Comines-Warneton ( ; ; ) est une ville francophone à facilités linguistiques de Belgique située en Wallonie picarde, dans la province de Hainaut. Comines-Warneton est un ancien territoire du comté de Flandre.

La commune de Comines-Warneton résulte de la fusion des communes de Comines, de Warneton, de Bas-Warneton, de Ploegsteert et d'Houthem en 1977..

Elle dispose d'un statut de commune à facilités linguistiques pour sa minorité néerlandophone, comme c'est le cas pour plusieurs communes belges.. Comines-Warneton est également une commune à particularité dans la composition échevinale qui est donc constitué à la proportionnelle puisque les échevins y sont élus directement, et non par le conseil communal.. Le collège communal est composé du bourgmestre et de six échevins dont des échevins dits de l'opposition.

Elle est dans l'arrondissement de Tournai-Mouscron, mais a la spécificité territoriale d'être enclavée entre la France et la Région flamande. Cette exclave wallonne est séparée du reste du Hainaut par une vingtaine de kilomètres.

Comines-Warneton ne doit pas être confondue avec ses voisines limitrophes et homonymes situées en France, Comines et Warneton (département du Nord).

Étymologie Le nom de Comines-Warneton provient de la fusion des communes et est l'association des deux principales entités et châtellenies historiques. La toponymie détaillée de chaque section est à retrouver sur leurs pages correspondantes.

Comines a été mentionné pour la première fois par écrit en 1096, sous le nom de Cumines, qui peut être un nom propre gallo-romain, ou un mot celtique pour « vallée » (*cumma, variante de cumba) ou encore venir du saxon cuman (« vallée d'arrivée ») qui a dérivé en komen en néerlandais.(voir Comines pour plus de détails).

Warneton a été mentionné pour la première fois par écrit en 1007, sous le nom de Uuarnasthun, puis Uuarnestun en 1065, Guarnestun en 1104.

Géographie

Plaine de la Lys : La majeure partie du territoire se trouve dans une zone de basse altitude (entre 12 et 20 mètres). Le sol est principalement composé d'alluvions et de limons. Points culminants : À l'ouest, vers Ploegsteert, le relief s'élève légèrement vers les collines (Mont de la Hutte), culminant autour de 63 mètres. Sous-sol : Mentionnez la présence d'argile d'Ypres, exploitée par une briqueterie locale (ce qui donne naissance aux réserves naturelles actuelles lorsque les trous ne sont plus utilisés).

Sections de la commune # Nom Superf.(km²).. Habitants(2025). Habitantspar km² Code INS 1 Comines 11,77 8.041 683 57097A 2 Bas-Warneton 6,42 1.590 248 57097B 3 Houthem 5,95 1.365 229 57097C 4 Warneton 17,49 2.880 165 57097D 5 Ploegsteert 19,71 4.434 225 57097E

Communes limitrophes {|class="wikitable" |+

Démographie

Démographie : Commune fusionnée

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK 1920*: recul important du à la guerre 1914-1918

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,0199499,8199599,3199699,5199799,3199899,3199998,7200098,5200198,4200297,9200397,9200497,8200597,8200698,5200798,4200899,0200998,8201099,5201199,92012100,32013101,02014101,22015101,72016101,62017101,62018101,32019101,12020101,32021101,52022102,22023102,92024103,22025102,92026102,6

Histoire

L'activité sur le sol de Comines-Warneton remonte à la préhistoire.. Une occupation préhistorique a été identifiée à Warneton. Une voie romaine, reliant Cassel à Wervik, traverse Comines-Warneton en parallèle du tracé de la Lys. et de nombreux sites gallo-romains témoignent de l'occupation importante. Les différentes villes de Comines-Warneton évolueront au sein des Flandres et se positionneront de part et d'autre de la Lys. Le positionnement économiquement stratégique des villes de Comines et Warneton en feront des acteurs importants de l'activité textile, notamment dans la production de lin et la confection de rubans. Ce n'est qu'à partir du traité d'Utrecht, en 1713, que la rivière deviendra également frontière et séparera en deux les villes de et Warneton, d'un côté autrichienne, de l'autre côté Française. Un arrêté du comité de salut du , réglemente le statut administratif de la Belgique. L'activité rubanière très importante en période pré-industrielle se développera fortement au XIXe siècle jusqu'à devenir capitale mondiale du ruban utilitaire.. La région fera l'objet d'un important front de la première guerre mondiale et comporte de nombreux sites commémoratifs ainsi que 19 cimetières du Commonwealth. Une trêve de Noël s'est déroulée au lieu-dit Saint-Yvon à Warneton. En 1917, la population s'exile sur recommandation des forces alliées.. La région sera entièrement détruite par la campagne d'artillerie alliée qui suivra et sera l'objet des projets de reconstructions après la première guerre mondiale. Comines fera partie du canton judiciaire de Ypres et du département de la LysJacques Pijcke, Mouscron, neuf siècles d'histoire, remaniée, 1965 avant d'être transférée (à l'exception du hameau flamand de Kruiseyck cédé à Wervik) de la province de Flandre-Occidentale à celle de Hainaut en 1963. Depuis cette date ses habitants néerlandophones minoritaires bénéficient de facilités administratives. Comines-Warneton naîtra de la fusion des communes de 1977.

