Cet article situe les événements des sept parties constituant À la recherche du temps perdu, œuvre romanesque de Marcel Proust. Il convient de préciser que le romancier introduit très peu de repères temporels dans son œuvre et qu'ils sont parfois contradictoires. Les dates qui suivent sont donc indicatives.
Chronologie Avant le narrateur NB Le narrateur est deux fois appelé MarcelProust, Marcel - À la recherche du temps perdu - Quarto Gallimard p. 1658 - « ... elle disait : 'Mon' ou 'Mon chéri' suivis de l'un ou l'autre de mon nom de baptême, ce qui, en donnant au narrateur le même prénom qu'à l'auteur de ce livre, eût fait : 'Mon Marcel' ou 'Mon chéri Marcel'. » 1879 Mariage des parents du narrateur. Swann fait la connaissance d'Odette. 30 janvier : Grévy président de la République. 18 décembre : fête de Paris-Murcie. Fin 1879 : Swann « fait catleya avec Odette ». 1880 Les rapports de Swann et d'Odette se dégradent. Juin : Swann, à la soirée Saint-Euverte, entend de nouveau la petite phrase musicale. Juillet : naissance du narrateur. Octobre-novembre : naissance d'Albertine et des jeunes filles en fleurs, de Morel, de Vinteuil et de Gilberte, la fille d'Odette. Fin 1880-début 1881 : Odette participe à une croisière en Méditerranée qui dure deux ans.
1881 Début de l'année : Swann rencontre dans un omnibus Cottard qui lui dit qu'Odette l'adore. Sa jalousie calmée, Swann part pour Combray rejoindre de Cambremer-Legrandin.
Enfance du narrateur 1885 Le narrateur fait avec sa mère une visite de Nouvel An à la tante Léonie qui vient toujours passer l'hiver à Paris. Il doit donner une pièce de 5F à Françoise. 1888 Il se rend chez son oncle Adolphe qui reçoit Odette ce jour-là ; l'oncle est ensuite exclu de la famille et n'est plus reçu à Combray. 1889 Swann épouse Odette. 1890 Le narrateur doit aller se coucher sans recevoir le baiser de sa mère quand Swann vient à Combray chez tante Léonie. 1892 Vacances à Combray. Il fait des promenades vers Tansonville où il voit Gilberte et vers Guermantes dont il n'atteindra jamais le château. Il s'intéresse à deux dames. À Combray, il assiste au mariage de la fille du docteur Percepied et voit la duchesse de Guermantes. À Paris, il va voir Swann. 1894 La fille de Vinteuil mène une vie scandaleuse avec son amie. Le narrateur (14 ans) se masturbe et connaît, pour la première fois, l'amour avec une de ses cousines sur le canapé de tante Léonie. Celle-ci meurt à l'automne. Il en hérite. Il lit Augustin Thierry. Françoise, la servante de tante Léonie, passe au service de ses parents. Adolescence 1895 Début de l’année : le narrateur (15 ans) espère visiter Florence et Venise, mais, malade, doit y renoncer. Aux Champs-Élysées, il fait la connaissance de Gilberte. Il va voir la Berma au théâtre. M. de Norpois vient dîner chez ses parents. Il parle de la visite du roi Théodose.
1896 janvier : le narrateur propose à Gilberte de bâtir une amitié neuve. Mais, après un début heureux, leurs relations se dégradent. Octobre : il sort encore avec Gilberte et ses parents et rencontre la princesse Mathilde lors de la visite en France de Nicolas II (7 octobre). À cette époque (16 ans), Bloch le conduit chez une entremetteuse. 1897 janvier : le narrateur constate qu’il n'a pas réussi à conquérir le cœur de Gilberte. de l’année : il a 17 ans et fait partie de la cour d'Odette. Il garde le souvenir du mois de mai. Juin-juillet : il va à Combray pour l’enterrement de la mère de tante Léonie, se promène dans la campagne et voit la vie scandaleuse menée à Montjouvain par Vinteuil et son amie après le décès de Vinteuil. Août : il fait la connaissance des jeunes filles en fleurs à Balbec. Novembre. Début de l’affaire Dreyfus : publication du bordereau. Déménagement des parents du narrateur qui habitent désormais un appartement dans l'hôtel des Guermantes. Le narrateur s'éprend de Mme de Guermantes. Il la suit dans la rue. Il va à l’opéra pour une soirée de gala. Il entend la Berma pour la deuxième fois. Fin de l'année et début de l'année suivant. Le narrateur est à Doncières pour tenter de convaincre Saint-Loup de le mettre en relation avec la duchesse de Guermantes, sa tante.
