thumb|Image satellite des îles Hermite (au centre) et du cap Horn (en bas à droite).

Le cap Horn (en , en yagan : Loköshpi) est un cap situé à l’extrémité sud de l'île Horn, dans la partie chilienne de l’archipel de la Terre de Feu. Ce point est généralement considéré comme étant le plus austral de l’Amérique du Sud.

Le cap Horn est également le plus au sud des grands caps et marque la limite nord du passage de Drake. Pendant de nombreuses années, il a été un point de passage crucial des routes commerciales entre l’Europe, l'Amérique et l’Asie. Elles étaient empruntées par les voiliers pour transporter les marchandises tout autour du globe, et ce bien que les eaux océaniques autour du cap présentent de nombreux dangers : tempêtes fortes et fréquentes avec une mer très grosse, courant circumpolaire antarctique et présence possible d’icebergs voire de vagues scélérates.

Ces dangers et l’extrême difficulté de son franchissement ont donné au cap Horn son caractère légendaire, mais aussi la réputation d’être un cimetière marin. Il est parfois surnommé le « cap dur », le « cap redouté » ou le « cap des tempêtes ».

Depuis l'ouverture du canal de Panama en 1914, les cargos sont moins nombreux à devoir emprunter la route du Horn. Le cap continue cependant à voir passer des navires marchands ainsi que des bateaux de pêche locaux, des paquebots de croisière et des navires de plaisance qui veulent relever le défi que représente son franchissement, parfois au cours d’une circumnavigation. Plusieurs courses à la voile parmi les plus importantes, comme le Vendée Globe, passent par le cap Horn, de même que les grands navigateurs qui cherchent à battre le record de vitesse du tour du monde à la voile.

Géographie thumb|upright=1.2|La pointe sud de l’Amérique du Sud, avec le cap Horn, le passage de Drake, et les îles Shetland du Sud.

Le cap Horn est le point le plus austral des terres rattachées à l’Amérique du Sud, sur l’île Horn qui fait partie du petit archipel Hermite Journeys in Time: Places, de la bibliothèque de l'université de Macquarie, 2004. Version site web du 5 février 2006., à l’extrémité sud de la Terre de Feu Cape Horn the Terrible, de Paolo Venanzangeli ; sur Nautical Web. Version site web du 5 février 2006. Cabo de Hornos, de Mariolina Rolfo de Giorgio Ardrizzi. Extrait de Patagonia and Tierra del Fuego Nautical Guide, Editrice Incontri Nautici, 2004 .. Il se situe à du continent antarctique et à du pôle Sud.

Le cap Horn marque la limite nord du passage de Drake (le nom du détroit séparant l’Amérique du Sud de l’Antarctique), et le méridien qui le traverse définit, du cap jusqu'à l'Antarctique, la frontière entre l’océan Pacifique et l’océan Atlantique Limits of Oceans and Seas, International Hydrographic Organization Special Publication , 1953..

L’origine du nom est néerlandaise (), le cap ayant été baptisé ainsi en l’honneur de la petite ville de Hoorn, aux Pays-Bas, par le marchand hollandais Jacob Le Maire, accompagné du navigateur Willem Schouten, qui doublent la pointe extrême de l'Amérique le . Le Maire remercie ainsi les commerçants de sa ville natale qui ont financé son expédition.. Ce nom a donné en espagnol, que l’on peut traduire par « cap des fours » Perilous Cape Horn, de P.J. Gladnick ; de essortment, 2002. Version site web du 5 février 2006., ou en anglais, qui signifie « cap des cornes ». Les marins en parlent souvent comme étant « le Horn » Dallas Murphy, Rounding the Horn, Basic Books, 2004 ..

thumb|left|Mémorial en hommage aux cap-horniers représentant un albatros et vue du cap Horn.

