L'organisation territoriale du Mali, pays d'Afrique de l'Ouest, constitue un découpage à des fins administratives et politiques du territoire malien. Bien que le gouvernement national y jouisse de pouvoirs étendus, le Mali entreprend un processus de décentralisation depuis les , faisant ainsi davantage place à un pouvoir exercé par des intervenants locaux et régionaux.
Il existe depuis 2023, deux niveaux de collectivités territoriales au Mali : les régions et les communes. La capitale du pays, Bamako, jouit néanmoins d'un statut spécial : elle forme un district, qui est malgré tout assimilé à une région.
Histoire de la décentralisation Au Soudan français Le Mali est colonisé au par la France sous le nom de Soudan français. Le colonisateur, pour asseoir sa domination sur les populations, met en place un système très centralisé, qui instrumentalise les chefs de cantons.
À la fin des années 1910, se mettent en place des communes-mixtes, prévues par un arrêté du gouverneur général du . Les premières communes-mixtes sont constituées dans un premier temps à Bamako et Kayes (le )arrêté général du , puis à Mopti au arrêté général de 1919. Les communes mixtes de Ségou et Sikasso sont instituées en 1953 et 1954Kô Samaké, Modibo Keïta, Recherche sur l’Historique de la Décentralisation au Mali : De la Période Coloniale à la République, Penser pour agir.org, 7 février 2006.
Ces communes-mixtes sont gérées par un administrateur-maire nommé par arrêté du lieutenant-gouverneur, assisté d’une commission municipale du composé de 8 membres titulaires (4 notables citoyens français, 4 notables sujets français) et 4 membres suppléants (2 citoyens français, 2 sujets français).
La loi française N° 55-1489 du Loi N° 55-1489 du 18 novembre 1955 relative à la réorganisation municipale en Afrique Occidentale Française, en Afrique Équatoriale Française, au Togo, au Cameroun et à Madagascar prévoit la création de communes de plein exercice par décret pris sur les rapports du ministre de la France d’Outre-mer après avis de l’assemblée territoriale intéressée. Par cette même loi, Bamako, Kayes, Ségou et Mopti deviennent en 1956 des communes de plein exercice. Leur maire est élu par le conseil municipal en son sein, le conseil est élu par un collège unique
Sept communes de moyen exercice sont créées en 1958 : il s’agit de celles de Kita, Kati, Koulikoro, Koutiala, San, Tombouctou et Gao. Le maire est un fonctionnaire nommé par le chef de territoire, assisté d’un conseil municipal élu par un collège unique.
Sikasso devient commune de plein exercice en 1959.
Pendant la République soudanaise (24 novembre 1958 au 21 septembre 1960)
Un décret du Décret N° 19 D-1-2 du 30 janvier 1959 organise les circonscriptions avec un conseil de circonscription dont les membres sont élus au suffrage universel pour 5 ans et rééligibles.
Par décretDécret N° 43/DI portant organisation des villages au Soudan et créant des conseils de villages, le village est reconnu comme l’unité administrative de base dans la République soudanaise. Il est administré par un chef de village et un « conseil de village » élu pour 5 ans au scrutin de liste majoritaire à un tour par les électeurs de sexe masculin du village.
La loi 60-3 AL-RS du Journal officiel, Loi N° 60-3/AL/RS portant organisation territoriale de la République soudanaise, JO 1960-58 du 13 juillet 1960 établit que le territoire de la République soudanaise s’articule en régions, cercles, arrondissements, communes et villages pour les populations sédentaires et en tribus et fractions pour les populations nomades.
La loi 60-5 AL-RS du Journal officiel, Loi N°60-5/AL-RS du 7 juin 1960 portant organisation des régions et des assemblées régionales de la République soudanaise, JO 1960-58 du 13 juillet 1960 définit les régions comme des collectivités publiques dotées de la personnalité civile et de l’autonomie financière, qui peuvent donc s’administrer librement.
