Rolland Courbis, né le à Marseille (Bouches-du-Rhône) et mort le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), est un footballeur français ayant évolué au poste de défenseur central, devenu entraîneur et consultant sportif dans les médias.

Formé à l'Olympique de Marseille, il remporte le championnat de France en 1972, il poursuit ensuite sa carrière au FC Sochaux-Montbéliard, puis à l'AS Monaco, où il décroche deux nouveaux titres de champion en 1978 et 1982, avant de terminer sa carrière de joueur au SC Toulon.

Devenu entraîneur, il dirige notamment le SC Toulon, les Girondins de Bordeaux, l'Olympique de Marseille — avec lequel il atteint la finale de la Coupe UEFA en 1999 —, l'AC Ajaccio, le Montpellier HSC ou encore l'USM Alger. En parallèle, il entame en une carrière de consultant sur RMC, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort.

Impliqué dans plusieurs affaires judiciaires, il est condamné à de la prison pour fausses factures en 1995 et fraude fiscale en 1997 dans l'affaire de la caisse noire du SC Toulon. En 2007, il est également condamné pour complicité d’abus de biens sociaux dans l'affaire des comptes de l'OM.

Biographie Origines et famille Il est le fils d’un père policier et d’une mère au foyer.

Originaire de Marseille, Rolland Courbis grandit dans les quartiers nord de la ville, notamment à Saint-Antoine et aux Aygalades.

Premiers pas sportifs Il fait ses premiers pas dans le football au sein du club de l’US Police. C’est en 1966, alors qu’il a 13 ans, qu’il est repéré par l’Olympique de Marseille après avoir été élu meilleur joueur d'un tournoi pupilles.

En 1969, alors qu'il n'a que 16 ans, il est intégré au groupe professionnel par l’entraîneur Mario Zatelli aux côtés d'autres jeunes espoirs comme Albert Emon. Pour pouvoir s’entraîner avec les stars de l’équipe — Roger Magnusson, Josip Skoblar, Joseph Bonnel ou Charly Loubet — le jeune Courbis n'hésite pas à mentir à Zatelli en lui assurant qu’il n'a pas cours, juste pour être autorisé à participer aux séancesRMC - Émission Coach Courbis du ..

Carrière de joueur Olympique de Marseille et AC Ajaccio (1972-1973) Formé à l'Olympique de Marseille, Rolland Courbis découvre l'équipe première le à l'occasion de la demi-finale aller de Coupe de France à ReimsAvant le match de Coupe de France OM / Reims, INA., puis prend part à deux autres rencontres de championnat lors de la saison du doublé (championnat et Coupe de France), ce qui lui permet d'évoluer très tôt au plus haut niveau.

En octobre suivant, son parcours prend une nouvelle direction lorsque l'OM décide de l'inclure dans un échange majeur. Avec quatre autres joueurs — Lambert Verdonk, Michel Albaladéjo, André Bodji et Robert Buigues — il est transféré à l'AC Ajaccio en contrepartie de Marius Trésor. En Corse, Courbis s'impose rapidement dans le onze de départ et trouve davantage de temps de jeu dans un environnement qui correspond bien à sa mentalité. Malgré la présence de joueurs comme Claude Le Roy, René Le Lamer ou François M'Pelé, l'équipe termine lanterne rouge du championnat et est reléguée en deuxième division. Au total, Rolland Courbis dispute 28 matchs toutes compétitions confondues, dont 26 en Division 1, avant de quitter l'ACA à l'issue de la saison.

Olympiakós (1973-1974) En 1973, Rolland Courbis rejoint l'Olympiakós, l'un des plus grands clubs de Grèce. À cette époque, la fédération grecque interdit encore l'engagement de joueurs étrangers, sauf s'ils peuvent justifier de racines helléniques.. Pour contourner cette règle, Courbis déclare avoir un grand-père originaire de Thessalonique.

Malgré un temps de jeu limité — il ne dispute que quatre matchs au cours de la saison — il remporte le championnat de Grèce en 1974, ajoutant ainsi un premier titre à son palmarès avant de revenir en France.

