Si l'enseignement secondaire souffre de carences nombreuses, les universités américaines comptent parmi les meilleures du monde. Elles bénéficient de moyens financiers considérables : par exemple, le capital de l'université Harvard est supérieur à de dollars. Dans un pays fédéral comme les États-Unis, le système universitaire est décentralisé et les établissements d'enseignement supérieur sont très autonomes. À l'automne 2025, à la suite des politiques restrictives mises en place par la seconde administration Trump, le nombre d'étudiants étrangers s'inscrivant aux États-Unis a chuté (- inscriptions environ), ce qui entraîne une perte de revenus pour les universités (-7 milliards estimés, environ, pour l'année universitaire 2025-2026).
Historique Quelques dates de fondation : Université Harvard 1636 Université de Berkeley 1868 Collège de William et Mary 1693 Université Yale 1701 Université de Princeton 1746 Université de Pennsylvanie 1751 Columbia 1754 Université Brown 1764 Dartmouth College 1769 Université de Géorgie 1785 Université de Virginie 1819 Université de Chicago 1890 Les premiers colleges voient le jour dans les Treize Colonies à l'époque moderne : le plus ancien est Harvard, fondé au . La guerre d'indépendance américaine perturbe l'enseignement à la fin du , mais déjà cinq États mentionnent la nécessité d'une instruction publique dans leur constitutionBernard Vincent, La Révolution américaine 1775-1783, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 1985, tome 2, , p.169. Après la guerre, de nombreux établissements voient le jour dans le Sud, dont plusieurs universités d'État fondées sur le principe de laïcité.
La plupart des universités américaines pratiquent à leur naissance l'exclusion raciale et sexuelle. Les plus prestigieuses d'entre elles (Harvard, Georgetown, Yale, Brown) ont même largement bénéficié du travail des esclaves.. En 1873, la ville de Boston est la première à inaugurer une université où les femmes peuvent étudier toutes les disciplinesJohann Fleuri, « Emploi ou enfant, le dilemme nippon », article paru initialement en octobre 2015 sous le titre « Les Japonaises indésirables au travail », Manière de voir , décembre 2016-janvier 2017, ..
D'après le sociologue Rick Fantasia, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, les universités américaines
Après la Seconde Guerre mondiale, l'accès à l'université commence à se démocratiser. Le nombre d'établissements publics augmente et leurs frais de scolarité sont peu élevés. Les effectifs étudiants connaissent une progression spectaculaire : le nombre d'étudiants américains passe de 3,5 à dans les années 1960F. Martel, De la culture en Amérique, 2006, .. Ce phénomène s'explique par le baby boom, par la création d'un système d'université à l'ouest et au centre du pays, enfin par les donations faites par les grandes fondations.
Dans les années 1960, les campus universitaires, dont le plus contestataire est celui de Berkeley en Californie, manifestent contre la guerre du Viêt Nam. La principale manifestation étudiante eut lieu en 1970. Quelques jours après que la Garde nationale eut abattu des étudiants qui manifestaient contre l'extension au Cambodge de la guerre, des universités furent occupées dans tout le pays. Les étudiants réclament en outre des changements sociaux profonds. La politique de l'Affirmative Action (discrimination positive en français), lancée par Lyndon Johnson doit permettre aux Noirs d'intégrer plus facilement les universités américaines. La diversité ethnique devient donc un critère de sélection à l'entrée des facultésNicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l'Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005 , ..
À l'automne 2025, les politiques restrictives en matière d'immigration et de visas étudiants mises en œuvre par la seconde administration du président Donald Trump ont entraîné une baisse significative du nombre d'étudiants étrangers s'inscrivant dans les universités américaines, alors que les années précédentes, elles accueillaient plus de 1,1 million d'étudiants internationaux (dont plus de 50 % venant de Chine ou d'Inde) au cours de l'année universitaire 2023-2024, selon l'Institute for International Education, qui surveille les programmes destinés aux étudiants étrangers et qui partage les données récentes les plus complètes. Selon les premières estimations, cette chute est évaluée à environ inscriptions en moins par rapport aux années précédentes. (diminution d'environ 10 à 15 % du total des étudiants internationaux, voire de 30 à 40 % selon la NAFSA et l'association of International Educators. – une organisation à but non lucratif spécialisée dans l'éducation internationale réunissant plus de professionnels de plus de institutions dans plus de 150 pays, pour – et JB International, une entreprise à but lucratif spécialisée dans les technologies éducatives ; )Https://www.nafsa.org/sites/default/files/media/document/Fall%202025%20International%20Student%20Enrollment%20Outlook%20and%20Economic%20Impact.pdf.. Ceci induit une perte substantielle de revenus (7 milliards de dollars pour cette année universitaire selon les estimations de la NAFSA) pour les établissements d'enseignement supérieur américains et le pays, les étudiants étrangers contribuant traditionnellement de manière importante aux budgets universitaires via les frais de scolarité, souvent plus élevés que ceux des étudiants nationaux. Pour trois étudiants internationaux aux États-Unis, un nouvel emploi américain est créé ou soutenu., par les dollars en moyenne. que ces étudiants dépensent localement pour le logement, la nourriture, les transports et autres frais connexes. Cette tendance pourrait aussi cacher une fuite des talents vers d'autres destinations éducatives, comme le Canada, le Royaume-Uni ou l'Europe, où les politiques d'accueil des étudiants internationaux sont restées plus ouvertes. Les universités américaines, déjà confrontées à des défis financiers et à une concurrence accrue et à un moindre soutient de l'État à la recherche, ont alerté sur les risques à long terme pour leur compétitivité académique et leur capacité à attirer les meilleurs chercheurs et innovateurs mondiaux, éléments clés de leur rayonnement international et de celui du pays.
