thumb|Blason d'Hyères Cette chronologie d'Hyères liste les principaux événements historiques qui ont jalonné l'histoire de la ville française d’Hyères, située dans le département du Var en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Préhistoire

3000 avant notre ère, l'archipel est habité. Antiquité

Au avant notre ère, des marins grecs de Massalia installent sur les rives de la Méditerranée un comptoir commercial fortifié au lieu-dit L'Almanarre (mot arabe qui signifie phare, point de reconnaissance pour les navigateurs). Ce comptoir se nommera Olbia (« L'Heureuse » en grec). Leur présence s'est peu à peu étendue jusqu'à Giens. La justification de ce bastion fortifié est de sécuriser la navigation côtière vers l'Italie à la suite des incursions des « barbares » Ligures. Vu la situation de L'Almanarre, on ne peut expliquer cette présence que par une « passe » dans le double tombolo de la Presqu'île de Giens. C'est une caserne de de côté constituée d'un double mur avec des tours aux angles et sur le périmètre. Une porte s'ouvrait à l'est, vers le port aujourd'hui ensablé. L'intérieur est découpé en quatre par deux artères. Chaque quartier est composé de dix îlots d'habitation séparés par des ruelles de de large. À ceux-ci viennent s'ajouter deux sanctuaires à Aphrodite et Artémis. On pense que la population pouvait se situer entre 800 et 1000 habitants. Au avant notre ère, c'est au tour des Romains de s'établir sur la commune lorsqu'ils fondent Pomponiana, une station de galères à proximité d'Olbia la grecque.

Moyen Âge

578, destruction d'Olbia par Gontran , roi des Francs. En 963/964, deux documents citent Hyères pour la première fois dans l'histoire : une bulle du pape Léon VIII et une charte de Conrad, roi de Bourgogne et de Provence, concèdent Hyères et ses alentours ou en confirment l'attribution à l'abbaye bénédictine de Montmajour. Il est fait mention de salines et de pêcheries. Vers la fin du , après l'expulsion des Sarrasins du Fraxinet en 972, la seigneurie d'Hyères, qui fait partie des terres libérées, échoit aux seigneurs de Fos par décision du comte de Provence Guillaume , dit le Libérateur. Ce territoire, d'une profondeur de 8 à , inclut les îles d'Hyères. Sans doute dès la première moitié du , ceux-ci y construisent le château. 1056, une charte mentionne la fondation par Guy et Astrude de Fos de l'église Saint-Nicolas située à l'est du Gapeau, à l'angle nord-ouest des salins-d'Hyères, et la dote, entre autres, de « la dîme sur la chasse aux lapins des îles ». L'acte évoque aussi la donation d'« une maison jouxtant l'église Saint-Paul, et située sur la place du marché », place sur laquelle se tiennent des foires. L'église Saint-Nicolas, avec tous les biens et droits qui y sont liés, est placée sous la tutelle du chapitre de la cathédrale Saint-Étienne et Saint-Trophime d'Arles. Le lieu-dit Saint-Nicolas témoigne encore de l'emplacement de cette chapelle aujourd'hui disparue (elle figurait encore sur un plan de la fin du . 1062, donation par l'évêque Rostaing et ses frères Amiel et Gui, tous trois fils du Gui de Fos déjà cité, des églises Saint-Michel et Saint-Georges à l'Abbaye Saint-Victor de Marseille. Les terres de la première se situaient au voisinage d'une source nommée Alma Narra, ce qui la place sur la colline de Costebelle. La seconde était située à l'est des salins, entre les Bormettes et Léoube. Dans cette charte, Hyères est citée en tant que castrum Heras : c'est la première mention de fortifications. 1075, nouvelle donation par Rostaing et Amiel de salines de l'étang de Fabrégat à l'abbaye de Saint-Victor. Cette charte signée dans la chapelle Saint-Benoît des Salins évoque le castellum (château) d'Hyères (Eiras). En 1112, la maison de Barcelone hérite du comté de Provence par mariage, cette succession est contestée par le comte de Toulouse. 