droite|thumbtime=57|335px|Bande annonce
Orange mécanique (A Clockwork Orange) est un film d'anticipation britannico-américain écrit et réalisé par Stanley Kubrick, sorti sur les écrans en 1971. Adapté du roman d'Anthony Burgess, L'Orange mécanique (A Clockwork Orange dans son édition originale britannique de 1962)Le roman et le film portent le même titre en version originale, A Clockwork Orange. Les titres français diffèrent quant à l'article défini : L'Orange mécanique pour le roman et Orange mécanique pour le film., il doit être classé dans les films d'anticipation, mais peut également se voir comme une satire de la société moderne. Ici, c'est la vision d'une cité urbaine où les jeunes ont pris le pouvoir qui est présentée au spectateur. Le film est aussi un peu futuriste, très violent, très psychologique, avec une dimension comique et parfois dramatique. Dans ce film, Stanley Kubrick semble surtout privilégier le climat malsain et dérangeant qui se dégage, ainsi que le côté viscéral, plutôt que la violence visuelle.
Alex DeLarge, un sociopathe et violeur, qui s'intéresse à la musique classique et à l'« ultraviolence », dirige un petit gang de voyous (Pete, Georgie et Dim), qu'il appelle ses « droogies » (en russe, « droug » signifie « ami » ou « camarade »). Le film est la chronique de l'action criminelle du gang, puis de la tentative de réhabilitation d'Alex via un conditionnement psychologique controversé. Alex narre à la première personne l'action du film dans le langage nadsat, un argot anglo-russe (inventé par Anthony Burgess)Mélangeant plus précisément des langues slaves (principalement du russe), de l'anglais et de l'argot anglais (Rhyming slang, Cockney). .
Stanley Kubrick décrit son film en dans Saturday Review comme
En 2020, Orange mécanique a été sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la bibliothèque du Congrès aux États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ». En 2008, l'American Film Institute l'a placé à la quatrième place des dix meilleurs films de science-fiction américains dans son classement AFI's 10 Top 10.
L'affiche du film a été créée par le peintre Philip Castle et le designer Bill Gold.
Synopsis vignette|droite|Décor du Korova Milkbar.Exposition au Los Angeles County Museum of Art en 2012. En Angleterre, dans un proche avenir, Alex DeLarge, jeune délinquant passionné par la musique de Beethoven (qu'il appelle la plupart du temps « Ludwig Van »), spécialement la , est obsédé par le coït sexuel (« des parties de ça-va-ça-vient », dit-il) et adepte de la violence (« ultraviolence », dans son jargon). Il a une dégaine élaborée, avec son chapeau melon et de faux cils en pattes d'araignée sous un œil.
Alex est le chef d'une bande, les droogs ou droogies, qui se compose de Pete, Georgie et Dim. Ils font partie d'une des nombreuses bandes de jeunes qui évoluent dans un univers urbain décadent. Ils s'expriment dans un argot anglo-russe auquel l'auteur du roman, Anthony Burgess, a donné le nom de « nadsat », le mot « droog » faisant ainsi référence au mot « друг » (« ami » en russe). Servie au Korova Milkbar, leur boisson préférée est le Moloko Plus (de , « lait » en russe), un lait drogué au speed. Après s'en être intoxiquée, la bande s'engage dans une nuit d'« ultraviolence ». Elle commence par tabasser un vieux vagabond, puis se bat contre une bande rivale menée par Billyboy, interrompant ainsi le viol d'une jeune fille. Enfin, elle vole une voiture, une Durango 95, et conduit, au mépris du code de la route, vers la maison de campagne de l'écrivain politique F. Alexander. Ce dernier est battu avec une telle violence qu'il en restera paraplégique à vie. Masqué à l'instar de ses complices, Alex viole la femme d'Alexander en chantant .
Le lendemain, alors qu'il reste au lit plutôt que d'aller en cours, Alex reçoit la visite de son contrôleur judiciaire, M. P. R. Deltoid, qui le met en garde contre lui-même et sa violence. Alex n'a que faire de ses remarques et préfère aller chez le disquaire où il aborde deux filles qu'il emmène chez lui, Sonietta et Marty. Alex copule avec elles dans une scène montrée en accéléré.
