabek remplace Jean-Bernard Milliard ; 15 mars 2008 : Jean-Bernard Milliard, décède en fonction le 12 avril 2012 ; 27 juin 2003 : Michel Verdier, il n'habitait pas Asnières ce qui ne lui conférait pas le titre de maire adjoint spécial d'Asnières (de ce fait, il a reçu une « délégation des affaires communales d'Asnières ») ; 17 mars 2001 : Pierre Delval, décède en fonction le 10 mai 2003 ; 25 juin 1995 : Jean-Bernard Milliard ; 17 mars 1989 : Jocelyne Vatan ; 27 mars 1977 : Daniel Robin, rétablissement de l'adjoint spécial ; 18 mars 1971 : suppression de l'adjoint spécial ; 20 mars 1965 : Georges Tourly ; 15 mars 1959 : Edmond Pasdeloup ; 26 octobre 1947 : Albert Chanoine ; 2 octobre 1944 : André Petit ; 10 décembre 1919 : Eugène Monard ; 15 mai 1904 : Louis-Paul Petit ; 20 mai 1900 : François Migeon ; 16 mai 1892 : Sylvain Maillet ; 1 mars 1889 : Louis-Paul Petit, remplace Sylvain Maillet démissionnaire ; 18 mai 1884 : Sylvain Maillet ; 30 janvier 1878 : François Monard-Dupuis nommé par décret du 23 janvier 1878 ; 15 février 1874 : Eugène Millet, nommé par décret présidentiel le 11 février 1874 ; 25 mai 1871 : François Monard-Dupuis a été nommé par décret du président du Pouvoir exécutif, daté du 21 mai 1871 ; 14 septembre 1870 : Eugène Millet, nommé par le ministre de l'Intérieur, il est installé dans ses fonctions le 16 septembre. (Archives municipales de Bourges)

Notes et références

Liens externes

Site « Bourges Encyclopédie » : Page consacrée à Asnières-lès-Bourges

Asnieres-les-Bourges Catégorie:Lieu-dit de plus de 2 000 habitants en France Catégorie:Bourges