Ouserkarê est un roi de la égyptienne. Il succède à Téti et précède . Manéthon ne le mentionne pas. On situe son règne aux alentours de -2291 à -2289.
Attestations
Sources historiques
Ouserkarê est présent sur la liste d'Abydos, une liste de rois écrite sous le règne de plus de mille ans après le début de la . Le cartouche d'Ouserkarê occupe la de la liste, entre celles de Téti et de , faisant de lui le deuxième pharaon de la dynastie. Ouserkarê était peut-être aussi inscrit sur le Canon royal de Turin, une liste royale composée sous le règne de , fils et successeur de . Malheureusement, une grande lacune affecte la deuxième ligne de la quatrième colonne du papyrus sur laquelle la liste a été écrite, l'endroit où le nom d'Ouserkarê aurait pu se trouver.
Sources contemporaines
Les attestations sûres
Peu d'objets datant du vivant d'Ouserkarê ont survécu, les seules attestations sûres contemporaines de son règne étant deux sceaux cylindriques, peut-être trois (un sceau présente le nom Ouserka[...] mais il peut également s'agir d'Ouserkaf), inscrits avec son nom et ses titres et un maillet en cuivre de la collection de Michaelides. Le maillet porte une petite inscription portant le nom d'une équipe d'ouvriers Bien-aimés d'Ouserkarê qui venait de Ouadjet, le de Haute-Égypte, situé autour de Tjebou, au sud d'Assiout. Plusieurs sceaux portant le nom d'Ouserkarê ont été réattribués à Khendjer qui portait également comme nom de Nesout-bity Ouserkarê.
Attestations possibles
Les égyptologues français Michel Baud et Vassil Dobrev ont également proposé qu'une tête de hache en cuivre découverte en Syrie puisse appartenir à Ouserkarê. La hache porte le nom d'une autre équipe d'ouvriers appelés les Bien-aimés des deux Faucons d'Or, où deux Faucons d'Or est le nom d'Horus d'or d'un pharaon. Bien que Khéops et Sahourê portaient tous deux ce nom et que l'un ou l'autre d'entre eux puisse être le propriétaire de la hache ; Baud et Dobrev notent que les noms d'Horus d'or de Téti et de sont respectivement Faucon d'Or qui unit et Trois Faucons d'Or. Il est donc tentant de conclure que celui d'Ouserkarê était Deux Faucons d'Or et que la hache lui appartienne.
L'égyptologue anglais Flinders Petrie a provisoirement identifié Ouserkarê avec un roi nommé Ity, attesté par une seule inscription rocheuse trouvée dans le Ouadi Hammamat. L'inscription, datée de la première année de règne d'Ity, mentionne une bande de deux-cents marins et deux-cents maçons sous la direction des surveillants Ihyemsaf et Irenakhet envoyés au Ouadi Hammamat pour collecter des pierres pour la construction de la pyramide d'Ity appelée Baou Ity, signifiant Gloire d'Ity. L'identification par Petrie d'Ouserkarê avec Ity repose uniquement sur son estimation de l'inscription à la et sur le fait qu'Ouserkarê est le seul roi de cette période dont le titre complet n'est pas connu. Cette identification est aujourd'hui considérée comme étant conjecturale et plusieurs dates pour la Première Période intermédiaire ont été proposées.
Pierre de Saqqarah Sud
En plus des sources historiques et contemporaines, des détails sur le règne d'Ouserkarê ont été donnés sur la Pierre de Saqqarah Sud presque contemporaine du règne de ce roi, des annales royales de la datant du règne de ou . Malheureusement, environ 92% du texte original fut perdu lorsque la pierre fut grossièrement polie pour être réutilisée comme couvercle du sarcophage de la reine , peut-être vers la fin de la Première Période intermédiaire ou le début du Moyen Empire. La présence d'Ouserkarê dans les annales peut néanmoins être déduite d'un large espace entre les sections concernant les règnes de Téti et de ainsi que des traces d'un titre royal dans cet espace. Bien que le texte rapportant les activités d'Ouserkarê soit perdu, sa longueur suggère qu'Ouserkarê régna en Égypte, pendant quatre ans ou moins, probablement deux ans.
Règne
Compte tenu de la rareté des documents relatifs à Ouserkarê, ses relations avec son prédécesseur Téti et son successeur sont largement incertaines et les égyptologues ont proposé un certain nombre d'hypothèses concernant son identité et son règne. Celles-ci se divisent en gros en deux scénarios contradictoires : l'un voit Ouserkarê comme un roi ou un régent légitime, tandis que l'autre perçoit Ouserkarê comme un usurpateur, peut-être responsable du meurtre de son prédécesseur Téti.
En tant que dirigeant légitime
Les égyptologues William Stevenson Smith, William Christopher Hayes et Nicolas Grimal croient qu'Ouserkarê a brièvement gouverné l'Égypte soit comme un régent légitime, soit comme un régent avec la reine . En effet, le fils de Téti, le roi , régna pendant environ cinquante ans, indiquant qu'il était probablement très jeune au décès de son père, probablement trop jeune pour accéder immédiatement au trône. La théorie selon laquelle Ouserkarê n'était qu'un simple régent est rejetée par de nombreux égyptologues, dont Naguib Kanawati, au motif qu'Ouserkarê est mentionné sur les listes royales de Turin et d'Abydos et détient une titulature royale complète, réservée exclusivement aux pharaons en exercice.
