La d'infanterie fut une unité de la British Army qui combattit durant la Seconde Guerre mondiale. À l'origine, cette unité est issue de la d'infanterie, formée en 1938 au sein de la Palestine mandataire, au cours de la révolte arabe. Cette division est ensuite transférée en Égypte au moment de l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale. Elle devient alors la d'infanterie qui prend part à la bataille de Crète et à la Campagne de Syrie (1941). Le , la devient la , dans le but de tromper les services de renseignement de l'Axe à propos de la réalité des forces britanniques au Moyen-Orient.

La Royal Navy transporte la division à Tobrouk du au , dans l'optique de soulager la garnison principalement australienne qui défend le port depuis presque sept mois et le début du siège de Tobrouk. Soumise à des attaques aériennes et à des tirs d'artillerie quotidiens, la division parvient à défendre le port, menant à bien des attaques nocturnes contre les positions italiennes et allemandes. Le , la britannique lance l'opération Crusader et la a pour mission de briser l'encerclement de Tobrouk à la suite de la destruction des forces blindées de l'Axe. Après des premiers succès inattendus, l'unité commence son offensive le , avant que les forces blindées adverses n'aient été vaincues. Des combats violent s'ensuivent alors, alors que les hommes de la s'emparent de positions ennemies bien défendues. La menace imminente de l'intervention des chars de l'Axe met fin à cette tentative de sortie le lendemain. En réaction, les Allemands lancent plusieurs contre-attaques pour repousser les Britanniques des positions conquises. L'absence de succès de ces attaques a un impact stratégique durable sur l'opération Crusader puisque les forces de l'Axe doivent entamer leur repli et lever le siège de Tobrouk. Deux membres d'unités rattachées à la division sont récompensés de la Victoria Cross pour leurs actions durant l'opération Crusader.

Après la bataille de Tobrouk, la division est retirée du front et placée en réserve. Au moment de l'entrée en guerre du Japon, la division est envoyée en Inde. Elle est alors considérée comme la formation britannique la mieux entraînée et la plus expérimentée en Asie. En Inde, la division compose une force de réserve pour s'opposer à un éventuel débarquement japonais et s'entraîne à la guerre dans la jungle. Elle sert aussi de force de police, défendant les voies de chemin de fer et réprime des opérations de désobéissance civile du mouvement Quit India. Il est à un moment donné demandé que la division soit envoyée en Birmanie pour combattre les Japonais mais elle est envoyée auprès de la Special Force connue sous le nom de Chindits. Ce transfert fait l'objet d'oppositions de la part des principaux généraux en Inde et en Birmanie et suscite la controverse au sein des soldats de la division. En dépit de ces plaintes, la division disparaît et cesse officiellement d'exister le . Les historiens Woodburn Kirby et William Joseph Slim (qui dirige les troupes britanniques en Birmanie durant la guerre) pensent que la division aurait été plus efficace contre les Japonais si elle avait été maintenue.

Histoire

Révolte arabe en Palestine

Au cours de l'année 1936, une révolte arabe éclate dans la Palestine mandataire administrée par le Royaume-Uni. Les troupes britanniques sont envoyées pour la réprimer mettent fin à la première phase de la révolte à la fin de l'année. Les combats reprennent rapidement et atteignent leur plus forte intensité durant le printemps de 1938. Dans le cadre des tensions croissantes en Europe, les Britanniques commencent à retirer des troupes de Palestine pour les déployer ailleurs. La conclusion des accords de Munich le apaisent les tensions en Europe et évitent, pour un temps, la guerre. De ce fait, les Britanniques peuvent reprendre leurs opérations militaires en Palestine.

La d'infanterie est formée le mois suivant et placée sous le commandement du général Richard O'Connor. Elle est déployée en Palestine pour remplir des missions de sécurité interne, en tant que composante d'une force de dans l'ensemble de la région, chargée de réprimer la rébellion. Dans le même temps, les combattants palestiniens se sont emparés de la vieille cité de Jérusalem. Les hommes d'O'Connor parviennent progressivement à nettoyer la région, déclarant la vieille cité vide de rebelles le . Le même jour, la division s'empare d'Acre et, à la fin du mois, ils libèrent Jaffa des rebelles. De nombreux Palestiniens sont faits prisonniers et les activités rebelles dans la zone baissent significativement. Au nord, la et les Special Night Squads sont engagées dans des opérations de contre-insurrection particulièrement violentes, soutenues par un officier de la division. Robert Haining, le général britannique commandant les troupes anglaises en Palestine et en Transjordanie écrit à la fin de l'année 1938 que doivent être réduites. De même, O'Connor s'oppose à des mesures prises dans le Nord, écrivant que doivent être jugulées. Au cours des opérations à Jérusalem, seuls quatre rebelles sont tués. Au début de l'année 1939, la révolte se termine.

Seconde Guerre mondiale thumb|L'infanterie camoufle une position de tir à Marsa Matruh en 1940. Le , l'invasion de la Pologne déclenche la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni déclarant la guerre à l'Allemagne deux jours plus tard. Le , le quartier-général de la d'infanterie cesse de diriger ses troupes. O'Connor et l'état-major divisionnaire quittent Jérusalem pour rejoindre Le Caire. De là, ils se dirigent vers Marsa Matruh, où ils arrivent le . L'état-major reçoit alors la direction des troupes présentes dans la région, à l'exception de la blindée. L'historien britannique I. S. O. Playfair considère que cette décision est prise pour alléger le fardeau sur le général Henry Wilson, le commandant en chef des troupes britanniques en Égypte, qui avait la responsabilité directe du contrôle des opérations dans la zone, en plus du commandement de toutes les troupes en Égypte. Du fait des problèmes logistiques liés au maintien de forces importantes dans le Désert Libyque et sur la frontière égypto-libyenne, Marsa Matruh est la base avancée britannique, recevant l'approvisionnement par chemin de fer. Elle est située à 320 kilomètres à l'ouest d'Alexandrie et à 190 kilomètres de la frontière et elle a été choisie pour protéger les pistes d'atterrissage de Royal Air Force situées à proximité et pour défendre le delta du Nil. En outre, Marsa Matruh est située suffisamment loin de la frontière pour servir la stratégie britannique consistant à attirer les Italiens vers eux, pour ensuite contre-attaquer après qu'ils ont commencé à souffrir de problèmes de ravitaillement.

