La Renault 4 (populairement appelée 4L quel que soit le modèle) est une petite voiture populaire de grande diffusion de conception simple et pratique. C'est aussi la première application de la traction sur une voiture de tourisme de la marque Renault après que cette technique a été adoptée sur l'Estafette en 1959. Les R4 changent d'appellation commerciale à partir de l'année-modèle 1966 pour devenir Renault 4, Renault 4 Export, puis Renault 4, Renault 4L, Renault 4 TL, Renault 4 GTL, et 4L Super ! au gré des années et des versions commercialisées.
La Renault 4 est désignée ainsi parce qu'elle est équipée d'un moteur de quatre chevaux fiscaux ; la Renault 3, une version très peu produite équipée de la même carrosserie, a un moteur de trois chevaux fiscauxhttps://archive.wikiwix.com/cache/20220725221019/http://stubs-auto.fr/renault/renault-3-1961-1962/..
Elle est construite d' à dans Renault 4, sur myautoworld.com (consulté le 7 septembre 2016)., initialement avec la Dauphine sur l'île Seguin à Boulogne-Billancourt ainsi qu'à l'usine Renault de Flins, en Espagne (par Fasa-Renault), en Argentine par IKA-Renault, en Italie par Alfa Romeo (sous licence), au Maroc, à Madagascar, en Afrique du Sud, puis à partir de 1969 en YougoslavieLes deux sites yougoslaves qui ont historiquement assemblé des 4 L sont situés dans l'actuelle Slovénie.. (l'usine Renault de Novo Mesto sera d'ailleurs la dernière, en 1992, à assembler ce modèle).
La R4 connaît un grand succès en France auprès des PME, des artisans, de la gendarmerie (c'est l'une des voitures françaises de l'époque qui peut être conduite avec un képi sur la tête), mais également auprès des PTT, de France Télécom ou EdF dans sa version fourgonnette ; ces contrats lui donnent une très grande visibilité sur les routes.
En France, la R4 est en tête des ventes de 1962 à 1965 (succédant à la Renault Dauphine), puis en 1967 et 1968. Elle est la deuxième voiture d'un constructeur français la plus vendue de l'histoire avec , derrière la Peugeot 206..
Historique
Conception et développement thumb|left|Une Renault 4L 1963. La Renault 4 est la réponse de Renault à la Citroën 2 CV, sortie en 1948. À l'époque, celle-ci est depuis plus de dix ans l'automobile de choix des personnes à faible revenu en France, tout particulièrement des agriculteurs et des milieux ruraux en général. La s'était également taillé une clientèle chez les citadins recherchant un moyen de transport abordable et économique..
Début 1956, le président de Renault, Pierre Dreyfus, souhaitant ne pas laisser Citroën seul sur ce marché, lance donc le projet d'une voiture économique, destinée à plaire au plus grand nombre en reprenant et en améliorant les qualités de la . L'auto remplacera également la 4CV, vieillissante. C'est le , surnommé « 350 » en interne en référence au prix imposé par le cahier des charges (). La nouvelle voiture est baptisée « ». Sa présentation à la presse a lieu en , en Camargue.
La Renault 4 partage de nombreux traits de conception avec la : elle est dotée de la traction avant et de suspensions indépendantes très souples et à grand débattement, elle présente également de grandes qualités pratiques, avec une carrosserie logeable et polyvalente, et enfin, son prix est bas, bien que légèrement supérieur à celui de la Citroën.
Toutefois, la voiture de Renault apporte de nombreuses améliorations par rapport à la . Elle offre notamment de bien meilleures performances, avec un plus gros moteur quatre cylindres refroidi par eau qui lui permet de dépasser les , quand la plafonne encore à .. De plus, elle se montre encore plus pratique, d'abord grâce à sa forme plus carrée, mais aussi et surtout à son hayon, une grande nouveauté pour l'époque. Ce type d'ouverture était alors cantonné aux breaks et aux utilitaires, et inédit sur une voiture de tourisme. La est aussi beaucoup plus moderne par son apparence, à la fois par rapport à la 4CV qu'elle remplace et à la , dont les ailes non intégrées au capot sont déjà archaïques.