Débuts mondains 1898 10 janvier : procès Esterhazy. 11 janvier : il est acquitté. 13 janvier : Dans la foulée Zola publie « J'accuse ». Du 7 au 23 février : procès de Zola devant les Assises. Bloch y assiste. Condamnation de l'écrivain qui fait appel du jugement et sera de nouveau jugé en juillet. Printemps après avoir entendu sa grand-mère au téléphone le narrateur rentre à Paris. Il prend conscience que sa grand-mère est malade. Le narrateur fait la connaissance de la maîtresse de Saint-Loup, une actrice. Il reconnaît en elle Rachel-Quant-Du-Seigneur, une prostituée dont il a fait la connaissance quelques années auparavant. Il les accompagne au restaurant. Il assiste à une représentation dans laquelle joue Rachel. Le soir il fait son entrée dans le salon de Mme de Villeparisis. Juin : mort de la grand-mère du narrateur. Le narrateur ne reprend sa vie mondaine qu'en décembre. Hiver : il assiste à un dîner chez la duchesse de Guermantes.
1899 Il est invité à la soirée de la princesse de Guermantes. Dans l'après-midi précédant cette soirée il découvre la conjonction Charlus-Jupien. 3 juin : Picquart sort de prison. Swann est mourant.
1900 Sur l'ordre des médecins, le narrateur (20 ans) part pour Balbec où il a séjourné en 1897. M. de Charlus fait la connaissance de Morel (20 ans) qui fait son service militaire à Doncières. À la Raspelière, Morel est invité à jouer Fêtes de Debussy. Le narrateur et Albertine sont reçus chez les Verdurin (vingt ans après Swann et Odette). Mai : Sarah Bernardt joue L'Aiglon. Le narrateur reste à Balbec jusqu'au 15 septembre. À partir de cette date : Albertine demeure chez lui à Paris.
Note : à partir de La Prisonnière, Proust n'a pas eu le temps d'harmoniser sa chronologie, déjà problématique. Voir ci-dessous plusieurs anachronismes, par exemple la naissance et la mort de certains personnages, ou encore certains faits historiques anticipés ou bien retardés par la chronologie.
Le narrateur adulte 1901 Le narrateur vit avec Albertine. Hiver : visite à la duchesse de Guermantes. Charlus a 62 ans. Albertine quitte définitivement le narrateur. Il invite une petite fille chez lui pour diminuer sa tristesse, ce qui pousse les parents de celle-ci à porter plainte contre lui pour détournement de mineur. Plus tard il parle de Rosita accolée à Doodica que Barnum montre à cette époque. Printemps : Albertine s'enfuit et meurt dans un accident. Il commence à oublier Albertine le dimanche de la Toussaint.
1902 Début de l'année : conversation avec Andrée. Printemps : séjour à Venise. Il voit de Villeparisis et M. de Norpois vieillis, ils ont plus de 80 ans. Il s'éprend d'une marchande de verrerie de 17 ans (âge d'Albertine à Balbec). À Venise, un musicien chante Sole mio (créé en 1898). Gilberte annonce son mariage avec Robert de Saint-Loup. Été : à Balbec. Gilberte est grosse.
1903 Gilberte accouche d'une fille ( de Saint-Loup dans La Recherche). Il fait son service militaire. 19?-1914 Le narrateur vit souvent en maison de santé. 1907 Affaire Eulenburg.
