thumb|right|Exemple de texte antérieur à la réforme de 1835. Encyclopédie, édition, 1751. La réforme de l’orthographe française de 1835 correspond à la publication de la sixième édition du Dictionnaire de l’Académie française. Elle rendit obsolètes de nombreuses graphies et donna au français moderne son visage contemporain en effectuant le passage Académie française, « Du françois au français », www.academie-francaise.fr/langue, s.d., consulté en décembre 2017.. Dans de nombreux cas, elle simplifie ou régularise l’orthographe, ou la rend plus conforme à la prononciation ; .
Modifications Les deux principaux changements sont le passage des diphtongues oi à ai dans d’innombrables mots (ceux dont c'était devenu la prononciation), et le pluriel des mots en -nt qui se faisait encore en -ns est systématisé en -nts (bien des pluriels comme « dents », « ponts », etc., le faisaient déjà). En typographie (et non en orthographe), disparaît également l’utilisation du signe « & » pour « et » en prose courante.
Avant 1835
Après 1835 Ma foi, je connais le français et les savants, les dents de mes parents, etc.
Aujourd'hui prononcée « oua » en français standard, la graphie oi a longtemps représenté (et représente souvent encore) des prononciations variées comme « ouai » (des traces en restent dans le français parlé au Québec) ou « ai » (ainsi, le fossile vivant connoisseur qui existe encore en langue anglaise se prononçait déjà « connaisseur » lors de son emprunt vers 1710). Un siècle en avance sur la réforme, Voltaire avait déjà demandé en vain le passage de oi à ai ; il l’avait même mis en pratique dans la première édition de son ouvrage de 1751 Le Siècle de Ulla Kölving, Présentation du Siècle de , Centre international d'étude du , c18.net/vo, s.d., section « L’orthographe de Voltaire dans la première édition du Siècle de », consulté en mars 2008..
La publication de la sixième édition est aussi l'occasion de supprimer le supplément de la cinquième édition de 1798, contenant les « mots nouveaux en usage depuis la Révolution »Jacques Chaurand, Histoire de la langue française, Presses universitaires de France, , 1969 ; rééd. 1991, ..
Mise en application D'après Ferdinand Brunot., la mainmise du pouvoir sur la société et en particulier sur l'université a permis une diffusion rapide de la nouvelle orthographe. Il note que « après l'édition de 1835, il ne resta que l'innocente protestation des Débats et de la Revue des Deux-Mondes, obstinés à écrire prenans au lieu de prenants, pour rappeler un temps où chacun écrivait à son gré, sans passer pour un homme dépourvu d'éducation. »
La Revue des Deux-Mondes résiste en effet au changement jusqu'en 1919André Goosse, Histoire de la langue et histoire de l'orthographe, entretien paru dans (lire sur Google Books. Il semble que le changement ait même eu lieu dès 1918 : on lit « belligérants » dans la livraison du 15 juin, , mais « délirans de fureur » dans celle du 31 mai, .. Chateaubriand lui-même refusa d'appliquer les pluriels en « -ants » et persista à écrire « oi » et non « ai »Renée Honvault-Ducrocq, L'orthographe du français, une histoire de réformes académiques, dans ..
Références Académie françoise, Dictionnaire de l’Académie françoise, , 1798, consulté en ligne en . Académie française, Dictionnaire de l’Académie française, , 1835, consulté en ligne en .
Notes
Articles connexes Rectifications orthographiques du français Réforme de l'orthographe française de 1878 Rectifications orthographiques du français en 1990 Histoire de la langue française
Liens externes
Dictionnaire de l’Académie françoise, , 1798 (anciennes graphies) sur le site de l’Université de Chicago Dictionnaire de l’Académie française, , 1835 (nouvelles graphies) sur le site de l’Université de Chicago
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