Enfin, à sa sortie, la R4 est en phase avec la hausse progressive du niveau de vie en France depuis l'après-guerre. Plus cossue que la très rustique , elle est à même de se hisser au-dessus de sa fonction utilitaire et de séduire également une clientèle, notamment urbaine, à la recherche de plus de confort. Cela passe notamment par ses versions les plus haut de gamme, dénommées Renault 4 L (pour Luxe), d'où le surnom par lequel la voiture est le plus souvent désignée : « 4L ».
Présentation, lancement et améliorations vignette|Calandre du modèle 1962. La R4 fête sa première mondiale officielle le au Salon international de l'automobile de Francfort. Elle est initialement commercialisée en quatre versions : la R4, la R4 L, la R4 L Super Confort et la R3 à l'équipement minimal. Un gala en l'honneur des nouvelles « quatre » suivra le au Palais de Chaillot à Paris, le salon de l'automobile de Paris ouvre ses portes le à la suite. Ceci marque les débuts officiels de la R4 en France.
En 1962, les ventes de la nouvelle R4 commencent en Allemagne. Le prix au lancement du marché est de . Ce lancement sera suivi, à l'automne, de la commercialisation du R4 Transporter en tant que break et fourgon. En France, la R3 est abandonnée, tandis qu'à l'autre extrémité de la gamme de modèles, la R4 Super complète la série. En plus d'un équipement amélioré, elle dispose d'un moteur plus puissant, qui développe désormais pour une cylindrée de . Un an plus tard, le moteur à quatre cylindres plus puissant a également été introduit dans la R4 Standard et la R4 L.
Durant sa longue carrière, la R4 ne change pas fondamentalement ; cependant, plusieurs améliorations sont apportées au fil des ans. En L'Auto-Journal, le salon de l'automobile 1963. (modèles 1964), les pare-chocs à lames sont généralisés, remplaçant avantageusement le fragile modèle tubulaireLa Renault 4 de mon père, 42, éditions E.T.A.I. et l'aération des passagers arrière est revue grâce à des vitres coulissantes sur les portes arrière entraînant en contrepartie la suppression du pivotement des glaces de custode. En 1964 elle est également dotée d'une transmission intégrale : la R4 « Sinpar 4x4 » est également adaptée aux terrains difficiles. vignette|Calandre du modèle 1968. gauche|vignette|Planche de bord de 1976 à fin 1982. Les modèles 1967 reçoivent une nouvelle planche de bord avec un vide-poches intégré côté passager ainsi qu'une boîte de vitesses à quatre rapports entièrement synchroniséeLa Renault 4 de mon père, 54, éditions E.T.A.I.. Pour 1968 (1969 pour la fourgonnetteL'argus, 3 octobre 1968.), une nouvelle calandre chromée élargie intègre les phares. Des butoirs en caoutchouc ornent les pare-chocs avant et arrière, qui sont également redessinés. Les portes reçoivent une nouvelle garniture intérieure. Ce qui permet à la R4 d'aborder les années 1970 avec une nouvelle physionomieLa Renault 4 de mon père, 58, éditions E.T.A.I.. En 1970 le moteur du démarreur est équipé d'un verrouillage de répétition et le système électrique est converti d'un fonctionnement de 6 à 12 volts. Toutes les versions de Renault 4 sont équipées de ceintures de sécurité avant. En 1973 les versions allemandes de la Renault 4 reçoivent une puissance nettement supérieure avec 34 au lieu de . La vitesse de pointe passe ainsi de . La boîte de vitesses à quatre rapports de la Renault 6 TL est adoptée sur la Renault 4 en 1974. gauche|vignette|Calandre du modèle 1975. En (année-modèle 1975), une calandre noire en plastique remplace la calandre en aluminium montée jusqu'alorsL'Auto Journal hors-série Toutes les voitures du monde 14/15, septembre 1975, 85.. Pour l'année-modèle , la Renault 4 perd également ses petits clignotants ronds à l'avant, ainsi que les feux de position placés sur les ailes avant, au profit de clignotants rectangulaires intégrant les feux de position et adopte une grille d'aération noire en plastique sous le pare-briseRenault magazine 83, octobre 1976.. vignette|Dernière calandre du modèle 1983. vignette|Planche de bord à partir de 1983. La voiture n'entre dans les années 1980 qu'à partir du millésime quand la nouvelle planche de bord accueille un combiné plus grand et bien plus lisibleLa Renault 4 de mon père, 113, éditions E.T.A.I. (issu de la Renault 5). À l'extérieur, la calandre grise en plastique est généralisée à toute la gamme (auparavant, elle était réservée au seul modèle GTL apparu en ). À cette occasion, la R4 perd également son plancher totalement plat.
