400px|droite|vignette|G7.1 prussienne à Potsdam Les G7.1 et G7.2 sont les premières locomotives à vapeur de disposition d'essieux 040 développées pour les chemins de fer du royaume de Prusse (KPEV). Elles étaient destinées au service de marchandises.
Genèse vignette|285x285px|Gravure représentant une G7.2, 821 Elberfeld (Vulcan AG, 1895) des KPEV, future en 1923 mais radiée l'année suivante..
Jusqu'au début des années 1890, les plus puissantes des machines de ce réseau étaient les G5 de disposition 130 mais l'augmentation du trafic nécessitait d'augmenter la puissance des machines sans pour autant augmenter leurs poids par essieu. Par rapport aux et G4 de disposition 030, les G5 offraient surtout un gain de vitesse et de stabilité mais n'avaient pas une puissance et un effort de traction beaucoup plus important avec leurs trois essieux moteurs.
Selon les directives développées par Robert Garbe, la future machine devait être fiable, de conception simple et économe en combustible et en eau. Le principe d'une machine à quatre essieux moteurs fut décidé et parmi les prototypes retenusdeux autres prototypes avaient été développés : un modèle de type 140, dénommée G7.3 et construit à 15 exemplaires, et un modèle de type « Mallet » 020+020 construit à 27 exemplaires appelé G9., celui de la G7.1 fut développé en grandes quantités à partir de 1893.
Il faudra attendre 1895 pour qu’une version compound, la G7.2, soit produite en série, offrant à la fois une puissance sensiblement plus élevée et une réduction de la consommation d'eau et de carburant. Entretemps, une machine dérivée de la G7.2 avec un bissel avant était apparue, la G7.3. Prévu pour corriger la propension à dérailler et le manque de stabilité des autres G7 sur les voies de piètres qualité, elle ne se montrera pas satisfaisante en raison de son effort de traction plus faible.
Description vignette|G7.3 de 1917 utilisée par le Lübeck-Büchener Eisenbahn. La G7.1 est une machine à simple expansion munies de deux cylindres extérieurs, sa conception se fondait sur la chaudière des G5 les plus récentes avec 222 tubes lisses de de diamètre intérieur. Le diamètre des roues motrices avait été ramené de à afin d'augmenter la puissance de traction au détriment de la vitesse.
Les G7.2 qui ont été construites parallèlement, reprenaient les mêmes principes avec une différence essentielle : elles disposaient d'un moteur compound à deux cylindres. Le cylindre basse pression plus grand crée une asymétrie.
La G7.3 se distingue du modèle G7.2 par l'ajout d'un essieu porteur Adams ; les essieux moteurs, les cylindres et leurs tuyaux de livrance sont positionnés plus en arrière.
1002 G7.1 ont été construites pour les chemins de fer prussiens entre 1893 et 1909 ainsi que 1641 G7.2 entre 1895 et 1911 et seulement 15 G7.3 entre 1893 et 1895. Le renforcement des voies permettant un poids par essieu plus grand priva en effet ces dernières du seul avantage qu’elles avaient sur les autres G7. Entre 1916 et 1917, 200 G7.1. et 70 G7.3 supplémentaires seront construites afin de soutenir l'effort de guerre de l’Allemagne.
La raison de la reprise de la production des G7 pendant la guerre vient du fait que ces machines étaient moins chères à construire, nécessitaient moins de personnel qualifié et que leur poids à l'essieu était plus faible que celui des séries plus modernes. Les G7.1 construites pendant la guerre se distinguent par la présence de deux sablières et l’emploi d’un régulateur à soupapes tandis que les G7.3 produites pendant la guerre étaient munies du frein Westinghouse, pour remorquer du matériel à voyageurs, et avaient presque toutes un foyer en acier au lieu d'un foyer en cuivre (de nombreuses locomotives d’autres séries verront leurs foyers remplacés par des foyers en acier durant la guerre pour économiser le cuivre).
Autres réseaux à avoir commandé des G7 Les firent construire par Krauss un modèle dérivé de la G7.1 livré à 12 exemplaires en 1898 et 15 en 1899. Elles étaient classées dans la . Une partie se retrouva sur les lignes de chemins de fer de la Sarre après la Première Guerre mondiale et les autres seront immatriculées par la Deutsche Reichsbahn dans la série 55.72 et rouleront jusqu'à la fin des années 1920.
