Le musée des Arts et Métiers, ou MuAM, est un musée des sciences et des technologies, du Conservatoire national des arts et métiers, dans le de Paris. Labellisé « Musée de France » en 2002, c’est un musée de l'ÉtatDistinction mise en place par le décret du 24 janvier 1882 sous Jules Ferry, les autres établissements étant des « musées des villes et des départements ». placé sous la tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Fondé en 1794 sur une proposition de l'abbé Grégoire à la Convention nationaleAlain Mercier, Un Conservatoire pour les arts et métiers, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes », 1994., le Conservatoire des arts et métiers était à l’origine un établissement destiné à former des techniciens et des ingénieurs à l’aide de démonstrations réalisées à partir d’objets scientifiques et techniques. Si le Cnam est aujourd’hui un grand établissement d'enseignement supérieur et de recherche, son musée conserve l’ensemble des machines, modèles, dessins qui ont été utilisés tout au long des . Il poursuit l’enrichissement de ses collections, notamment avec la Mission nationale pour la sauvegarde du patrimoine scientifique et technique contemporain, qui lui a été confiée depuis 2003 par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la RechercheCatherine Cuenca, « Le patrimoine contemporain : mission nationale et programme européen », musée des Arts et Métiers, in La Revue, , musée des Arts et Métiers, février 2010..

Ce site est desservi par la station de métro Arts et Métiers. La station a été aménagée en 1994, à l'occasion du bicentenaire du Conservatoire, comme une introduction au musée, par le dessinateur belge François Schuiten.

Le bâtiment Le musée des Arts et Métiers est installé dans les bâtiments de l’ancien prieuré royal Saint-Martin-des-Champs. Nationalisé en novembre 1789, cet ensemble architectural considérable a été affecté au Conservatoire en 1798. Le musée occupe les corps de bâtiments où étaient logés les moines de l’ancienne communauté religieuse ainsi que l’ancienne église prieurale.

L’ensemble a été largement réaménagé sous la monarchie de Juillet et sous le Second Empire, sous la direction de l’architecte Léon VaudoyerLouis André, « Léon Vaudoyer et le Conservatoire des arts et métiers », musée des Arts et Métiers, La Revue, , musée des Arts et Métiers, septembre 1996.. Un décor néogothique habille ainsi la nef et le chœur de l’ancienne église. Les anciens bâtiments (antérieurs au ) sont classés au titre des monuments historiques depuis le .

De à , le musée est entièrement rénové dans le cadre des grands travaux de l'État.

Les collections vignette|left| Présentation des nouvelles salles en 1863 (le Monde illustré).

Les collections du musée des Arts et Métiers comptent actuellement près de numéros d’inventaire. Cela regroupe environ objets (dont photographies) et dessins techniques formant le « portefeuille industriel »Missions et activités, Paris, musée des Arts et Métiers, 2010.. Seuls environ objets sont présentés dans les galeries du musée, à Paris, le reste étant conservé dans des locaux spécialement aménagés et répondant aux normes de conservation préventive, à Saint-DenisBenjamin Poupin et Sylvie Maillard, « Les Arts et Métiers : visite aux réserves », musée des Arts et Métiers, La Revue, , février 2005 ; Élise Picard, Les Réserves, base stratégique du musée, musée des Arts et Métiers, la revue, 1996..

Les premières collections ont été réunies à l’initiative du mécanicien français Jacques de Vaucanson. En 1752, ce dernier installe à l’hôtel de Mortagne, rue de Charonne à Paris, un cabinet de mécanique où il donne des démonstrations, notamment avec les objets qu’il a conçus et construits, comme les automates. Certains d’entre eux, comme le moulin à organsiner la soie ou le métier à tisser les étoffes façonnées, sont parmi les plus anciens dans les collections du musée des Arts et Métiers. Afin de favoriser la diffusion des savoirs techniques autrefois réservés à une élite et diffusés par le biais des corporations et métiers, la Révolution va chercher à mettre à la disposition de tous les citoyens des collections scientifiques et techniquesClaudine Fontanon, « *Les origines du Conservatoire national des arts et métiers et son fonctionnement à l’époque révolutionnaire (1750-1815)* », Cahiers d’histoire du Cnam, , consultable sur le Conservatoire numérique des arts et métiers.. Après le Muséum national d'histoire naturelle, formé à partir de l’ancien Jardin du Roi, le Conservatoire des arts et métiers va réunir les collections de cabinets de physique d’aristocrates ou de l’ancienne Académie royale des sciences.

Claude-Pierre Molard, qui avait été démonstrateur puis conservateur du prestigieux cabinet de Vaucanson, légué au roi en 1782, devient le premier administrateur du Conservatoire.

