Mustela est un genre de mammifères carnivores de la famille des Mustélidés. Ce groupe comprend les plus petits représentants de l'ordre des carnivores, communément désignés sous les noms de « belette » ou « hermine » pour les petites espèces, et « putois » ou « vison » pour les plus grandes.

Classification

Étymologie des noms et synonymes Mustela : du latin mustela (« belette »), dérivé du diminutif de mus, muris (« souris »). Putorius : du latin putor (« puanteur, fétidité »), en raison des sécrétions anales odorantes des putois. Arctogale : du grec ancien (arktos, « ours ») et (galeē, « belette »). Ictis : du grec ancien (iktis), voulant dire « belette » ou « fouine ». Foetorius : du latin fetor (« mauvaise odeur »). Lutreola : du latin lutra (« loutre ») complété du suffixe diminutif -ola (« Loutrelle », « petite loutre »). Vison : de l'islandais vison (« sorte de martre »), proche du suédois vissen (« desséché »). Gymnopus : du grec ancien (gumnos, « nu ») et (pous, « pied »), pour désigner des plantes de pattes nues. Cynomyonax : composé à partir du genre Cynomys (le chien de prairie) et de (anax, « roi »), signifiant littéralement « le roi / maître des chiens de prairie », désigne le putois à pieds noirs, car il en est le prédateur exclusif. Kolonokus : transcription du russe (kolonok), nom vernaculaire sibérien de l'espèce Mustela sibirica.

Histoire taxonomique Le genre Mustela a été conceptualisé pour la première fois dans la taxonomie moderne dès la première édition du Systema Naturæ de Carl von Linné. Il s’agit du genre nominal de la famille des Mustélidés. Dans la première édition, le genre est représenté par des espèces appelées M. martes, M. zibellina, M. viverra, M. mustela et M. putorius. Les espèces issues de la dixième édition du Systema Naturæ (1758) sont :

Par la suite, ce genre s’enrichira d’un grand nombre d’espèces au cours de l’Histoire, qui intègrent d’autres genres comme les Martes (Martes), les Zorilles (Ictonyx), d’autres familles comme les méphitidés ou les Eupléridés, voire d’autres classifications comme certains marsupiaux comme les Daysures.

Le genre se dote également de plusieurs synonymes, comme Putorius par le zoologiste Frédéric Cuvier en 1817. En 1877, Elliott Coues réévalue ce dernier terme comme un sous-genre et n’intègre que le putois d’Europe, le furet et le putois des steppes. Le putois à pieds noirs (Mustela nigripes), auparavant placé dans un sous-genre distinct nommé Cynomyonax.

En 1911, le zoologiste Alexei Satunin a proposé une distinction plus fine en créant le sous-genre Kolonokus, afin de regrouper les mustélidés asiatiques présentant cette morphologie intermédiaire entre le vison et l'hermine, comme l’Itatsi (Mustela itatsi) indigène du Japon, mais surtout le kolonock (Mustela sibirica), désigné à la fois sous le nom de belette, de putois ou de vison de Sibérie. Cette velléité d'indépendance taxonomique a été poussée plus loin par d'autres auteurs, comme Janusz Domaniewski en 1926, qui a élevé ce groupe au rang de genre à part entière sous la graphie Kolonocus.

Aujourd’hui encore, certaines espèces rejoignent de nouveaux genres et de nouvelles espèces sont découvertes. Les espèces décrites dans la première édition du Mammal Species of the World en 1982 sont :

Histoire contemporaine et phylogénie En 1997, le genre Neovison est érigé par les zoologistes Gennady F. Baryshnikov et Alexei V. Abramov pour y classer le Vison d'Amérique, auparavant nommé Mustela vison. Cette distinction taxonomique repose principalement sur l'analyse comparative de la morphologie du baculum (os pénien) au sein de la famille des Mustelidae, révélant des différences structurelles majeures avec les autres membres du genre Mustela.

Durant le , au sein du genre Mustela, les espèces ont longtemps été classées de manière informelle en trois catégories morphologiques : les « petites belettes » (Mustela ou anciennement ictis), les « grandes belettes » ou « visons » (Lutreola) et les « putois » (Putorius). Toutefois, une étude moléculaire publiée en 2008, fondée sur l'ADN mitochondrial, a démontré que ces subdivisions étaient invalides, révélant notamment que le Vison d'Europe (Mustela lutreola) ést génétiquement plus proche des putois que des autres espèces autrefois classées dans le sous-genre Lutreola.

Le Vison d'Amérique, déjà reclassé dans son propre genre, l’a été une nouvelle fois dans le genre Neogale en 2021 aux côtés cette fois-ci d’autres Mustela du Nouveau Monde, à savoir la Belette à longue queue (Mustela frenata), la Belette d'Amazonie (Mustela africana) et la Belette de Colombie (Mustela felipei). Entre-temps, l'hermine subit une scission en trois espèces distinctes : une eurasienne (M. erminea), une américaine (M. richardsonii) et une autre insulaire cantonnée à l'ouest du Canada (M. haidarum) .

En 2025, une analysis phylogénomique globale a affiné les clades internes du genre, tout en soulevant l'opportunité d'exclure définitivement les lignées indo-malaises du sous-genre Pocockictis (comme Mustela strigidorsa), qui ont divergé du reste du groupe il y a environ 11,5 millions d'années.