Caractéristiques générales
vignette|Campus de l'université de Chicago. vignette|Campus du MIT.
En 2005, il existait d'enseignement supérieur (colleges, universities, écoles spécialisées) aux États-Unis, dont environ unités de rechercheF. Martel, De la culture en Amérique, 2006, .. En 1998, 35 % des Américains avaient un diplôme d'études supérieures contre 11 % en 1970. L'État fédéral et les universités dépensent de dollars pour l'enseignement supérieur en 2000, ce qui représente 2,6 % du PIB.
Les Community Colleges de deux ans et les Colleges classiques de quatre ans forment la base de l'enseignement supérieur américain. C'est à partir de ce niveau que s'opère ensuite la sélection vers les cursus universitaires longs.
Dans les cinquante États, à Guam et aux îles Vierges, la langue d'enseignement est l'anglais. C'est l'espagnol à Porto Rico.
En 2003, seuls 3 % des étudiants des 146 universités considérées comme les plus compétitives venaient d'un milieu social modeste. En 2017, plus de 50 % des étudiants de l'université Harvard appartiennent aux 10 % des familles les plus fortunées du pays.
Le classement académique des universités mondiales (ARWU) ou classement de Shanghai pour 2021. :
PaysMeilleures universités mondialesClassement 2021Nombre d'étudiants (2020-2021)Harvard119 218Université Stanford217 246Université de Cambridge324 450MIT411 934UC Berkeley523 524Université de Princeton68 419Université d'Oxford724 515Columbia833 413Cal Tech92 397Université de Chicago1018 452
Sélection sur la filiation Les universités prestigieuses considèrent la filiation du candidat parmi leurs critères de sélection.
En 2011, une recherche menée sur trente établissement a conclu que « à qualifications égales, les enfants d'anciens élèves avaient des chances d'admission supérieures de 45 % à celles des candidats non héritiers. Autrement dit, un étudiant qui aurait 40 % de chances d'être admis sur la base de ses mérites et de son profil (résultats au test d'aptitude scolaire, qualités sportives, genre, etc.) voit celles-ci grimper à 85 % en cas d'hérédité favorable »..
Ces critères de sélection héréditaire sont en vigueur dans les trois quarts des cent universités américaines les mieux cotées, ainsi que dans les cent meilleures écoles d'arts libéraux des États-Unis. Solidement établi aux États-Unis, ce droit de succession universitaire est , observe le journaliste Daniel Golden, qui le considère comme .
Selon les avocats John Brittain et Eric Bloom, les étudiants appartenant aux minorités (Noirs, Hispaniques, Amérindiens) représentent 12,5 % des candidatures aux universités sélectives, mais seulement 6,7 % des candidatures retenues, au bénéfice de ceux qui peuvent faire valoir leur filiation. Avoir effectué ses études dans ces établissements constitue un avantage majeur sur le marché du travail. Ainsi, à qualifications égales, ces diplômés perçoivent un salaire supérieur de 45 % en moyenne à celui de leurs pairs sortis d'établissements moins renommés. Plus de 50 % des grands patrons et 40 % des responsables gouvernementaux ont fait leurs études dans l'une des douze universités les plus cotées.
Privé et public
Chaque État a en principe plusieurs universités privées (à but non lucratif) ainsi que deux systèmes universitaires publics : un système plus prestigieux dit « université de » (par exemple « University of Arizona ») qui est souvent très sélectif, et un système parallèle et moins prestigieux, « université d'État de » (comme l'« Arizona State University ») ; les exceptions concernent de rares États comme New York et la Pennsylvanie (dont les « universités de » sont privées et les universités dites « d'État » font un seul système public) et l'Ohio (où le système « d'État » est le plus sélectif). En 2000, 77 % des étudiants américains étaient inscrits dans une université publique.
À ce système de colleges ou universités non lucratives (publiques ou privées) s'est ajouté, en particulier depuis les années 1990-2000, un système privé à but lucratif (). Sous l'effet de la déréglementation du secteur sous l'administration George W. Bush, la participation à plein temps à des colleges privés à but lucratif (allant de formation à la cosmétique jusqu'à la formation en droit et médecine) est passée de 4 % à 10 % de la population étudiante dans le supérieur.. L'administration Obama prévoyait d'établir un règlement soumettant ces cursus à évaluation, afin d'éviter que des étudiants se trouvent trop endettés à la suite d'une formation inégale..
Territoires d'outre-mer
Les territoires américains d'outre-mer comme Guam, les Îles Vierges américaines et Porto Rico ont, eux aussi, leurs universités publiques. Les établissements de Porto Rico fonctionnent pour la plupart en espagnol (avec certains programmes disponibles aussi en anglais).
Diversité ethnique, et attrait des universités américaines pour les étudiants étrangers Le nombre d'étudiants étrangers inscrits dans le pays n'a cessé de grandir depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que les voyages internationaux devenaient plus faciles et moins coûteux. Alors que étudiants étrangers étaient accueillis aux États-Unis lors de l'année scolaire 1949-1950., ce nombre était de , trois décennies plus tard..
Pour l'année scolaire 2009/2010, on comptait étrangers, soit 3,5 % des effectifs totaux., 60 % des étudiants étrangers viennent d'Asie.