Dans les années 1980, tout comme sa concurrente historique la , les ventes de la R4 s'essoufflent. La voiture, très vieillissante, ne reste au catalogue que grâce à son prix très bas, mais peut-être aussi à son immense présence dans l'inconscient collectif, qui continue d'en faire un choix par défaut pour la clientèle à la recherche d'un véhicule pratique et économique. Les ventes sont maintenues à flot par quelques séries spéciales : « Jogging » en 1981, « Sixties » en 1985, puis plus tard la « Carte Jeunes » en 1991. De même, en 1986, les deux versions TL et GTL sont renommées Savane et GTL Clan, avec des différences de jantes et de sellerie..
Arrêt et succession Au début des années 1990, le modèle est obsolète et ne réalise plus que des ventes modestes. Par ailleurs, à cause de ses procédés de fabrication anciens, la R4 est relativement coûteuse à produire. L'annonce des premières normes antipollution européennes, qui imposeraient des modifications techniques, sonne le glas de la R4. En , la production en France s'arrête lors de la fermeture de l'usine de Billancourt, et passe en Slovénie. Les ventes continuent encore quelques mois sur le territoire national, avant de cesser pour de bon le . Les mille dernières GTL Clan produites en Slovénie sont numérotées et vendues en France sous la série spéciale « Bye-Bye »..
Elle sera encore produite à 156 exemplaires en dans l'usine de Valladolid en Espagne, où la Renault 4 prendra définitivement sa retraite. Quelques exemplaires seront assemblés jusqu'au printemps 1995 au Maroc. ont été construits, ce qui en fait à l'époque la voiture française la plus produite de l'Histoire (deuxième aujourd'hui, derrière la ).
Début 2020, les 33 années de production de la Renault 4 étaient considérées comme la dix-septième voiture monogénération la plus longue de l'histoire..
Les différentes versions
Finitions thumb|upright|Renault 3.
Renault 3
La R3 est une déclinaison économique avec le petit « moteur Billancourt » de « sous-alésé » dérivé de celui de la 4CV. Version d'entrée de gamme, la est la jumelle de la Renault 4, et ne propose strictement aucune différence d'un point de vue finition et carrosserie, comme l'indique la rubrique « Carrosserie et Habitabilité » du magazine L'Auto-Journal lors de l'essai officiel de la du en ces termes : . Comme sa sœur jumelle R4, elle est dépouillée à l'extrême : aucun chrome sur la carrosserie, pare-chocs en tubes peints, pas de grille de calandre chromée, pas d'enjoliveurs de roues. L'intérieur est également très sommaire : volant trois branches en bakélite noire, pas de garnitures de portes, banquettes de type « hamac ». Elle n'est produite qu'en 1961 et 1962, le nombre total d'exemplaires construits varie selon les estimations entre , ce qui en fait un modèle extrêmement recherché aujourd'hui par les collectionneurs.
Les seules différences se situent au niveau du moteur : un Billancourt de et (), reconnaissable à un petit autocollant représentant trois diablotins noirs sur fond rouge, entouré par un liseré jaune, une boîte de vitesses à trois rapports spécifique dérivée de la (trois rapports elle aussi) et portant le type 313-01. Les deux autres différences concernent le monogramme de hayon : « 3 » pour la Renault 3 et « 4 » pour la Renault 4 et enfin la plaque ovale informant du type spécifique de la Renault 3 : R1121. Ce sont les seules différences entre les deux modèles de base, le reste étant strictement identique.