Le château de Najac est un château fort qui se dresse sur la commune française de Najac dans le département de l'Aveyron, en région Occitanie.
Le château est édifié entre 1253 et 1266 par Alphonse de Poitiers, frère de , sur les bases d'un ancien castrum, et sur son donjon roman, construits vers 1100 par Bertrand de Saint-Gilles, fils de , comte de Toulouse.
Najac était le siège d'une viguerie royale. Plusieurs des articles des privilèges accordés à Najac en , indiquent que ce fut pendant le siège de la sénéchaussée de Rouergue jusqu'en 1370, date à laquelle il fut établi définitivement à Villefranche-de-Rouergue.
Les vestiges du château et sa deuxième enceinte font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques, par arrêté du ..
Localisation Le château est situé sur la commune de Najac, à la limite occidentale du Rouergue, aux confins du Quercy et de l'Albigeois, dans le département français de l'Aveyron. Il occupe une position dominante dans la basse vallée de l'Aveyron, voie de circulation entre Rodez et Saint-Antonin. Il fut l'un des points forts de l'influence toulousaine dans la vallée de l'Aveyron et du Viaur, contre les positions des Trencavel en Albigeois, au sud, et celles des Barcelone, à l'est.
Historique Vers 960-980 et vers 990, est signalé un nommé Bernard de Najac, Bernadus Najacensis et de Najago. La présence d'une famille dite de Najac est toujours attestée sur le site au . Elle partagerait ses droits avec des lignages locaux, dont les Cadoule (Cadoillia), et les Gros. Le château serait mentionné, pour la première fois, à la fin du , dans un passage du Livre des miracles de sainte Foy (Liber miraculi Sancte Fide), qui évoque un castellum appelé Najac (castellum rusticorum lingua dictum Nagiacum).
Le bourg est dominé par le château, construit en deux périodes distinctes : au : la base de la tour carrée, construite par les comtes de Toulouse, qui possèdent le comté de Rouergue ; au : les autres parties du château, construites par Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, et devenu comte de Toulouse par son mariage avec Jeanne de Toulouse, fille unique et héritière du dernier comte de Toulouse, .
La tour carrée Après 1112, la place, qui occupe une position de verrou de la Basse-Marche de Rouergue, est grandement renforcée par les comtes de Toulouse, après que ces derniers aient consenti un partage de leurs droits ; ce qui deviendra la vicomté de Millau et le comté de Rodez passant aux comtes de Barcelone.
En 1141-1142, Alphonse Jourdain, comte de Toulouse, est battu par , vicomte de Carcassonne, lors de la grande guerre méridionale (de la fin du à la fin du ). Des chevaliers et des coseigneurs de Najac tels que les vicomtes de Bruniquel, de Lautrec, de Saint-Antonin et les seigneurs de Villemur font partie du réseau que se sont constitué les Trencavel. En 1152 et 1162, dans des actes portant sur le castrum quod vocatur Verdun, Gaubert de Najac est témoin du vicomte Raymond Trencavel. En (nouveau style), le comte de Toulouse est autorisé, par le roi de France, à tenir en accroissement de fief les châteaux de Najac et de Posquières (Vauvert). Le , se retrouvent à Najac Richard Cœur de Lion et Alphonse d'Aragon, afin de conclure un traité d'alliance contre le comte de Toulouse, lors du conflit qui oppose à l'époque les Trencavel, Aragon et Plantagenêt aux comtes de Toulouse.
En 1208, Bernard de Najac est témoin du comte . Cette même année, huit châtelains de Najac rendent hommage au comte. En , Guilhem-Bernard, dominus de Najaco, est témoin d'une donation faite par à la ville (apud Najacum). En , le même fait serment au nouveau comte et promet . En , se sera au tour de l'ensemble des coseigneurs de Najac de prêter serment.
En 1226, le roi fait étape à Najac lors de sa remontée de Montpensier. fera de même lorsqu'il remonte d'Albi vers Figeac, via Villefranche. Le le comte y reçoit, pour la tenue en fief du castrum de Najac, l'hommage de Guilhem-Bernard de Najac, de Géraud de Cadoule (Cadoilla) et d'autres seigneurs de Najac. En 1246, rachète les parts de la famille Cadoule, l'un des lignages principaux. Il y installe dès lors un châtelain comtal ainsi qu'un baile et en fait l'une des trois baillies du Rouergue. Le comte de Toulouse à la suite du traité de Lorris de (nouveau style) est dans l'obligation de laisser pour cinq ans à partir de (nouveau style), les châteaux de Laurac, Najac, Penne-d'Agenais et Puycelsi. Ces châteaux lui seront restitués par qui ordonne, en , (nouveau style) à son sénéchal de Carcassonne de les lui remettre et de transférer à Carcassonne les vivres et les armes qui étaient dans ces places.
