Thierry Breton, né le à Paris, est un dirigeant d'entreprises, administrateur de sociétés, homme politique et écrivain français.

Vice-président de Bull (1996-1997), président-directeur général de Thomson (1997-2002) puis de France Télécom (2002-2005), il est ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie au sein du gouvernement Raffarin III de 2005 à 2007.

Il est président-directeur général du groupe Atos de 2009 à 2019.

Il est également président de l'Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT) et membre élu de l'Académie des technologies.

En 2019, il est nommé commissaire européen, chargé du marché intérieur, de la politique industrielle, du tourisme, du numérique, de l'audiovisuel, de la défense et de l'espace, et définit un cadre juridique pour réguler l'espace numérique européen, à travers le Règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), le Règlement sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA) et le Règlement sur l'intelligence artificielle (Artificial Intelligence Act, AI Act). Il en démissionne le à la suite de désaccords avec la présidente Ursula von der Leyen.

Biographie Formation Thierry Breton naît le à Paris., il est le fils de Denis Breton, directeur au Commissariat à l'énergie atomique, et de Simone Margot..

Après avoir été élève à l'École alsacienne à Paris (du primaire au lycée, de 1963 à 1972Colombe Schneck, « École alsacienne, les liens du rang », GQ, septembre 2015, pages 94-98.) puis en classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Louis-le-GrandThierry Breton , L'Express, ., Thierry Breton intègre l'École supérieure d'électricité (Supélec), où il obtient en 1979, un diplôme d'ingénieur Thierry Breton, Président-directeur général d'Atos Les Échos, .. En 1994, il est auditeur de la de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN)..

Débuts professionnels Thierry Breton est professeur d'informatique et de mathématiques au lycée français de New York, dans le cadre de son service national au titre de la coopération (1979)..

En 1981, il crée Forma Systems, une société d'analyse de systèmes et d'ingénierie informatique dont il devient PDG.. Il en quitte la présidence en 1986 pour se consacrer au projet du Futuroscope...

À la suite de sa rencontre en 1982 avec René Monory, qui le voit comme son héritier politiqueVanessa Schneider, Breton, un patron très politique Libération, ., il participe à la conception du Futuroscope de Poitiers en tant que chef du projet, de 1986 à 1990. Il contribue notamment au développement de la partie « aire d'activités technologiques » qui deviendra la Technopole du Futuroscope.

De 1990 à 1993, il est directeur général de la Compagnie générale de l'immobilier (CGI)..

Dirigeant d'entreprises Gestion des entreprises : Breton a dirigé plusieurs grandes entreprises, notamment Thomson, France Télécom et Atos.

Bull En 1993, il entre chez Bull qui est en proie à de grandes difficultés, en tant que directeur de la stratégie et du développement aux côtés de Jean-Marie Descarpentries. Il en devient directeur général adjoint. Administrateur du groupe à partir de 1996, il accède en septembre à la vice-présidence du conseil d'administration alors qu'il est âgé de 40 ans. et devient administrateur délégué (directeur général) du groupe. En , considérant que la filiale microinformatique de Bull (Zenith Data Systems) ne possède pas la taille critique, Thierry Breton décide, avec l'aide du japonais NEC, de la fusionner avec l'américain Packard Bell., après avoir aidé les deux groupes à se rapprocher l'année précédente..

Thomson En .., il est nommé par le gouvernement à la tête de Thomson, alors valorisée un franc symbolique, et repositionne le groupe autour des nouvelles technologies de l'image et d'Internet. Considéré comme une véritable pépite pour le groupe, le portefeuille de brevets du groupe (RCA), hérité de General Electric en 1998, génère un chiffre d’affaires de de francs en 1999. Après une recapitalisation de onze milliards de francs ( d'euros) par l'État français, le redressement de l'entreprise valorise Thomson jusqu'à cent milliards de francs en 2002, tandis que 30 % des actions du groupe sont alors en circulation et le reste contrôlé par l'État (dix milliards d'euros). Ce dernier revend progressivement sa participation au marché et in fine en 2003 son reliquat, représentant 18,5 % du capital du groupe électronique pour un montant résiduel de d’euros..

En 2001, Thierry Breton est élu par La Tribune « Stratège de l'année » pour sa gestion de Thomson. En , il est nommé président d'honneur de la société à la suite de son départ pour France Télécom.

En 2003, l’État français vend ses dernières participations dans Thomson et l'accumulation des difficultés et de fortes pertes mène le groupe au bord du gouffre« Thomson, une malédiction française », Le Monde, 16 juin 2009, page 3..

France Télécom Régulièrement décrit comme un « redresseur » d’entreprises.., Thierry Breton est nommé par le gouvernement à la tête de France Télécom le ..

L'opérateur, surendetté à hauteur de d'euros à la suite de l'éclatement de la bulle financière de l'InternetNicolas Cori, « L'entreprise la plus endettée au monde » Libération, . voit sa situation se dégrader à grande vitesse en raison de la défiance des agences de notation. France Télécom est alors surnommée « l’entreprise la plus endettée au monde ».

Lors de la prise de fonction de Thierry Breton, qui conserve le même salaire qu'il avait chez Thomson ( supérieur à celui de son prédécesseur..), le cours de l’action est inférieur à .. Deux mois après son arrivée, le cours de Bourse augmente de 170 %.. Il lance alors le plan « Ambition FT 2005 »« France Télécom : redressement avant privatisation » RFI, ., s’appuyant sur les deux axes de croissance constitués par l’ADSL et la téléphonie mobile..

