L’Exorciste () est un film d'horreur américain réalisé par William Friedkin, sorti en 1973. Il s'agit de l'adaptation cinématographique du roman du même nom de 1971 écrit par William Peter Blatty. Ce livre, inspiré d'un véritable cas d'exorcisme en 1949, raconte l'histoire d'une petite fille, Regan MacNeil, possédée par un démon, et des exorcistes Lankester Merrin et Damien Karras qui tentent de l'exorciser.

Le film met en vedette les acteurs Ellen Burstyn, Max von Sydow, Jason Miller et Linda Blair. Il repose sur la thématique de l'enfant démoniaque, à la suite de Rosemary's Baby de Roman Polanski, et avant La Malédiction de Richard Donner.

L'Exorciste est l'un des films d'horreur les plus rentables de l'histoire avec de recettes dans le monde entier en tenant compte de l'inflation The Exorcist - Box Office Data, Movie News, Cast Information - The Numbers. Il est également considéré comme un classique du cinéma d'horreur, et l'American Film Institute l'a classé thriller derrière Psychose et Les Dents de la mer. Il a reçu 2 Oscars et 4 Golden Globes, par ailleurs le premier film d'horreur nommé à l'Oscar du meilleur film. Le film a été commercialisé aux États-Unis par Warner Bros. le , et une version restaurée est sortie le .

Le succès du film donne naissance à une franchise. Il sera suivi par plusieurs suites et préquelles dont L'Exorciste 2 : L'Hérétique en 1977 avec Linda Blair ou encore L'Exorciste : Dévotion en 2023 avec Ellen Burstyn. Une série télévisée lui faisant suite a également été diffusée entre 2016 et 2017 sur le réseau FOX. Le thème, les aléas tragiques du tournage et la réception par le public ont participé à sa popularité, en faisant un film culte.

Synopsis vignette|Mannequin utilisé dans le film. vignette|Exorcist steps (« L'escalier de L'Exorciste ») à Georgetown, lieu du tournage de la scène finale du film|210px

Des fouilles archéologiques sont menées en Irak, effectuées notamment par le père Lankester Merrin, un vieux prêtre fatigué de la vie. Il découvre dans ses fouilles une petite tête de statuette du démon Pazuzu et s'interroge sur la nature du mal au sein de l'humanité. À la fin de la séquence en Irak, le prêtre contemple une grande statue du démon Pazuzu et a la prémonition qu'il aura à le combattre dans un avenir proche.

Aux États-Unis, à Georgetown, un quartier de Washington, Chris MacNeil est une actrice célèbre qui semble mener une vie heureuse avec sa fille Regan MacNeil, son ami Burke Dennings et ses domestiques. Elle a avec son mari, en déplacement à Rome, des relations tendues malgré ses sentiments.

Chris s'inquiète lorsque Regan commence à être la proie de spasmes violents et d'étranges symptômes. Elle fait suivre des traitements médicaux à sa fille : les médecins voient en elle de simples troubles nerveux dus à la préadolescence. Au cours d'une soirée à la maison des MacNeil, Regan descend dans la salle de réception et adresse à l'un des invités, un astronaute, avec une conviction froide et inquiétante, ces mots étranges : , puis urine sur le tapis.

À la suite de cet incident, Chris MacNeil décide d'accélérer les analyses médicales. Chris reçoit, dans un premier temps, l'avis très incertain des médecins. Selon leurs explications physiologiques, Regan est atteinte de troubles purement nerveux. Mais les spasmes continuent, s'intensifient et deviennent de plus en plus spectaculaires. Regan parle avec une voix rauque et grave, dévale les escaliers sur les mains et les pieds, le visage tourné vers le plafond, crache du sang (cette scène est dans la version restaurée), tient des propos violents et scatologiques, son visage devient de plus en plus hideux.

Un soir, Burke est retrouvé mort au bas des longs escaliers donnant sur la fenêtre de la chambre de Regan ; tout le monde retient la thèse d'une chute fatale liée à une consommation excessive d'alcool, mais la responsabilité de Regan est fortement présumée du fait que Dennings était passé à la maison pendant la soirée.