Le cap Horn lui-même est une falaise haute de , situé sur une île longue de et large de . L'extrémité sud de la partie continentale de l’Amérique du Sud est quant à elle appelée le cap Froward. Si l'on considère maintenant l’ensemble de la plaque continentale de l’Amérique du Sud, ce sont les îles Diego Ramirez qui sont les plus australes, à à l'ouest-sud-ouest du cap Horn.

Sur la péninsule Hardy de l’île voisine, Hoste, à au nord-ouest, se trouve un promontoire rocheux appelé le « faux Cap Horn » (Falso Cabo de Hornos ou Punta Goleta en espagnol), nommé ainsi parce que les marins approchant depuis l’ouest le confondaient avec le véritable cap Horn. Du fait de la présence des îles Wollaston et de leurs récifs juste à l’est du faux cap Horn, cette méprise s'est soldée par de nombreux naufrages Cape Horn, de Victory Cruises, 2005. Version site web du 5 février 2006..

Le cap fait partie des eaux territoriales du Chili, et la marine chilienne maintient une station sur l’île Horn, comprenant une résidence, un bâtiment technique, une chapelle et un phare Isla Hornos Lighthouse, de Lighthouse Depot. Version site web du 5 février 2006.. Les seuls résidents permanents sont le gardien du phare et sa famille Around the Horn… Weather Permitting, de Michael DeFreitas ; dans TravelLady Magazine, 2003. Version site web du 5 février 2006..

À proximité de la station principale se trouve un mémorial avec une grande sculpture représentant la silhouette d’un albatros, en l’honneur des marins qui moururent en tentant de « passer le Horn » Cape Horn Memorial, de Roberto Benavente; sur Fundacion Caphorniers Chile. Version site web du 5 février 2006.. L’île n’abrite pas le moindre arbre, mais est tout de même relativement recouverte de végétation grâce aux fréquentes précipitations.

Climat thumb|left|Le phare chilien de l'île Horn.

Le climat dans la région est généralement frais, ce qui est normal à cette latitude. Il n’y a pas de station météorologique au cap Horn ni dans les îles environnantes. D’anciennes études faites en 1882-1883 ont mesuré des précipitations annuelles de , avec une température moyenne sur l’année de . La vitesse moyenne des vents a été enregistrée à , avec des rafales dépassant les et ceci en toute saison Opiliones from the Cape Horn Archipelago, James C. Cokendolpher & Dolly Lanfranco L. ; de la Texas Tech University, 1985. Version site web du 5 février 2006..

Des enregistrements météorologiques plus récents faits à Ushuaïa, situé à au nord, montrent qu’en été (janvier-février) les températures moyennes vont d’un maximum de à un minimum de . En hiver (juillet), les températures moyennes vont de à . La couverture nuageuse est en général haute, avec des moyennes qui vont de 5,2 octas en mai et juillet à 6,4 octas en décembre et janvier Ushuaia : Monthly Normals, d'après Weather Underground. Version site web du 5 février 2006.. Les précipitations sont fortes tout au long de l’année : la station météorologique des îles voisines de Diego Ramirez, à au sud-ouest dans le passage de Drake, montre que les plus fortes pluies ont lieu en mars (moyenne de ). En octobre, quand les précipitations sont à leur minimum, il tombe tout de même Isla Diego Ramirez: Monthly Normals, d'après Weather Underground. Version site web du 5 février 2006..

Les vents soufflent généralement fort, particulièrement en hiver. En été, le vent au cap Horn dépasse les (c’est donc un « coup de vent » sur l’échelle de Beaufort) pendant 5 % du temps avec en général une bonne visibilité. La situation en hiver est passablement différente : les vents supérieurs à soufflent jusqu’à 30 % du temps, avec une visibilité souvent mauvaise U.S. Navy Marine Climatic Atlas of the World: Rounding Cape Horn, 1995. Version site web du 5 février 2006..

Administration thumb|upright=1.2|Les îles autour du cap Horn.