Contexte archéologique complexe Le paysage de la région de Comines-Warneton est parsemé de vestiges remontant au Moyen-Âge ainsi que des traces d'activités de la préhistoire. Cependant, les dégâts de la première guerre mondiale ont rendu le travail de recherche plus complexe. Dès 1968, des recherches archéologiques sont entreprises. En 1971, la Société d'Histoire de Comines Warneton et sa région commence à coordonner ces travaux de recherche afin de prendre une grande importance à partir de 1976. L'une des problématiques de prospection a été du ressort de la forte densité d'occupation du territoire qui augmente le risque de contamination du matériel archéologique. L'autre problématique majeure, c'est qu'il s'agit d'une zone profondément perturbée par des événements historiques. Par exemple, une partie du front de la première guerre mondiale s'est stabilisée à Comines-Warneton. Les bombardements ont été si intenses que les prospections en deviennent difficilement exploitables, voire dangereuses du fait de centaines d'obus retrouvés annuellement. Ce contexte archéologique complexe cantonne l'essentiel de l'activité archéologique à de la simple prospection pédestre.

Préhistoire Les plus anciens vestiges découverts remontent au Paléolithique et les premières traces d'occupation humaine au Mésolithique. Pour le Mésolithique, le site le plus important est celui du Mont de la Hutte où des prospections ont mise au jour plusieurs centaines d'artéfacts, grattoirs, perçoirs, etc.. Le site aurait servi d'habitat commun. D'autres sites similaires ont été trouvés dans la vallée de la Douve et au lieu-dit du Pont-Rouge.

Pour la période du Néolithique, quatre sites notables ont été découverts. Le premier, le long du Chemin de la Blanche, découvert lors de travaux d'extraction de la briqueterie. Le second, découvert dans les remblais de la motte castrale de Warneton permet de faire remonter la date d'occupation vers la fin du 5ème ou début du 4ème millénaire avant notre ère. De nombreuses haches polies sont trouvées en de nombreux sites sur le territoire, témoin d'une activité préhistorique notable. Enfin, un important site a été mis au jour en 1992 à proximité de l'ancienne église romane de Bas-Warneton. Ce dernier site présente une importante quantité d'artéfacts d'industrie lithique datés au Néolithique récent (4700-4100).

Antiquité Plusieurs sites gallo-romains ont été prospectés, un premier dans l'ancienne argilière de Ploegsteert, un second sous la place de Bas-Warneton et un troisième sous son cimetière. Ces sites révèlent notamment plusieurs meules, ce qui permet de démontrer l'occupation du territoire basé sur l'agricultureW. Langedock, Découverte de meules gallo-romaines à Bas-Warneton, Mémoires de la Société d'Histoire de Comines-Warneton et de la région - T. VI-2, 1976. Les Ménapiens occupaient la région et une importante liaison longeait la Lys pour relier Castellum Menapiorum (Cassel) et Turnacum (Tournai), une voie romaine s'y établiraA. S., Comines de s. en s., p.10. La fondation de Comines trouve ses origines dans l'évangélisation de la région par Saint Chrysole et la création d'un castellum au Ve siècle. Moyen-Âge Au , les incursions normandes ravagent les villes situées sur la Lys, Comines et Warneton n'y échappent pas. Des constructions défensives s'y érigent. Le territoire est divisé en deux seigneuries qui deviendront progressivement châtellenies. D'une part Comines (incluant Bas-Warneton, Houthem et Zandvoorde), d'une autre Warneton (incluant Ploegsteert).

Les deux châtellenies voient leur population se développer durant les en raison de l'attractivité commerciale. L'accès de la ville d'Ypres à la Lys devient un enjeu économique important au XIIIe siècle afin d'améliorer son approvisionnement agricole et accéder à un large bassin commercial. Tour à tour, Comines et Warneton ont joué le rôle de port maritime. D'abord Comines, au début du XIIIe siècle, dont l'activité drapière devint progressivement prospère. Ypres orchestrera des expéditions punitives afin d'endiguer cette activité commerciale concurrente et déplacera sa liaison avec Warneton au . Cette voie commerciale se prolongera jusqu'à Lille.

L'histoire médiévale de Comines-Warneton est étroitement liée à l'histoire du comté de Flandre. Les deux seigneuries principales feront donc l'objet de nombreuses destructions durant les conflits internes qui opposeront le comté et le royaume de France. De ce fait, les activités textiles déclineront progressivement.

Epoque contemporaine

Après les traités d'Utrecht vignette|Carte des environs en 1724 par Eugène-Henry Fricx. Avant la démarcation territoriale des traités d'Utrecht, les deux rives formaient un ensemble cohérent sur le plan socio-économique. Toutefois, l'organisation de la ville de Comines restait contenu à la baronnie du duc d'Orléans, en dépit des traités. La réforme envisagée en 1790 mettra fin à cette particularité. Ce n'est qu'après la Révolution que la frontière sera ressentie par la population et aura des conséquences fortes sur le plan économique. Un cordon de surveillance s'installa à la frontière et interdisait l'exportation des denrées essentielles. La fraude se développa au point que Comines-Sud soit dénoncée comme « l'entrepôt des fraudeurs et des contrebandiers »A. Schoonheere, Frontière des Douleurs, Lille, 1955. A titre indicatif, du 1er juin 1785 au 17 février 1787, le compte de passage sous le pont de Comines est de 1819 grandes embarcations et 71 petites. Ce trafic persiste pendant la Révolution française et se poursuit pendant une partie du Gérard Flament, La société pendant la Révolution dans quelques communes de la vallée de la Lys - de Comines à Armentières, Mémoires de la Société d'Histoire de Comines-Warneton et de la Région, Comines, 1976.. (voir Plaine de la Lys)