Alice Fleury, épouse Durand, dite Henry Gréville, née le à Paris et morte le à Boulogne-Billancourt, est une écrivaine française.

Autrice prolifique, s’essayant au théâtre comme aux nouvelles, à la poésie comme au roman, elle a été à son époque, une écrivaine à succès aux sujets empruntés à la vie slave. Ses romans et nouvelles abordent toutes une thématique russe..

Biographie Fille du journaliste libéral Jean Fleury, Alice a été une enfant prodige. Son père, qui voulait un garçon, lui apprend à lire à trois ans et demi. Ses lectures favorites sont alors les contes de fées. Un jour qu’un livre italien racontant l’histoire du Stromboli lui était tombé sous la main, elle demande à son père de lui apprendre cette langue. Après l’italien, intéressée par les volcans et les mystères de la nature, elle demande à apprendre les sciences et l’astronomie. Plus tard, elle apprend l’anglais dans l’Histoire de Pickwick de Dickens. Après l’italien et l’anglais, elle apprend l’espagnol pour lire Don Quichotte, et commence à l’âge de sept ans et demi, à faire des vers, dont certains seront dans un journal à ses douze ans..

Maitrisant parfaitement le latin, à treize ans, elle traduit Télémaque en anglais, en italien, en espagnol. Elle s’adonnait également avec ardeur aux mathématiques et, sous l’influence de sa mère, chanteuse qui composait elle-même ses chants, entreprend sans succès l’étude du piano, faute de pouvoir s’accommoder de l’usage du métronome. Comme elle aime malgré tout la musique, son père l’inscrit à l’école de musique de Nanine Paris, où elle apprend la méthode Galin-Paris-Chevé, et maitrise suffisamment la science de l’harmonie pour que Félicien David lui prédise un grand avenir musical.

De bonne heure séparée de sa mère et placée en pension, elle est presque toujours première dans les concours, mais souffre d’isolement. Son père, après avoir consacré sa jeunesse à la défense des idées libérales, s’était éloigné volontairement du journalisme politique dès que la presse a cessé d’être libre, pour se consacrer à l’enseignement de la littérature française. Après le coup d’État de 1852, il a suivi une petite fille allemande d’Estonie, dont il était le précepteur, et dont la famille retournait dans son pays. Devenue la compagne de la disciple de son père, À quinze ans et demi, elle embrasse la tradition paternelle et donne, toute jeune, des leçons de grammaire, lecture et conversation française.

Installée à Pétersbourg, elle apprend très vite le russe et, au bout d’un an, lit Pouchkine, Lermontov, et Ostrovski, dont elle fera, par la suite, la connaissance., et entre comme institutrice dans les familles de la cour.. Son père devenu lecteur en littérature française à l’université impériale de Saint-Pétersbourg, elle y a également rencontré un de ses collègues, professeur de droit français et amateur d’art, Émile Durand, qu'elle épousera..

Lorsqu’elle est revenue en France en 1872, à la suite de son son mariage, pour s’établir définitivement à Paris, elle publiait déjà des romans en feuilleton dans le Journal de Saint-Pétersbourg, rédigé en français. Tous ses premiers ouvrages sont inspirés par la période russe de sa vie, et représentent la société de ce pays à l’époque contemporaine, ou dans un passé relativement récent. Elle traduisait aussi, avec l’aide de son mari, des contes et nouvelles d’Ivan Tourgueniev, que le Temps imprimait sous la signature des traducteurs « Durand-Gréville », en référence au berceau de Gréville de ses ancêtres. En revanche, elle sollicite en vain pendant quatre ans les journaux et des revues ; seul, le Journal de Saint-Pétersbourg accueillait et publiait ses romans, qui ont quelquefois été comparés à ceux de George Sand, dont ils possèdent la facilité et l’optimisme, sans en égaler le style et la sensibilité.