Le , la division devient la d'infanterie. Au début, elle ne comprend que le personnel situé à l'arrière et la d'infanterie. Lors des mois qui suivent, les et d'infanterie sont incorporées dans l'unité, alors qu'elles arrivent en Égypte depuis la Palestine. Le , l'Italie déclare la guerre au Royaume-Uni et à ses alliés. Sept jours plus tard, la d'infanterie est dissoute et son état-major est incorporé dans le personnel de commandement de la Western Desert Force (WDF). Au début du mois de , les forces italiennes basées en Libye envahissent l'Égypte. Trois mois plus tard, la WDF lance l'opération Compass. Celle-ci est un succès et est prolongée. En deux mois, la WDF progresse de 800 kilomètres, occupe la province italienne de la Cyrénaïque et détruit la italienne. L'opération est interrompue en , pour donner la priorité à la bataille de Grèce. thumb|Des soldats britanniques interrogent des soldats français du régime de Vichy capturés en Syrie. Le , la d'infanterie est recréée en Égypte. Elle est initialement composée des et 22 brigades de la Garde, positionnées en Égypte, mais manque d'artillerie et d'armes de support. La est rapidement retirée et est remplacée par les et d'infanterie. La division s'entraîne alors pour des missions en amphibie dans le Dodécanèse. Toutefois, la détérioration rapide de la situation en Afrique du Nord avec l'arrivée de l'Afrika Korps dirigée par Erwin Rommel entraîne la perte des territoires pris aux Italiens lors de l'opération Compass. De ce fait, la d'infanterie est affectée de nouveau à la défense de l'Égypte. Alors qu'elle avait été sélectionnée pour être déployée en Crète, où la est positionnée depuis le mois de novembre, elle s'installe désormais sur des positions défensives à Marsa Matruh. Dans le même temps, la défend l'aéroport d'Héraklion lors de la bataille de Crète, face à parachutistes allemands déployés dans la zone le . Toutefois, les Allemands parviennent à pénétrer dans Héraklion, avant que les forces anglo-grecques ne parviennent à reprendre la ville après d'importants combats. En dépit de lourdes pertes, les parachutistes parviennent à s'enterrer sur les collines entourant les positions de la brigade. En raison de la détérioration progressive de la situation en Crète, la est évacuée par la Royal Navy le . Sur le chemin de l'Égypte, elle subit les bombardements de la Luftwaffe, les pertes s'élevant à 800 hommes.

Histoire opérationnelle

Tobrouk

thumb|left|Hommes du du Royal Leicestershire Regiment à Tobrouk. En , les forces italo-allemandes lancent l'opération Sonnenblume en Cyrénaïque, forçant les troupes alliées à se replier dans le courant des mois de mars et d'avril. Richard O'Connor, désormais général en chef des troupes en Égypte, est capturé. La d'infanterie australienne se replie sur la forteresse portuaire de Tobrouk. Le reste des troupes britanniques et du Commonwealth se retirent à 160 kilomètres vers l'est, sur Sollum et la frontière égypto-libyenne.

C'est à ce moment que débute le siège de Tobrouk. Si la garnison est isolée sur le plan terrestre, elle continue d'être ravitaillée par la Royal Navy et la première offensive de l'Axe échoue à s'emparer du port. Cet échec est significatif car les positions de Rommel à Sollum sont situées au bout d'une longue chaîne de ravitaillement depuis Tripoli, menacée par la garnison de Tobrouk. En outre, le siège de cette position mobilise des forces substantielles, ce qui empêche Rommel de progresser plus loin en Égypte. Grâce à la forteresse de Tobrouk, les Alliés peuvent reprendre l'initiative.

À l'époque, le principe de l'utilisation de la Deuxième force impériale australienne est de concentrer toutes les forces dans un Corps australien et sous le commandement australien. Or, en juin, les troupes australiennes sont dispersées dans le Moyen-Orient, à Chypre et en Afrique du Nord. Cela provoque l'inquiétude du gouvernement australien et débouche sur une lettre du Lieutenant-général Thomas Blamey, écrite le , à destination du général Claude Auchinleck, le nouveau commandant de toutes les forces en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Il y déclare que . Blamey souligne aussi que les troupes à Tobrouk montrent une détérioration de leur état de santé, en raison du siège, ce qui pourrait conduire à des pertes considérables si elles ne sont pas remplacées par des troupes fraîches. Cela provoque des tensions diplomatiques entre Winston Churchill et le gouvernement australien qui se poursuivent après la guerre, transformant ce qui était une en une selon Graham Freudenberg. thumb|Un Matilda à Tobrouk. Finalement, la relève de la garnison par des troupes fraîches fait l'objet d'un accord. Dans un premier temps, la 1 brigade polonaise des Carpates remplace la d'infanterie australienne. Ensuite, la d'infanterie de la d'infanterie, complétée d'éléments de blindée prend la place de la d'infanterie australienne. Le , alors qu'elle est complètement déployée, la est renommée pour tromper le renseignement de l'Axe et le Major-Général Ronald Scobie y est placé à sa tête.