Charles Cousin de Montauban, comte de Palikao, né le à Paris où il est mort le , est un général et homme d'État français, grand-croix de la Légion d'honneur et médaillé militaire.
Il se distingue lors de la conquête de l'Algérie puis, général de division, comme commandant en chef des troupes françaises de l’expédition de Chine en 1860. Il est brièvement chef du gouvernement durant la guerre de 1870.
Biographie Famille Il est le fils de Jean Antoine Cousin, officier d’artillerie qui termina sa carrière comme directeur des hôpitaux militaires, et d'Adélaïde Delaunay, ainsi que le petit-fils du général Jacques Charles René Delaunay (1736-1825).
Il épouse Élisabeth Victorine Thurot en 1822, à Chambourcy (Yvelines)Archives municipales de Chambourcy.
vignette|200 px|gauche| Château du Cosquer, résidence des comtes de Palikao, Combrit, Finistère, France
Son nom, à l'origine Cousin, devient Cousin-Montauban suivant jugement rendu le par le tribunal civil de première instance de la Seine. Puis en 1863, un texte de Napoléon III proclame : Archives nationales MC ET/XLIV/1243 et 682 AP/1-682 AP/4. Ce titre lui a été décerné par l'Empereur après les succès de l'expédition de Chine.
Jeunesse En 1814, âgé de , il est nommé garde de corps du comte d'Artois sous le nom de Charles Cousin de Montauban. Pendant les Cent-Jours il rejoint l'armée des Émigrés et reste attaché à la cause des Bourbons. Formé à l’École d'instruction des troupes à cheval de Saumur, il participe en 1823 comme lieutenant volontaire à la guerre d'Espagne, engagée pour restaurer la monarchie absolue dans ce pays.
Après l'avènement de Charles X en 1824, il continue sa carrière et intégra le prestigieux de Grenadiers à cheval de la Garde royale. Mais sa fâcheuse habitude de contracter des dettes le fait un temps révoquer. Il est alors marié et père de trois enfants.
Conquête de l'Algérie En 1830, volontaire pour l'expédition d'Alger, il est réintégré dans l'armée, y confortant dès lors sa carrière.
Durant la conquête de l'Algérie, il est lieutenant au d'Afrique en 1831, capitaine en 1833, puis chef d'escadron aux Spahis réguliers d'Oran en 1836. Il est nommé lieutenant-colonel le et colonel au le SHD Vincennes. C’est entre ses mains qu’Abd el-Kader fait sa soumission le : La Moricière n’arrive que quelques instants après. Il est promu commandeur de la Légion d'honneur en en récompense de sa conduite.
Il devient général de brigade le et commande la subdivision de Mostaganem. Dans les derniers jours de , il se rend avec quelques troupes de réserve à Aïn ben-Khelil où il obtient la soumission des Hammian, des Maïas et des autres tribus qui avaient suivi deux chefs insurgés, El-Gourari et Sidi-ben-Tayeb.
Général de division depuis le , il commande la division d'Oran.
Rappelé en France, il est mis à la tête de la , dite La Rouge, dont le siège est à LimogesPhilippe Grandcoing, historien.
Expédition de Chine
vignette|Pillage de l'ancien palais d'été en 1860.
En 1860, le général Cousin-Montauban est investi du commandement en chef des troupes françaises de l’expédition de Chine, entreprise conjointement avec l’Angleterre depuis 1857. Le , les Franco-Britanniques dispersèrent les Chinois près du pont de Palikao. Les opérations se poursuivent par le sac du Palais d'Été, la prise de Pékin et la défaite de l'Empire de Chine.
Il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur le , nommé sénateur le , puis décoré de la médaille militaire le en récompense de ses mérites. Enfin, l'Empereur lui confère le titre de comte de Palikao, par décret du .
Le sac du palais d’été empêche toutefois Cousin-Montauban d'être fait maréchal qui était « le rêve de sa vie »Éric Anceau, « Charles Guillaume Marie Appoline Antoine Cousin de Montauban, comte de Palikao » in Les ministres de la Guerre, 1792-1870, Presses universitaires de Rennes, 2018, pp. 457-464. Lire en ligne..