Parallèlement aux événements, un inspecteur mène l'enquête et interroge le père Damien Karras, dont le parcours est difficile, et la mère de Regan. Dans un deuxième temps, Chris, pensant avoir affaire à un cas de dédoublement de la personnalité, fait appel à un psychiatre. Mais l'expérience tourne court : non seulement Regan abrite en elle une autre personnalité, mais celle-ci est, en plus, un être indubitablement démoniaque et violent. Une seule conclusion s'impose à elle : sa fille est possédée et elle doit solliciter, malgré son athéisme, l'aide d'un exorciste. Elle contacte alors le père Karras, qui connaît des difficultés dans sa foi personnelle et qui vit mal la mort de sa mère, dont il se sent responsable : sur son lit de mort, sa mère lui avait reproché de l'avoir abandonnée et, depuis, le père Karras a des visions d'elle, exacerbant sa culpabilité et son chagrin.

Le père Karras rencontre donc Regan et une chose le surprend : le démon connaît les circonstances de la mort de sa mère (alors que Regan ne pouvait rien savoir), mais ignore son nom de naissance. Karras commence alors à comprendre que le véritable démon est non seulement l'incarnation diabolique dans le corps de la jeune fille, mais aussi la manifestation du mal qu'abritent en eux ceux qui tentent de l'approcher. Ici, le père Karras doit affronter le démon en affrontant le mal qui est en lui : le démon veut le pousser au désespoir en décuplant son sentiment de culpabilité. Karras commence alors le travail d'exorcisme. Il écoute des enregistrements de la voix de Regan non possédée, regarde ses dessins d'enfant. Un soir, il est appelé d'urgence à la maison des MacNeil pour observer un étrange phénomène : sur le ventre de la fillette possédée apparaissent ces mots : .

Karras effectue alors les démarches auprès de l'Église pour obtenir le droit de pratiquer un exorcisme. Cette dernière accepte mais confie le rôle de l'exorciste au père Lankester Merrin, prêtre expérimenté revenant d'Irak et ayant déjà pratiqué un exorcisme en Afrique. Le père Karras devra l'assister en tant que prêtre et psychiatre expert diplômé d'Harvard. Merrin et Karras commencent donc leur exorcisme sur le démon en suivant le protocole religieux. Les prêtres récitent des prières et des formules d'exorcisme devant le monstre, lui jettent de l'eau bénite, mais le démon résiste, crache un étrange vomi vert, se met à léviter au-dessus du lit, fait pivoter la tête de l'enfant à 360 degrés. L'exorcisme prend du temps, les prêtres décident de faire une pause. Karras est toujours hanté par le souvenir de sa mère défunte : le démon se sert de cette hantise pour conduire Karras au désespoir. Merrin le fait sortir de la chambre, et continue seul. Karras ressasse au fond de lui sa culpabilité envers sa mère, puis retourne dans la chambre et découvre le père Merrin mort d'épuisement.

Dans un excès de rage, il s'en prend alors violemment et physiquement au démon en le rouant de coups, puis l'exhorte à , c'est-à-dire à prendre possession de son propre corps plutôt que celui de Regan. Le démon passe alors du corps de la fillette à celui du prêtre et celui-ci, comprenant que le monstre entre en lui, se jette par la fenêtre et meurt, pour tuer le démon dans le même temps. La fillette est alors découverte en sanglots, mais , tandis que la dépouille de Karras, retrouvée au bas de l'escalier, reçoit les derniers sacrements par l'un de ses amis prêtres.

Des jours plus tard, la famille MacNeil déménage. Regan est redevenue normale, malgré les marques physiques de violence.

Fiche technique vignette|droite|200px|William Friedkin, réalisateur du film, accompagné de sa femme Sherry Lansing, le 9 février 2008.