Le château neuf Par crainte de voir Alphonse de Poitiers, gendre de (mort à Millau en ) et frère du roi de France, s'emparer de Najac, les seigneurs locaux se révoltent, menés par Guilhem de Lavalette et ordonnent au châtelain ainsi qu'au baile comtal de leur donner les clés de la turris. Les seigneurs de Brenx, Caussade, Laguépie, Najac, Parisot, Puylaroque et Rabastens se réunirent secrètement à Laguépie afin d'en faire appel à Blanche de Castille. C'est finalement Sicard Alaman, représentant du comte Alphonse de Poitiers alors en Orient, qui se fait ouvrir le la turris, après tractations. Alphonse obtiendra des coseigneurs la cessions des derniers droits féodaux et leurs hommages.
Alphonse de Poitiers remet tout en ordre avec beaucoup de hauteur de vue : il crée dans ses États un ensemble administratif (sénéchaussée, consuls), développe les marchés et les villes nouvelles, comme la bastide de Villefranche-de-Rouergue en 1252. Il va aussi manifester sa puissance, pas seulement pour impressionner les habitants et seigneurs de la région qu'il a pacifiée, mais aussi par rapport au Plantagenets qui occupent une partie du Rouergue, du Quercy et de l'Aquitaine, en reconstruisant le château de Najac qui ne comporte à l'époque qu'une tour carrée bâtie vers 1100 par les comtes de Toulouse. Jean d'Arcis, sénéchal du Rouergue, entreprend la construction, en 1253, du château neuf sur l'éperon étroit et escarpé où se trouve l'unique tour qui va être remaniée et englobée dans un château fort gothique, du modèle dit Philippien. Les courtines sont élevées à de hauteur, inaccessibles aux échelles des assaillants. L’étroitesse de l’éperon, défendu par plusieurs lignes d’enceinte, rend vaines les bombardes et périlleuse l’approche. Les nouvelles tours rondes, implantées directement sur le roc, découragent la sape. Leurs archères hautes de , réputées les plus hautes du monde, permettent la défense dans toutes les directions. À , la terrasse du donjon permet de communiquer avec les autres points forts de la région.
Guerre de Cent Ans À la fin du , pendant dix ans, les Anglais occupent le territoire et son château, mais un soir, les Najacois réussissent à pénétrer dans le château par ruse, tuent la garnison anglaise et reprennent possession des lieux.
Najac demeure jusqu'en 1370 le chef-lieu de l'importante sénéchaussée de Rouergue, s’étendant sur le territoire de six cantons actuels de l'Aveyron et de Tarn-et-Garonne, année où le siège du sénéchal est déplacé à Villefranche, Najac ne conservant qu'un viguier.
Les guerres de Religion Jusqu'aux guerres de Religion, la population et son château vivent calmement. Pendant cette période sombre où calvinistes et catholiques s'entretuent, le château est occupé par le seigneur de Morlhon, un protestant. Mais cela dure peu : les catholiques, commandés par François de Buisson de Bournazel, entreprennent le siège du château et, au bout de quelques mois, les assiégés étant à bout de vivres et d'eau, le siège prend fin.
Révolte des Croquants Au cours de l'été 1643, le château de Najac est pris par les paysans révoltés lors de la jacquerie menée par Bernard Calmels, dit Lafourque. Cette révolte qui avait soulevé plus de , avait échoué devant Villefranche-de-Rouergue. Les troupes de Mazarin, menées par le comte de Noailles, gouverneur de Najac, reprennent le château. Bernard Calmels et deux de ses lieutenants, Ferrier, et le tisserand Mathieu Vergnes, sont arrêtés, condamnés et roués vifs en . La tête de Bernard Calmels sera exposée au bout d'une pique sur une tour de Marcillac d'où était partie la révolte..
