de Melun ( - mort des suites de ses blessures le ), prince d'Épinoy, comte de Saint-Pol Saint-Pol-sur-Ternoise était un gentilhomme français du .

Biographie Vicissitudes de la guerre de Succession d'Espagne Louis de Melun ne jouit pas sans trouble de la seigneurie de Roubaix, à laquelle il succéda à son père à l'âge de 10 ans ; ses droits eurent à subir les vicissitudes diverses de la guerre de Succession d'Espagne. Seulement à cette époque les rôles étaient intervertis : l'Espagne, qui avait proscrit Pierre de Melun (1550 † 1594) et ses descendants, était l'alliée de la France leur protectrice, et les Provinces-Unies pour qui ils avaient encouru une si longue disgrâce, se prononçaient contre eux.

En 1708, après la prise de Lille, les États généraux dépossédèrent provisoirement, en faveur du prince de Ligne, Louis de Melun, des biens dont sa maison jouissait depuis quarante ans. Les armes de Melun furent grattées à Roubaix, à Lille et à Antoing, et remplacées par celles de Claude-Lamoral, deuxième du nom, petit-fils de et de Claire-Marie de Nassau-Siegen (1583 † 1638).

Le traités d'Utrecht (1713), par les articles 11 et 15, remirent les choses dans l'état où elles étaient avant la guerre. Mais tout n'était pas encore terminé : il était écrit (dit le vicomte de Melun, à qui est emprunté l'historique de ces longs démêlés), que les propriétés en litige suivraient jusqu'à la fin le sort des provinces dont elles faisaient partie, et changeraient de propriétaires comme de drapeauxNotice sur l'hôtel de Soubise (Lille).. La terre d'Antoing appartenait au Tournaisis, qui était rendu à l'Empereur, tandis que les autres biens étaient de la châtellenie de Lille, devenue définitivement française.

Pour mettre fin à des contestations encore renouvelées et qui duraient depuis cent quarante ans, de Melun et , d'après les ordres du roi et de l'Empereur, nommèrent pour arbitres le cardinal de Rohan et le Léopold-Philippe, duc et prince d'Arenberg, qui décidèrent que la seigneurie d'Antoing reviendrait à la maison de Ligne, et que les autres terres et la seigneurie de Roubaix resteraient la propriété du prince d'ÉpinoyIbid..

Louis de Melun, rentra en possession des biens et titres de ses ancêtres (prince d'Épinoy, marquis de Roubaix, comte de Saint-Pol, vicomte de Gand, marquis de , seigneur de Cysoing, Werchin, etc.).

Il obtint au mois d', des lettres pour l'érection de la vicomté de Joyeuse (Ardèche) en duché-pairie, et en prêta serment au parlement le suivant.

D'autre part, le , comme l'appelaient de manière erronée ses contemporains, était aussi châtelain de Bapaume, lieutenant-général de la province de Picardie, et mestre de camp du régiment de Royal-Cavalerie.

Mortellement blessé par un cerf

Au , la chasse royale s'entourait d'un fastueux personnel : grand veneur, veneurs, valetaille de chiens, etc. On forçait aussi bien les cerfs, les daims, les chevreuils et les sangliers que les renards et les lièvres. Cette chasse s'appelait « chasse à bruit » ().

C'est au cours d'une de ces chasses, à Chantilly, le , que fut blessé de Melun, comte de Saint-Pol. Il était du soir. Ce ne fut pas pour . Alors que le cerf était aux abois et qu'allait sonner l'hallali, celui-ci, dans un dernier sursaut, chargea le comte de Saint-Pol qui chevauchait dans l'une des allées de la forêt de Chantilly, à une demi-lieue du château. Le coup fut si rude que cavalier et monture en furent renversés. fut secouru par le duc de Bourbon (, prince de Condé, chef de la régence pendant la minorité de ) et par le comte de Clermont. Le sieur Flandio de Montblanc, chirurgien du roi, lui donna des soins et on le fit porter à Chantilly, où il mourut le , à du matin, après avoir reçu tous les sacrements et avoir fait son testament. Les circonstances de sa mort sont rapportées dans la lettre suivante de Voltaire à la présidente de Bernières la marquise Maignart de Bernières épouse du président de la Chambre des comptes de Paris en 1718 :

Le seul témoignage de cette lettre aurait dû préserver de l'erreur qui lui a échappé dans son roman historique de Mademoiselle de Clermont, où elle dit que le était le dernier rejeton de sa maison. Le même auteur rapporte que de Clermont, sœur du duc de Bourbon, cité dans cette lettre, avait épousé secrètement le duc de Melun.