Titre original : The Exorcist Titre français : L'Exorciste Réalisation : William Friedkin Scénario : William Peter Blatty, d'après son propre roman L'Exorciste Décors : Bill Malley Costumes : Joe Fretwell Photographie : Owen Roizman et Billy Williams (séquence en Irak) Montage : Norman Gay et Evan Lottman Musique : Krzysztof Penderecki, Hans Werner Henze, George Crumb, Anton Webern, Mike Oldfield (Tubular Bells), David Borden Musique additionnelle : Jack Nitzsche ; version intégrale : Steve Boeddeker Effets spéciaux : Marcel Vercoutere Production : William Peter Blatty, Noel Marshall et David Salven Sociétés de production : Warner Bros. et Hoya Productions, Inc. Sociétés de distribution : Warner Bros. Langues originales : anglais (quelques dialogues en latin, grec, français, italien, allemand et arabe) Format : couleur (Metrocolor — Technicolor) — 35mm / 70 mm — 1.77:1 — son 70mm 6-Track / DTS-ES / Mono / SDDS Genre : horreur Durée : 122 minutes (version cinéma d'origine en 1973) / 133 minutes (version intégrale aux États-Unis en 2000) Dates de tournage : du au Dates de sortie Release dates for The Exorcist. IMDB. : États-Unis : et (ressortie) ; (version intégrale) France : Suisse : Classification : Interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie en France mais désormais interdit aux moins de 16 ans depuis la réforme de 1990 Budget de production (Estimation) : Le budget de tournage (qui a duré 225 jours au lieu des 85 prévus) de dix millions a doublé par rapport au budget initial. . ; publicitaire (Estimation) : ; total : Nombre d'entrées en France : 6 699 322 Recettes aux États-Unis : ; mondiales : Affiche : Bill Gold (États-Unis)

Distribution Légende : Doublage de 1974 / Nouveau doublage de 2001 ; Doublage québécois Linda Blair (VF : Séverine Morisot / Noémie Orphelin ; VQ : Élisabeth Lenormand) : Regan Theresa MacNeil Ellen Burstyn (VF : Nadine Alari / Nathalie Régnier ; VQ : Isabelle Miquelon) : Chris MacNeil Max von Sydow (VF : Louis Arbessier / Marc Cassot ; VQ : Yvon Thiboutot) : Le père Lankester Merrin Lee J. Cobb (VF : André Valmy / Jean Lescot ; VQ : Raymond Bouchard) : Lieutenant William « Bill » Kinderman Kitty Winn (VF : Béatrice Delfe ; VQ : Christine Bellier) : Sharon Spencer Jack MacGowran (VF : Jacques Thébault / Pierre Laurent ; VQ : Jean-Marie Moncelet) : Burke Dennings Jason Miller (VF : Denis Manuel / Gabriel Le Doze ; VQ : Mario Desmarais) : Le père Damien Karras Mercedes McCambridge (VF : Micheline Bona / Perrette Pradier) : la voix de Pazuzu Révérend William O'Malley (VF : Pierre Trabaud / Patrice Baudrier) : le père Joseph Dyer Barton Heyman (VF : Michel Roux / Olivier Destrez) : Klein Peter Masterson (VF : Francis Lax / Jérôme Keen) : Barringer Robert Symonds (VF : William Sabatier / Christian Peythieu) : Taney Arthur Storch (VF : Roger Carel / Hervé Caradec ; VQ : Benoît Marleau) : le psychiatre Révérend Thomas Bermingham (VF : Georges Riquier / Jean-Pierre Leroux) : Tom Rudolf Schündler (VF : Yves Barsacq ; VQ : André Montmorency) : Karl Vasiliki Maliaros (VF : Anne Ludovik) : la mère du père Karras Títos Vandís (VF : Henry Djanik / Achille Orsoni) : l'oncle du père Karras Wallace Rooney (VF : Jean Michaud / Jean Négroni) : l'évêque Michael Source : Version française (VF) sur AlloDoublage« Fiche de doublage V. F. du film » sur AlloDoublage, consulté le 30 octobre 2012.

Production Genèse William Friedkin évoque deux cas de possession démoniaque officiellement reconnus par l'Église catholique ayant eu lieu aux États-Unis, au , à l'époque de la préparation du film.

Le premier est publié dans l'édition du du Washington PostFAQ Internet Movie Database. William Peter Blatty tombe sur cet article titré relatant le cas d', un garçon de quatorze ans, en 1949, à Cottage City, dans le Maryland.. Selon Friedkin, Blatty se met à écrire sur le sujet car l'Église refuse de lui ouvrir ses archives. Le livre se vend à treize millions d'exemplaires, seulement aux États-Unis.. Friedkin a pu parler directement avec la tante de l'adolescent qui lui relate des détails qui ne figurent pas dans le livre de Blatty mais dont certains sont intégrés au film comme les meubles attaquant les personnages.

Le second est celui d'une femme à Earling, dans l'Iowa, en 1922.

Réalisation