Ruine du château Après cette période, le château de Najac n'est plus utilisé, on le laisse dépérir, se délabrer, et ce n'est qu'à la Révolution française qu'il reprend un rôle assez important, mais dommageable. Vendu comme bien national en 1794, le château est racheté pour douze francs par un aubergiste du pays qui s'en sert comme carrière de pierre pour construire des maisons. Selon certains témoignages, au milieu du un accident où trois ouvriers périssent entraîne l'arrêt des travaux de démolition. Le château est ensuite laissé à l'abandon.
Rénovation Le château a été sauvé de la ruine par la famille Cibiel.
À la fin du , le château est rénové en partie par l'abbé Brunis qui le revend à Alfred Cibiel. Celui-ci et ses héritiers le rénovent entièrement et en font un lieu touristique de l'Aveyron. Ainsi, la forteresse qui n'a jamais été attaquée, n'a jamais été prise, demeure un témoignage important du patrimoine de l'époque.
Liste de seigneurs, gouverneurs et de viguiers Seigneurs Pierre de Najac 1080-après 1109 Guillaume de Najac 1120-?? Gausbert de Najac après 1162, coseigneur Guillaume Bernard de Najac après 1208, coseigneur Raymond Bernard de Najac 1230-après 1254, coseigneur 1229-1231: Géraud de Cadolle 1333-1345: Raymond de Lescure, coseigneur de Lescure 1364, coseigneur Antoine du Rieu, coseigneur, marié en 1527 avec Isabeau Audouy, il était maître de la monnaie de Villfranche et on lui reprochait de frapper des doubles de mauvais aloi. Jean de La Valette (1599) Étienne d'Audiguier, coseigneur de Najac, seigneur de Lunac Philippe de Gineste 1630-1694 de Morlhon (1677) Étienne de Gineste 1714-1790 Antoine de Gineste 1755 Pierre-Charles-Antoine de Neyrec en 1789
Châtelains ou gouverneurs Un châtelain comtal est attesté en 1251 au château de Najac. 1614 : François de Noailles, duc d'Ayen.
Viguiers 1369, Najac est érigé en viguerie. 1375-1396 : Rigaud de Montamat (1431) 1396- : Guillaume Toupignon. 1401 : Pierre de Laguiole, écuyer et maître d'hôtel du comte d'Armagnac, nommé par le Duc de Berry. Pons d'Agens ( après 1408) 1453-1455 : Pierre Toupignon. 1460 : N. Jacques de Gausserand. 1464 : Guillaume Lirons, procureur du roi, puis viguier, marié en 1469 à Marguerite du Rieu.. 1465 : Jean Molinier dit Laspart, viguier à cette date. Jacques dit Galiot de Genouillec (1493) 1493 : N. Delpuech Jean de Couderc... Guillaume de Resseguier, conseiller au Présidial de Villefranche-de-Rouergue, fils d'Antoine et de Françoise de Montolieu.. 1547 : François Boyer, fils d'autre François Boyer, juge mage du Rouergue, et de Catherine de Firminhac. Hugues d'Hébrard (1526-??), docteur ès lois, fils de Jean d'Hébrard, seigneur de Sainte-Gemme, chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit, et d'Helips de Maleville, reçu devant le Parlement de Toulouse. 1561 : Charles Du Faur, seigneur de Bruguières et de Saint-Sauveur, docteur ès droits, deuxième fils de Michel Du Faur de Saint-Jory et d'Éléonore de Bernuy.. Vital du Faur (1573). 1574 : Jean de Benoist, docteur ès droits, avocat du roi à la Sénéchaussée de Toulouse (PV installation)(Adjudication).. 1582 : Antoine del Puech. 1600 : Bernard d'Arribat (1608, docteur ès lois, avocat et juge au présidial de Villefranche, consul en 1581, premier consul en 1602, auteur d'une livre de raison édité, fils de Jean Darribat, notaire à Espalion. 1605-1611 : Bernard du Rieu (1574-??) 1611 : N. Jean de Vernhes, juge royale de Sauveterre, fils de Pierre de Vernhes, seigneur de Thorène et de Toinette de Faramond. 1614 : Durand de Cahuzac, présent à la remise du château aux procureurs de François de Noailles, nouveau capitaine-châtelain. ??-1658 : Marc-Antoine Audouy (1603-1658) Jean Jacques Audouy