1156, l'archevêque d'Arles cède à l'ordre du Temple, contre un cens annuel, l'église rurale de Saint-Martin, située au sud-ouest de la ville. Les Templiers s'en désaisissent en 1166. Elle est alors cédée à la prévôté de Pignans, là aussi contre un cens annuel. Au (1182), sur décret d'Alphonse , comte de Provence), est construite l'église romane de Saint-Paul en plein cœur de la ville fortifiée pour relayer la vieille église Saint-Pierre. Ces deux églises passent alors sous le contrôle du diocèse de Toulon. 1187, une guerre oppose deux membres de la maison de Fos, Guy et Amiel, co-seigneurs du château d'Hyères, à la famille des Porcelets d'Arles. Cette guerre se solde par la victoire de la famille des Porcelets qui devient coseigneur de Fos en 1188. 1192, le comte de Provence envoie des troupes pour attaquer par surprise le château. Prévenu, Amelin de Fos, quitte Marseille et force les soldats du comte de Provence à se réfugier dans le château. Ildefonse accourt également mais se fait battre. 1198, mention d'une maison du Temple à Hyères et de son commandeur Jordan. Elle était alors située un peu en dehors et en contrebas de l'enceinte urbaine. Selon des documents postérieurs, les possessions des Templiers incluaient également un « cazal », domaine agricole entouré de terres particulièrement bien entretenues. Les Templiers disposaient de vignes, de terres labourables et d'oliveraies tout autour de la ville. Ces terres servaient à fournir tout ce dont pouvaient avoir besoin les troupes luttant en Espagne et en Terre sainte. Leur pouvoir s'étendait jusqu'à Toulon où ils possédaient des installations portuaires. Des possessions hyéroises, il ne subsiste plus que la tour-chapelle Saint-Blaise dite aussi tour des Templiers. Une étude archéologique récente date la construction du dernier tiers du . 1216, Raymond-Geoffroy de Fos, privé de ressources, vend pour sols royaux à la communauté de Marseille ses possessions à Hyères (un 1/) et la terre de Brégançon, ainsi que les salines des Îles d'Or, qui lui venaient de sa mère. 1230, les Franciscains s'installent en Provence. La famille de Fos creuse deux tombeaux devant l'église qui deviendra Saint-Louis. 1219, Amiel de Fos conteste la vente faite par Raymond-Geoffroy en 1216, puis renonce à faire valoir ses droits contre sols royaux. 1221, un second compromis est signé à Six-Fours entre la ville de Marseille et celle d'Hyères par Amiel de Fos et Roger son fils. L'église Saint-Paul est citée pour la première fois en tant qu'église paroissiale. 1223, la vente de Hyères et Brégançon à Marseille faite par Raymond-Geoffroy de Fos en 1216 est confirmée par le comte de Provence Raymond-Bérenger, et acceptée par les autres coseigneurs d'Hyères Amiel, Roger et Bertrand de Fos, et les quatre frères de Raymond Geoffroi. 1240, frère Hugues de Digne, prédicateur et clerc bien connu au-delà de la Provence, et sa sœur, Sainte Douceline, fondent à Hyères les Dames de Roubaud. Deux franciscains hyérois fondent les frères de la pénitence du Christ, appelés « Sachets » à cause du manteau en toile de sac qu'ils portaient, à la suite de la prédication d'Hugues de Digne : allez dans les bois et apprenez à vous nourrir de racines, car les tribulations approchent. En 1244, Hugues de Digne fait un prêche devant le pape et les cardinaux à Lyon. En 1254, Saint Louis, roi de France, débarque à Hyères, à l'Ayguade, de retour de la croisade. Il est l'invité du seigneur de Fos, et, en cette occasion, il assiste à un prêche du frère franciscain Hugues de Digne. Le 14 septembre 1257, les Fos doivent vendre tout ce qui leur reste de « Hyères, son château, sa ville, son territoire, ses îles » au comte de Provence, Charles d'Anjou. Ce dernier y installe un viguier, son représentant, et entreprend de réaménager la cité et le château. C'est de cette époque que datent les plus vieux vestiges. Mort d'Hugues de Digne (peut-être 1256 ?). En 1260, sous l'impulsion de saint Bonaventure, les franciscains créent le couvent des Cordeliers. 1268, l'église Saint-Paul est attribuée à l'archiprêtre du chapitre de la cathédrale. 