Les 6 régions existantes (Bamako, Kayes, Sikasso, Mopti, Ségou et Gao) sont en fait gérées par un gouverneur, nommé par le gouvernement faute d’assemblée élue.
Première République (22 septembre 1960-19 novembre 1968)
Elle est marquée par une opposition entre des discours très décentralisateur et une pratique centralisatrice héritée de la colonisation. La priorité est donnée à la construction d’une unité nationale.
Le , dans un appel à la nation, le président Modibo Keïta déclare que « le village est chez nous la cellule de base et c’est la vitalité de cette cellule qui engendrera la vitalité de la nation tout entière »Modibo Keïta1961 in Sall 1993, Tome 2, P. 1, cité par Kô Samaké, Modibo Keïta, 2006.
La constitution du érige en collectivités territoriales toutes les circonscriptions dont les villages et les fractions.
La loi du , fixe le code municipal en république du Mali. Toutes les communes constituées sous la colonisation (communes mixtes, communes de moyen exercice et communes de plein exercice) ont désormais un statut commun. Un conseil municipal élu désigne en son sein le maire et un ou plusieurs adjoints. Le conseil municipal règle par délibération les affaires de la commune, donne son avis toutes les fois que cet avis est requis par les lois et règlements ou qu’il est demandé par l’autorité supérieure et peut émettre des vœux sur tous les objets d’intérêt local. Par contre, les communes rurales, prévues par la constitution, n’ont pas été créées.
Au niveau des régions, les assemblées régionales n’ont jamais été élues et ont été remplacées par des commissions spéciales composées majoritairement de représentants de l’administration.
Sous le régime de Moussa Traoré (19 novembre 1968-26 mars 1991)
Après le coup d’État du , les conseils municipaux élus sont dissous et remplacés par des délégations spéciales dont les chefs remplissaient les fonctions de maire.
Une ordonnance du Ordonnance N° 77-44/CMLN portant réorganisation territoriale et administrative de la République du Mali dispose que le territoire de la république du Mali comprend : les régions, les cercles, les arrondissements, les communes, les villages, les fractions nomades et le district de Bamako. La région, le cercle et l’arrondissement sont des circonscriptions administratives déconcentrées, alors que la commune est à la fois une circonscription administrative de l’État et une collectivité décentralisée dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière.
Bamako devient un district, collectivité décentralisée régie par un statut particulier et composé de six communes.
Cette ordonnance prévoit que les arrondissements peuvent devenir des communes rurales mais aucune n’est créée jusqu’en 1991. La région de Gao est partagée en deux : la Région de Gao et la région de Tombouctou.
En 1982, la commune urbaine de Bougouni est créée.
Transition du Comité de transition pour le salut du peuple (26 mars 1991-7 juin 1992)
Une ordonnance du Ordonnance N° 91-039/P-CTSP déterminant les circonscriptions administratives et les collectivités territoriales de la République du Mali qui abroge l’ordonnance N° 77-45/CMLN du 12 juillet 1977 énonce que le territoire de la république du Mali comprend : le district de Bamako (divisé en six communes) et huit régions divisées en cercles, les cercles sont constitués d’arrondissements ou communes. La région de Kidal est créée.
Cinq nouvelles communes urbaines sont créées par ordonnance : Banambaordonnance N° 92-031/P-CTSP, Nionoordonnance N° 92-032/P-CTSP, Diréordonnance N° 92-033/P-CTSP, Dioïlaordonnance N° 92-034/P-CTSP et Bandiagaraordonnance N° 92-035/P-CTSP.
Sous la Troisième République
La loi du Loi N° 93-008 du 11 février 1993 relative aux conditions de la libre administration des collectivités locales définit les collectivités territoriales du Mali qui sont les régions, le district de Bamako, les cercles, les communes urbaines et les communes rurales, chacune étant dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière et aucune ne peut établir ou exercer de tutelle sur une autre collectivité. Les collectivités s’administrent librement par des assemblées ou conseils élus qui élisent en leur sein un organe exécutif.
