Pierre Bédier, né le à Mont-de-Marsan (Landes), est un homme politique français.

Membre du RPR, de l’UMP puis de LR, il est député des Yvelines de 1993 à 2009, maire de Mantes-la-Jolie de 1995 à 2005, secrétaire d'État chargé des Programmes immobiliers de la justice de 2002 à 2004 et président du conseil départemental des Yvelines de 2005 à 2009 et depuis 2014.

Il est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et six ans d’inéligibilité pour « corruption passive » et « recel d’abus de bien sociaux » en 2009..

Biographie

Jeunesse et formation Né à Mont-de-Marsan, il arrive à l'âge de dix ans à Poissy.

Diplômé de l’Institut d'études politiques de Paris (promotion 1980). et de l'École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC, promotion 1983.), Pierre Bédier crée en l'agence de communication DB2A, dont il assure la direction jusqu'en 2000.

Parcours politique C'est au côté de Jacques Chirac qu'il entre en politique, en 1976. Il se définit comme gaulliste..

Il commence sa carrière à Poissy, comme conseiller municipal. Élu député dans les Yvelines en 1993, il participe à la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1995. mais refuse d'entrer au gouvernement Juppé pour se consacrer à Mantes-la-Jolie, dont il est élu maire en juinFabrice Tassel, « La chute des "Kennedy du 78" », liberation.fr, 21 janvier 2004..

En , il est nommé secrétaire d'État chargé des Programmes immobiliers de la justice dans le gouvernement Raffarin. Il est alors chargé de construire de nouvelles prisons, conformément aux engagements du ministre de la Justice, Dominique Perben. Il se prononce pour l'individualisation des peines au nom du christianisme.. En , il se réfère à cette expérience ministérielle pour réclamer l'isolement des terroristes djihadistes incarcérés..

En , après avoir été frappé d’inéligibilité et avoir été condamné pour détournement de fonds publics, Pierre Bédier devient « chargé de mission bénévole » au cabinet du maire de Mantes-la-JoliePierre Bédier rebondit à Mantes-la-Jolie, Le Parisien, 21 septembre 2009]. Cette nomination par arrêté municipal est contestée par les élus du Parti socialiste de la ville, qui déposent un recours auprès du tribunal administratif et demandent au sous-préfet de se prononcer sur la légalité de cet arrêté. Le , Pierre Bédier annonce qu'il démissionne de ce postePierre Bédier démissionne de la mairie de Mantes-la-Jolie, Le Parisien, 23 novembre 2009, après avoir dû renoncer à un autre contrat de chargé de mission à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-YvelinesL'Express, 18 novembre 2009 : « Pierre Bédier renonce à sa mission ». Il se consacre alors à des activités de conseil en France et à l'international.

En , il retrouve son éligibilité. Après la démission de Michel Vialay, qui l'avait remplacé au conseil général., Pierre Bédier se présente à une élection partielle dans le canton de Mantes-la-Jolie : le , il est réélu avec 60,23 % des voix (l'abstention atteint 72,50 %).

Le , à la suite de la démission planifiée d'Alain Schmitz, il est réélu à la présidence du conseil général des Yvelines. L'année suivante, il mène à la victoire la coalition de droite « Ensemble pour les Yvelines » (UMP-UDI-DVD), qui réalise le « » lors des élections départementales de 2015 dans les Yvelines. Le , il est réélu président du conseil départemental des Yvelines à l'unanimité des suffrages..

Pierre Bédier soutient Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite de 2016. Il se rallie ensuite à François Fillon.. En 2017, il choisit de soutenir Laurent Wauquiez pour l'élection à la présidence de LR..

Pierre Bédier annonce qu'il votera en faveur d'Emmanuel Macron face à Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2017.

