Lambert Wilson ()Prononciation en français de France standardisé retranscrite selon la norme API., né le à Neuilly-sur-Seine (Seine), est un acteur, metteur en scène et chanteur français.
Fils de l'acteur et metteur en scène Georges Wilson et de l’actrice Nicole Mulon, Lambert Wilson est révélé dans les , notamment par son rôle dans le film Rendez-vous d'André Téchiné. Il alterne ensuite films grand public et productions plus intimistes, et est également apparu dans des films américains.
Biographie Jeunesse Lambert Wilson naît sous le nom d’état civil de « Lambert Nicolas Willson » (patronyme avec deux fois la lettre « L ») le à Neuilly-sur-Seine, en proche banlieue parisienne, de Nicole Mulon (1924-2009) et de Georges Wilson., tous deux acteurs. Il baigne dès son plus jeune âge dans le milieu théâtral.
Il passe une enfance non pas difficile, mais ballottée, changeant d'école chaque année. À chaque rentrée des classes, son angoisse est alors de se faire aimer, accepter, intégrer à la classe par les autres élèves. Mais inversement, il développe un certain individualisme qui l'amène plus tard à déclarer :
Formation et débuts À ses débuts, Lambert Wilson ne s'intéresse pas au théâtre français et ambitionne d'être . C'est notamment en accompagnant son père à une première du film Les Trois Mousquetaires qu'il connaît un déclic :
Il suit une formation de comédien au , afin de tracer son chemin tout seul sans être un simple Mille et une vies, Le Journal du dimanche, ., mais aussi pour perfectionner son anglais et poursuivre ainsi son rêve hollywoodien. Parti pour Londres afin d'être dont il cherche alors à se distinguer , il connaît des moments difficiles à Londres, sa maîtrise de l'anglais étant alors insuffisante. Une fois revenu en France, il se trouve à nouveau par le giron familial et débute sur les planches avec une pièce de Lucian Pintilie dans laquelle son père joue le rôle de son père. Il commente par la suite :
Outre le métier d'acteur, il apprend le chant et la musique.
Jeune comédien, il recherche la célébrité par tous les moyens : Il vit des relations compliquées avec son père, qui le dirige plusieurs fois au fil des années, sur scène et au cinéma, et dont il quête l'approbation.
Carrière Cinéma et télévision En 1977, Lambert Wilson débute au cinéma dans Julia, sous la direction de Fred Zinnemann. Deux ans plus tard, il obtient son premier rôle dans un film français avec Le Gendarme et les Extraterrestres, de Jean Girault, dans une scène face à Maurice Risch où il campe un extraterrestre au ton monocorde et inquiétant ; il raconte plus tard avoir été par sa famille pour le ridicule de ce rôle.. Toujours motivé par son désir de travailler dans le cinéma américain, il obtient son premier grand rôle en 1982 dans Cinq Jours, ce printemps-là (), réalisé par Fred Zinneman qui l'avait fait débuter à l'écran, et où il donne la réplique à Sean Connery. Le film est cependant un échec commercial, tout comme, l'année suivante, Sahara, dont il partage l'affiche avec Brooke Shields.
C'est finalement dans son pays natal qu'il trouve durablement le succès : après une apparition dans , il tient en 1984 un rôle important dans La Femme publique d’Andrzej Żuławski. L'année suivante, il est remarqué dans Rendez-vous, d'André Téchiné : son interprétation d'un personnage tourmenté lui vaut une nomination au César du meilleur acteur. Dans ses films suivants, il joue des personnages romantiques (Rouge Baiser) ou, au contraire, inquiétants (L'Homme aux yeux d'argent). Il a à l'époque du mal à gérer sa nouvelle célébrité et, s'il apprécie de jouer des rôles torturés, se trouve quand il interprète des rôles . Il a alors le sentiment d'être catalogué comme le , une image dont il met plusieurs années à se défaire. vignette|redresse=0.8|Lambert Wilson au Festival de Cannes 1996.