Après les événements de la nuit, Alex et ses droogs se retrouvent. Les droogs lui font part de leur mécontentement et exigent un partage plus équitable du butin, ainsi que de se lancer dans des vols de plus grande envergure. Alex, sentant son ascendant sur eux lui échapper, attaque par surprise ses comparses et les jette dans un bassin ; cette scène est montrée au ralenti. La nuit suivante, Alex investit le manoir d'une riche « femme aux chats » qui collectionne les œuvres d'art érotiques. Pendant que ses droogies attendent devant la porte, Alex frappe la femme avec une statue en forme de phallus et l'assomme. Entendant les sirènes de la police, Alex tente de s'enfuir, mais il est trahi par ses droogs. Dim le frappe au visage avec une bouteille de lait, le laissant chancelant et provisoirement aveugle. Alex est interpellé et malmené par la police. À ce moment, M. Deltoid arrive et annonce à Alex que la femme vient de mourir des suites de ses blessures, faisant de lui un meurtrier, et il lui crache au visage. Au tribunal, Alex est condamné à 14 ans de réclusion criminelle et incarcéré sous le matricule . vignette|droite|Le docteur Brodsky lors d'une des projections faisant partie du traitement Ludovico.
Deux ans plus tard, le ministre de l'Intérieur effectue une visite dans la prison et cherche des volontaires pour expérimenter la « technique Ludovico ». Dans l'espoir de sortir de prison, Alex se porte volontaire pour tester cette thérapie révolutionnaire d'une durée de deux semaines, financée par le gouvernement dans le cadre d'un programme expérimental d'éradication de la délinquance. Le traitement est fondé sur un principe semblable à celui des réflexes de Pavlov, consistant en une thérapie par aversion. Il s'agit pendant quinze jours d'amener Alex, attaché à un fauteuil avec un appareillage qui le force à garder les yeux ouverts à l'aide d'une paire de blépharostatsLe film de Kubrick Eyes Wide Shut (ou Les Yeux grand fermés), sorti en 1999, est une référence à Orange mécanique et à cette scène violente du film, d'après ., à associer certains stimuli (des scènes de violence ou de sexe projetées sur un écran qu'il est forcé de regarder) aux douleurs provoquées par les drogues qu'on lui administre au cours de ce traitement. Lors d'une des séances est projetée une série de scènes sur l'Allemagne nazie dont la bande-son est la Symphonie de Beethoven produite en musique électronique par des synthétiseurs. L'admiration d'Alex pour ce chef-d'œuvre musical se mue paradoxalement en une profonde aversion, montrant l'évidente efficacité du traitement.
Après deux semaines de technique Ludovico, le ministre de l'Intérieur organise une démonstration pour prouver qu'Alex est « guéri ». Ce dernier se révèle incapable de riposter physiquement à l'attaque d'un acteur qui le provoque et l'insulte. Alex tombe pareillement malade dès qu'il ressent le désir de toucher l'actrice dévêtue qui se présente devant lui. Bien que l'aumônier de la prison proteste en arguant , le directeur de la prison réplique qu'ils ne sont pas intéressés par les questions d'éthique ou philosophiques mais seulement par . vignette|gauche|L'écrivain F. Alexander et Julian recueillent Alex.
