L'Italo disco, parfois écrit Italo-disco ou abrégé en Italo, ou encore italo disco sans majuscule, est un genre musical dérivé du disco de la fin des années 70 et de la new wave anglaisehttps://www.youtube.com/watch?v=fUeGuMDht3E, https://www.youtube.com/watch?v=D7RohfLmfPI&t=331squi a émergé en Italie au début des années 1980. Le nom du genre est largement attribué à Bernhard Mikulski, le fondateur du label discographique ouest-allemand ZYX Music. L'appellation sert d'abord à commercialiser le style en dehors de l'Italie, avant de désigner un genre musical à part entière.
Au début des années 1980 et plus exactement autour de 1983/1984, il rencontre le succès dans les discothèques américaines, en particulier à Chicago et Détroit. Il se popularise significativement durant les années 1980 en Italie et dans le reste de l'Europe. Le genre atteint un pic de popularité entre 1983 et 1988 et disparaît vers 1989. Il a influencé d'autres styles de musique électronique, dont l'italo house, l'italo dance, l'eurobeat ou l'eurodance. L' italo disco connaît un renouveau au cours des années 2000, avec la publication de plusieurs compilations dédiées au genre et à travers des artistes tels que Sally Shapiro.
Il est plus électronique que le disco « classique » et se distingue par l'utilisation de synthétiseurs et de boîtes à rythmes produits en masse. L'italo disco se caractérise aussi par ses mélodies accrocheuses et facilement reconnaissables. Les chansons du genre sont généralement chantées en anglais tandis que la voix est filtrée de façon électronique. Les paroles abordent des thèmes comme l'amour, la vie nocturne, la technologie et la danse. Les artistes d'Italo disco utilisent des noms de scène à consonance anglaise, avec souvent des jeux de mots ou des .
Vilipendé par les critiques musicaux italiens au cours des années 1980, le genre est perçu comme le résultat de l'oppression culturelle américaine sur la culture italienne. Souvent qualifié de « commercial » et de « ringard », l'italo disco a inspiré des artistes de musique électronique dans le monde entier. Des sonorités propres au genre se retrouvent ainsi chez des groupes britanniques tels qu'Erasure, New Order ou les Pet Shop Boys.
Terminologie La musique de danse italienne est à la base connue sous le nom de « spaghetti disco ».. Ce terme apparaît en 1979 avec une reprise disco de , une chanson du Spencer Davis Group, interprétée par le groupe Macho et produite par Mauro Malavasi, cité par .. L'appellation « spaghetti disco » est par la suite remplacée par l'expression « Italo disco ».. Le terme est parfois écrit « Italo-disco » ou abrégé « Italo »...
Le premier usage du terme « Italo disco » est largement attribué à Bernhard Mikulski, le fondateur du label discographique ouest-allemand ZYX Music... Cette appellation sert ainsi à commercialiser le style musical en dehors de l'Italie. La première compilation de ZYX sort à la fin de l'année 1983. Le label sort un mix sous forme de compilation intitulé Italo Boot Mix, qui rassemble des chansons d'artistes signés sous ZYX. Il sort aussi seize volumes de doubles LP, qui portent à chaque fois la mention The Best of Italo Disco aux couleurs du drapeau italien. À partir de là, l'Italo disco devient synonyme de « dance made in Italy ».
L'Italo disco, d'abord un outil servant au classement géographique, devient un genre musical à part entière avec le succès d'artistes tels que Righeira, Baltimora ou Gazebo au cours des années 1980.. Il n'est plus juste conçu en Italie, mais aussi dans d'autres pays européens tels que l'Allemagne de l'Ouest, l'Espagne ou la Suisse. Des artistes qui ne sont pas italiens, comme l'allemand Robert Görl, le britannique Shock, le canadien Gino Soccio ou le croate Sandy Marton, ont ainsi été associés à l'Italo disco au cours de leur carrière musicale..