En 1986, il est l'un des acteurs pressentis pour succéder à Roger Moore dans le rôle de James Bond en concurrence avec Sam Neill, Bryan Brown, Andrew Clarke, Antony Hamilton, Pierce Brosnan et Timothy Dalton qui sont auditionnés pour le rôle. Le producteur Michael G. Wilson, le réalisateur John Glen, Dana et Barbara Broccoli sont alors très convaincus par Sam Neill, contrairement au producteur Albert R. Broccoli qui soutient plutôt le Français Wilson. Finalement, c'est Timothy Dalton qui est choisi pour Tuer n'est pas jouer. Dans son autobiographie, Albert R. Broccoli évoque Lambert Wilson qu'il aurait bien vu en James Bond.Depuis Lambert Wilson a convenu que l'envergure du rôle lui a fait peur.
En 1987, il apparaît dans Chouans !, de Philippe de Broca, et enchaîne l'année suivante avec Les Possédés de Wajda et El Dorado de Carlos Saura, puis avec La Vouivre, adapté et réalisé par son père Georges Wilson. Mais sa carrière est alors ralentie par une série d'échecs commerciaux. En effet, poussé par ce qu'il considère après-coup comme une sorte de snobisme, l'acteur cherche à l'époque à apparaître dans des films de prestige, qui ne remportent cependant pas le succès escompté : ni Les Possédés, ni surtout , ne trouvent leur public. Le Ventre de l'architecte de Peter Greenaway est salué par la critique mais ne touche qu'un public limité. Lui-même estime par la suite qu'il est apparu dans les films ratés de grands réalisateursLambert Wilson & Hervé Pons, Entretiens, Éditions du Rocher, 2009, ..
En 1989, il joue le rôle de l'abbé Pierre dans Hiver 54, l'abbé Pierre. Cette interprétation saluée par la profession lui vaut le prix Jean-Gabin, qui récompense les espoirs du cinéma français, et il est à nouveau nommé aux César. Il racontera par la suite que, bien que méfiant vis-à-vis des dogmes religieux (), il s'est fait baptiser pendant le tournage du film par l'abbé Pierre, dont il aimait .
Malgré le succès d'estime que lui vaut cette prestation, il est moins présent à l'écran dans la première moitié des années 1990. Plusieurs de ses films passent inaperçus, notamment L'Instinct de l'ange, de Richard Dembo, qui subit un échec cinglant. Il passe alors trois ans sans tourner. Il se souvient par la suite avoir été considéré comme ce que les Américains appellent un , c'est-à-dire un acteur dont la présence à l'écran garantit l'échec commercial.
En 1995, suite à une interview piège de Raphaël Mezrahi durant laquelle il se fâche, Lambert Wilson fait une dépression.
Pendant cette période, il se produit au théâtre, et enregistre un album de chansons. Il revient à l'écran en tenant des rôles secondaires dans des productions prestigieuses, comme le film historique en costumes Jefferson à Paris (1995) de James Ivory. C'est en jouant sur des registres légers qu'il retrouve les faveurs du public, notamment grâce au film musical On connaît la chanson (1997) d'Alain Resnais, puis à la comédie Jet Set (2000) de Fabien Onteniente. Les succès populaires de ces films lui valent de revenir au premier plan.
Il est également employé à nouveau par le cinéma américain : il est le « Mérovingien » dans (2002) et (2003), puis apparaît notamment aux génériques de Prisonniers du temps (2002) et de (2004), réalisé par son compatriote Pitof. Par la suite, déçu par cette deuxième expérience américaine, il déclare : En France, il continue d'apparaître dans des films grand public, tels les comédies L'Anniversaire et Palais royal !, tous deux sortis en 2005. Il ne dédaigne cependant pas les expériences plus atypiques et, en 2006, joue dans le film de science-fiction de Marc Caro. Il tourne également pour la télévision, notamment en 2004 dans le téléfilm Colette, une femme libre, réalisé par Nadine Trintignant.
En 2010, il interprète le personnage principal du film Des hommes et des dieux, succès critique et public pour lequel il est à nouveau nommé au César du meilleur acteur. Il interprète ensuite le rôle du comte de Chabannes dans La Princesse de Montpensier.
En 2012, on le voit dans le film d'aventure comique Sur la piste du Marsupilami, réalisé par Alain Chabat. Il poursuit avec d'autres rôles importants au cinéma, alternant comédies et films dramatiques, de même que films d'auteur et grosses productions. En 2016, il incarne le commandant Cousteau dans le film L'Odyssée.
