L'Organisation internationale du travail ou OIT () est depuis 1946 une agence spécialisée de l'ONU. Sa devise, (en français : ), est gravée dans la pierre de ses locaux. Le Bureau international du travail (BIT) est le secrétariat permanent de l'OIT.
Sa mission est de rassembler gouvernements, employeurs et travailleurs de ses États membres dans le cadre d'une institution tripartite, en vue d'une action commune pour promouvoir les droits au travail, encourager la création d'emplois décents, développer la protection sociale et renforcer le dialogue social dans le domaine du travail.
Elle est fondée le , à la suite de la Première Guerre mondiale, pour Site de l'OIT.. En 1946, l'OIT devient la première agence spécialisée des Nations unies. En 2022, l'Organisation regroupe membres. Son siège est situé à Genève, en Suisse. Son directeur général, après le Britannique Guy Ryder (2012-2022), est depuis le le Togolais Gilbert F. Houngbo. L'organisation est distinguée en 1969 par l'attribution du prix Nobel de la paix.
Histoire Esquisse d'une politique internationale du travail avant 1914 Conférence de Berlin (1890) La première « conférence internationale concernant le règlement du travail dans les établissements industriels et dans les mines » se tient à Berlin du 15 au , à l'invitation de l’empereur et avec l’aval du pape . Elle réunit les « principaux États industriels de l’Europe » (Allemagne, Autriche-Hongrie, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Suède-Norvège, Suisse), à l'exception de la Russie.
La conférence adopte diverses recommandations quant au travail dans les mines, au travail du dimanche et aux conditions d’emploi des enfants, des adolescents et des femmes. Elle préconise que l’exécution de ces mesures soit et (les inspecteurs du travail). Elle invite également les États participants à échanger entre eux les « rapports annuels » de ces fonctionnaires, les « relevés statistiques » et les « prescriptions émises par voie législative ou administrative » dans le domaine du travail.
Office international de Bâle en 1901 L'assemblée constitutive de l'Association internationale pour la protection légale des travailleurs (AIPLT ou APLT) se tient à Bâle les 27 et . Le secrétariat de l'AIPLT est assuré par l'Office international du travail, dont le siège est également fixé à Bâle. Si l'association vise à réunir les partisans de la protection légale des travailleurs pour promouvoir cette dernière, l'office se présente comme un organisme privé indépendant à caractère scientifique.
C'est à l'initiative de l'AIPLT que sont signées à Berne, le , les deux premières conventions internationales du travail, l'une sur l'interdiction du travail de nuit des femmes dans l'industrie, l'autre sur l'interdiction de l'emploi du phosphore blanc dans l'industrie des allumettes. La première est signée par l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, la Suède et la Suisse. La seconde ne porte que sept signatures, celles de l'Allemagne, du Danemark, de la France, de l'Italie, du Luxembourg, des Pays-Bas et de la Suisse.
Création et développement de l'OIT vignette|Secrétariat de la conférence internationale du travail, à Washington, D.C. (novembre 1919). vignette|Siège de l'OIT de 1926 à 1975, devenu Centre William-Rappard en 1977. vignette|Siège actuel de l'OIT à Genève, inauguré en 1975. En 1919, les États signataires du traité de Versailles créent l'Organisation internationale du travail (OIT), en marge de la Société des Nations.
Avec la résolution du premier conflit mondial, beaucoup sont conscients du fait .. Arthur Fontaine – l'un des rédacteurs de la partie XIII qui a permis la création de l'institutionMichel Cointepas, Arthur Fontaine, 1860-1931 : un réformateur, pacifiste et mécène au sommet de la Troisième République, Presses Universitaires de Rennes, 2008, . – commence sa constitution en affirmant qu'Origines et histoire de l'OIT..
En 1926, la nouvelle organisation s'installe au Centre William Rappard, à Genève.
En 1927, l'OIT a mis à l'ordre de sa douzième session prévue pour 1929 la question du travail obligatoire, institutionnalisé depuis 1917 dans les colonies belgesBita Lihun Nzundu Augustin, Missions catholiques et protestantes face au colonialisme et aux aspirations du peuple autochtone à l'autonomie et à l'indépendance politique au Congo Belge, Éditions Gregorian Biblical BookShop, 2012.. Une mission d'enquête est réclamée en Belgique en 1930 par les politiques, polémique dont le journal La Libre Belgique se fait largement échoJacques Vanderlinden, Pierre Ryckmans 1891-1959 : Coloniser dans l'honneur, Éditions De Boeck Supérieur, 1994, p. 308., en particulier dans les plantations congolaises de café.
Le , la Conférence générale de l'Organisation internationale du travail, réunie à Philadelphie, adopte la déclaration de Philadelphie. Parmi les institutions de la Société des Nations (SDN), l'OIT est la seule organisation qui survit telle quelle à la disparition de celle-ci en 1946 (plusieurs agences de l'ONU sont directement inspirées de sections de la SDN). L'OIT devient une institution spécialisée de l'Organisation des Nations unies (ONU). Dotée d'une structure tripartite unique, elle réunit sur un pied d'égalité les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs pour débattre des questions relatives au travail et à la politique sociale. Le secrétariat de l'Organisation, le Bureau international du travail (BIT), a son siège à Genève en Suisse et gère des bureaux extérieurs dans plus de . En 1946, le Tribunal administratif de l'Organisation internationale du travail (TAOIT), créé en 1927, est transféré à l'OIT. Il est le tribunal administratif devant lequel les employés et employeurs d'organisations internationales règlent leurs différends.
