Booker Taliaferro Washington, né le dans une plantation de tabac, de Hale's Ford, localité non constituée en municipalité, dans le comté de Franklin en Virginie, mort le à Tuskegee dans l’Alabama, est un enseignant, journaliste, directeur de publication, romancier, essayiste américain et un défenseur des droits des Afro-Américains. Il est le cofondateur et premier président du Tuskegee Institute, devenu la Tuskegee University, et l'un des fondateurs de la .

Biographie

Jeunesse et formation Booker T. Washington est né en tant qu'esclave, d'un père inconnu, probablement blanc et de Jane, une esclave afro-américaine et cuisinière de James Burrough, propriétaire d'une plantation de tabac de .

Sa mère, Jane, l'a nommé Booker Taliaferro, et c'est en 1870 qu'il prend le nom de Washington venant de Washington Ferguson, un ancien esclave marié à sa mère.

Lors de la Proclamation d'émancipation promulguée le , devenus libres, sa mère, son beau père et sa fratrie partent s'installer en 1865, à , où Washington Ferguson a trouvé un emploi. Le jeune Booker Taliaferro, alors âgé de neuf ans, travaille dans une mine de sel puis dans une mine de charbon. Parallèlement à ses travaux dans les mines, sa mère lui apprend à lire et l'encourage à étudier. Dès qu'il le peut, il fréquente une école primaire pour jeunes afro-américains.

En 1867, une autre femme joue un rôle déterminant quant à l'avenir du jeune Booker T. Washington. Il s'agit de , l'épouse du général , le propriétaire de la mine de sel où travaille Booker T. Washington. Alors âgé de onze ans, elle l'emploie comme domestique.

Viola Ruffner décèle le potentiel de Booker T. Washington, et grâce à son appui et à des leçons particulières, il entre en 1872 à la Hampton Agricultural and Industrial School, connue de nos jours sous le nom de université de Hampton, dans l'État de Virginie, établissement fondé par le général à destination des Afro-Américains.

Carrière Sur recommandation du président de l'université de Hampton, le général , Booker T. Washington fonde en 1881 la première école normale chargée de former les enseignants, destinée aux populations noires dans le Sud : l'institut de Tuskegee en Alabama. Ce projet est critiqué par W. E. B. Du Bois, pour qui il est impossible de s’accommoder du système ségrégationniste. D'autre part, Du Bois s'inquiète du soutien financier et médiatique en provenance d'hommes d'affaires blancs qui voient dans cette école un système permettant de maintenir les Noirs à un rang subalterne et de contrôler cette main d’œuvre.

Le 1895, Booker T. Washington prononce le discours du compromis d'Atlanta qui marque le tournant de sa carrière lors de l'inauguration de la qui se tient à Atlanta. Devant une assemblée composée de personnes toutes autant blanches et noires, il expose ses convictions sur l'émancipation de son peuple, trente ans après la fin de l'esclavage. Il déclare : Ces paroles marquent durablement les esprits. Pour Booker T. Washington, des positions de soumission à l'égard des Blancs sont perceptibles et cela traduit une incapacité à sortir de la ségrégation. Son discours attire les foudres d'autres représentants noirs de l'époque comme W. E. B. Du Bois. Toutefois, sa volonté de cohésion des deux groupes, sa foi dans une convergence des intérêts des deux « races » (Booker T. Washington emploie le terme de race pour parler des Noirs et des Blancs), lui permettent de se faire entendre des plus hautes instances blanches du Sud comme du Nord.

En 1900, il publie , qui devient rapidement un livre à succès. En octobre il est le premier Afro-Américain invité par un président des États-Unis, à l'époque Theodore Roosevelt, à un dîner officiel à la Maison-Blanche. Dans le film Ragtime (1981), il est présenté comme « le premier Noir à la Maison-Blanche », bien qu'il soit probable que plusieurs personnes afro-américaines aient été présentes à la Maison Blanche auparavant, mais pas en tant qu'invité officiel. La visite fait grand bruit. Les journaux commentent les réactions outrées et racistes de personnes blanches.

Il est l'un des fondateurs de la , une organisation américaine fondée à Boston en 1900 pour promouvoir les intérêts des entreprises afro-américaines.

Jusqu'à sa mort en 1915, Booker T. Washington est l'un des représentants majeurs des intérêts la communauté afro-américaine des États-Unis.

Vie privée Booker T. Washington s'est marié par trois fois :

1882 : il épouse Fanny Smith, qui décède en 1884, ils ont une fille. 1884 : il épouse en secondes noces Olivia Davidson, ils ont deux fils (Booker T. Washington Jr. et Ernest Davidson Washington). Elle décède en 1889 1892 : il épouse en troisièmes noces Margaret Murray, le couple adopte Laura Murray, une nièce orpheline de Margaret.

Booker T. Washington repose au cimetière du campus de l'université de Tuskegee aux côtés de ses épouses et de ses enfants.

Œuvres

Essais et romans , , , , , , , , , , , , , , , ,

Autobiographie

Directeur de publication

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Articles

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Articles posthumes , , ,

Traduction Booker T. Washington, Up from slavery, ascension d'un esclave émancipé, traduction française de J.M. Vazelle, Paris Les Éditeurs libres, 2008.

Postérité Le , le sénateur John McCain, défait à l'élection présidentielle face au candidat afro-américain Barack Obama, a fait référence à Booker T. Washington, dans son discours de clôture de la campagne. Comme le veut la tradition américaine, dans un paragraphe, John McCain fait l'éloge de la victoire de son adversaire vainqueur, qui se trouve être le premier président des États-Unis d'Amérique d'origine afro-américaine. Dans cet éloge il met en relief qu'il aura fallu une centaine d'années entre l'invitation officielle à la Maison-Blanche de Booker T. Washington et l'élection de Barack Obama.

Notes et références

Pour approfondir

Bibliographie

Notices dans des encyclopédies et manuels de références

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Essais et biographies

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Articles anglophones Années 1890-1919 , , , ,

Années 1920- 1939 , , ,

Années 1940-1959 , , ,

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Années 1960-1969 , , , , , , , , , , ,

Années 1970-1979

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Années 1980-1999

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Années 2000-2009 , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Années 2010-2019 , , , , , , ,

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Articles francophones

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Articles connexes Histoire de l'esclavage en Virginie Mouvement américain des droits civiques Junius George Groves

Liens externes

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