La mort de George Sand a coïncidé avec le début de ses succès. Quelques jours après cet événement, Dosia est reçu au Journal des débats et l’Expiation de Savéli, dont le manuscrit était déposé dès longtemps à la Revue des Deux Mondes, allait enfin paraître chez François Buloz, qui parlait couramment d’une nouvelle George Sand qu’il croyait, de bonne foi, avoir découverte. La publication de Dosia en feuilleton commença le , et celle de l’Expiation de Savéli, le . En peu de temps, elle a sept romans publiés dans sept journaux. Désormais prospère, elle voyage, se rendant successivement en Belgique, en Hollande, en Suisse et aux États-Unis.

Depuis cette époque, elle n’a cessé de publier des romans dans la Revue des Deux Mondes et le Journal des Débats qui avait été des premiers à i’accueillir et pour lequel elle a écrit spécialement sa dernière œuvre, la Mamselka. Rapidement devenue une romancière célèbre, la jeune écrivaine a aussitôt été assaillie de demandes. Faute de mieux, les directeurs de journaux reproduisaient ceux de ses romans qui avaient déjà paru en Russie ; La Patrie publie les Koumiassine, histoire d’une comtesse russe qui veut marier sa nièce sans lui demander son avis, et le Figaro la Princesse Oghérof Son succès est qu’Edmond About, alors directeur du va jusqu’à reproduire, en le payant, le roman de Sonia qui avait été proposé gratuitement en manuscrit à son secrétaire de rédaction.

Elle a aussi écrit dans d’autres journaux parisiens, comme la Nouvelle Revue. Celles de ses œuvres qui ont obtenu le plus grand succès sont : Dosia 1876 ; Suzanne Sornis, 1877; Sophia, même année ; le Violon russe, 1979; l’Héritage de Xénie, 1880 ; le Moulin Frappier, même année ; Rose Hozier, 1882 ; Louis Brénil, histoire d’un pantouflard, 1883 ; le Comte Xavier, 1886 ; la Fille de Dosia, 1887 ; le Passé, 1890 ; l’Héritière, 1891. etc. Elle a également rédig un manuel scolaire intitulé Instruction morale et civique des jeunes filles (1882). Son roman Dosia a obtenu le prix Montyon en 1878. Son manuel pour l’Instruction morale et civique pour les jeunes filles a été réédité 28 fois entre 1882 et 1891Martine Lafleur, Autour de la controverse soulevée par la mise à l’index de quatre manuels scolaires français à la fin du : l’appartenance sociale à la République française et la politisation de la différence des sexes, mémoire de maitrise, mars 1998, Université de Sherbrooke, Canada..

Entrée à la clinique des docteurs Sollier, où elle comptait faire une cure de repos, elle a succombé à une congestion foudroyante, au domicile conjugal. À l’issue d’obsèques au temple protestant de Boulogne-sur-Seine., elle a été inhumée au cimetière de Montmartre division., où le rejoindra, 12 ans plus tard, son conjoint, qui va alors consacrer les dernières années de sa vie à perpétuer la mémoire de son épouse., qui a laissé le souvenir d’un personne très généreuse.

Jugements

Hommages En 1904, la commune de Cherbourg (Cherbourg-en-Cotentin depuis 2016) a donné son nom à la place de la PoudrièreHenry Gréville sur WM, et les villes de Menton et d’Angers, où elle possédait une propriété., à une rue de leur ville.

Œuvres . . Pierrot ermite, comédie en 1 acte et en vers, Paris, troisième Théâtre-français, . "Denise : comédie en 3 actes en prose", Le Théâtre inédit du , Paris, Laplace, Sanchez et Cie, 1877. . . .