1274, mort de sainte Douceline, qui aura, avec son frère Hugues de Digne, laissé une forte empreinte franciscaine sur la Provence. Fin du , à la suite de la chute de Saint-Jean-d'Acre (1291), l'ordre des Templiers périclite et la maison de Hyères est regroupée avec celle de Peirassol sous l'autorité de Raymond des Angles. Début du , la ville, avec 825 feux (soit environ ) est la huitième ville provençale. 1308, arrestation de tous les Templiers de Provence. À Hyères, ils ne sont plus que quatre, commandeur compris. Les biens sont donnés à l'ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem et affectés à la Commanderie Hospitalière de Beaulieu. La chapelle est donnée aux Pénitents Bleus. En 1323, lors de la tournée d'inspection ordonnée par le roi Robert d'Anjou, le commissaire Robert de Milet met les habitants en demeure : se replier vers le château et la ville haute ou fortifier la ville basse. La communauté choisit de bâtir et consolider ses remparts, créant une troisième enceinte urbaine flanquée de tours crénelées.. La première enceinte est restreinte, entourant le château. Elle comportait deux portes : l'une au sud, flanquée de deux tours, constituait l'entrée principale du château, l'autre à l'ouest, s'ouvrait vers Toulon et la campagne. Cette deuxième porte était protégée par une tour ronde formant saillie, et abritant une citerne, un corps de garde et un poste d'observation. La deuxième enceinte part de la première et se dirige vers l'est jusqu'à la porte de Pierrefeu. De là, elle descend au sud puis au sud-ouest jusqu'à la porte de Barue (basse-rue), suit l'esplanade de la Barbacane jusqu'à la porte de Saint-Paul (toujours debout) puis remonte au nord pour rejoindre la première enceinte. La troisième enceinte part de la porte Cafabre, descend vers la rue de Limans qu'elle suit, puis tourne vers la porte du Fenouillet. Elle atteint ensuite la porte du Portalet où se trouvait le centre de collecte de l'impôt, suit la rue des Porches jusqu'à la porte de la Rade, remonte au couvent des Cordeliers (église Saint-Louis) pour se rendre à la Porte-Neuve. De là, elle rejoint la deuxième enceinte au niveau du couvent de Saint-Bernard. 1347, la Peste noire, arrivée par Marseille, ravage la Provence et emporte plus du tiers de la population. 1348, la reine Jeanne autorise une « rue franche » en échange d'une garde nuit et jour. 1371, des accords entre les franciscains et le diocèse réglementent la « concurrence » entre Saint-Louis et Saint-Paul. 1382, mort de la reine Jeanne, sa succession va engendrer la division de la Provence entre Louis d'Anjou et Charles de Duras. Aix-en-Provence rallie les communautés sous le contrôle de ce dernier. C'est l'Union d'Aix. Le château passe sous le contrôle de Spinola. 1387, Spinola change de camp et se rallie à la veuve de Louis d'Anjou, Marie de Blois. Il profite de sa situation pour piller toute la côte. Au , la population quitte l'escarpement et le château pour s'installer dans la plaine côtière. Le château est reconstruit par les ducs de Provence, pour qui les salins étaient une richesse de première importance, et agrandi jusqu'au . , la garde du château est assurée par Arnaud de Villeneuve, de la famille des ducs de Trans. Le roi René engage la ville et son château contre florins d'or à Louis de Beauveau afin de poursuivre son rêve italien. L'évêque de Toulon (Jean d'Étienne), apprécie beaucoup Hyères et y installe une cour épiscopale, bénit le saint chrême de Saint-Paul et y transfère ses ornements pontificaux, au grand dam de Toulon et du Saint-Siège. En 1427, l'évêque Nicolas Dragonnis s'installe à Hyères, les Toulonnais alertent Pierre de Beauvau. Celui-ci exerce son autorité comtale, et fait céder Nicolas Dragonnis. En 1458, Hyères signe la convention du Béal de Jean Natte 1471, la ville compte à peine . 1479, dans une supplique au roi René d'Anjou, la ville se déclare ruinée suite à une épidémie de peste et obtient une dispense d'impôtsArchives des Bouches-du-Rhône B 18 f 98.