La loi du Loi N° 96-050 du 16 octobre 1996 portant principe de constitution et de gestion du domaine des collectivités territoriales crée sur l’ensemble du territoire national qui s’ajoutent aux .
En 2011, un redécoupage administratif est initié par le président Amadou Toumani Touré. Le , le gouvernement adopte un projet de loi portant création de circonscriptions administratives en république du Mali. Ce projet prévoit le redécoupage administratif du Mali, le nombre de régions passant de huit à dix-neuf sur une période de 5 ansRedécoupage Territorial sur RFI. Consulté le 21/12/2011. L'objectif est de permettre à l'État et ses administrations d'être mieux représentés sur les territoires. Le , le gouvernement adopte un projet de loi portant création des circonscriptions, cercles et arrondissements des régions de Tombouctou, Taoudéni, Gao et Ménaka. Selon ce projet de loi : thumb|250px|right|Les régions au Mali avant 2016. La région de Tombouctou est constituée par : le cercle de Tombouctou comprenant les arrondissements de Tombouctou central, Aglal, Ber et Bourem Inaly, le cercle de Diré comprenant les arrondissements de Diré central, Dangha, Haïbongo et Saréyamou, le cercle de Goundam comprenant les arrondissements de Goundam central, Bintagoungou, Douékiré, Farach, Raz-elma, Tonka, Gargando et Tilemsi, le cercle de Gourma-Rharous comprenant les arrondissements de Gourma-Rharous central, Bambara Maoudé, Haribomo, Gossi, Inadiatafane et Ouinerdène le cercle de Niafunké comprenant les arrondissements Niafunké central, Banikane, Dianké Koumaïra, Léré, N’Gorkou, Saraféré et Soumpi. La région de Taoudénit est constituée par : le cercle de Foum-Elba comprenant les arrondissements de Foum Alba central, Alhank, Araouane, Téghaza et Taoudéni, le cercle d'Achouratt comprenant les arrondissements de Achouratt central, Algatara, Alfagrouna, Almatala et Liraka, le cercle d'Al-Ourche comprenant les arrondissements de Al-ourche central, Djaba, Oum-Laadam, Touwal et Ziriba le cercle de Boudje-Béha comprenant les arrondissements de Boudje-Béha central, Agoni, Ereg Khal, Limgassim et Zouéiya La région de Gao est constituée par : le cercle de Gao comprenant les arrondissements de Gao central, Djébock, Haoussa –Foulane, N’Tillit, Tin-Aouker et Wabaria, le cercle d'Almoustrat comprenant les arrondissements de Almoustrat central, Agharous, Ersane, M’Beikit Ljoul et Tabankort, le cercle de Ansongo comprenant les arrondissements de Ansongo central, Ouattagouna, Talatatye et Tessit, le cercle de Bourem comprenant les arrondissements de Bourem central, Bamba et Téméra. La région de Ménaka est constituée par : le cercle de Ménaka comprenant les arrondissements de Ménaka central et Infourkaraïtane, le cercle d'Andéramboukane comprenant les arrondissements de Andéramboukane central et Azawak, le cercle d'Inékar comprenant les arrondissements de Inékar central et Ilamawane le cercle de Tidermène comprenant les arrondissements de Tidermène central, Alata (Sahen) et Tedjarerte.
Cependant, la guerre au nord-Mali déclenchée en 2012 et le coup d’État militaire le ont provoqué la suspension de cette réforme.
En , un document de l'Assemblée nationale malienne a fuité sur les réseaux sociaux. Il s'agit du projet de loi sur la décentralisation à l'étude en ce moment par le gouvernement. Il prévoit notamment de doubler le nombre de régions administratives pour le porter à vingt régions. C'est ce que prévoit ce document de l'Assemblée nationale. Le Mali dispose à ce moment de dix régions : Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ménaka, Taoudénit, Kidal, Gao, Tombouctou, Ségou et Mopti.