La grande famine de 1693-1694, qui est produite en France, est due à un hiver très rigoureux en 1692, suivi en 1693 d'une récolte très médiocre, causée par un printemps et un été trop pluvieux, causant une flambée des prix des céréales et une sous-alimentation qui favorise les épidémies comme le typhus, jusqu'en 1694. La France, qui avait alors d’habitants, eut en plus de la mortalité normale, selon Emmanuel Le Roy Ladurie, qui estime à la catastrophe suivante, la grande famine de 1709.
Historique Une calamité récurrente thumb|centre|redresse=1.4|Saint Martin de Tours au milieu des mendiants. Toile de Joost Cornelisz Droochsloot, 1623. thumb|redresse=0.8|Le siège de Namur (1692), marqué par de fortes pluies qui inondent le camp de . Toile de Jean-Baptiste Martin, 1693. L'historien François Lebrun estime que la population française est passée de d’habitants en deux ans, entre 1692 et 1694, soit une perte totale d’un million et demi de personnes.
Lors de la grande famine de 1693-1694, la mauvaise nourriture due à la disette a favorisé les épidémies : la typhoïde de l’automne 1693 et du printemps 1694 est décrite par des « fièvres putrides, malignes, pestilentes, avec atteinte intestinale, taches abdominales (le pourpre), prostration, rêveries, assoupissement ». Selon l'historien Grégory Quenet, « la famine de 1693-1694 montre les limites de la capacité d'intervention de l'État » à cette époque, qui se contente d'interdire en 1692 l'exportation des blés. La famine a aussi une origine économique, les mauvaises récoltes entraînent une augmentation des prix, qui rend le pain difficile d'accès avant même que les céréales ne deviennent difficiles à trouver. La famine de 1693-1694 a cependant épargné la région méditerranéenne dont l'agriculture a même profité un peu d'une meilleure pluviosité.
Cette famine se produit sur fond de guerre de la Ligue d'Augsbourg, de relèvement de la taille et débouche sur la création, en 1695, d'un nouvel impôt, la capitation. Même s'il maîtrise mal la dimension météorologique de la catastrophe, dans un mémoire au roi , Vauban dénonce en bloc, en 1700, les causes selon lui de la crise démographique que traverse alors la France : la misère effroyable des paysans, les mauvaises récoltes, la lourdeur des impôts.
thumb|redresse=0.8|Saint Médard de Noyon que les soldats rendent responsable des fortes pluies de . Église de Saint-Merd-la-Breuille, époque inconnue.
Siège de Namur Le duc de Saint-Simon, dans ses Mémoires, raconte comment il fut témoin des fortes pluies de , événement déclencheur de la crise agricole, pendant le siège de Namur par l'armée de : (Mémoires, chapitre 1)
Ces pluies sont aussi évoquées par deux autres témoins : Vauban, qui dirigeait les travaux du siège, et le jeune ingénieur Jean-Martin de La Colonie qui insiste sur les souffrances des hommes, épuisés par la boue et la faim, et la forte mortalité des chevaux, nourris de feuillages faute de fourrageVirol Michèle, « Le siège de Namur de 1692 : l'héroïsme et la technique », Dix-septième siècle, 2005/3 (n° 228), p. 465-488.. thumb|290px|Bourg et campagne de Mantes non loin d'Aubergenville, gravure de 1653. Aubergenville Le registre paroissial d'Aubergenville, à la fin de l'année 1694 indique quatre baptêmes, deux mariages et quarante-et-une inhumations. Le curé en indique la raison : Registre paroissial d'Aubergenville 1674-1720 page 104 (milieu bas page de gauche
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . Michèle Virol, Vauban de la gloire du roi au service de l'État Courtilz de Sandras, Le testament politique de Colbert, 1694. Grégory Quenet, Les tremblements de terre aux Les inquiétudes de Vauban, Jean-Joël Brégeon, La Grande Famine de 1693-1694 : La France du Roi-Soleil a faim, in Histoire & Civilisations, n° 107, juillet-.
Articles connexes Histoire de la culture des céréales Petit Âge glaciaire Grande famine de 1709
Liens externes Emmanuel Le Roy Ladurie sur les grandes famines en France
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