Aux États-Unis, le genre est qualifié de « musique progressive » à Détroit au début des années 1980.. L'appellation vient du fait que cette musique ressemble davantage à l'Euro disco de Giorgio Moroder qu'au son symphonique de la Philadelphia soul et qu'elle est davantage basée sur des sonorités électroniques. Au cours des années 1980, l'Italo disco a souvent été commercialisé sous le nom d'Eurobeat aux États-Unis pour éviter d'utiliser le terme « disco », alors connoté négativement dans le pays.
Histoire Origines et naissance (1974–1978) Le disco fait son apparition en Italie au milieu des années 1970. L'une des premières chansons disco italienne connue est , interprétée par Marcella Bella. Elle atteint la place du hit-parade italien en .. En parallèle avec la sortie du film La Fièvre du samedi soir, de plus en plus d'artistes italiens sont attirés par la musique disco et par des groupes tels que Village People ou Boney M. Des discothèques commencent à se répandre dans les grandes villes italiennes pendant les années 1970, en particulier à Milan et Rome, mais aussi en Émilie-Romagne.
Le disco connaît un succès mondial aux alentours des années 1977 et 1978. Dans le même temps, une nouvelle génération de producteurs et de musiciens italiens, pour la plupart issus du milieu classique ou associés au rock progressif, commencent à composer des chansons orientées dance qui connaissent un succès international. Alan Sorrenti et Celso Valli, deux musiciens qui évoluaient jusqu'alors dans le rock progressif, se reconvertissent dans le disco.. Sorrenti devient populaire grâce à une chanson de disco intitulée , qui se retrouve classée en Italie en .. À la fin des années 1970, plusieurs artistes italiens tels que Barbados Climax, D. D. Sound et Gepy & Gepy deviennent connus grâce à des tubes comme , et . D'autres artistes, dont Giorgio Moroder et Umberto Tozzi, s'inscrivent plus durablement dans l'ère disco et en deviennent des représentants notables. Des versions disco d'anciens tubes italiens font également leur apparition, parmi lesquelles de Tony Renis, sorti en 1978.
vignette|upright|alt=Pochette du remix de I Feel Love par Patrick Cowley datant de 1982.| de Donna Summer est décrit comme une influence majeure de l'Italo disco.
La base de l'Italo disco commence à se dessiner à partir du milieu des années 1970, lorsque le musicien et producteur italien Giorgio Moroder décide d'abandonner toute forme d'instrumentation traditionnelle au profit de nouvelles formes de musiques électroniques. Connu à ce moment-là pour les musiques de film qu'il compose à l'aide de synthétiseurs, vocodeurs et boîtes à rythmes, il est l'une des premières personnes au monde à posséder un Moog III. Le synthétiseur, dont les premiers exemplaires sont vendus à dollars, lui permet de créer de nouveaux sons, qu'il incorpore rapidement dans sa musique. Il compose dès 1972 , qui atteint la place du Hot 100 américain cette année-ci.. En 1975, lui et son collègue Pete Bellotte utilisent des instruments électroniques pour composer les de , interprété par la chanteuse américaine Donna Summer.
Une autre collaboration entre Giorgio Moroder et Donna Summer datant de 1977, , marque un tournant dans l'ère disco : il s'agit du premier tube musical à être enregistré avec une piste d'accompagnement entièrement synthétique.. Le titre représente alors une influence majeure pour plusieurs genres musicaux à venir, dont l'Italo disco. Valerio Zecchini, , Il Giornale, 4 octobre 2011... Moroder sort la même année , un album entièrement électronique où les morceaux s'enchaînent sans interruption. Avec ses percussions électroniques, ses synthétiseurs analogiques et ses boucles de basse, certains le considère comme l'un des tout premiers disques d'Italo disco.. Trois titres parus en 1978, de Moroder et Spacelab et Metropolis de Kraftwerk, tirés de l'album , sont crédités pour avoir défini les traits caractéristiques du genre..