À l'appui de l'hypothèse selon laquelle Ouserkarê était un souverain légitime, Grimal souligne qu'il est bien attesté par des sources historiques et contemporaines, en particulier la Pierre de Saqqarah Sud. Cela semble être en contradiction avec l'idée que, illégitime, il a été victime d'une damnatio memoriae de la part de son successeur . De plus, il n'y a aucune preuve directe de difficultés associées à la montée sur le trône de dans le registre archéologique, ce à quoi on s'attendrait dans le cas où Ouserkarê serait un usurpateur. Toutefois, si Ouserkarê était vraiment un usurpateur, cela signifierait que les annales royales n'étaient pas affectées par la damnatio memoriae et enregistreraient plutôt systématiquement toutes les activités royales, quel que soit leur contexte politique.
Lors de la fouille du temple funéraire de a été retrouvé un bloc de remploi, parmi ceux provenant du monument funéraire de (mère de Téti) et démantelé par . Ce bloc était inscrit avec le texte, aujourd'hui lacunaire, mw.t nsw.t bjty ḫntt..., avec mw.t nsw.t bjty qui signifie « mère du roi de Haute et Basse-Égypte ». La partie ḫntt... a parfois été considérée comme le début d'un nom propre, parfois rendu par Khentkaous ; cependant, non seulement, le double t interdit la reconstruction Khentkaous, mais, surtout, ḫntt pourrait parfaitement être le début d'un titre de reine, comme ḫntt-r-s.t-smȝ. En conséquence, Stasser et Gourdon réfutent l'identification de ce texte à une reine de Téti, mais l'associent à une série de titres associée à ; Callender réfute une telle position et considère que cette Khentet... doit être considérée comme une épouse d'un roi, probablement de Téti, et serait donc la mère de l'obscur Ouserkarê.
En tant qu'usurpateur du trône
Le prêtre égyptien Manéthon , mentionne que Orthoès fut tué par ses gardes du corps ou ses serviteurs. Sur la base de cette déclaration, les égyptologues ont trouvé plausible qu'Ouserkarê ait participé à l'assassinat de Téti ou du moins en ait bénéficié, malgré l'absence d'Ouserkarê dans l'Ægyptiaca. Le nom d'Ouserkarê est théophore et incorpore le nom du dieu Soleil Rê, une mode de dénomination courante pendant la . Puisque Téti n'était pas un fils de son prédécesseur le roi Ounas, dernier roi de la , certains égyptologues ont proposé qu'Ouserkarê pourrait être un descendant d'une branche latérale de la famille royale de la qui aurait brièvement pris le pouvoir grâce un coup d'État.
L'égyptologue égypto-australien Naguib Kanawati trouve également l'hypothèse selon laquelle Ouserkarê était un souverain ou un régent légitime de courte durée non convaincante. En effet, les preuves archéologiques donnent foi à l'idée qu'Ouserkarê était illégitime aux yeux de son successeur . En particulier, il n'y a aucune mention d'Ouserkarê dans les tombes et les biographies des nombreux responsables égyptiens qui ont servi sous Téti et . Les vizirs Inoumin et Khentika, qui ont servi Téti et , sont complètement silencieux sur Ouserkarê et aucune de leurs activités pendant la période où Ouserkarê était sur le trône n'est mentionnée dans leur tombe. De plus, la tombe de Mehi, un garde qui vivait sous Téti, Ouserkarê et , a donné une inscription montrant que le nom de Téti a d'abord été effacé pour être remplacé par celui d'un autre roi, dont le nom a lui-même été effacé et remplacé par celui de Téti. Kanawati soutient que le nom effacé était celui d'Ouserkarê à qui Mehi aurait pu transférer son allégeance. La tentative de Mehi de revenir à Téti a apparemment échoué, car il y a des preuves que les travaux sur sa tombe se sont arrêtés brusquement et qu'il n'y a jamais été enterré.
Sépulture
L'emplacement de la tombe d'Ouserkarê n'a pas encore été identifié. La brièveté de son règne implique que le tombeau était probablement inachevé à sa mort, ce qui rend difficile l'identification moderne. Comme Ouserkarê était un pharaon de la , son tombeau était vraisemblablement conçu comme une pyramide. Une justification possible de cette hypothèse est le maillet de cuivre mentionnant une équipe de travailleurs rémunérés du nome d'Ouadjet. Ces travailleurs étaient probablement impliqués dans un important projet de construction, probablement la pyramide d'Ouserkarê.
Deux hypothèses pour la localisation de la pyramide d'Ouserkarê ont été avancées. L'égyptologue Vassil Dobrev a proposé que la pyramide d'Ouserkarê soit située dans la région de Saqqarah-sud connue aujourd'hui sous le nom de Tabbet al-Guesh, au nord-ouest du complexe mortuaire de . En effet, une grande nécropole de fonctionnaires d'administration de la y est trouvée, ce qui selon Dobrev suggère la présence proche de la pyramide royale. L'astrophysicien Giulio Magli croit plutôt que la pyramide d'Ouserkarê se trouve à mi-chemin entre celles de et de , à un endroit qui ferait des trois pyramides une ligne parallèle à celle formée par les pyramides de Sekhemkhet, Ounas, Djéser, Ouserkaf, Téti et Menkaouhor à Saqqarah-nord.
Titulature
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
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