Le commanda trois G7.1 construites par Schwartzkopff en 1898 et les immatricula 81 à 83. Entre 1922 et 1924, ils rachetèrent quatre G7.3 numérotées 84 à 87.
Une version plus grande sera mise en service à partir de 1912 par les , la . Première locomotive à quatre essieux de cette compagnie, cette locomotive combine des caractéristiques des G9, trop lourdes pour circuler sur le réseau de la compagnie, avec le moteur compound et la chaudière de la G7.2 (le train de roues était identique pour ces deux séries). La plus grande différence avec les G7 est la chaudière et le tablier, disposés plus hauts ainsi que l’emploi d'une distribution par cames oscillantes de type « Lentz ». Sur les 22 construites, 13 seront reprises par la Deutsche Reichsbahn et seront équipées de la surchauffe. Leur carrière prend fin en 1923.
Faisant face à un manque de locomotives neuves, les firent construire cinq G7.2 en 1915 et six autres en 1916 car, faute de main d’œuvre suffisante, la construction de modèles plus récents n'était pas possible. Légèrement plus lourdes, équipées d’un réchauffeur Knorr et d’un nombre de tubes plus faible, ces locomotives furent toutes construites par à Breslau et numérotées 466 à 476. Après la guerre, ils rachèteront cinq G7.3 qui permirent de remplacer les cinq G7.2 prélevées par la commission d'armistice. Les cinq dernières G7.2 mecklembourgeoises rouleront en 1927.
En 1916, 35 locomotives, légèrement différentes, appelées Classe 274 seront construites par Hanomag pour les (K.u.k. Heeresbahn).
Utilisation et services
Ces locomotives étaient utilisées en trafic marchandises et seront souvent affectées aux manœuvres en fin de carrière. Leur faible poids par essieu par rapport aux séries ultérieures comme les G8.1 leur permettait de tolérer des lignes faiblement armées ou des voies provisoires construites à la hâte ce qui sera un atout précieux pendant la Première Guerre mondiale et conduira à la construction de machines supplémentaires de type G7.1. Les G7.2 compound étaient légèrement plus puissantes et consommaient moins mais avaient un effort de traction plus faible. Leur configuration compound à deux cylindres rendait les démarrages moins aisés que sur les G7.1 à simple expansion.
La commission d'armistice, à la fin de la Première Guerre mondiale, préleva 1220 G7.1 et G7.2 afin de les attribuer aux pays alliésParmi ceux-ci, la Belgique reçut 175 G7.1 et 139 G7.2, la Pologne 166 G7.1 et 300 G7.2. ayant souffert de cette guerre. Parmi ces machines, 103 G7.1 et 136 G7.2 furent livrées aux compagnies de chemin de fer françaises.
À sa création en 1924, la Deutsche Reichsbahn (DRG), littéralement Chemins de fer impériaux allemands, immatricula 689 locomotives du type G7.1 dans sa série 55.0-6 et 709 G7.2 dans la série 55.7-13. La très grande majorité, surtout des G7.2, avait été radiée entre 1924 et 1931 mais quelques locomotives issues des chemins de fer de la Sarre et plusieurs dizaines de G7.2 polonaises réquisitionnées après l'invasion du pays en 1939 seront immatriculées dans la série. Les dernières G7.2 disparurent peu de temps après la fin de la Seconde Guerre mondiale et l'ultime G7.1 fut réformée en 1966. Elle a été conservée au musée des transports de Dresde.