Le cap Horn fait partie de la commune de Cabo de Hornos (auparavant Navarino), dont la capitale est Puerto Williams, elle-même capitale de la province de l'Antarctique chilien. Cette zone appartient à la région de Magallanes et de l'Antarctique chilien du Chili Cabo de Hornos designado Reserva de la Biósfera, de CONAF. Version site web du 5 février 2006..

La ville argentine d'Ushuaïa est la plus grande ville de la région avec en 2001, elle borde le canal de Beagle. Puerto Toro, située à quelques kilomètres à l'est-sud-est de Puerto Williams, est le village le plus proche du cap, et aussi le peuplement permanent le plus au sud du monde. L’extrémité australe de l’Amérique du Sud étant située près de l’Antarctique, les habitants de cette région du monde ont été particulièrement affectés par le trou dans la couche d'ozone détecté au-dessus du continent Blanc, en partie comblé depuis 2019 Ozone Hole Reaches South America, d'après The Ozone Hole Inc. Version site web du 5 février 2006..

Depuis 2005, ce cap et toutes les îles de l'archipel des îles L'Hermite et Wollaston appartiennent au parc national Cabo de Hornos, lui-même appartenant à la réserve de biosphère Cabo de Hornos comprenant entre autres les îles Hoste et Gordon, et le parc national Alberto de Agostini.

Routes maritimes vignette|redresse=1.4|Principales routes maritimes de l'Empire espagnol et portugais. Jusqu'au , la couronne espagnole contrôle le commerce avec le cône sud de l'Amérique latine via la Casa de Contratación et sa marine garde le détroit de MagellanIl est auparavant contrôlé par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Pedro Sarmiento de Gamboa tente d'y implanter une colonie en 1581. Le contrôle de ce détroit ne doit pas occulter le fait que sa navigation reste difficile (vents et courants violents, brouillards, hydrographie labyrinthique avec de nombreux passages étroits, expliquant la déroute de Joseph Danycan à bord du Falmouth en 1706, alors qu'à la même époque le corsaire Alain Porée du Breil choisit le passage du cap Horn), si bien qu'au début du , seules quelques embarcations de faible tonnage l'empruntent. Cf .. Les concurrents de l'Espagne évitent le canal de Magellan, atteignent le Chili et le Pérou en passant par le cap Horn qui leur ouvre une route maritime vers la Chine. Plusieurs routes maritimes sont possibles pour faire le tour de la pointe de l’Amérique du Sud. Le détroit de Magellan, entre la partie continentale et la Terre de Feu, est un des principaux passages, et a été emprunté par les transports marchands bien avant que le Horn ne fût découvert. Le canal Beagle, entre la Terre de Feu et l’île Navarino, offre une autre voie de passage possible, mais difficile. Enfin, différents passages existent autour des îles Hermite et Wollaston au nord du cap Horn Sailing the Patagonian channels, d'après le Yachting Club CERN, 2005. Version site web du 5 février 2006..

Cependant, tous ces passages sont réputés pour leurs coups de vent traîtres (les williwaws en provenance des flancs des montagnes), qui peuvent frapper un navire sans prévenir Winds of the World: The Williwaw, d'après Weather Online. Version site web du 5 février 2006., risquant de l’entraîner vers les récifs qui ne sont jamais loin vu l’étroitesse de ces passages. Les eaux du passage de Drake, au sud du cap Horn, présentent une voie beaucoup plus ouverte de de large avec l’espace tout à fait suffisant pour autoriser les manœuvres en fonction des changements de vents, et c’était la route empruntée par la plupart des navires et bateaux à voiles, malgré la possibilité d’y rencontrer des vagues extrêmes (voir vagues scélérates).

Les forts courants sont ceux du courant circumpolaire antarctique, vaste courant marin circulant autour de l'Antarctique, généré par les vents d'ouest. Le flux de ce courant au niveau du passage de Drake est de 135 sverdrups soit 135 millions de mètres cubes par seconde (135 fois le flux combiné de toutes les rivières du monde)Source : article en anglais Antarctic Circumpolar Current de Wikipédia..