Émergence et premiers succès (1978–1983) vignette|gauche|alt=Photographie en noir et blanc de Tony Esposito lors d'un concert dans les années 1980|Kalimba de Luna de Tony Esposito est l'une des chansons les plus échantillonées par les artistes de house.
Avec la démocratisation des boîtes à rythmes, des synthétiseurs et de la programmation musicale, le disco se transforme peu à peu en un nouveau style, le post-disco, dont l'une des formes dérivées est l'Italo disco.. L'un des premiers représentants de l'Italo disco, les frères La Bionda connaissent leur premier succès en 1978 avec , qui devient rapidement un tube international. À la fin des années 1970, les pionniers du genre se rabattent sur de la technologie à la fois bon marché et accessible, tout en expérimentant de nouveaux sons. En partie influencé par Giorgio Moroder, le producteur italien Alexander Robotnick découvre la TB-303 et l'utilise pour composer en 1983 Problèmes d'amour, qui est alors l'un des tout premiers titres à utiliser les sons caractéristiques de ce synthétiseur. Problèmes d'amour influence par la suite l'Italo disco, mais aussi la house, Electronic Beats, 2 décembre 2012..
À New York, le magasin de disques Vinyl Mania de Greenwich Village est l'un des tout premiers à commercialiser des disques d'Italo disco en Amérique du Nord. À la fin des années 1970 et au début des années 1980, l'Italo disco influence grandement les musiciens de Chicago et Détroit, où il devient très populaire, ainsi que les genres musicaux issus de ces deux scènes musicales, la Chicago house et la techno de Détroit.. L'Italie continue en effet de produire de la musique disco après 1981, alors que celui-ci n'est plus joué en boîte de nuit à partir de ce moment-là. Après la levée de restrictions commerciales aux États-Unis, qui interdisaient les imports en provenance de l'étranger, les DJs américains et leurs audiences à la recherche de sons nouveaux découvrent des disques d'Italo disco, dont certains datent déjà de quelques années. Ainsi des artistes et producteurs italiens tels qu'Alexander Robotnick, mais aussi Klein & MBO, Doctor's Cat et Claudio Simonetti, commencent à rencontrer le succès dans les boîtes de nuit américaines après la « mort du disco ».
Particulièrement faciles à mixer en raison de leur côté très synthétique, les disques d'Italo disco deviennent particulièrement populaires à Chicago, en très grande partie grâce aux Hot Mix 5. Ce groupe de DJs s'intéresse beaucoup à ces disques et la plupart des titres qu'ils remixent s'inscrivent dans ce genre musical. La Chicago house est alors influencée par des imports tels que de Doctor's Cat.. Par ailleurs, certaines des toutes premières compositions house échantillonent directement des titres d'Italo disco ; c'est le cas de MB Dance de Chip E., qui échantillone de , ainsi que de de Jamie Principle, qui reprend la ligne de basse de d'Electra. Kalimba de Luna de Tony Esposito (1984) est néanmoins cité comme l'un des titres les plus échantillonés par les artistes de house.
Problèmes d'amour d'Alexander Robotnick remporte un franc succès à Chicago, où il se vend à environ exemplaires, ainsi qu'à Détroit. En 1981, Sharevari du groupe A Number of Names devient l'une des toutes premières compositions électroniques de la scène musicale de Détroit. Le titre y devient populaire et influence par la suite des grands noms de cette scène, dont Derrick May et Carl Craig. Les classements dance du magazine américain voient apparaître des singles comme du groupe italien Kano, classé en , derrière de Kool and the Gang.. En août de la même année, leur single / se classe à la place du classement.. de Klein & MBO connaît à son tour le succès dans les boîtes de nuit américaines en 1982, notamment à New York et au Warehouse de Chicago, où la house est sur le point de voir le jour. Il atteint par ailleurs la place des classements dance en août de cette année..