En , il annonce sa candidature à la présidence de la fédération Les Républicains des Yvelines, dont les élections auront lieu en . Avec les députés Olivier Marleix et Bernard Reynès, Pierre Bédier fait partie des triumvirs chargés par Laurent Wauquiez de conduire un audit des fédérations départementales de LR.. Le , il l'emporte avec 58,8 % face à Alexandra Dublanche, soutenue par Valérie Pécresse..

En , il se présente à nouveau à la présidence du conseil départemental des Yvelines (anciennement appelé conseil général) à la tête de sa coalition « Ensemble pour les Yvelines » (LR-UDI-DVD) et est réélu.. À la suite des élections départementales de 2021 dans les Yvelines , il n'y a toujours aucun élu d'opposition siégeant au conseil départemental yvelinois, le groupe politique de Pierre Bédier ayant raflé l'ensemble des 21 cantons.

Il entre en conflit avec le maire de Mantes-la-Jolie, Raphaël Cognet, son ancien collaborateur qu'il avait désigné pour devenir maire. Ce dernier a en particulier effectué un signalement à la police à propos du marché du Val Fourré, conduisant à une enquête et à l’inculpation du premier adjoint au maire et de plusieurs placiers, accusés d'avoir racketté des commerçants. Raphaël Cognet est cependant élu en malgré une liste concurrente sur laquelle figurait Pierre Bédier, qui n'est pas réélu au conseil municipal.

Il annonce quitter Les Républicains à la suite de l'annonce d'Éric Ciotti de vouloir faire alliance avec le RN pour les élections législatives anticipées de 2024..

Actions Rénovation urbaine Pierre Bédier est à l'origine de la transformation du quartier du Val Fourré, entreprise dès son premier mandat en 1995(reportage France2 d'avril 2013)..

En , le conseil départemental des Yvelines adopte un « plan d'amorce à la rénovation urbaine », doté de plus de d'euros, visant à aider les communes et les communautés urbaines à mener à bien des opérations de rénovation des quartiers prioritaires de la ville (QPV).. Le , il présente le plan yvelinois d'amorce à la rénovation urbaine, en présence de Jean-Louis Borloo, ancien ministre de la Ville, et de Catherine Arenou, vice-présidente du conseil départemental chargée de la politique de la ville.

Rapprochement des Yvelines et des Hauts-de-Seine

En , les assemblées départementales des Yvelines et des Hauts-de-Seine décident la création d'un établissement public interdépartemental. et lui confient des compétences jusque-là assumées par les deux départements, notamment l'entretien du réseau des routes départementales.. La société d'aménagement des Hauts-de-Seine et des Yvelines, Citallios, dont l'EPI est actionnaire majoritaire, est créée ; Pierre Bédier est son premier président de à ..

Le , les deux assemblées votent en faveur de la fusion des deux départements. Ce regroupement est rendu possible par deux lois sur l'organisation des collectivités territorialesLoi du 16.12.2010 et loi du 16.01.2015. Pierre Bédier et Patrick Devedjian, président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, justifient ce projet par souci d'économies budgétaires., le budget cumulé des deux collectivités avoisinant d'euros. Cette nouvelle entité serait « le moteur du développement économique de la région parisienne ». Le , Pierre Bédier et Patrick Devedjian annoncent le renforcement de ces liens dans plusieurs domaines : services sociaux, PMI, collèges, très haut débit, achat..

Lors de la campagne pour les élections départementales de 2021, il dit ne plus vouloir promouvoir la fusion des deux départementsEntretien accordé par Pierre Bédier au Courrier des Yvelines, 12 mai 2021..

Métropole du Grand Paris Pierre Bédier et les autres présidents des départements franciliens contestent les projets prêtés au gouvernement en matière de réforme du Grand Paris. Ils s'opposent notamment à la disparition des départements de la petite couronne au sein d'une métropole qui exclurait la grande couronne. Les élus départementaux y voient une volonté de recentralisation, qu'ils combattent en avançant leurs propositions, notamment la création d'un fonds d'investissement interdépartemental visant à financer de grands projets d'équipements.. Pour eux, la métropole du Grand Paris doit épouser les contours de l'Île-de-France.