Après sa remise en liberté, Alex apparaît totalement inadapté et sans défense face à ses semblables. Tous ses biens ont été saisis par la police pour dédommager les victimes. Ses parents ont loué sa chambre à un étranger, qui le méprise ouvertement. En outre, son serpent domestique est mort durant sa détention. Devenu sans-logis, Alex rencontre le vagabond qu'il avait auparavant passé à tabac. Celui-ci, le reconnaissant, s'adjoint l'aide d'autres clochards pour lui infliger une sévère correction jusqu'à l'intervention de Dim et Georgie, désormais devenus policiers depuis son arrestation. Profitant de son impuissance, les deux anciens droogies le noient à moitié tout en le rouant de coups. À bout de forces, il se réfugie chez un homme, qui s'avère encore être une de ses anciennes victimes, l'écrivain F. Alexander. L'homme à tout faire de ce dernier, Julian, le récupère évanoui à la porte d'entrée. M. Alexander ne reconnaît pas Alex comme son agresseur car ce dernier était masqué lors de l'attaque, mais il a lu son histoire dans les journaux. Il veut s'en servir comme d'une arme médiatique pour affaiblir le gouvernement en place en dénonçant ses procédés totalitaires. En effet, M. Alexander pense que la technique Ludovico est un pas de plus vers le totalitarisme par la maîtrise des consciences. Alors que M. Alexander appelle au téléphone ses amis conspirateurs, il entend Alex entonner dans son bain : le traumatisme de l'agression lui revient en mémoire et il identifie son hôte comme l'un de ses agresseurs.
Avec l'aide de ses amis, M. Alexander, qui a drogué le repas qu'il a préparé pour Alex, cherche à lui parler davantage lors du dîner pour comprendre les conséquences du traitement de celui-ci. L'écrivain décide de « faire d'une pierre deux coups » en utilisant la sensibilité d'Alex à la Neuvième Symphonie pour le pousser au suicide : de cette manière, il compte venger l'agression qu'il a subie tout en faisant ensuite attribuer cet acte à la cure critiquée. M. Alexander drogue Alex, l'enferme dans une chambre à l'étage et fait jouer la Neuvième Symphonie à travers le plancher. Alex finit par se jeter par la fenêtre, mais la tentative de suicide échoue et il est finalement sauvé et pris en charge par le ministre de l'Intérieur. vignette|droite|Le ministre de l'Intérieur sourit à la presse conviée dans la chambre d'hôpital d'Alex.
Alex se réveille à l'hôpital. Une psychiatre lui fait passer une série de tests psychologiques ; il s'avère qu'il a retrouvé son appétence pour la violence et le sexe. Dans le même temps, il lui fait part du rêve qu'il a fait à demi conscient pendant sa convalescence, dans lesquels des médecins lui farfouillaient le cerveau. La psychiatre le rassure pour éluder la question, ce qui laisse sous-entendre qu'Alex a probablement fait l'objet d'opérations cérébrales dans le but de compléter les effets du traitement Ludovico. Le ministre de l'Intérieur arrive dans la chambre du convalescent, s'excuse et lui apprend que M. Alexander a été mis « à l'abri ». Il lui offre ensuite de prendre soin de lui grâce à un travail bien rémunéré. En contrepartie, Alex doit devenir le chargé des relations publiques du parti au pouvoir en vue d'atténuer l'image déplorable du gouvernement auprès des électeurs à la suite de cette affaire. Comme signe de bonne volonté, le ministre fait installer une chaîne stéréo dernier cri jouant la Neuvième Symphonie dans sa chambre d'hôpital. Tandis que la presse immortalise l'événement, Alex visualise un fantasme où il copule avec une femme dans la neige, entouré d'une foule vêtue à la mode en vogue à l'époque de Beethoven. Malgré ses pensées lubriques et la musique du compositeur allemand, il ne ressent plus aucune douleur physique.
Alex conclut en voix off :
Fiche technique Titre original : A Clockwork Orange Titre français : Orange mécanique Réalisation : Stanley Kubrick Scénario : Stanley Kubrick d'après le roman d'Anthony Burgess, L'Orange mécanique Musique : Wendy Carlos Décors : John Barry Costumes : Milena Canonero Photographie : John Alcott, assisté d'Ernest Day (cadreur) Montage : Production : Stanley Kubrick ; et (exécutifs) ; Bernard Williams (associé) Sociétés de production : Polaris Productions, (Royaume-Uni) et Warner Bros. (États-Unis) Société de distribution : Warner Bros. Budget : de dollars Pays de production : , Langue originale : anglais Adaptation en français : Éric KahaneEntretien avec Éric Kahane — Profession : adapteur, 1993. Format : couleur — — 1,66:1 — son monophonique Genre : anticipation, science-fiction, conte dramatique, thriller