Lambert Wilson joue le rôle du général de Gaulle dans le film De Gaulle de Gabriel Le Bomin sorti en mars ..
En , il annonce qu'il va reprendre son rôle du « Mérovingien » dans Matrix Resurrections, prévu pour 2021 et réalisé cette fois-ci par Lana Wachowski sans sa sœur... Un des rares comédiens de retour presque vingt ans plus tard, il décrit son unique scène : . Il développe : . Puis, pour ce qui est du tournage en général et de ses retrouvailles avec la cinéaste : .
Également en 2021, il joue un nonce corrompu face à la Mystique Benedetta Carlini incarnée par Virginie Efira dans le film Benedetta du cinéaste néerlandais Paul Verhoeven.
En 2022, il apparait dans l'ambitieuse série française Totems diffusée sur la plateforme Amazon Prime Vidéo. Dans cette distribution qui comprend Vera Kolesnikova, Niels Schneider, José Garcia ou encore Ana Girardot, Lambert interprète le rôle de Charles Contignet, recruteur du SDECE. En fin d'année, il reprend dix ans plus tard son rôle de l'ours Ernest dans le film d'animation Ernest et Célestine : Le Voyage en Charabie de Julien Chheng et Jean-Christophe Roger, dans lequel il est accompagné par Pauline Brunner dans le rôle de la souris Célestine.
En 2023, il est annoncé à la distribution de la série d'animation Star Wars: Visions, dans laquelle il prête sa voix au personnage de Jon dans l'épisode The Spy Dancer, conçu par le studio français La Cachette et prévu pour .
Théâtre vignette|redresse=0.9|Lambert Wilson en .
La carrière théâtrale de Lambert Wilson est riche : de Harold Pinter en 1998, L'Amour de l'amour, La Machine infernale, La Célestine, Eurydice, Ruy Blas. Il s'est mis en scène dans Les Caprices de Marianne en 1994 et dans Bérénice, avec Kristin Scott Thomas, en 2002.
En 2010, il est sur la scène du théâtre du Châtelet dans la comédie musicale de Stephen Sondheim ..
Chansons et poésies Lambert Wilson est aussi chanteur : il a enregistré quelques disques ( en 1989 et Démons et merveilles en 1997) et interprété la chanson La Chambre..
Le , il sort un nouvel album intitulé Loin, dans un registre totalement différent de ses précédentes interprétations dont il a écrit un des textes. Le compositeur en est Jean-Philippe Bernaux, mais l'album inclut aussi deux compositions de Jean-Jacques Sage, également le producteur de l'artiste, et une de Christophe Mali (Tryo). Les auteurs qui ont travaillé sur ce projet sont Boris Bergman, Philippe Latger, Marc Estève et Marie Nimier.
Il enregistre également la lecture de poésies et de grands textes de la littérature (Musset, Proust…).
Le , il sort un album hommage au chanteur Yves Montand afin de commémorer les vingt-cinq ans de la disparition de l'artiste. Les arrangements musicaux de cet album qui s'appelle Wilson chante Montand ont été réalisés par Bruno Fontaine. L'album devrait servir de base à la création d'un spectacle où Lambert Wilson doit chanter et danser.
En , il est présent aux Chorégies d'Orange et interprète à cette occasion Syracuse, mais également La Chanson de Lara en duo avec le ténor lyrique Florian Laconi.
Implications dans les festivals vignette|droite|redresse=0.8|Lambert Wilson au déjeuner des nommés des César du cinéma 2011. En , Lambert Wilson est le président du jury du Festival du film britannique de Dinard. Du 6 au , il est le coprésident (avec Michael Madsen) du Champs-Élysées Film Festival. Par ailleurs, du au , il fait partie du jury du Festival international du film de Marrakech, jury présidé par John Boorman, dans lequel on retrouve entre autres James Gray, Marie-Josée Croze ou encore Gemma Arterton.. Du 14 au , il est le maître de cérémonie du Festival de Cannes, dont le jury est présidé par la réalisatrice Jane Campion..