Partisan de la décentralisation, Pierre Bédier souhaite que l'État accorde plus de libertés aux collectivités locales et reproche à Emmanuel Macron une défiance envers les élus locaux..

Filière automobile En tant que président du conseil général des Yvelines, , Pierre Bédier lance en un plan de relance et de soutien à la filière automobile estimé à d'eurosEnviron d'euros pour l'automobile Le Parisien, 27 février 2009. Ce plan est depuis appelé Vallée de l’Automobile et de la Mobilité Durable.

Il s'oppose en 2018 à la limitation de vitesse à , qui pénalise selon lui les Français habitant les zones rurales ou périurbaines.

Projet de circuit automobile Le , il présente, au nom du conseil général, le projet de circuit de Formule 1 à Flins-sur-Seine, limitrophe des Mureaux, sur des terres agricoles qui étaient cultivées à l'époque et qui sont maintenant en biohttp://www.leparisien.fr/yvelines-78/la-ferme-de-la-haye-cherche-un-repreneur-16-07-2008-51563.php http://www.aev-iledefrance.fr/images/stories/cpfermedelahaye16decembre2010.pdf www.flinssanscircuitf1, jouxtant l'usine Renault. Ce projet (circuit + salle de presse) a un coût initial estimé à d'euros. Confronté à des oppositions locales et à des difficultés techniques, le projet ne sera pas mené à terme..

Proximité avec les islamistes Une enquête du magazine Marianne publiée en 2020 dépeint l'instrumentalisation du « clientélisme communautaire » à des fins électorales par Pierre Bédier dans les Yvelines. Celui-ci a notamment contribué en 2018 à évincer Abdelaziz El Jaouhari, qui incarne une ligne « apolitique et modérée », de la présidence du Conseil des institutions musulmanes des Yvelines (Cimy), au profit d'une personnalité proche de la mouvance salafiste. Les notables religieux appartenant à ce courant font ouvertement campagne en faveur des candidats du parti Les Républicains en période électorale dans le département..

Dans son édition du , Le Canard enchaîné dénonce en outre des liens entre Pierre Bédier, ses services et des personnes proches de mouvements musulmans rigoristes. Faisant état d'enquêtes en cours, le journal décrit comment certains membres de ces communautés religieuses ont reçu de la part des équipes de Pierre Bédier un salaire pour un travail non déterminé, indique que des locaux leur ont été vendus pour des montants faibles par rapport au prix du marché, et dénonce la présence de personnalités issues de communautés religieuses du Val Fourré à l'entrée de bureaux de vote.

Lors de l'adoption de la « charte des imams » le , Pierre Bédier célèbre la mémoire de son ami, le défunt imam M'Hamed Rabiti, que Bédier qualifie de salafiste. Rabiti, qui appelait à voter pour lui devant les bureaux de vote., était proche du Tabligh, un mouvement islamique dont la formation Foi et Pratique rejette la charte, en particulier le paragraphe qui s'oppose à l'homophobie. Pierre Bédier critique dans le même temps, sans le nommer, Abdelaziz El Jaouhari, religieux président de la mosquée de Mantes-Sud prônant un islam de tolérance et défendant le droit à la caricature. Ce dernier a dénoncé publiquement un clientélisme de Bédier et de ses amis, et l’accuse de donner emplois et subventions contre des voix en sa faveurHervé Liffran, « Comment la charte des imams se fracasse sur des élus arrangeants », Le Canard enchaîné, édition du 10 février 2021.Hervé Liffran, « Anathèmes et coups de piston dans les mosquées des Yvelines », Le Canard Enchaîné, édition du 18 août 2021..

Affaires judiciaires

Affaire Bédier / Delfau

L'affaire Bédier ou affaire Delfau est une affaire de corruption concernant des élus des Yvelines, instruite par le juge Philippe Courroye.