FC Sochaux (1974-1977) vignette|redresse|Rolland Courbis en 1976. En 1974, Rolland Courbis rejoint le FC Sochaux-Montbéliard. Sous la conduite de Paul Barret, entraîneur emblématique du club qu'il dirige depuis 1969, l'équipe s'appuie sur plusieurs talents offensifs, notamment Robert Pintenat et Gérard Soler. Sa première saison est particulièrement difficile pour le club franc-comtois, qui lutte pour le maintien. Sochaux termine du championnat, à un seul point du premier relégable, le Stade rennais. Courbis dispute alors 33 matchs de Division 1 et 4 rencontres de Coupe de France. Titulaire en défense centrale aux côtés de Laszlo Seleš, il ne parvient toutefois pas à pleinement s’imposer dans l’équipe.

La saison suivante marque une nette amélioration. Sochaux retrouve de l’ambition et termine troisième du championnat, réalisant un exercice de référence. Après avoir effectué un essai non concluant au FC Nantes à l’été 1975, Courbis devient alors un véritable pilier défensif. Il dispute 35 matchs de Division 1 et 4 rencontres de Coupe de France, confirmant sa régularité et son importance dans l'effectif. Ses bonnes performances lui valent d'être appelé par Henri Guérin en équipe de France A' le face au Luxembourg.. La même année, il est appelé en équipe de France A pour un match contre la Pologne, profitant des absences de Marius Trésor et Christian Lopez, mais ne joue finalement pas, Michel Hidalgo lui préférant la charnière Patrice Rio – Carlos Curbelo.

Lors de la saison 1976-1977, Sochaux termine du championnat. Courbis, toujours cadre de la défense, dispute 40 matchs toutes compétitions confondues, dont 2 rencontres de Coupe UEFA — les premières de sa carrière européenne — face aux Écossais d'Hibernian, contre lesquels Sochaux est éliminé dès les seizièmes de finale.

AS Monaco (1977-1982) À l'été 1977, après trois saisons pleines à Sochaux, Rolland Courbis retourne dans le sud et rejoint l'AS Monaco, tout juste promu en Division 1. Sous la direction de Lucien Leduc, il côtoie notamment Delio Onnis, Christian Dalger, Jean Petit et Jean-Luc Ettori. Dès sa première saison, Monaco réalise un exploit historique en remportant le championnat de France, un an seulement après sa remontée parmi l'élite. Courbis s'impose comme un titulaire régulier et forme la charnière centrale avec Bernard Gardon, épaulé par Albert Vannucci à droite et Alfred Vitalis à gauche. Il dispute 27 matchs de championnat (1 but) et 9 rencontres de Coupe de France (2 buts), compétition dont Monaco est éliminée en demi-finales par l'OGC Nice.

vignette|gauche|150px|Albert Emon, l’ami d’enfance de Rolland Courbis, a évolué à ses côtés à Marseille, Monaco et Toulon. En 1978, l'effectif se renforce avec les arrivées de Gérard Soler, ancien coéquipier de Courbis à Sochaux, et d'Albert Emon, qu'il avait côtoyé dans les équipes de jeunes de l'Olympique de Marseille. Ces renforts offensifs viennent compléter un collectif déjà solide, qui confirme son statut de prétendant régulier aux premières places du championnat. Engagés en Coupe d'Europe des clubs champions, les Monégasques ont d'abord éliminé le Steaua Bucarest (3-0, 0-2), avant de s'incliner en huitièmes de finale face à Malmö FF (0-0, 0–1), futur finaliste de l'épreuve. En championnat, Monaco termine à la quatrième place. Au total, Rolland Courbis dispute 43 matchs toutes compétitions confondues, dont 35 en Division 1, où il inscrit un but.

À la suite du départ de Lucien Leduc en 1979, Gérard Banide prend la succession de l'équipe première. L'AS Monaco s'offre un nouveau trophée en remportant la Coupe de France face à l'US Orléans (3–1). Blessé lors de la demi-finale retour contre Montpellier, Rolland Courbis ne prend pas part à la finale au Parc des Princes. Le club princier achève le championnat à la quatrième place et est éliminé en seizièmes de finale de la Coupe UEFA par le Lokomotiv Sofia. Courbis dispute 35 rencontres toutes compétitions confondues, dont 28 en D1. À l'issue de cet exercice, Christian Dalger et Delio Onnis quittent le club, Banide souhaitant rajeunir son effectif, désormais porté par une nouvelle génération incarnée par Bruno Bellone, Manuel Amoros, Alain Couriol et Dominique Bijotat.