Cette initiative, qui doit permettre à l’entreprise de « reprendre son destin en main », se base sur trois axes visant chacun quinze milliards de réduction de dette. : un renforcement des fonds propres de l’entreprise ; un refinancement auprès des marchés et un programme d’amélioration opérationnelle, baptisé « TOP », comprenant un plan de réduction de coûts qui – accentué par le volet social Act engagé par son successeur Didier Lombard. – participe selon un rapport du cabinet Technologia, à l'augmentation des facteurs de risques psychosociaux ayant pu affecter les salariés http://www.observatoiredustressft.org/images/pdf/Rapport%20final.pdf, chapitre I.B : « Les conséquences de TOP, NExT et ACT ». du groupe.

En parallèle d'une situation financière délicate, l’opérateur voit la concurrence s'intensifier en France, son marché historique, alors même que l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), « gendarme des télécoms », demande un dégroupage ADSL.. Pour répondre à ces défis, Thierry Breton signe notamment la fin de l’aventure Orange en Bourse et reprend le contrôle à 100 % de sa filiale et de ses bénéfices.. Il lance le plan « Internet haut débit pour tous » en , ayant pour objectif de mettre le haut débit à disposition de 90 % des Français.. Pour ce faire, il augmente les dépenses du secteur de l'innovation de 20 % par rapport à 2003 et lance la charte Départements innovants pour accélérer le développement du haut débit en région.. L'année suivante, l’entreprise enregistre plus de déposés en France et à l’étrangerhttp://theses.univ-lyon3.fr/documents/getpart.php?id=lyon3.2008.goujon-belghit_a&part=216611.. La même année France Télécom réintègre Wanadoo afin d’intégrer les activités de téléphonie fixe et de fournisseur d’accès. En , il annonce le lancement de la Livebox, première offre « Triple Play » de l’opérateur..

En , le gouvernement finalise la privatisation de France Télécom, engagée progressivement depuis 1996, mais conformément à la loi du , proposée et défendue par Thierry Breton. le statut spécifique des employés fonctionnaires est maintenu..

Sous la direction de Thierry Breton, France Télécom sera le premier opérateur historique à avoir élaboré et mis en œuvre le concept d'« opérateur intégré ».. En moins de trois ans, il aura ramené la dette sous la barre des 40 milliards d'euros..

À son départ pour le ministère de l’Économie en , le cours de l’action est de ..

Il est nommé président d’honneur de France Télécom., après avoir choisi de ne pas percevoir d’indemnités de départ, initialement prévues à hauteur de vingt et un mois de rémunération brute..

En , la Harvard Business Review publie pour la première fois le classement des 100 patrons les « plus performants » au monde ()The 100 Best-Performing CEOs in the World Harvard Business Review, janvier 2010. s'appuyant sur une étude académique reprenant les performances comparées, au cours de leurs mandats, des chefs d'entreprise des plus grandes entreprises mondiales sur une période courant de 1995 à 2009. Thierry Breton y occupe la au titre de son mandat de président-directeur général de France Télécom.

Atos vignette|Siège social d'Atos à Bezons (Val d'Oise) En , Thierry Breton est nommé président du directoire de l'entreprise française de services numériques Atos Origin, rebaptisée depuis AtosThierry Breton nommé à la tête d'Atos Origin L'Express, .. Il est élu président-directeur général du groupe le par l'assemblée générale des actionnaires administrateur, puis par le conseil d'administrationValérie Collet, « Thierry Breton, nommé PDG d'Atos, veut doper les profits », Le Figaro, .. À l'annonce de sa nomination, le cours en Bourse, situé à , se renchérit de 7,84 %..

Atos réalise en 2008 un chiffre d'affaires de d'euros et compte .

Acquisition de Siemens IT Solutions and Services et partenariat franco-allemand En , il dirige l'acquisition des activités informatiques du groupe industriel allemand Siemens. qui permet au groupe de changer de dimension avec dans ., se hissant au second rang européen derrière IBM.. L'opération est saluée par les marchés financiers, l'action d'Atos gagnant 11,6 %..

Avec l'intégration de ., Atos devient l'une des plus importantes coopérations industrielles et technologiques franco-allemandes depuis Airbus., se traduisant notamment par un rapprochement financier (Siemens prenant 15 % du capital d'Atos), la création d'un fonds d'investissement commun de cent millions d'euros et une réponse conjointe à des appels d'offres internationaux..

Cette stratégie est distinguée par le prix « coopération industrielle » remis par la chambre franco-allemande de commerce et d’industrie, Atos étant reconnu par la suite comme « l' Airbus » des services informatiques..

Thierry Breton fait adopter en 2012 le statut de société européenne (SE) à Atos., qui dispose d'un siège en France et d'un second en Allemagne, à Munich..

Il participe par ailleurs à d’autres projets institutionnels européens au sein desquels le partenariat avec l’Allemagne est central, comme le European Cloud Partnership (2012-2014) de la Commission européenne qu’il copréside avec Jim Snabe, co-PDG du leader mondial allemand de logiciels SAP.

Avec OVHcloud, il copilote le plan Cloud des 34 plans de la Nouvelle France industrielle qui promeut notamment le stockage et le traitement des données Européennes en Europe., position qu'il reprendra comme commissaire européenhttps://www.bfmtv.com/economie/thierry-breton-je-souhaite-que-les-donnees-des-europeens-soient-traitees-et-stockees-en-europe_AD-202008250281.html..

Autres acquisitions En , Thierry Breton lance une OPA amicale sur l’acteur informatique historique français Bull, visant à faire d’Atos le numéro un européen du cloud et l’un des principaux acteurs mondiaux en big data et cyber-sécurité.. Cette acquisition, saluée par les marchés (l’action d’Atos gagnant 6,2 % et celle de Bull 21,9 % le jour de l’annonce), permet notamment au groupe de se positionner sur le segment des supercalculateurs. et en devenir le seul constructeur européen.