Les G7.1 et G7.2 en France
G7.1 à 4320 et G7.2 à 4351 (AL) L'essentiel du trafic marchandises était effectué avant la Première Guerre mondiale sur le réseau des chemins de fer impériaux d'Alsace-Lorraine (EL) par les G5.2, même si elles ont été appuyées dans leurs tâches à partir de 1913 par les G8.1. Les G7, de même puissance que les G5 (mais moins économes) n'étaient pas en service à la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine. À leur arrivée après 1918, elles renouvelèrent pour une part le parc moteur sur ces lignes. Ces locomotives avaient une origine variée :
G7.1 4301 à 4307 : attribuées au réseau ferroviaire d'Alsace-Lorraine (AL) au titre des prestations d'Armistice, G7.1 4308 à 4320 : locomotives prussiennes abandonnées sur le territoire d'Alsace-Lorraine et considérées comme prises de guerre, G7.2 4321 à 4340 : prestation d'Armistice, G7.2 4341 à 4351 : prises de guerre. À leur incorporation sur le réseau ferroviaire d'Alsace-Lorraine (AL), les deux séries de machines ont été affectées dans les dépôts de : Metz, Sarreguemines, Hausbergen et Mulhouse-Nord. Elles y ont assuré les mêmes roulements, vers Thionville et Sarrebourg pour les premières, Bénestroff et Strasbourg pour les secondes pour des transports de marchandises légers ( maximum).
Fin 1924, la G7.1 4306 semble déjà réformée. À la suite du plébiscite du qui consacre le retour de la Sarre à l'Allemagne, une G7.1 (la 4319) et trois G7.2 (les 4322, 4327 et 4350) seront cédées à la Deutsche Reichsbahn pour servir sur les lignes de cette région. Elles y seront incorporées dans la série 55 sous les numéros 55 674Radiée en Allemagne de l'Ouest en 1951. et 55 1408 à 1410La 54 1309 fut radiée en 1939, les deux autres sont intégrées à l'Ostbahn (chemins de fer du Gouvernement général de Pologne occupée) ; leur sort est inconnu..
Lors de la création de la SNCF en 1938, l'inventaire dressé à cette occasion ne relevait plus la présence que de sept G7.1 et vingt-trois G7.2. Elles furent alors immatriculées 1-040 B entre 301 et 351. Peu de temps avant la Seconde Guerre mondiale, en , il ne restait plus que huit machines (toutes de type G7.2) aux dépôts d'Hausbergen pour 5 unités et de Réding pour les 3 autres.
À la fin de la guerre il manquait deux machines, les 1-040 B 325 et 338, et seule la première revint sur le territoire, en 1946, pour être garée à Réding. Les autres machines, à savoir les 1-040 B 331, 339, 343, 344, 347 et 351, connurent les dépôts de Blainville, Hausbergen et Réding comme destination finale avec des radiations pour l'année 1947. La dernière représentante de la série à éteindre ses feux fut la 1-040B 325 qui fut mutée au dépôt de Sarrebourg pour être radiée en .
Série 10 bis et 4706 à 4745 (EST) La commission d'armistice attribua à la Compagnie des chemins de fer de l'Est en 1919 un lot de quarante G7.1 enregistrées sous les numéros 4706 à 4745 et une seule G7.2 portant le numéro 4704. Ces machines assurèrent un service mixte essentiellement sur les lignes secondaires de la compagnie, notamment grâce à leur poids par essieu relativement faible, mais aussi des manœuvres dans les triages et les gares. Elles étaient également appréciées pour leur effort de traction important.
La 4704, seule G7.2 du réseau, disparut rapidement des inventaires, puisqu’elle fut radiée en 1926.
À la création de la SNCF, il restait encore trente-deux machines en service. Elles étaient alors affectées aux dépôts de : Bar-le-Duc, Chalindrey, Vesoul et Troyes. Elles furent immatriculées 1-040 B 706 à 745. La Deuxième Guerre mondiale porta un rude coup à leur effectif : réquisitionnées en Allemagne, car considérées comme Leihlokomotiven « locomotives empruntées », une vingtaineil s'agit des 1-040 B 706, 710 à 712, 715, 722, 723, 725, 726, 729, 730, 732, 734 à 736, 739, 740, 742 et 745 qui seront radiées administrativement en 1953. de machines ne revinrent jamais de leur séjour sur les lignes allemandes. Les survivantes, qui rentrèrent de à , furent peu à peu regroupées avec les G7.2 de l'ex-AL dans les dépôts de : Metz-Frescaty, Hausbergen et Sarrebourg. La 1-040B 731, dernière représentante de cette série, fut réformée en 1954.
4.1001 à 4.1098 (NORD) vignette|La 4.1084 remorquant un train de marchandises