. La Maison de Maurèze, Paris, E. Plon et Cie, 1877. (roman, drame dans une famille aristocratique sous l'ancien régime) . L’Amie, Paris, E. Plon et Cie, 1878 (roman, Camille est amoureuse de Paul Brécard, l'époux de son amie d'enfance, Claire) Bonne-Marie Paris, E. Plon et Cie, 1878. (roman, une provinciale de la Hague monte à la capitale) . Marie sa fille, Paris, E. Plon et Cie, 1878. (roman, la bohème russe à Paris) Nouvelles russes (Stéphane Makarief, Véra, L'Examinateur, Le Meunier, Anton Malissof), Paris, E. Plon et Cie, 1878. Un violon russe, Paris, E. Plon, 1879. Ariadne, Paris, E. Plon et Cie, 1879. Croquis, Paris, E. Plon et Cie, 1880. (nouvelles russes : Lebeka, Le Rendez-Vous, La Juive de Roudnia, La Valse mélancolique, Les Vingt-cing Roubles de Nikita, Les Incendies en Russie, L'Ours blanc, Tante Marguerite, Lina, Jaloux, Le Bal du Gouverneur, Une Mère russe) Lucie Rodey, Paris, E. Plon et Cie, 1880. La Cité Ménard, Paris, E. Plon, 1880. L’Héritage de Xénie, Paris, E. Plon et Cie, 1880. (roman russe, la belle Xénie Mérief reste auprès de sa mère malade, devra-t-elle renoncer à se marier avec Paul Rabof ?) Le Moulin Frappier, Paris, E. Plon et Cie, 1881, deux tomes. (roman, l'ascension sociale d'une famille de meuniers normands) . Les Degrés de l'échelle, Paris, E. Plon et Cie, 1881. (roman, histoire d'une petite bourgeoise arriviste et égoïste) Perdue, Paris, E. Plon et Cie, 1881. (roman, Marcelle Monfort, après la mort de sa mère, finit par retrouver son père) Rose Rozier, Paris, E. Plon et Cie, 1882, deux tomes. (roman, à la suite de son mariage, R. Rozier, comédienne, n'arrive pas à s'adapter à la vie bourgeoise, à Chartres) Instruction morale et civique des jeunes filles, Paris, E. Weill et G. Maurice, 1882. Les Mariages de Philomène, Paris, E. Plon, 1882. Le Vœu de Nadia, Paris, E. Plon, 1883. Louis Breuil, histoire d'un pantouflard, Paris, E. Plon, 1883. Le Fiancée de Sylvie, Paris, E. Plon, 1883. Angèle, Paris, E. Plon, 1883. Une trahison, Paris, E. Plon, 1883. L'Ingénue, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1884. . Les Ormes, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1884. (roman, drame, Marcel Avellin épouse Julie Dannault mais en fait à une inclination pour Flavie Dannault, sa belle-mère) Folle-Avoine, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1884. Idylle, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1885. Le Mors aux dents, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1885. Clairefontaine, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1886. Cléopâtre, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1886. (roman russe, drame) . Frankley, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1887. Le Comte Xavier, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1887. Comédies de paravent, Paris, E. Plon, 1888. La Seconde Mère, Paris, E. Plon, Nourrit, 1888. Chant de noces, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1889. (roman, jusqu'où Albine Frédel supportera les infidélités de son époux, le compositeur Félix Armor) . . L'Avenir d'Aline, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1889. Un Mystère, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1890. Le Passé, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1890. . Aurette, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1891. L'Héritière, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1891. . Un vieux ménage, Paris, E. Plon, Nourrie et Cie, 1893. Jolie propriété à vendre, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1893. Fidèlka, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1894. (roman russe, drame). L'Aveu, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1894. , Paris, (roman, scènes de la vie familiale entre la province et Paris). Céphise, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1896. (publié sous forme de roman-feuilleton dans Le Temps du au ).(roman, la vie d'une famille bourgeoise où Céphise, par son charme et ses qualités, arrange bien des problèmes. Vie d'Hôtel, paru deux ans après, fait suite à ce récit). . Villoré, snobs de province, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1898. Vie d'Hotel - Impressions de Céphise, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1898. (roman, reprend les personnages du roman Céphise, la vie cosmopolite où l'on est toujours en déplacement est-elle si agréable ?) . Petite Princesse, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1899. Zoby, Paris, Plon et Nourrit, 1900. Le Cœur de Louise, Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1901. La Mamselka, Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1901. La Demoiselle de Puygarrou, Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1902. Le Roi des milliards, Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1907. Mon chien Bop et ses amis'', Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1910.

Textes en ligne . .

Notes et références Notes

Références

Bibliographie . . .

Liens externes

Catégorie:Romancière française du XIXe siècle Catégorie:Nom de plume Catégorie:Collaborateur du Gaulois Catégorie:Membre de la Société des gens de lettres Catégorie:Naissance en octobre 1842 Catégorie:Naissance dans l'ancien 10e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en mai 1902