Espèces Espèces actuelles, selon , , , Mammal Diversity Database et la phylogénie nucléaire de Totikov et al. (2025) :

+ Liste des espèces du genre Mustela Sous-genre Groupes phylogénétiques Espèces Répartition et habitat Statut UICN PocockictisM. Kretzói, 1947 Clades Indo-malais(Lignées basales et tropicales) Mustela strigidorsaJ.E. Gray, 1853Belette à dos rayé150px 200px|centreHabitat : Forêts tropicales d'Asie du Sud-Est. Lignée la plus basale du genre. Mustela nudipesA.G. Desmarest, 1822NudipèdePutois à pieds nus150px 200px|centreHabitat : Forêts tropicales d'Asie du Sud-Est insulaire. MustelaLinnaeus, 1758 — Mustela lutreolinaRobinson & Thomas, 1917Belette d'Indonésie 200px|centreHabitat : Forêts de montagne (Java et Sumatra). Mustela kathiahB.H. Hodgson, 1835CataquilBelette à ventre jaune150px 200px|centreHabitat : Forêts d'altitude de l'Himalaya et d'Asie du Sud. Groupe des « Hermines » Mustela ermineaLinnaeus, 1758Hermine (Stricto sensu)Hermine d'Eurasie150px Habitat : Zones tempérées et polaires d'Eurasie. Mustela haidarumPreble, 1898Hermine Haïda150px Haida Gwaii et archipel Alexandre (Amérique du Nord). Mustela richardsoniiBonaparte, 1838Hermine d'Amérique150px Amérique du Nord (Canada et USA). Divergence confirmée de M. erminea. — Mustela russellianaThomas, 1911 Endémique de Chine : Shaanxi et massif des monts Qinling . Groupe des « Belettes » Mustela nivalisLinnaeus, 1766Belette (Stricto sensu)Petite belette150px 200px|centreHabitat : Cosmopolite (Holarctique). Plus petite espèce de l'ordre Carnivora. Mustela altaicaPallas, 1811Belette altaïqueBelette de montagne150px 200px|centreHabitat : Haute altitude et steppes rocheuses d'Asie. Mustela subpalmataHemprich & Ehrenberg, 1833Belette subpalméeBelette d’Égypte150px Endémique d'Égypte (principalement la basse vallée du Nil). Mustela mopbieWei et al., 2025 Endémique de Chine : Réserve nationale de Dafengding, Sichuan. Groupe des « Kolonokus » Mustela sibiricaPallas, 1773KolonockVison de Sibérie150px 200px|centreAsie de l'Est et centrale. Groupe frère du Vison d'Europe. Mustela itatsiTemminck, 1844ItatsiVison du Japon150px 200px|centreNatif du Japon. Espèce distincte de M. sibirica. Groupe « Lutreola » Mustela lutreola(Linnaeus, 1761)LoutrelleVison d'Europe150px 200px|centre Groupe des « Putorius » Mustela putoriusLinnaeus, 1758Putois (stricto sensu)Putois d'Europe150px 200px|centreEurope et Russie occidentale. Mustela furoLinnaeus, 1758Furet150px Forme exclusivement domestique issue du Putois d'Europe. Mustela eversmaniiLesson, 1827Putois d'Eversmann150px 200px|centreSteppes d'Eurasie centrale. Mustela nigripes(Audubon & Bachman, 1851)Putois à pieds noirs150px 200px|centreAmérique du Nord. Espèce inféodée aux colonies de chiens de prairie.

Espèces fossiles Plusieurs espèces éteintes de fossiles ont été décrites à travers l'Eurasie du Miocène au Pléistocène : † Mustela constricta Teilhard de Chardin & Pei, 1941 (Asie ; Pléistocène) † Mustela kuzuuensis (Shikama, 1949) (Asie ; Pléistocène) † Mustela majori Weithofer, 1888 (Europe ; Miocène) † Mustela palerminea (Petényi, 1864) (Europe ; Pliocène) † Mustela pliocaenica Stach, 1959 (Europe ; Pliocène) † Mustela plioerminea Stach, 1959 (Europe ; Pliocène) † Mustela praenivalis Kormos, 1934 (Europe ; Pléistocène) † Mustela sinensis Yang & Liu, 1951 (Asie ; Pléistocène) † Mustela stromeri Kormos, 1934 (Europe ; Pliocène)

Phylogénie du genre Mustela Cladogramme des espèces actuelles du genre Mustela d'après Totikov et al. (2025) :

Description et caractéristiques

Les espèces de ce genre sont des prédateurs vifs et rapides, caractérisés par un corps particulièrement allongé et des membres courts. Leur pelage varie du blanc au brun foncé selon les taxons et les saisons. La tête est plate et étroite, dotée de petites oreilles, de grands yeux, et se trouve portée par un long cou rétractile. La queue est généralement longue et touffue. Leur taille corporelle s'étale de 11,4 à 56,2 cm de long, la queue mesure de 4,2 à 26 cm, pour une masse totale oscillant entre 25 et 2 005 g. Un fort dimorphisme sexuel est présent, les mâles étant nettement plus grands et lourds que les femelles. La formule dentaire caractéristique du genre se traduit par un total de 34 dents, marqué par un développement prononcé des canines et des carnassières adaptées à la capture de petits rongeurs.

Distribution géographique Les espèces du genre Mustela possèdent une répartition principalement holarctique, occupant une grande variété d'habitats en Amérique du Nord, en Eurasie ainsi qu'en Afrique du Nord.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes Belette Putois Vison Mustelidae

Liens externes

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