Les galeries du musée ouvrent leurs portes en . Conformément à l’idée de l'abbé Grégoire, des démonstrateurs expliquent aux visiteurs le fonctionnement des machines. La collection va régulièrement s’enrichir, entre autres par le biais des expositions nationales des produits de l’industrie ou encore des expositions universelles, où le Conservatoire est généralement présentMarie-Sophie Corcy, « Exposer l’invention », musée des Arts et Métiers, La Revue, , musée des Arts et Métiers, février 2010.. La création d’un laboratoire expérimental de mécaniqueClaudine Fontanon, « Le laboratoire expérimental de mécanique » in Le Conservatoire national des arts et métiers au cœur de Paris, Paris, Action artistique de la Ville de Paris, 1994., au milieu des années 1850, l’installation d’une « salle des machines en mouvement » dans l’ancienne église prieurale et le développement de chaires d’enseignement technique donneront à l’institution l’occasion d’élargir le champ de ses collections. Aux instruments de mesure, toujours plus précis, s’ajouteront des modèles illustrant les perfectionnements industriels (papeterie, textile, arts du feu, génie civil, imprimerie, photographie, cinématographe, télégraphie, radiodiffusion, électricité, chemins de fer, aéronautique…). L’institution héberge, au début du , un musée de la prévention des risques au travail ainsi que l’Office national de la propriété industrielle, à l’origine de l’INPI. Transformé en « Musée national des techniques », à la fin des années 1950, sous l’impulsion de l’historien des techniques Maurice Daumas, le musée des Arts et Métiers illustre par l’objet tous les bouleversements industriels des . Tombé dans une certaine indifférence, le musée fait l’objet d’une profonde rénovation entre 1992 et 2000 pendant laquelle sera initié un immense chantier des collections (reprise de l’inventaire et étude des œuvres) alors que les bâtiments sont restaurés et réaménagés par Andrea Bruno et Luciano Pia. Les anciennes réserves, situées dans les combles du musée, sont installées dans un bâtiment moderne de François Deslaugiers, à Saint-Denis« Les Arts et Métiers : visite aux réserves », musée des Arts et Métiers, La Revue, , musée des Arts et Métiers, octobre 2005..

Exposition L’exposition permanente du musée des Arts et Métier (MuAM) est organisée en sept collections thématiques elles-mêmes subdivisées en quatre périodes chronologiques (avant 1750, 1750-1850, 1850-1950, après 1950) : instruments scientifiques, matériaux, construction, communication, énergie, mécanique et transports« Le Musée des Arts et Métiers », L’Usine nouvelle, hors série, 2000.. Des présentations complémentaires insistent sur des points particuliers : le laboratoire de Lavoisier, le théâtre des automates, les maquettes d’enseignement de madame de Genlis. L’ancienne église présente, entre autres, l’expérience de la rotation de la Terre à l’aide du pendule de Foucault.

Les instruments scientifiques sont représentés par les collections des cabinets de physique de Jacques Charles ou de l'abbé Nollet auxquelles viennent s’ajouter le laboratoire d’Antoine Laurent de Lavoisier, les machines à calculer de Blaise Pascal, les horloges de précision de Ferdinand Berthoud, les instruments utilisés par Léon Foucault pour mesurer la vitesse de la lumière, le cyclotron de Frédéric Joliot-Curie au Collège de France ou encore plusieurs objets illustrant les progrès de la robotique.

Les techniques de construction et de fabrication des matériaux sont représentés par la fabrication des textiles, de Vaucanson à la mécanisation de la fin du en passant par Jacquard, les arts du feu (verreries d’Émile Gallé et céramiques de la Manufacture de Sèvres et des verreries de Murano), le développement de la métallurgie, la mise au point de procédés de production à grande échelle (comme la galvanoplastie), l’élaboration de matériaux synthétiques… Les éléments mécaniques et d'automatisme sont présentés dans des vitrines du . Côté construction, on retrouve les outils (charpentier, maçon, tailleur de pierre) et les maquettes d’architecture (charpentes en bois, fermes métalliques, immeubles civils, ponts)… L'évolution de l’énergie est présentée par la machine de Marly, la machine de Watt, la pile de Volta et les premiers moteurs thermiques, le Diesel et le nucléaire.

L'évolution des transports et communications est exposée avec des véhicules allant du fardier de Joseph Cugnot jusqu’à la Ford T, de la locomotive de Stephenson au TGV, mais aussi avec la presse à bras et les satellites, avec le développement de l’imprimerie de masse, la radiodiffusion et la télévision, la photographie et le cinématographe, la téléphonie mobile ou encore Internet.

Dans l'ancienne église de Saint-Martin-des-Champs sont présentés les objets de plus grand volume : le pendule de Foucault, les avions de Blériot et de Breguet ou encore la machine à vapeur de Scott.

Entre 2010 et 2021, le modèle réduit de la statue de la Liberté de Bartholdi est exposé dans le square du Général-Morin, parvis du musée, puis envoyée une décennie aux États-Unis pour renforcer l’amitié franco-américaine..

Expositions temporaires thumb|Tricentenaire de l'Académie des Sciences (1666-1966) au musée du Conservatoire National des Arts et Métiers. Les expositions temporaires s’intéressent à des sujets scientifiques et techniques, en lien avec les collections du musée, en offrant parfois un regard alternatif. thumb|Ader Avion III, de Clément Ader, 1897, exposé dans l'escalier d'honneur du musée des Arts et Métiers.

Documentation scientifique et technique thumb|Médaille du Conservatoire national des arts et métiers, Monnaie de Paris. Le musée des Arts et Métiers (MuAM) dispose d'un centre de documentation de référence sur l'histoire des sciences et des techniques, proposant un fonds d'environ monographies et 150 abonnements à des périodiques spécialisés. Des collections de catalogues de constructeurs y sont également conservés, formant un fonds original en partie numérisé et accessible via le Conservatoire numérique des arts et métiers. La bibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers est également située dans le musée.

Photothèque vignette|Versions des calculatrices mécaniques de Blaise Pascal La photothèque du musée des Arts et Métiers conserve, gère et diffuse un fonds photographique de référence en histoire des sciences et des techniques. Constitué et enrichi depuis le début du , ce fonds est la mémoire du développement des sciences et des techniques, du à nos jours. Il est également le témoin photographique de l’histoire des lieux, des évènements et des manifestations scientifiques.

On peut découvrir dans la banque d’images les collections d’instruments scientifiques, de mécanique, matériaux, communication, construction, transports et les dessins du portefeuille industriel, ainsi que les lieux d’exposition, à l’exemple de l’église Saint-Martin-des-Champs, du théâtre des Automates, ou encore l’escalier d’honneur, écrin de l’avion de Clément Ader.

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