Commandant de corps d'armée (1864-1870) En , il est nommé commandant du d'armée à Lille puis, en , commandant du d'armée à Lyon, qui comprend et militaires.
Il est à ce poste lors de la fusillade de La Ricamarie qui a lieu le . La troupe, dirigée par le capitaine Gausserand, tire sur des mineurs en grève, tuant plus de dix personnes et faisant de nombreux blessés" L’Éclaireur " .
Guerre franco-prussienne (1870)
Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, l'impératrice régente, sans en référer à Napoléon III, le charge le de la constitution d'un nouveau ministère, dont il prend la direction avec le portefeuille de la guerre. Le nouveau gouvernement est constitué principalement de bonapartistes autoritaires.
Montauban constate avec amertume la mauvaise organisation de l'armée. Il constitue de nouveaux corps d'armée, désaisit Napoléon III et Le Bœuf et fait nommer commandant en chef de l'armée du Rhin Bazaine, qui jouit d'une assez grande popularité y compris à gauche.
Après que Bazaine s'est laissé enfermer dans Metz, il prend lui-même en charge la stratégieÉric Anceau, Ils ont fait et défait le Second Empire, Tallandier, 2019 ; il interdit à Napoléon III et à Mac Mahon de se replier sur Paris et leur ordonne de marcher en direction de Metz pour libérer Bazaine. Son plan qui vise à prendre l'ennemi à revers est un échec complet.
Il envisage la défense de la capitale, mais la défaite de Sedan et la capitulation de Napoléon III entraînèrent la chute du régime, la proclamation de la République le et la fin de la carrière militaire du général Cousin de Montauban.
Il n'a joué aucun rôle pendant la Commune, n'étant pas dans l'armée active versaillaise.
thumb|285px|La tombe de Charles Cousin-Montauban au cimetière d'Auteuil à Paris.
Il meurt quelques années plus tard en 1878 à l'âge de 81 ans et est inhumé dans le caveau familial au cimetière d'Auteuil à Paris. La chapelle où il fut à l'origine inhumé est, de nos jours, remplacée par une simple dalle de marbre avec pour seule inscription : Famille Montauban-Palikao..
Hommages En 1870, une ville est créée en Algérie sous le nom de Palikao pour lui rendre hommage.
Décorations () ()
Armoiries Écartelé : au 1, d'azur, à une épée d'argent, garnie d'or (quartier des Comtes-Militaires) ; au 2, d'argent, à la fasce de gueules, acc. en chef de deux merlettes de sable et en pointe d'une molette du même () ; au 3, d'argent, au chevron de gueules, acc. en chef de deux merlettes de sable et en pointe d'un croissant versé du même (souvenir des campagnes d'Algérie) ; au 4, d'azur, à une croix latine d'argent, terrassée de sinople (souvenir du rétablissement du culte catholique en Chine). Sur le tout d'or à un pont d'une seule arche de sable, maçonné d'argent, criblé de boulets (représentation du pont de Palikao). Supports deux lions, au naturel. Devise
Notes et références Les papiers personnels de Charles Cousin-Montauban sont conservés aux Archives nationales sous la cote 682APArchives nationales..
Bibliographie Éric Anceau, « Charles Guillaume Marie Appoline Antoine Cousin de Montauban, comte de Palikao » in Les ministres de la Guerre, 1792-1870, Presses universitaires de Rennes, 2018, pp. 457-464. Lire en ligne Narcisse Faucon, Challamel et , Le livre d'Or de l'Algérie Éditeurs Librairie Algérienne et Coloniale 1889. Eric Anceau, Napoléon III, Tallandier Pierre Milza, L'Année Terrible - La Guerre franco-prussienne septembre 1870- mars 1871, Perrin Ed., 2009. Marie Peltier, Le Général Charles Cousin de Montauban Comte de Palikao, Imprimerie Chirat, 2015.
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