1909 Les Ballets russes. 1914 À cause de la guerre, Gilberte part pour Combray.
1916 Début de l'année : Saint-Loup meurt au front, funérailles à Combray. Mort de M. Verdurin, sa femme épousera ensuite le duc de Duras et le prince de Guermantes ruinés par la Révolution en Bavière. 1918 Novembre : promenade sentimentale et nostalgique au bois de Boulogne. 1919 Début de l'année : le narrateur est souffrant, la grippe règne. Épisode de la madeleine qui lui rappelle Combray. Mai-juin : revenant d'une maison de santé, il se rend à une matinée de la princesse de Guermantes ; il a 39 ans, rencontre le duc de Guermantes (83 ans) et demande à voir de Guermantes (16 ans). Il décide d'écrire la Recherche, c'est le plus beau jour de sa vie (le plus mauvais ayant été le soir de 1890 où sa mère lui refusa son baiser). Par volume Du côté de chez Swann « Combray I » Lors de nuits d'insomnies (après 1919) le narrateur se souvient de son enfance. À Combray, il vivait le drame du coucher (1883-1892) ; un soir où Swann vient en visite, sa mère refuse de lui donner un baiser (1890) Le souvenir revient de manière involontaire lorsque le narrateur goûte une madeleine trempée dans le thé (hiver 1919). « Combray II » (1883-1892) Les dimanches à Combray, matinées et après-midis ; les samedis ; les dimanches soir ; les deux côtés de Combray ; le côté de Méséglise, avec Montjouvain et Vinteuil à la mauvaise réputation ; le côté de Guermantes, et ce que ce nom mythique évoque au narrateur. Retour au dormeur éveillé. « Un amour de Swann » (1879-80) Le petit noyau des Verdurin ; premier dîner de Swann chez eux, où il entend la sonate de Vinteuil ; il devient fidèle du salon alors qu'il fait la cour à Odette ; il la possède un soir grâce à un cheval et des catleyas ; Swann est amoureux et entretient Odette ; Forcheville apparaît chez les Verdurin ; Swann devient jaloux ; les Verdurin décident de séparer les deux amants ; alors qu'il est délaissé, Swann passe une soirée chez la Marquise de Saint-Euverte ; son amour disparaît petit à petit par l'éloignement et les révélations sur le passé d'Odette. « Noms de pays : le nom » Pendant ses nuits d'insomnie (après 1919), le narrateur rêve sur Balbec et le pouvoir des noms de pays. Il rencontre Gilberte aux Champs-Élysées (1895) ; Épisode du Bois de Boulogne.
À l'ombre des jeunes filles en fleurs « Autour de Madame Swann » (1895-1897) Swann est devenu le mari d'Odette ; le narrateur voit la Berma dans Phèdre ; M. de Norpois dîne à la maison (fin 1895) ; le narrateur retrouve Gilberte aux Champs-Élysées ; elle l'invite à des goûters chez elle, il découvre la famille Swann ; au cours d'un dîner chez eux, il rencontre l'écrivain Bergotte ; Bloch initie le narrateur à la sexualité (automne 1896) ; il décide de renoncer à voir Gilberte mais continue à aller voir sa mère (mai 1897). « Noms de pays : le pays » (été 1897, même si Proust compte 2 ans entre les deux parties) Le narrateur part en train avec Françoise et sa grand-mère pour Balbec ; il y découvre le Grand-Hôtel, ses clients, ses employés, rencontre de Villeparisis, M. de Charlus et Robert de Saint-Loup ; il dîne chez Bloch ; Saint-Loup a une maîtresse, prend des photos de la grand-mère du narrateur. Il rencontre la bande des jeunes filles en fleurs ; il va souvent dîner au restaurant à Rivebelle avec Saint-Loup ; au cours d'une visite au peintre Elstir, il a l'occasion de rencontrer Albertine ; Saint-Loup part ; Albertine et le narrateur se découvrent ; si Gisèle le tente un moment, il aime finalement Albertine ; le séjour à Balbec se termine.
Le côté de Guermantes I La famille du narrateur s'installe dans un nouvel appartement dépendant de l'hôtel des Guermantes (fin de l'été 1897) ; il se rend à l'opéra entendre la Berma dans un acte de Phèdre et y voit le tout Faubourg Saint-Germain (automne 1897) ; par la suite, il guette chaque matin la duchesse de Guermantes ; il se rend à Doncières (fin de l'automne) pour voir son ami Saint-Loup qui y est en garnison mais n'y reste qu'une quinzaine de jours car la maladie de sa grand-mère précipite son retour ; reprennent alors les promenades matinales pour se rapprocher de la duchesse.
(une journée de Pâques 1898) le narrateur accompagne Saint-Loup en visite chez sa maîtresse en banlieue, puis rentre à Paris et dîne au restaurant avec eux ; va au théâtre ; puis à la soirée de de Villeprarisis, où il est invité à dîner et où il observe la duchesse de Guermantes, Bloch, M. de Norpois, le duc de Guermantes, Swann, le baron de Charlus et de nombreux autres invités ; à son départ, Charlus lui propose de lui servir de guide.
(quelques semaines plus tard, au milieu de l'été) La grand-mère du narrateur a une attaque.