Après-guerre, Victor Martin (1912-1989), le sociologue et résistant belge qui en 1943 s'était approché secrètement du camp d'Auschwitz et du ghetto de Sosnowiec pour en connaitre le rôle réel, rejoint l'OIT et y travaille jusqu'à sa retraite.
En 1969, à l'occasion de son cinquantième anniversaire, l'OIT reçoit le prix Nobel de la paix.
En , l'OIT crée une Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation. Cet organe indépendant a pour but d'amener le débat à quitter le terrain de la confrontation pour celui du dialogue et de jeter ainsi les bases de l'action pour faire en sorte que la mondialisation profite à davantage de personnes.
Le , l'OIT adopte à l'unanimité sa nouvelle déclaration de foiSelon les termes de son secrétaire général en préambule de ladite déclaration., la ..
Depuis 2016, l'OIT compte après l'adhésion du royaume des Tonga..
Le , le conseil d'administration de l'OIT saisit pour la première fois de son histoire la Cour internationale de justice afin que celle-ci statue sur l'application de la convention et son lien avec l'exercice du droit de grève.
Publications et données de l'OIT Rapport, enquêtes et résolutions L'OIT constitue un observatoire international incomparable pour toutes les questions ayant trait au monde du travail.
Statistiques ILOSTAT : fournit des statistiques annuelles et infra-annuelles du marché du travail sur plus de couvrant , régions et territoires. LABORSTA : présente les principales statistiques du travail officielles pour plus de de 1969 à 2008. N'étant plus mise à jour, elle est progressivement remplacée par ILOSTAT. ICMT : indicateurs clés du marché du travail : ils dépeignent en détail la quantité et la qualité des emplois dans le monde selon . Ils couvrent des aspects quantitatifs (comme le taux d'activité, l'emploi, l'inactivité, l'élasticité de l'emploi, les secteurs d'activité, la productivité du travail et le chômage) et des aspects qualitatifs (comme les heures de travail, les salaires, le statut dans l'emploi, la durée du chômage et d'autres). Enquête de main d'œuvre : c'est une enquête standard fondée sur les ménages et présentant des statistiques en rapport avec le travail.
Bases de données NORMLEX : base de données très complète qui réunit des informations sur les normes internationales du travail et fournit un accès libre aux dernières informations concernant les normes internationales du travail ainsi que les législations nationales en matière de travail et de sécurité sociale. NATLEX sur ilo.org. : base de données sur les législations nationales du travail, de la sécurité sociale et des droits de l'Homme. Les enregistrements figurant dans NATLEX contiennent (en anglais/français/espagnol) des résumés de la législation et des informations bibliographiques. Ces contenus sont classés par sujet et indexés avec des mots-clés. Dans la mesure du possible, le texte complet de la loi répertoriée ou une source électronique pertinente sont annexés à l'enregistrement. EPLEX : base de données sur les législations de protection de l'emploi. Elle fournit des informations sur les législations régissant le licenciement dans plus de . La Base est structurée autour de reprenant les thèmes clés du domaine. Elle est mise à jour annuellement pour permettre l'analyse des changements législatifs dans le temps, par thème et par pays. CISDOC sur ilo.org. : base de données bibliographiques qui contient environ de documents traitant des accidents du travail, des maladies professionnelles ainsi que des moyens de les prévenir : Lois et règlements, fiches de sécurité chimique, matériel de formation, normes et articles de périodiques. LABORDOC : base de données de la bibliothèque du BIT qui contient des références et des accès en ligne à des documents du monde entier sur le monde du travail. Ces documents traitent de tous les aspects du travail et des moyens de subsistance durables, ainsi que des aspects du développement économique et social, des droits de l'Homme et du changement technologique relatifs au travail. Ces documents sont disponibles à la bibliothèque du BIT à Genève et dans plusieurs bibliothèques de l'OIT dans le monde. ISCO : base de données sur les métiers et professions dans le monde entier.
Organisation vignette|upright|Timbre-poste français émis à l'occasion du congrès de 1930 à Paris. La Conférence internationale du travail réunit une fois par an les mandants de l'OIT (représentants gouvernementaux, travailleurs et employeurs) et oriente les travaux de l'Organisation. Elle adopte les nouvelles normes internationales du travail et détermine le programme et le budget de l'Organisation. Entre deux sessions de la Conférence, le conseil d'administration − composé de gouvernementaux, de employeurs et de travailleurs − pilote les activités de l’OIT. En 2014, l'OIT a un budget d'environ de dollars, pour environ ..
Le Bureau du conseiller juridique protège les intérêts juridiques de l'OIT en fournissant des conseils au directeur général, au Bureau et aux organes directeurs de l'OIT.
Normes et déclarations relatives aux principes et droits fondamentaux au travail
Il existe actuellement et , dont certaines remontent à la création de l'OIT en 1919.
Le conseil d'administration du BIT a qualifié de fondamentales les conventions qui traitent de questions considérées comme des principes et des droits fondamentaux au travail : liberté syndicale et reconnaissance effective du droit de négociation collective ; élimination du travail forcé ou obligatoire (à l'exception du Feuillet d'information sur l'OIT , OIT.) ; abolition effective du travail des enfants : l'OIT a établi un Programme international pour l'abolition du travail des enfants ; amélioration de la condition de travail ; élimination de la discrimination en matière d'emploi et de profession.
Ces principes sont également énoncés dans la déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail de 1998.
Conventions
Conventions fondamentales