Lors de la saison 1980-1981, l’AS Monaco poursuit sa régularité au plus haut niveau national en terminant quatrième du championnat pour la troisième année consécutive. En revanche, le parcours européen s’arrête prématurément : le club est éliminé dès les seizièmes de finale de la Coupe des coupes par Valence. Rolland Courbis dispute 27 rencontres toutes compétitions confondues, dont 22 en Division 1.

En 1981-1982, l'AS Monaco décroche le titre de champion de France, son quatrième dans l'histoire du club. Rolland Courbis, freiné par des problèmes physiques récurrents, voit toutefois son temps de jeu fortement diminuer. Il ne dispute que douze rencontres de Division 1 au cours de l'exercice, concurrencé par Thierry Ninot et Jacques Pérais, tandis qu'Alfred Vitalis est repositionné au poste de libéro. À l'issue de la saison, après cinq années passées, il quitte le Rocher.

SC Toulon (1982-1985) vignette|droite|redresse|Rolland Courbis retrouve Christian Dalger à Toulon. En 1982, Rolland Courbis rejoint le SC Toulon où il retrouve Christian Dalger. Le club évolue alors en Division 2. Très vite, Courbis s'impose comme le leader naturel de l’équipe, notamment grâce à son influence sur l'organisation défensive. Aux côtés de Bernard Boissier à gauche, Jean-Louis Bérenguier à droite, et Luigi Alfano en charnière centrale, il compose une défense considérée comme l'une des plus solides de France. Le Sporting réalise une saison remarquable et décroche la montée en première division en 1983, en terminant premier du groupe B, devant le Stade de Reims, grâce à une victoire sur le terrain de Grenoble lors de la dernière journée (1-5). La défense toulonnaise n'encaisse que 17 buts sur l’ensemble de la saison, ce qui constitue alors la deuxième meilleure performance défensive de l'histoire de la D2. Courbis dispute 41 matchs toutes compétitions confondues.

vignette|gauche|150px|Delio Onnis est le partenaire privilégié de Rolland Courbis à Monaco et à Toulon. À l’intersaison 1983, tout en poursuivant sa carrière de joueur, Courbis s’implique dans le recrutement du club. Il parvient à attirer plusieurs joueurs d'expérience, dont ses anciens coéquipiers Delio Onnis et Albert Emon, ainsi que Laurent Paganelli ou Philippe Col. Mais la saison en Division 1 débute difficilement pour Toulon. L’entraîneur Marcel Duval est remplacé en par Christian Dalger, qui met un terme à sa carrière de joueur pour prendre les commandes de l’équipe. Grâce notamment aux 21 buts inscrits par Onnis, meilleur buteur du championnat, le Sporting parvient à assurer son maintien. Cette saison-là, le club atteint également les demi-finales de la Coupe de France, où il est éliminé par l'AS Monaco (1-4, 2-1). Courbis prend part à 35 matchs de Division 1 et 8 rencontres de Coupe de France.

Lors de la saison 1984-1985, Rolland Courbis continue d’assumer un rôle actif dans le recrutement du SC Toulon. Il contribue à l’arrivée de plusieurs joueurs clés, dont Pascal Olmeta, Roger Ricort, Djamel Tlemçani ou encore Bernard Casoni. Sur le terrain, il dispute la première partie de la saison en tant que joueur, avant de mettre un terme à sa carrière professionnelle. Il prend part à seize rencontres de championnat et joue son dernier match le , à l'occasion de la de D1, ponctuée d'une large victoire contre le Paris Saint-Germain (5-1). Dans la foulée, il prend les fonctions de manager général du SC Toulon.

Carrière d'entraîneur SC Toulon (1986-1991) En , à seulement 33 ans, Rolland Courbis devient entraîneur du SC Toulon en cours de saison, en remplacement de Paul Orsatti. Sa première mission est un succès : il parvient à maintenir le club en Division 1 et signe une remarquable deuxième partie de championnat.