Sources

Œuvres complètes de Voltaire, correspondance générale, , , édit. de 1785, où cette lettre est datée par erreur du mois de ; elle devait être des premiers jours d'.

La blessure du avait été faite par un andouiller d'environ dix pouces de longueur, . Le cerf fut pris et le roi se fit apporter le bois,

Le jeune seigneur fut généralement regretté. Le roi lui témoigna, à cette occasion, des marques d'une grande sensibilité. Sa Majesté ordonna qu'on ne battît point aux champs en arrivant au château et en montant la garde le lendemain. Elle mit pied à terre au-delà de la cour et pendant que le roi a vécu, personne n'y est entré à cheval, moins encore en carrosse.

Le prince d'Épinoy mourut sans laisser d'héritier direct (sa tante, Marie-Marguerite-Françoise, née le , lui survécut jusqu'au , et fut le dernier rejeton de cette branche).

Le titre de comte de Saint-Pol passa à son neveu Charles de Rohan-Soubise, fils de sa sœur cadette.

Il avait légué par son testament une partie de ses biens à Jean Alexandre Théodose, comte de Melun, son cousin, à qui le roi accorda son régiment de cavalerie ; mais toutes les terres de Flandre, Épinoy, Cysoing, Roubaix, passaient aux enfants de sa sœur Anne-Julie-Adélaïde de MelunAnne-Julie-Adélaïde de Melun (1698-1724), épouse du prince de Soubise, gouvernante des enfants de France, qui mourut également à la fleur de l'âge, en 1724, la même année que son frère et que son mari. La vicomté de Joyeuse (Ardèche) passa par héritage aux deux enfants de Madame de RohanExtrait de la Revue Vivaraise (archives départementales PER 3000 art 44 de 1938, princesse de Soubise, sa sœur : Marie Louise de Rohan (), comtesse de Marsan, veuve de Gaston-Jean-Baptiste-Charles de Lorraine, gouvernante des enfants de France. Charles de Rohan, prince de Soubise, qui, en 1767, céda tous ses droits sur les biens de l'ancien duché à sa sœur, qui en devint ainsi l'unique propriétaire et les revendit en détail à diverses personnes au cours des années 1786 et 1787. Son tombeau fut érigé dans l'ancienne église du couvent des Dominicains de Lille par le sculpteur parisien François Dumont (1688-1726), qui se tua alors qu'il procédait à son montage.

Titres

Comte de Saint-Pol, de Saint-Aulaire et de Nechin, Marquis de Bombeck, Pair de Breveck, Châtelain de Bapaume, Seigneur de Werchin, de Thité, Château-Bleerequies, Herzelles (près de Bruxelles), Mets en Couture, Beaumetz, Bertincourt, Morchies, de la châtellenie de Bailleul-en-Vimeu (Picardie), de Franleu.

Fonctions héréditaires Premier pair et connétable héréditaire de Flandre ;. Sénéchal de Hainaut ; prévôt héréditaire de Douai.

Vie familiale Il était le fils de , prince d'Épinoy et baron d'Antoing, et de Élisabeth-Thérèse de Lorraine (1664 - 1748), fille de François Marie de Lorraine-Elbeuf, prince de Lillebonne, et d'Anne-Elisabeth de Lorraine, fille naturelle du duc .

épousa le Armande de La Tour d'Auvergne ( † morte en couches le )L'Art de vérifier les dates..., fille de Emmanuel-Théodose de la Tour d'Auvergne (1668 -), duc de Bouillon, d'Albret et pair de France, duc de Château-Thierry et pair de France, comte d'Évreux, d'Auvergne et d'Armagnac, vicomte de Turenne, baron de La Tour-Montgascon, Grand chambellan de France, sans postérité.

Amant de Marie Anne de Bourbon (1697-1741) (dite ), de Melun l'aurait épousé secrètement en 1719.

Ascendance

Annexes Bibliographie

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

Liste des princes d'Épinoy ; Liste des marquis de Roubaix ; Liste des comtes de Saint-Pol ; Maison de Joyeuse ; Liste des ducs de Joyeuse ; Armorial des Pairies de France sous l'Ancien Régime ;

Liens externes

Louis 02 Louis 02 Catégorie:Duc de Joyeuse Catégorie:Mort causée par une attaque animale Catégorie:Mort dans un accident de chasse Catégorie:Naissance en octobre 1694 Catégorie:Décès en juillet 1724 Catégorie:Marquis de Roubaix Catégorie:Prince d'Épinoy Catégorie:Décès à 29 ans