ou Sanatruk (en arménien , Sanatrocès en latin) est un roi arsacide d'Arménie, ayant régné de 75 jusque vers 110Selon Cyrille Toumanoff, il était roi d'Osroène et il aurait contrôlé l'Arménie méridionale vers 114/117. ().. Il a aussi été roi d'Osroène (de 91 à 109).
Problématiques On ignore quelle est son ascendance. Selon l'hypothèse de Christian Settipani, il serait le fils d'un Mithridatès, éphémère roi d'Arménie (72-76), et d'AwdeChristian Settipani, Nos ancêtres de l'Antiquité, Éditions Christian, 1991, 80., sœur du roi d'OsroèneChristian Settipani, Nos ancêtres de l'Antiquité, Éditions Christian, 1991, 79..
Ce roi dont les dates de règne ne sont pas attestées avec certitude est très peu connu. En rapprochant les différents textes antiques de façon rigoureuseVoir U. Ph. Boissevain, Hermès 25, 1980, 328-29, et dans ses éd. de Dion Cassius, , les notes des 218-19.Moïse de Khorène, chapitres 35-36., suffisamment de preuves ont été obtenues pour conclure que Sanatroces (Sanatruk) doit avoir régné à la charnière des sur le royaume d'Arménie.Voir Markwart, Untersuchungen zur Geschichte von Eran , 221-22 ; Asdourian, op. cit., 100s ; H. Manadian, The Trade and Cities of Armenia, 83.. Arrien dans son Parthica loue les mérites de ce monarque et le met au même plan que les Grecs et les Romains les plus illustresParthica, fragment 47, éd. A.G. Roos and G. Wirth, Teubner ed., 1968, 247.. Les auteurs arméniens parlent de lui comme le fondateur de la ville de McurkʿPʿawstos Buzand 4.14 = Langlois, , 250 ; Mar Abas Katina apud Pseudo-Sebeos = Langlois, , 195 ; Moïse de Khorène, 2.36 = Langlois, , 99..
Sanatruk a été enterré dans une tombe de constructions cyclopéennes à AniPʿawstos 4 = Langlois, I, 261.. Il pourrait être le successeur de . La tradition chrétienne hagiographique lui attribue le martyre de saint ThaddéeMichel van Esbroeck, « Le roi Sanatrouk et l’apôtre Thaddée », dans Revue des études arméniennes, (1972), .<ref>Sur les problèmes découlant de cette tradition, voir F. Tournebize, Histoire politique et religieuse de l'Arménie, Paris, 1910, 410-413 ; L. S. Koyan, L'Église arménienne jusqu'au concile de Florence, 1961, 29s ;. aussi M. van Esbroek, Revue des études arméniennes, NS, 1972, 243-292, qui, contre toute probabilité, plaide en faveur de l'identité de ce roi d'Arménie avec le roi arabe de Hatra, (ca. 177/178), fils de ʿAbd Simayā.</ref>. Il y a débat pour savoir si ce Thaddée est le même que l'apôtre Thaddée/Addaï mentionné dans de nombreuses sources en syriaque et dans les listes d'apôtres du Nouveau Testament ou s'il était seulement membre des Septante disciples, l'apôtre Thaddée ayant été exécuté à Beyrouth. Il ne faut pas non-plus le confondre avec Aggai que Thaddée-Addaïe désigne comme « évêque » de la ville d'Édesse, juste avant son départ. Selon Illaria Ramelli, la Doctrina Addaï'' mentionne la mort d'Aggai par la rupture de ses jambes sur ordre de Sanatruk Illaria Ramelli, Possible Historical Traces in the Doctrina Addai, 93, point 17.. Pour Léroubna d'Edesse, c'est Maanou, le fils régnant d'Abgar à Edesse, qui donna l'ordre. Thaddée pour sa part était parti d'Édesse pour aller évangéliser des pays situés plus à l'est, c'est-à-dire le royaume d' (l'Adiabène) ou le sud du royaume d'Arménie, et disparaît ensuite de tous les récits, sa mort n'étant jamais racontée, lors de ce cycle d'écrits.
Selon Marie-Louise Chaumont, la supposition que Sanatruk a survécu jusqu'à l'époque de la campagne de Trajan est contredite par le fait que le trône d'Arménie était tenu aux environs de 110 par Axidarès d'Arménie, neveu de et le fils du roi parthe (77-110). Axidarès était roi d'Arménie avec le consentement de RomeDion Cassius, Histoire romaine, , chapitre 17.. Lorsque Pacorus a été supplanté par , celui-ci a déposé Axidarès et installé sur le trône d'Arménie le frère de ce dernier, Parthamasiris, sans consulter l'empereur romain. C'est cette violation du traité de Rhandeia qui a donné à Trajan un prétexte pour faire la guerre. Toutefois, selon Cyrille Toumanoff, Sanatruk aurait contrôlé l'Arménie méridionale vers 114/117. Cela pourrait expliquer qu'il soit donné comme un des chefs de la révolte contre Trajan, alors qu'il n'est clairement plus roi d'Arménie Richard G. Hovannisian (dir.), Armenian People from Ancient to Modern Times, : The Dynastic Periods: From Antiquity to the Fourteenth Century, Palgrave Macmillan, New York, 1997 (réimpr. 2004) , 69-70.. Pour Christian Settipani il ne faut pas le confondre avec le roi de même nom attesté à Hatra, alors que pour Javier Texidor, l'inscription retrouvée dans cette ville montre qu'elle faisait partie du royaume de Sanatruk en 76/77Javier Texidor, Notes hatréennes, 1966, Volume 43, Numéro 1, ..
Notes et références
Catégorie:Roi d'Arménie Catégorie:Arsacide arménien Catégorie:Roi d'Adiabène Catégorie:Roi d'Osroène Catégorie:Dirigeant d'Arménie au Ier siècle Catégorie:Dirigeant d'Arménie au IIe siècle